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appdé râblé, dont le corps se compose d*uiie planche aussi longue que la table est large, et dont répaisseur porte sur la surface du sable, étant soutenue sur les bords de la table par deux oreillettes pratiquées à chaque bout. La table étant posée en plan Incliné, et le râble étant placé d*abord au haut de la pente pour retenir le liquide, un autre ouvrier yerse le plomb fondu contre le râble, que Ton recule alors vivement, et à mesure le plomb coule sur la couche de sable, se figeant aussitôt pour former une grande plaque à peu près partout de la même épaisseur. Quelquefois, pour obtenir des plaques trôs-minces, on substitue au sable sur la table une étofiPe de laine, une toile de coutil graissée avec du suif. La table doit être alors plus inclinée que dans le cas précédent. Ces procédés sont inférieurs au laminage par lequel on obtient pour la plaque le degré précis d'épaisseur que Ton désire. Pour les autres formes que Ton veut donner au plomb, on emploie ordinairement des moules en bronze que Ton fait chauffer au degré nécessaire pour que le plomb en fusion se place bien dans toutes les cavités. Autrefois, pour faire des tuyaux de plomb, on rapprochait et Ton soudait les deux bords d*une plaque contournée en cylindre $ depuis , on eut des moxiles formés d*un cylindre creux dans lequel on plaçait un autre cylindre concentrique plus ou moins gros, selon répaisseur qu'on voulait donner à la matière ; et ainsi Ton obtenait des tuyaux sans soudure. Enfin, on est parvenu à laminer les tuyaux sortis sans soudure de la fonte, et Ton a doublé ou triplé leur longueur en diminuant leur épaisseur. On sait que le plomb, comme rétain et le zinc, se soude au moyen d'un fer chaud que Ton promène sur les parois à réunir, en y coulant un amalgame ou soudure dont la résine facilite l'adhérence. Le plomb dispendieux qu'on employait autrefois pour couvrir certains édifices, faire les conduites d'eau, etc., est aujourd'hui remplacé par la fonte de fer et par le zinc. X.
PLOMBliRES, petite ville de France, dans le département des Yosges, à 5 lieues d'Épinal, à 105 lieues de Paris. C'est une bourgade de peu d'importance, qui doit sa célébrité à ses eaux thermales, et la plupart de ses monuments au roi Stanislas. Plombières renferme douze sources minérales, la plupart thermales, servant à alimenter 146 baignoires , renfermées dans 67 cabinets. Le Bain des dames, que le gouvernement vient d'acquérir au pjrix de trente mille francs ; VÉtuve deBassompierre, la Source du Gruvifls, où se rendent les hydropotes] le Ttqu
des Capucins, et la Source de l^ Enfler^ telles sont les principales fontaines de Plombières, dont la température diffère depuis 18 jusqu*à 52<> R. Ces eaux ne sont pas très-chargées de principes salins : c'est à peine si chaque pinte en renferme neuf grains, ce sont du carbonate et du sulfate de soude, du sel marin, du carbonate de chaux, de la silice, et une matière onc* tueuse qui donne à ces eaux une douceur parfaite.—Les vieilles gastrites, les maux nerveux, les rhumatismes et les affections de l'utérus, ce sont là les maladies que les eaux de Plombières excellent à calmer. Beaucoup de malades y ont recouvré la santé. Les douches ont d'excellenta effets dans les cas de rhumatisme. Sans ses promenades, Plombières serait un triste s^our; mais on peut faire de charmantes parties à la Filerie, au moulin Joly, à la Feuillée, au Yald'Ajol, àla fbntaine Stanislas, au Saut-de-la-Cuve, cascade effrayante, près de laquelle un peintre connu par de bons ouvrages, M. Laurent, s'est bâti une petite maison champêtre. Les promenades Marie-Thérèse et Caroline sont aussi fort agréables. Joséphine est la seule des illustres visiteurs dont aucun lieu de Plombières n'ait gardé le nom, bien que plus d'une voix y bénisse sa mémoire. Isio. Bouaooii.
PLONGÉE. (Jri militaire.) C'est l'inclinaison qu'on donne au plan supérieur d'un parapet, en fortification, pour que le soldat couvert par ce parapet puisse incliner son arme de manière que la balle descende à la hauteur d'un homme placé sur le bord extérieur du fbssé. On est donc fbrcé de faire incliner le plan supérieur du parapet vers la campagne dans tout ouvrage de fortification, et cela proportionnellement à l'épaisseur du parapet, à la hauteur de sa crête intérieure au-dessus du terrain naturel et à la largeur du fossé. De là le nom de plongée donné à ce plan. D'après ce qui précède, il est facile de déterminer la plongée d'un parapet dans le tracé de son profil', mais en aucun cas cette plongée ne peut être inclinée à l'horizon au delà du cinquième de l'épaisseur du parapet, parce qu'à cette inclinaison les balles commenceraient à glisser d'elles-mêmes dans les canons des fusils, et pour* raient occasionner des accidents graves. Dub...
PLONGEON. Genre d'oiseaux de l'ordre des palmipèdes, que l'on distingue aux caractères suivants : bec médiocre quoique robuste, droit, comprimé et très-pointu; narines placées de chaque côté de sa base, concaves, oblongues, à demi fermées par une membrane, percées de part en part; pieds retirés dans l'abdomen, tenant le corps hors d'équilibre i tarses «omprimés i qiu*
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tre doigts : troUdeTant, très-longs, entièrement palmés; nn derrière très-court, articulé sur le tarse, portant une petite membrane lâche; ongles plats ; la première rémige la plus longue; queue très-courte, arrondie. Les oiseaux aquatiques pourraient se diviser en quatre séries, relativement aux lieux où ils se tiennent, près des eaux. Les uns parcourent seulement les rivages, ou vont, à la faveur de leurs longues jambes, surprendre le poisson qui s*est hasardé trop près des bords ; d*autres sillonnent les flots à Taide de leurs rames membraneuses; quelques espèces, munies d^ailes puissantes, dédaignent la faculté de nager, et ne fbnt qu*effleurer la surface des mers; enfin un certain nombre poursuivent leur proie jusque dans les gouffres les plus profonds. Les plongeons font partie de cette dernière série qui, par des dégradations insensibles, réunit les habitants de la terre et des airs à ceux des eaux. Également pesants dans leur vol et dans leur démarche, ils nagent avec une étonnante vivacité ; ils plongent surtout avec tant de facilité, qu*on les voit souvent parcourir de trèslongs espaces avant de reparaître à la surface de Tonde. Ces oiseaux font une très -grande consommation de poissons; ils sont redoutés des propriétaires des étangs qui les chassent avec persévérance , et leur tendent des pièges nombreux ; rarement ils se reposent à terre, où les embarras de leur marche et leurs chutes fréquentes les exposent à de trop grands dangers; ils nichent dans les ilôts ou sur des plages inhabitées, et leur ponte consiste ordinairement en deux œufs brunâtres , tachetés de noirâtre. Ils ne muent qu'une fois dans Tannée; mais les jeunes ressemblent tellement aux adultes, qu*on les prendrait avec facilité pour des espèces différentes. DR..Z.
PLONGSUE. {Marine.) Homme accoutumé à rester assez longtemps plongé dans Teau,' à une certaine profondeur, pour y faire des recherches ou des opérations qui ne pourraient être exécutées autrement. Outre les habitudes nécessaires pour Texercice de cette profession, et qui sont le résultat de Tapprentissage, il faut une organisation particulière qui supporte une suspension prolongée du besoin impérieux de respirer. En effet, quelques individus possèdent celte faculté sans en avoir aucune connaissance, parce quUls n*ont jamais été dans le cas de la mettre à Tépreave. n n'est pas sans exemple que des noyés aient été rappelés à la vie après une immersion de deux jours entiers, et plus de la moitié de ce temps passé sous Teau fut certainement une lutte contre les obstacles qui empêchaient d*en sortir ;
sans ajouter foi à PavenCure de François de la Yéga, qui passa, dit-on, cinq années dans le séjour des nymphes (de 1674 à 1679), et qui, durant tout ce temps, ne se nourrit que de poissons crus, ajoute gravement son historien, on ne peut douter de Pexactitude de quelques faits beaucoup moins surprenants, qui réduisent à peu de jours la durée de Thabitation dans Teau. Les habitants des côtes ne sont pas sans doute mieux préparés que ceux de Tintérieur pour le métier de plongeur; mais ceux que la nature a rendus propres à cet emploi ne manquent point d'occasions de reconnaître leur aptitude, si, dès leur enfance, ils se familiarisent avec la mer. On ne manquera donc point de plongeurs tant que le fond des mers sera susceptible d*une exploitation profitable, à la profondeur d'un petit nombre de brasses : lorsqu'il ne s'agira que de la pèche du corail, des éponges, des perles, etc., Part des machines pourra se dispenser de venir au secours de Pindustrie; mais pour descendre à des profondeurs plus considérables, ou dans des lieux où l'on manque de plongeurs exercés, s'il est question de retirer du fond de la mer les débris d*un naufrage, etc., il est très-utile de pouvoir seconder les efforts du courage au moyen de quelque appareil : la cloche du plongeur s'acquitte de cet emploi. La meilleure forme de cette enveloppe, sous laquelle on fait descendre l'opérateur, est celle du cène tronqué, dont la base est supprimée, fermée soigneusement par le haut, construit avec solidité, lesté par le bas, de sorte que son poids surpasse celui de son volume d'eau de mer; sa capacité doit être telle que l'opérateur y trouve assez d'air pour respirer durant son travail, si on n'est pas pourvu du moyen de renouveler cette provision, dans ce cas, si Popération â faire exige un temps un peu long, on remonte plusieurs fois la cloche et Pouvrier. Afin de renouveler la provision d'air, afin d'éviter ce ralentissement, on peut faire descendre successivement des futailles pleines d'air, fermées avec un bouchon que Pouvrier puisse enlever facilement, après avoir amené sous sa cloche cette nouvelle provision. L'air s'échappe avec impétuosité ; Peau ne se presse pas moins de le remplacer, et la futaille, ainsi remplie, est rehissée au dehors pour y être vidée et ensuite redescendue. Cet expédient est peut-être le plus simple et en même temps le seul auquel on puisse recourir; et Pon ne doit pas perdre de vue que la vie d'un homme serait exposée, si Pon ne prenait pas assez de précautions. Le seul inconvénient auquel la cloche du plongeur expose l'homme qu'elle renferme est la
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grande densité de l'air qu*U y respire ; à la profondeur de trente mètres, ce fluide est presque réduit au tiers du volume qu'il aurait dans Tatmosphère. Il est indispensable que la descente soit très-lente, surtout pour Torgane de Touïe, auquel il faut laisser le temps de se mettre en équilibre avec un gaz dont la compression va toujours croissant Quelques essais donnent promptement la mesure du temps nécessaire pour que l'ouvrier ne sou£Fre point pendant la descente à une profondeur connue. Mais une docbe de plongeur est un appareil assez dispendieux : outre les parties essentielles qui la constituent, il faut un mécanisme, des agrès et un bateau qui porte le tout, des bras pour les diverses manœuvres : les pècbeurs d'épongés et de corail dans la Méditerranée o'atteindront pas à cette opulence, et continueront leur métier comme ils l'ont fait jusqu'à présent. Fiait. PLONGEUR (gi4)CHI a), Batiau PLOROiUft.f^c^. l'article précédent et Sods-maaih {bateau).
PLONGEURS. On appelle plongeur tout oiseau aquatique qui plonge fréquemment pour chereber au sein des eaux sa nourriture , ou pour fuir un danger extérieur. De l'observation de telles habitudes est découlé le nom de plongeon {oofxmbus)^ consacréà un genre. Par extension, oe nom de plongeur a été donné par Cuvier à sa première famille des palmipèdes. Les plongeurs ou brachyptères de cet auteur sont les grèbes, les plongeons, les guillemets, les pingouins et les manchots. Yieillot a nommé plongeurs, unnatorsSf hi deuxième famille des oiseaux nageurs, tribu des téléopodes. Il y range les genres héliorne, grèbe et plongeon. Da..z.
PLOTIN, le philosophe le plus distingué de Téoole néoplatonicienne, intelligence puissante, qui transporta au cœur de la société romaine lessubtilités des philosophies brahmanique et persane, et qui, joignant l'exemple aux préceptes, vint montrer au sensualisme de la ville des Césars l'ascétisme et Taustérité des gymnosophites. Si l'on pouvait admettrel'influence insaisissable des lieux sur Torganisme, la pente des idées de Plotin nous paraîtrait moins extraordinaire, car il vit le jour à Lykopolis sur les bords du Nil, sur ce sol des hautes conceptions intellectuelles, vers Tan SOS après J. C. Ce ne fut qu'à 38 ans que Plotin eut conscience de sa vocation, et alors il entra dans l'école d*Ammonius Saccas, qu'il flréquenta plus de 11 ans. Là, il se trouva en contact avec des doctrines qui entraient dans sa manière d'envisager les choses extérieures, en sacrifiant continuellement le raisonnement aux vagues spéculations de l'esprit. « Le voilà^ s'éeria-t-il
après avoir entendu pour la première fois le philosophe alexandrin, le voilà, celui que je cher* chais ! » D'Egypte, il entreprit un voyage vers les régions de l'Orient, et tout porte à croire qu'il fut initié aux mystérieuses réunions des mages et des brahmes. Mais il parait toutefois que son insatiable curiosité ne fut pas alors complètement satisfaite, car, à 59 ans, il s'engagea dans les armées romaines que Gordien menait en Asie, dans Pespoir de saisir à leur suite toute la profondeur des préceptes professés par les prêtres persans. L'expédition ayant échoué, Plotin eut beaucoup de peine à sauver sa vie, et ne revit Rome avec les débris de l'armée qu'un an après son départ.Là, il établit une école de philosophie, où en peu de temps on vit afauer un concours immense d'auditeurs et de disciples de tout rang, de tout âge, de tout sexe. On vit des dames romaines cultiver la philosophie sous sa direction, et il eut des disciples jusque dans le sénat. Son costume, son silence mystérieux, ses jeûnes fréquents et austères, la nouveauté et la sublimité de ses dogmes, produisirent une sensation extraordinaire, et lui méritèrent à un haut degré la vénération des masses, et cela fut poussé à un tel point qu'on le prenait pour arbitre dans les procès , et qu'au lit de mort, un grand nombre de personnages mettaient leurs biens et leurs enfants sous sa protection comme sous celle d'un ange tutélaire. L'empereur Gallien et l'impératrice Salonine eurent même le projet de lui faire reconstruire dans la Campanie, sur l'emplacement d'une cité ruinée, une ville où il réaliserait la république idéale de Platon. Mais on avait d^à tout foit pour le perdre, et on y réussit si bien dans cette occasion que l'idée fut abandon- 'née par ceux qui ravalent conçue. La vieillesse ayant obligé Plotin à cesser ses leçons de philosophie , il se fit transporter en Campanie chez les héritiers d'un de ses amis, qui pourvurent à tous ses besoins jusqu'à sa mort, arrivée l'an 370 de Jésus-Christ; il avait alors 66 ans. « Je fais, dit-il en expirant, un dernier effort pour ramener ce qu'il y a de divin eu moi à ce qu'il y a dt divin dans l'univers. » Les opinions de Plotin nous ont été conservées par Porphyre, le plus ardent de ses disciples et de ses admirateurs, pour lequel il composa 24 livres. Il en avait déjà réuni 91, qui, joints aux 9 qu'il écrivit depuis, composent la totalité de ses œuvres. Elles sont divisées en 6 sections appelées Ennéade$ (du grée eftnéii [neuf] ), parce que chacune contient neuf traités ou chapitres. En 1493, Marsile Ficin fit imprimer à Florence une traduction latine de Plotin avee des sonmaires et des analyses aor
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I tttre. Celle Tenton, qal est rare et recherchée, fut réimprimée à Bâie en 1559, et plus tard en 1580 avec le texte grec. Creotzer a mis •u Jour mi de ces outrages qui traite du beau, et Bogelharta publié ses cenrres complètes (ErlaigeB, 1830-1835). Les ceurres de PloUn se font rcnarquer par une imsieBse érudition, uo génie élevé, «ne imaginatioo Tire et hardie, toute briHante d*idées sublimes et ingénieuses ; mais eBes soBi presque toujours si abstraites que la lecture en est dtffieile et ennuyeuse, et que c'est probablement pour ce motif que la philosophie de cet liomrae énioent n*est pas aussi connue qn"dle mériterait de Tètre. Peut-être 7 a-t-il à oaiMlre aussi que ses dogmes ne nous soient pas panreuus dans toute leur pureté par Tintermédialre de Porphjre, qui peut bien les aroir rédigés sous liufiuenœ de ses propres idées. — La deraière parole de Plotin est Texpresslon la plus complète de sa philosophie. Rapprocher rbomme de Tesprit qui anime le monde, de ce qui émane de Zeus, le dieu des dieux ; isoler nme du eorps, f élever Jusqn*à la contemplatîM de la Bivinité, voilà ce que le sage mounot recherchait par-dessus toute chose. 11 était alors logique pour lui comme pour les gymnosuphites que le corps ne coustituait qn*une enveloppe iudigiie de tout soin, de toute attention. Il soutenait même que les corps n*ont pas d*cxlslen€e réelle et qu'ils ne sont qo*un produit éphémère et variable de l*àme. Ife nous étou* naos donc pas de le voir rougir d'être logé dans cslte prison fragile, refuser de jamais dire ni le )o«r, ni le mois, ni le Heu de sa naissance, et releter tout remède dans les maladies fréquentes que lui occasionnaient ses abstinences et son appllcailon* U ne voulut jamiais non phis permettre qn*on reprodnfeit son image, et répondit un jour à Aaae&is, son disciple, qui lui faisait ■ne demande de ce genre : « Il*esl-ce pas asses de traîner partout avec nous cette enveloppe dans laqueBe la nature nous a jetés, sans qu*il sait besoin encore d'en transmettre aux siècles talun une copie, emnme un spectacle digne de leur adaainftion? » Gomme Platon, il admettait rime du monde, c'est-lHHra une substance spirUncBe, répandue dans toutes les parties del'n- ■iven et conmnniquant è chacnne la vie et le mouvement ; mais il prétendait (et en cela II dtfMmil de Platon) que les facultés inférieures de rime, Hmagination, la mémoire, les passiens, ne venaftent point de Tàme du monde, mais des corps. — Du reste, PlaHn, pur suite de ses idées, ont Un^ours des habitudes bisarres, et Bn^npas lien d'en êtse surprit. Ce qui éton-
nera davantage, c'est qu'avec cette supériorité d'intelligence, il ait payé aussi son tribut aux faiblesses de notre humanité, mais l'homme dominera toujours chex l'homme. Le profond philosophe était, comme tant de médiocrités, d'une présomption extrême. Amelius llnritant à sacrifier aux dieux : « C'est à eux, répondit Plo« tin , de venir à moi et non pas à moi d'aller à eux. » Placez maintenant cette réponse , si elle est vraie, en regard de ce détachenMnt des choses terrestres qui domine surtout dans ce beau caractère, «t dites-nous combien il est passé sur ce misérable globe d'êtres intelligents qui aient pu se dire de véritables philosophes. DicT. Conv.
PLOnifE. PoupÉfA Plotiita^ femme célèbre par ses vertus, épousa Trajan longtemps avant son élévation à l'empire. Conseillé par elle, l'empereur diminua les impôts qui écrasaient certaines provinces. Adrien lui fut redevable d'avoir été adopté par Trajan et désigné dans un testament, probablement supposé, comme héritier du trêne. Il ne se montra pas ingrat ; car à la moH de Plotine (139), il lui éleva, à Mimes oft il se trouvait ^lors, un temple, un palais et on amphithéâtre dont les ruines subsistent encore. Une ville de Thrace, près du fleuve Hebrus, reçut en son honneur le nom de Pioiinopoliê, X.
PLun. On donne ce nom à la précipitation des vapeurs aqueuses tenues en suspension dans l'atmosphère, lorsque leun molécules se rappro» cheot asseï les unes des antres pour se réunir en gouttes liquides et pleinêë, qui tombent alon par leur propre poids. Phisieura causes concourent sans doute à amener cette précipitation. Un simple abaissement dans la température produit par une cause quelconque, par un courant d'air froid par exemple, peut amener la condensation de la matière des nuages. Le même effet peut être produit pu* le transport de ce nuage dans une région plus froide. Quelques auteure donnent de la farmaUon de la pluie l'explication suivante: ils pensent que la finie est toujours le résultat delà reneontre de deux courants atmosphériques contraires, de températures différentes et pouvant entraîner chacun it§ masses de fmpeur véHeuiaire. 81 nous supposons que ces deux groupes de nuages (puisque les nuages ne sont que des agglomérations de vapeur vésiculaire), dont l'un II une température de 35* et l'au^ tre de 15*, viennent à se rencontrer, il en r^ Muterait, si le mâange pouvait se ftdre dtee mnnière parMte, une masse comm ne à une température inteimédiairedeSOi.Malsoommené, dans ce passage, se sera oamportée la vapeur vésicnhdfe? La masse la plus chaude deaeendn.
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de 350 à 30o, et alors la quantité de calorique qui formait Texcès d*une température sur l'autre abandonnera une certaine quantité de vapeur Yésiculaire; celle-ci, n'ayant plus assez de calorique pour se maintenir à cet état, redeviendra liquide et se précipitera sur la terre sous la forme de gouttes plus ou moins volumineuses. Le groupe moins chaud verra à la vérité sa température s'élever et deviendra alors capable d'absorber une plus grande quantité de vapeur d'eau; mais l'excès de capacité pour la vapeur que produit une élévation de température de 15» à 20» ne saurait absorber toute l'eau liquéfiée par la perte qu'aura faite la première masse en descendant de 35« à 30» : il 7 aura donc une certaine quantité d'eau mise à nu, par conséquent production de pluie. En outre, le mélange des deux groupes n'a pas lieu complètement, instantanément, et les échanges de température se font partiellement de proche en proche; car la vapeur d'eau est un mauvais conducteur du calorique. Toutes cet causes déterminent sans doute la formation de la pluie dans des circonstances fort diverses. •
La pluie affecte différentes formes , c'est-àdire qu^elle varie depuis la plus grande finesse, la bruine^ jusqu'à une grosseur assez considérable, Vaverse et la pluie d'orage, différences qui proviennent de la manière dont se fait la précipitation de la vapeur vésiculaire et du plus ou moins d'élévation des nuées. La bruine, qui est la précipitation d'un brouillard , ainsi que la pluie fine, est sans doute déterminée par le choc de deux masses d'air à des températures différentes; mais il est nécessaire que cette cause agisse longtemps et lentement, tandis que cette action doit être subite et plus énergique pour produire l'averse, pluie qui tombe presque en masse, en gouttes d'un très-gros volume précipitant avec rapidité et provenant en général d'une assez grande hauteur. Ce n'est pas que l'élévation soit une condition absolument nécessaire pour que les gouttes de pluie aient un gros volume, et tout le monde sait que les pluies d'orage sont fournies par des nuages peu élevés. Mais c'est que le volume des gouttes de pluie dépend simultanément et de la hauteur du nuage et de la rapidité de la précipitation. Si dans le cas d'une précipitation rapide la nuée était haute, les gouttes seraient petites parce qu'elles auraient été brisées dans leur trajet par la résistance de l'atmosphère. Dans le cas d'une précipitation lente, la pluie est fine (exemple : la bruine); tandis que si elle a lieu dans un nuage âevé, les gouttes de pluie, fines d*abofd, se
grossissent de toute rhumidité qu'eUes ramas^ sent dans leur chute.
Il 7 a, dans la formation des plw'ea d'orage, une condition de plus par la présence du fluide électrique, qui du reste joue sans doute un rôle important, suivant M. Bertholon, dans la production de toute espèce de pluie. Il est en effet fort probable que dans le phénomène de l'évaporation,qui s'accompagne toujours de dégagement d'électricité, ce fluide se combine avec la vapeur d'eau pour la faire passer à l'état vésiculaire et pour 1*7 maintenir, en même temps qu'elle lui procure une assez grande légèreté afin qu'elle se tienne suspendue dans l'atmosphère à des hauteurs variables, selon l'état de raréfaction de l'air de ces hautes régions. Dans toutes les circonstances où la vapeur vésiculaire se trouvera dépouillée de son électricité constituante, il 7 aura précipitation. Dans la pluie d'orage le phénomène est si saillant qu'il ne saurait passer inaperçu, puisque l'électricité d'une nuée s'échappe d'une manière visible, soit pour se combiner avec celle de la terre, soit avec l'électricité d'une autre nuée. Et au fur et à mesure que l'orage fait des progrès, que les éclairs se multiplient, on voit la pluie augmenter d'intensité. Celle-ci en tombant entraine sans cesse de nouvelles quantités d'électricité et favorise encore la précipitation de la vapeur vésiculaire. Quant au rôle qu'on a fait jouer à l'électricité dans la formation des pluies d'orage, en prétendant que l'éclair déterminait la combinaison de ro7gène de l'air avec de grandes quantités de gaz inflammable pour former les torrents d'eau qui tombent dans ces circonstances, il faudrait, pour l'admettre, qu'on arrivât à prouver la pré* sence de rh7drogène dans ces hautes régions.
Nous ne dirons qu'un mot des pluies périodiques. Elles ont leur source dans de grands courants d'air dont le retour annuel est déterminé par des causes astronomiques dont il sera parlé à l'article Vkuts. Ces courants à retour régulier se saturent, en raison de leur température élevée, de l'immense évaporation qui a lieu continuellement à la surface des mers et en transportent les produits à des distances considérables; un abaissement local de température opéré par des montagnes ou des forêts condense ces vapeurs en pluies abondantes.
C'est une question importante et difficile en météorologie, que d'étudier la manière dont la pluie se distribue à la surface du globe et de mesurer les quantités qui en tombent en divers lieux : cette mensuration a lieu à l'aide de Vom" brométre {d'BfiSpoi^ pluie, et fUrpep, mesure),
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sorte de vase exposé à Tair au moyen duquel on calcule la quantité d^eau tombée sur un espace donné. La comparaison qui a été faite de nombreoses observations sur ce sujet a donné les résultats suivants :
1o La position géographique influe sur les quantités annuelles de pluie, et celles-ci s*accroissent comme les températures. Ainsi, au niveau de la mer, sous la zone torride, la quantité de pluie est au moins 5 fois plus grande que sous les zones polaires, et 4 fois plus grande qu*an centre des zones tempérées. Il pleut, aux Antilles et au Bengale, quatre fois plus qu*à Paris et cent fois plus qu*à Upsal et à Saint-Pétersbourg. Une chose fort digne de remarque c*est que le nombre moyen des jours pluvieux suit une marche inverse de la progression des quantités de pluie. Cela tient à ce que pour les zones rapprochées de Téquateur les énormes quantités d*eau versées par le ciel tombent rapidement et dans un petit nombre de jours : ce sont des pluies vraiment diluviales; tandis que les petites quantités d^eau qui tombent dans les zones qui se rapprochent des pôles sont réparties sur un nombre de jours <|ui va croissant au fur et à mesure qu'on 8*éloigne de Téquateur. La comparaison des saisons entre elles donne des résultats analogues , et la pluie qui tombe en juin, juillet et août, équivaut souvent à celle des neuf autres mois de I*année. Enfin, il est encore digne d*observation que la ploie tombe en plus grande abondance et qu*il pleut plus souvent le jour que la nuit.
S* La cause qui agit le plus puissamment sur les quantités de pluie est la présence des eaux pâagiqnes et pluviales, qui peut augmenter d*un tiers, du double et même tripler la quantité de ploie qu'une contrée doit recevoir en raison de sa situation géographique : ainsi, pour n'en citer qn*un seul exemple entre plusieurs, il tombe 1>«30 d*eau dans le Hampshire , tandis qu'à Ratisbonne, sur le même paraUèle, la pluie an- Budie ne s'élève pas au delà de 0>n49.
8» Les vents doivent influer sur les quantités de pluie en raison de la nature des contrées qu'ils ont parcourues, et les vents périodiques sont nécessairement la cause de certaines pluies qui reviennent annuellement aux mêmes époques. Cette influence ne se manifeste que dans les régions Inférieures de l'atmosphère, puisqu'il est d'observation constante que les hautes monta- \ Biodifient ou interrompent absolument le I des vents; ainsi il ne tombe pas de pluie au Pérou ni au Chili, tandis qu'au revers des Andes, les plaines du Paraguay en sont inondées tous les ans au retour du soleil.
4o Ce n'est que depuis peu d'années qu*on a reconnu que la quantité de pluie qui tombe dans un espace limité est d'autant moindre que celte localité est plus élevée au-dessus du niveau de . la mer. Toutes conditions étant semblables d'ailleurs, il pleut davantage dans les pays montueux que dans les pays plats. La cause de celte différence est jusqu'à présent restée tout à fait inconnue, surtout quand on la recherche pour les plateaux élevés; car, pour les régions absolument montagneuses , le phénomène peut recevoir une explication analogue à celle que nous allons donner de l'influence que peut exercer la présence des forêts sur les quantités de pluie.
5» M.Moreau de Jonnès a parfaitement élucidé cette dernière question pour les plaines : il a démontré que la présence des forêts n'y modifie en rien les quantités de pluie. Mais il n'en est plus de même quand les fbrêts occupent le sommet des montagnes, leur influence pour augmenter les quantités de pluie est alors très-marquée et d'autant plus saillante que nous savons déjà que les quantités de pluie diminuent avec l'élévation. Probablement que les forêts situées sur les lieux élevés arrêtent les nuages bas, les vapeurs condensées, les attirent même, de sorte que ces bois sont toujours plongés dans une atmosphère saturée d'humidité. La pluie en traversant ses couches s'empare de l'eau qu'elles tiennent en suspension , et s'en augmente au point d'excéder prodigieusement les quantités d'eau versées sur les plaines. C'est cet enchaînement de circonstances qui cause sur le sommet des Andes cette continuité de pluies qu'on y observe, au point qu'on y compte à peine chaque année quelques jours sereins. Si cette influence était bien avérée, comme l'étude des faits parait le démontrer, il en résulterait qu'il est loisible à l'industrie humaine d'agir sur la pluie comme sur la foudre, d'en provoquer la formation et d'en proportionner les quantités aux besoins de l'agriculture; puisqu'il suffirait pour atteindre ces résultats , dans les pays dominés par des montagnes ou de hautes collines, de déboiser les reliefs les plus élevés ou de les couvrir de plantations pour diminuer ou augmenter les quantités annuelles de pluie.
Il nous reste à dire un mot des pluies de crapauds ou mieux de grenouilles, des pluies de sang, des pluies de cendres. Des relations bien circonstanciées faites par des observateurs sérieux et attentifs ne laissent pas de doute sur la réalité des premières , qu'on ne peut expliquer qu'en admettant, ce qui parait cependant assez difficile, que le soleil, en pompant les vapeurs
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des étangs, a enlratoé avec elles du frai de grenouilles. H. Sementini a rendu comple d'une pluie tombée, le 14 mars 1813, dans le royaume de Naples et dans les deux Galabres, qui fera comprendre ce qu'on doit entendre par une pluie de sang : « Alors commencèrent à tomber de grosses gouttes de pluie rougeâtres , que quelques-uns regardaient comme des gouttes de sang et d'autres comme des gouttes de feu. Cette pluie résultait du mélange avec la vapeur vésiculaire d'une poussière composée d'éléments divers et qui était sans doute d'origine volcanique ainsi que la terrible pluie de cendres qui a enseveli Herculanum et Pompéi. .» Pour les pluies de pierres, vaiy. AtaoLiTBis. A. Ligiaii».
PLUMES, Plvmagb. Ce n'est qu'aux habitants des airs qu'appartient ce léger vêtement, si bieu approprié à leur destination, car, si qudques mammifères sont doués de la faculté de voler, ils ne le doivent qu'à un prolongement des téguments qui les recouvrent. Arrêtons nos regards un instant sur la structure de ces productions organiques, où tout est combiné avec la prévoyance la plus admirable pour préserver les plus frêles espèces des intempéries atmosphériques, tout en leur permettant d'en faire les plus puissants leviers contre la résistance du fluide aérien. Voyez ce tube creux, et cependant si fôrtj cette tige remplie de la subslanoe la plus spongieuse et la plus légère, ces barbes terminées par des crochets que l'animal entrelace pour offrir une lame plus impénétrable à l'air I Tandis que les rectricê$, ou ces plumes du croupion destinées à soutenir l'oiseau dans le vol, ont des deux c6iés des barbes également épanouies, ks rémiges, ou ces grandes plumes de l'aile destinées à porter le premier choc au fluide, ont les barbes externes beaucoup plus fortes et moins étendues que les internes. C'est à des glandes situées vers le croupion que les oiseaux (notamment les espèces aquatiques>, empruntent cette matière graisseuse dont Us oignent levrs plumes pour les rendre impénétrables à l'air et à l'eau, imperméabilité que fovoHse d'aUlenrs leur disposition étagée. Quelques parties du corps de Toiseau en sont totalement dépourvues ou n'offrent qu'un simple duvet. Il est des plumes qpii, garnissant en forme d'aigrette on de huppe le cou ou le dessus de la tête, ne paraissent avoir d'autre destination que la parais de l'espèce, comme on le voit dans le paon, ^'autres, flottant avec grâce près des tectrices caudales, et d'une structure plus délicate que les autres, deviennent pour l'homme des insignes du rang et des objets de mode. Quel luxe de ooukur, quette ri-
chesse de reflets dans la robe de ces espèces qui peuplent la sone torride! D'après les observalions d'Audebert, leurs couleurs changeantes paraissent dues à la décomposition des rayons lumineux qui s'interposent entre les barbules. Lesp/Mmes doivent leur production à une sécrétion analogue à celle des poils. Nous ne reviendrons pas sur le phénomène de la mtie^ auquel nous renvoyons comme complément de celui-ci, ainsi qu'au mot Ddvet. Saogiiottb.
PLUMES. {Technologie.) L*industrte tire un grand parti des plumes des oiseaux. Déjà les Ro* mains faisaient des lits avec le duvei qui recouvre leur corps. Les sauvages se parent aossi de ces plumes brillantes qui sont des objets de luxe ehtx les nations civilisées. L^art de les préparer pour cet usage et le commerce auquel dles don* nent lieu, constituent la plumasêerie. Celles qui sont le plus estioiées sont les plumes d'autruche, parce qu'elles sont blanches, souples, à belles franges, et reçoivent mieux la teinture» Les plumes des mâles sont les plus larges et les plus touffues. On estime davantage celles dea ailes et delà queue. Les plumes des femelles se divisent en Manches, grises , et baiUoques^ o« de couleurs mêlées. Les plumes noires du dos des autruches n'ont pas besoin d'être teintes; on les passe seulement dans une eau po«r augmenter leur lustre. On emploie l'oan de savon poar les blanches auxquelles on vent conserver leur coa« leur naturelle, et on les passe ensuite au souftre. On se sert encore dans la pinmasserie des plu* mes de héron , à€ cygne , de paoo , dt coq , de vautour, etc. Pour l'écriture , on emploie principalement des plumes d'oie , aptes leur avoir fait subir une sorte de préparation qui les débarrasse des matières grasses dont elles sont e»duites. Les plumes de eorbean sontrecbercbéea pour leur flnesse; on s'en sert surtout dans le dessin. C'est au x« aièdeque l'usage des plumes l'emporta sur le roseau des anciens. Isidore, a« vn« siècle, est le premier auteur qui en ait parlé. An milicii du xvin«, im mécaniciett, nommé Arnoux, imagina de fSûre des pluflMS d'un métal asses dur pour résister plus longtemps que les plumes ordinaires, et assec flexibles ponr former ks plus fines liaisoBS de l'écriture. On sait à quds degrés de perfection cette industrie est arrivée de nos Jours. Birmingham en produit en grande quantité; mais la Vrance rivalise heaerabiement avec l'Anglelerre. Les matériaux le plus employés s«K l'acier, le laiton, alliés à dlveiB autres métanx; on en faitaussi ca écaille et SB d'autres matières analogues. Les ptamct naéuniques ont l'avantage d'être toiiles tailidee tt
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éb éorcr longtémpt; mais «liai manquent en fénéial dt iezibilité, M déchirent fticilement le fipier mécanique. Z.
FLUMIT^. On appelle ainti, dans la langue èê palaif , la fenille d*audience sur laquelle on pocte, anmilôt qu'ils sont rendus, les minutes des arrêts et des Jugements; le greffier au plumlf^etteelBl qui tient la plume aux audiences. LVrdonnanee du mois d^ayril 1667, titre xx^i, articles, Tonlait que le juge qui avait présidé Ttt, à l*istne de l^udience ou le Jour même, la rédaction do greffier; qu*il signAt le plumitif et paraffit chaque sentence , Jugement ou arrêt. Ces disposkions ont été reprises et développées par le décret impérial du 80 mars 1668, qui règle la police et la discipline des cours et tribunaux. Bn portant sur la feuille d*audience du Jour les minutes de chaque arrêt ou Jugement dès qu*ils sont rendus, le greffier doit faire, en marge, mention du nom des conseillers. Juges et memhrea du ministère public qui y ont assisté. Le BMgistrat qui a présidé doit vérifier celte feuille à riastiede Taudience ou dans les vingt-quatre heures, et signer chaque minute , ainsi que le greffier, et les mentions ftdtes en marge. Si le préaident se trouve par accident dans Tiropossibilité de signer la feuille, elle doit Têtre dans les H hearei suivantes par le plus ancien des juges qui ont assisté à Taudience; si le greffier ne peat signer, le président en fait mention en signant. Si les signatures prescrites n'ont pas été données dans les délais et par les personnes que nous venons d'indiquer, il en est référé à la première chambre de la cour royale, qui, sur les eooehisions du procureur général, peut autoriser à signer un des juges qui ont concouru au Jugement. Les feuilles d'audience doivent être d^u format semblable et réunies par année en fnrne de registre. Toutes ces règles sont com- ■nnes aux arrêts des cours et aux Jugements des tribunaux de première instance. Ch.Lxmoihiiie.
FUJMPUDDING , mot emprunté aux Anglais, qui Pont formé de plum, fruit , raisin sec, et fmâding, boudin, y^f. Puddiro.
PLUMUU. Jussieu nommaitainsi le petit bour* gcon de rendiryon, que Ton désigne aussi sous le nom de gemnuile.
PLURIIL. Les grammairiens ont donné cette dénomination au nombre qui marque la pluralité (du latin pluraiiê, sous-entendu numerus). U nombre plurM marque de sa présence les noms, les verbes, les pronoms, les adjectif^. Un nom est au pluriel quand il est précédé ou qu'il peut être précédé de l'article les, qui lui-même cstatt pinriel* Ainsi, kêgmrnm-ê^ lê$ r^iê, Uê
loiê^ etc., sont des substantif^ au pluriel. Toutes les fois qu*un nom n'est pas terminé par un t an singulier, on n'a qu'à ajouter cette lettre pour le mettre au pluriel : ex., to mèrt^ les mèr^Sf la ftlte^ les filles, etc. Il y a quelques exceptions que l'usage fait connaître. Quand le substantif est au pluriel, l'adjectif qui s'y rapporte prend le même nombre. Il y a des noms qui n'ont pas de pluriel, comme os^ faim, soif, etc. ; il y en a d'autres qui, au contraire, n'ont que le pluriel, comme matines y vêpres ^ ténèbres, délices, gens, etc. Un verbe est au pluriel quand ce qu'on affirme se rapporte à plusieurs personnes ou ft plusieurs choses. Le pluriel, dans un^verbe, est désigné par les noms ou les pronoms personnels qui le précèdent : ainsi, dansnotis dansons, les écoliers lisent, nous et les écoliers font connaître que les verbes lire et danser sont au plu* riel. Il y a telle langue, comme l'arabe, qui a des pluriels de petite et des pluriels de grande pluralité {vcfjr. la Grammaire arabe de Sacy). Il y a des langues où le singulier redoublé tient lieu du pluriel, lequel manque véritablement.— P/uriel s'emploie aussi adjectivement : un nombre pluriel, une terminaisonp/t«rfe//e. Chamfagii ac. PLUS ET MOINS. (Mathémaliques.) Ces deux mots, qui expriment, dans le langage vulgaire, le premier une idée d'accroissement, le second une idée de diminution, sont employés avec le même sens dans la langue algébrique, dont ils constituent deux des signes principaux, et de l'usage le plus fréquent. Plus est représenté par le signe-}-, et motitspar le signe ~. Le premier se place entre les quantités dont on veut indiquer l'addition , et le second sert à indiquer la soustraction : ainsi, relativement au signe-f-,les expressions a-{-^, 9-}-5-}-ll, représentent les additions à effectuer des quantités a et b, et des nombres 9,5 et 11 ; relativement au signe—, les expressions a — b, 11 — 5, indiquent qu'il faut soustraire la quantité b de la quantité a, et le nombre 5 du nombre 1 1 . Les expressions algébriques telles que a et 6 n'ont de sens que parce qu'elles sont supposées représenter des nombres ; mais cependant, tant que les nombres restent sous cette forme générale, il est impossible d'effectuer sur eux les opérations indiquées par les signes •>)- et — : cela ne peut se f^ire que pour les nombres exprimés en chiffres, ou pour les quantités algébriques ayant la même valeur et représentées par les mêmes lettres. Ainsi, l'expression %+6 + U, indiquant l'addition de ces trois nombres entre eux, revient au nombre 18, somme de 9, 5 et 11 ; l'expression 11—5, 1 indiquant U soustraction du nombre i du nonn
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bre 11, revient au nombre 6, résultat de cette opération arithmétique; l*expre8sion ia + ^a^ indiquant l'addition de â fois la quantité a à 5 fois cette même quantité, revient à 7 fois a ou à 7 a; enfin, l'expression 7 a — â a, indiquant qu'il faut soustraire deux fois la quantité a de 7 fois cette quantité, revient à 5 a. —Dans les expressions algébriques plus compliquées que celles dont nous venons de parler, le sens des signes + et — est toujours le même, et les simplifications qu'on peut y introduire sont basées sur les mêmes principes et peuvent s'expliquer aussi simplement que nous l'avons fait plus haut. Soit, par exemple, l'expression :
En considérant d'abord les lettres qu'elle contient, nous voyons, en premier lieu, qu'il s'y trouve 5 fois a, plus 5 fois a moins une fois a, ce qui revient, d'après ce que nous avons dit plus haut, à 7 fois a ou à 7a; en second lieu, nous voyons qu'il s'y trouve 5 fois b, moins une fois b^ ce qui revient à 26; quant aux nombres, nous voyons que nous devons ajouter 7 à 8, ce qui donne 15, puis retrancher 10, ce qui donne 5. Il vient donc enfin, en réunissant les résultats précédents, au lieu de l'expression écrite plus haut, l'expression simplifiée,
4-7a4-26-J-5, qui a tout à fait le même sens et la même valeur que l'autre, et qu'il est impossible de simplifier davantage, tant qu'on ne substitue pas à la place de a et de 6 les nombres que ces lettres représentent. —Allons maintenant un peu plus loin. Si, dans l'expression que nous avons prise pour exemple, au lieu d'avoir 4- 3 b et — b^ nous avions au contraire eu, je suppose, — ôbet+b^ comment eussions-nous dû opérer la simplification en ce qui concerne la lettre b? D'après le sens des signes-}- et —, 36 indiquant qu'il faut soustraire 5 fois 6, et -}- 6 qu'il faut ajouter une fois b, ceki revient évidemment à soustraire 2 fois 6 ou à écrire — 26. Il en serait de même si, au lieu d'avoir — 10 -|- 8 -J- 7, nous avions eu 4- 10 — 8 — 7 : au lieu d'écrire pour résultat-!-5, nous aurions dû écrire — 5; d'où l'on voit que, dans la réunion de quantités algébriques semblables ou de nombres joints entre eux par les signes -}- et —, il faut, tout en se conformant aux règles que nous avons indiquées plus haut, donner au résultat le signe qui afifecte celles de ces quantités ou ceux de ces nombres qui entrent le plus de fols dans l'expression. Maintenant que nous avons expliqué la valeur relative des signes -{• et— , tâchons défaire comprendre le sens que l'on doit attacher à des quantités
ifolées, précédées de Tun ou de l'autre de ces signes. Il faut pour cela avoir dans l'esprit d'idée de quelque problème auquel se rapportent ces quantités. Supposons, par exemple, qu^on cherche la somme que l'on doit payer à un ouvrier qui, étant resté chez vous un certain nombre de jours , doit recevoir 2 francs , je suppose , par chaque jour de travail, et donner 1 franc par chaque jour d'inactivité. Si l'on trouve, en résolvant convenablement le problème, qu'il faut payer à l'ouvrier -f-20 francs, par exemple, ce résultat sera clair et n'exigera pas d'interprétation ; mais, supposons qu'on trouve pour résultat qu'on doit à l'ouvrier — 20 francs, qu'est-ce que cela pourra signifier? que peut-on entendre par devoir à quelqu'un moins quelque chote? Eh bien ! si l'on remonte, pour interpréter cette solution, aux données du problème, on trouvera infailliblement que ces conditions sont telles que la somme à payer à l'ouvrier pour ses journées de travail est inférieure de 20 francs à celle qu'il doit vous rendre pour ses jours d'inactivité : d'où il suit que la solution — 20 francs, obtenue dans ce cas, indique qu'au lieu de donner vous devez recevoir, ce qui est une action toute contraire. Ainsi, la solution — 20 francs n'indique rien d'impossible ni d'absurde : elle indique seulement que le problème n'a pas été convenablement posé. Ainsi, dans l'exemple que nous avons pris, au lieu de chercher la somme à payer à l'ouvrier, il eût fallu chercher celle qu'il devait : on fût alors arrivé pour résultat à -f- 20 francs. — C^est toujours d'une manière, sinon semblable, du moins analogue, que doivent s'interpréter les solutions de problèmes précédées du signe —, et l'on ne peut guère se faire une idée de quantités affectées de ce signe qu'en les regardant comme ^e» résultats de certains problèmes dont on pourrait transformer l'énoncé de telle façon que la solution fût précédée du signe -t-, au lieu du signe — . Il fout bien se garder du reste de regarder ceci comme un jeu d'esprit dont l'algèbre pourrait se passer. Il n'en est rien, et la foculté qu'elle a de donner, dans certains cas, des résultats comme ceux dont nous Tenons de parler tient à la propriété de généralisation dont jouit la langue de cette science, et qui en est le caractère essentiel.— On appelle poêitifs les nombres précédés du signe -}-, et négatifs ceux qui sont précédés du signe — . Ces expressions sont assez impropres, et n'ont de valeur bien définie que dans les sciences exactes. L. L. Yadthibr.
PLUS-QUE-PARFAIT, terme de grammaire; I dom du dernier des temps passés du verbe. Ce
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Umpi se irooTe deux fois dans la coqjugaison, à rindicatif et au subjonctif : à Tindicatif, le pluê-que^arfaU, que des grammairiens appellent prétéri/retoZ/^ sert à représenter un événement comme ayant déjà été fait lorsqu^un autre érénement est arrivé. Exemple : J'avais terminé un ouvrage intéressant lorsque vous êtes arrivé. Ainsi, le plus-que-parfait marque doublement le passé ; mais la chose ou Taction exprima par ce temps du verbe est celle qui foit le principal objet de la personne qui parle. Au subjonctif, le plus-quo'parfait a pour fonction de désigner une chose absolument passée et accomplie ; mais ce n*est qu*après un verbe à Tlmpar- Ctit, au prétérit, au plus-que-parfait de rindicatif, ou à un des deux conditionnels , comme dans ces phrases : Je ne skYAJS pas que vous bcssibz accompagné le roi; vous n'avez pas cru qu'on vous BUT Txif»u un piège; nous avions ignoré que cette dame vous eût accordé sa main; vous AVBiBZ TROUVÉ mal que nous rossions GOHTRRVRNiT à la consignc, etc. Cbampaghag.
PLUTAAQUE naquit à Chéronée, ville de Béotie, d^une famille distinguée par ses vertus domestiques et par son goût pour les lettres et la philosophie. L*année précise de sa naissance est inconnue ; mais on sait que, lors du voyage de Héron dans la Grèce, qui eut lieu Tan 66 de J. C, il suivait, à Delphes, les leçons du philosophe Ammonius; et Ton en conclut qu^il vit le jour vers le milieu du i** siècle de notre ère. Dès sa jeunesse, Plutarque se fit remarquer par ses talents et ses connaissances, et obtint de bonne heure Testime de ses concitoyens , qui lui confièrent des missions importantes. Il parcourut la Grèce pour écouler les leçons des philosophes qui résidaient dans les différentes villes de ce pays; il visita l*Égypte, où il recueillit des notions précieuses sur le culte des Égyptiens, et fit à Eome un séjour de plusieurs années, pendant lesquelles il dut s^occuper des intérêts de ses compatriotes; il donna aussi dans cette grande dté des leçons publiques de philosophie, auxquelles venaient assister des personnages du premier rang, tels que Trsgan, Adrien, etc. Suidas rapporte que Trajan accorda à Plutarque les honneurs consulaires , et ordonna que rien ne fût fait en lilyrie sans son approbation ; mais cette assertion n*a point d^autre garant que ce lexicographe. De retour dans sa patrie, où il se fixa, dit-il, pour qu'elle fût moins petite , Plutarque fut honoré de la charge d'archonte, et s'acquitta aussi de fonctions subalternes, qui Tobligeaient à faire mesurer des briques et des pierres; enfin, H Alt revêtu de la dignité de prêtre d'Apollon.
Plutarque parle plusieurs fOis de sa famille ; il nous fait connaître son père» son aïeul, ses deux frères Timon et Lamprias,qui cultivaient comme lui la philosophie. Il épousa une femme de Chéronée, avec laquelle il jouit du bonheur domestique, et qui lui donna plusieurs enftints, entre autres une fille, qu'ils avaient vivement désirée, et qu'ils eurent le malheur de perdre à l'âge de 3 ans. Ce fut à l'occasion de ce chagrin que Plutarque adressa à sa femme cette touchante Con* solation qui se trouve dans ses Œuvres morales. Il parvint à un âge avancé,donnant à ses amis et à ses concitoyens l'exemple des vertus publi« ques et privées dont il recommandait l'exercice avec tant de conviction; mais on ne connaît pas mieux la date de sa mort que celle de sa naissance.
Les écrits composés par Plutarque étaient trèsnombreux; il nous en reste environ les deux tiers, qui occupent, par le texte grec seul, 2 vol. in-fol. On en a fait deux classes, dont l'une contient les P^ies parallèles, et l'autre porte le nom d'OEuvres morales, titre sous lequel on comprend une foule de traités sur différents sujets de morale, de philosophie, de politique, de mythologie, de physique, de littérature, de mœurs, d'usages; enfin, les recueils d'anecdotes et de bons mots. Ces divers opuscules ne révèlent pas tous un talent mûri par l'exercice et la méditation ; quelques-uns sont évidemment les productions de la jeunesse de l'auteur, à en juger par la nature du sujet et par leur style déclamatoire : tels sont ceux où il compare les conquêtes des Romains à celles d'Alexandre, et où, pour flatter l'amour-propre des Grecs, il attribue les premières à une fortune aveugle, et les secondes au génie seul du jeune héros macédonien. Dans d'autres, où il expose des opinions contraires aux siennes, en particulier celles des stoïciens, et dans son jugement sur Hérodote, il n'est pas à l'abri du reproche de partialité et d'inexactitude. Ses traités sur la physique sont bien inférieurs, sous le rapport de la science, à ceux de Sénèque. Mais lorsqu'il examine certains points de morale pratique, tels que V Utilité à retirer de ses ennemis, la Manière d'écouter, la Dis» tinction entre l'ami et le flatteur, VExamen des progrès que l'on a faits dans la vertu, la Curiosité, le Babil, la Mauvaise honte, les Occessions où il est permis de se louer soi-même, les Délais de la justice divine par rapport aux méchants, etc., Plutarque se montre habile observateur, profond connaisseur du cœur humain, bon moraliste, toujours prêt à suivre les directions de la droite raison ^ et adversaire re-
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ioutable des casoiites de son temps, eomme de ceux qui exigent plus que le bon sens ne demande. Dans le traité sur inscription du temple de Delplies, il s^élève à des idées pures sur Funité de Dieu : « Dieu, dit-il, est, et il est hors du temps, étant immuable et étemel... Il n*y a pas plusieurs dieux; ce qui est ne peut être
Su*un, et ce qui est un doit exister. » Nous tourionsbien lui faire honneur aussi des excellents conseils qui se trouvent dans le traité sur l'Éducation dei enfàniê, traité qui a été mis à contribution par Montaigne et Rousseau ; mais le savant Wyttenbach nous parait avoir démontré que ce traité remarquable n*est pas de Plutarque.
Les vies parallèles, où les hommes illustres de la Grèce sont mis en présence de ceux de Rome, sont le chef-d'œuvre de Plutarque; elles sont aussi instructives qu*agréables ; et le singulier talent de Tauteur pour la narration en rend la lecture très-attachante. On y trouve un art admirable de présenter les personnages du côté le plus avantagaux, et de remplir, par de curieuses anecdotes, des digressions bien amenées ou des remarques judicieuses , les courts moments où l*in(érét semble se ralentir; en un mot, on doit les considérer comme le meilleur modèle à suivre dans la composition des biographies {vqjr.). La peinture des caractères, en particulier, est tracée de main de maître ; c'est la partie la plus distinguée de cet ouvrage. Au reste, Plutarque lui-même nous foit connaître , dans la vie d*Alexandre, la nature et le but de sa composition : « Ce ne sont pas des vies que j'écris. On fait souvent connaître la vertu et le vice, moins par des actions éclatantes que par une anecdote, un mot, un Jeu, qui dévoile mieux le caractère d*un homme que des batailles sanglantes, des sièges et de grands exploits. Comme les peintres cherchent la ressemblance dans le visage et les yeux, où nos Inclinations se manifestent, négligeant les autres parties, de même, qu'il nous soit permis d'examiner les signes de Tâme, et par là de donner uue juste idée de la vie de chacun, laissant aux autres les hauts foits et les combats. » Toutefois, ces biographies ne sont pas toutes travaillées avec le même soin : quelques-unes méritent le reproche de partialité, soit que le personnage y soit présenté sous un Jour trop favorable, comme Brutus le jeune et Pélopidas, ou bien qu'il soit traité , comme Démosthène, avec trop de sévérité. Plutarque ayant pour but de montrer que la Grèce ne le cédait à Rome ni pour le nombre ni pour l'éclat de Bes grands hommesi on doit craindre qu'il n'ait adouci cer^
tains portraits peu honorables pour ses compatriotes et fait l'inverse pour les Romains ; cependant, on peut citer plus d'un exemple du contraire. L'amour de la liberté est quelquefois chez lui très-exagéré, ce qui Tégare au point de lui faire prendre pour des actes d'héroïsme l'oubli des sentiments de la nature : le supplice des enfants de Brutus, le meurtre du frère de Timoléon {voX')i lui semblent des actions louables. La multiplicité des sources où il puise l'expose k raconter quelquefois le même fiait de deux manières différentes, et le peu de connaissance qu'il avait de la langue latine lui a fait commettre des méprises. Il rapporte trop souvent, sans les examiner ni les combattre, des faits merveilleux et des opinions superstitieuses. Enfin, son style est bien loin de la pureté et de la simplicité des premiers historiens grecs ; il est souvent inégal et prend la couleur de l'écrivain qu'il a sous les yeux ; tantôt ses périodes pèchent par trop de longueur, tantôt ses phrases trop courtes manquent de clarté ; on lui reproche aussi des allusions tirées de trop loin, de la recherche dans les figures, des comparaisons peu justes et l'emploi de mots peu usités. Cependant, avec quelque habitude, la lecture de Plutarque n'est point sans charme ; on y rencontre souvent des expressions pittoresques, des images vives, des tableaux achevés et de belles pensées. Qui n'a pas lu et relu ces Vies parallèles , et qui ne conserve de cette lecture un souvenir agréable ? Sans Plutarque, jamais ces grands hommes de la Grèce et de Rome n'auraient franchi le cercle des savants et des littérateurs, et ne seraient de* venus aussi populaires, si ce n'est plus (du moins en France), que les hommes célèbres des temps modernes; et par conséquent, sans lui, notre théâtre tragique aurait pris peut-être une direction différente , et se serait rattaché davantage à l'histoire nationale. Mais à cet égard, Plutarque n'est pas seul coupable. Amyot (t^.), en faisant de la traduction des œuvres de notre biographe un des principaux monuments de la langue fhinçaise, appela sur cet auteur l'attention générale, et en rendit la lecture familière, nonseulement aux gens du monde, mais encore à ceux-là même qui auraient pu le lire dans l'original. Montaigne, par exemple, si versé dans la littérature ancienne, et grand admirateur de Plutarque, se sert presque uniquement de la traduction de l'évêque d'Auxerre. D'un autre côté, si Plutarque doit à Amyot une partie de sa popularité, il lui doit encore cette réputation de bonhomie, de naïveté, qui, à notre avis, est un peu ttsorpée. Ce vieux langage fran^tif ^ si pil-
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toretque, si libre, si porté à nommer les choses par leur uom, qui se calque si volontiers sur les périodes grecques, sans en prendre la marche pompeuse et quelquefois recherchée, donne à Piularque une tout autre physionomie. On oublie alors qu'il est un écrivain du temps des empereurs,, contemporain de Dion Chrysostome, de Pline, de Tacite; qu'il vivait à une époque où la naïveté, le naturel, le laisser aller, avaient fait place à la recherche, à Téiégance, à Tesprit sophistique; en un mot, qu'il appartient à une époque de décadence et non à une période de développement et de progrès. Cette idée de raconter deux à deux les vies des hommes illus* Ires de la Grèce et de Eome pour les comparer ensuite, ce plan symétrique si peu conforme à la marche naturelle des choses, n'aurait Jamais séduit un esprit aussi judicieux que Piularque, sans l'influence fâcheuse du goût qui régnait alors.
Piularque attira de bonne heure l'attention des savants : ses OSuvres morales et ses Vies furent traduites par des littérateurs du xv« siècle, Fr. PhUelphe, Politien, Pirckheimer. Dans le xvp siècle, on compte cinq publications de ses OBUvres complètes, entre autres, celles d'Aide ■anoce et d'Henri Estienne, et la traduction latine de Xylander. Dans le xvii* siècle, plusieurs savants entreprirent d'en donner une édition accompagnée de commentaires ; mais ce projet ne se réalisa pas. Vers la fln du xviii* siècle, Eeiske (Leipz., 1774-1789, 19vol.in-8«) etHutlen (Tub., 1791-1805, 14 vol.) contribuèrent l'un et i'iitttre à épurer le texte et à répandre les mnvres da philosophe de Chéronée; mais les services rendus à cet égard par Wyttenbach furent bleo plus importants, et firent regretter à tous les amis de la littérature classique que la belle édition de ses ouvres morales, commencée par cet habile philologue, restât inachevée (Oxford, 1795-1800, 6 vol.). Parmi les travaux auxquels Phitarque a donné lieu depuis le commencement de notre siècle, nous mentionnerons les Vies et quelques traités publiés et annotés par Koray, les éditions partielles de Sch«for,Sintenis,B<dir, Westeraann, Usteri, Winckelmann, et surtout réditlott grecque-latine des OSuvres morales, publiée récemment par M. DUbner {% vol. grand in-8*), qui fait partie de la Bibliothèque deê JÙiêmn grecê de MM. Didot, et oà le texte a été oonsidénblement améUoré par le secours d'exccHents manuscrits. Outre la traduction d'Amyot, dont nous avons parlé ci-dessus, nous devons ansi Indiquer celle des muvrts complètes par I lîcard^ esOnaUe par sa ftdéUté, et
celle des Vies par Dacier, accompagnée de notes instructives. Enfin, nous signalerons les importantes recherches de Heeren sur les sources où Phitarque a puisé pour la composition de ses Vies, travail qui se trouve dans les mémoires de la Soc. roy. de Gosttingue, et qui a été publié à part, en 1890. L. YAUcm.
PLUTOCRATIE, gouvernement où la plus grande influence est laissée à la richesse. Fer*
PlUTVS.
PLUTON, dieu des enfers, fils de Kronos et de Ehéa, fut, à sa naissance, englouti dans l'estomac paternel, puis rendu au Jour par l'efifet d'un breuvage que Métis administra au dieu vorace. Lorsque les trois frères se partagèrent l'empire du monde, Pluton eut les régions inférieures, les entrailles du globe, le règne minéral, la terre proprement dite. Pluton est donc le roi des ténèbres et de hi mort, comme son frère aîné est le roi de la lumière et de la vie.
Nous avons peu de choses à recueillir dans la légende du monarque des silencieux royaumes. Dans la titanomachie, il combattit protégé par un casque qui rendait invisible, et que les Cydopes avaient férgé pour lui. Pour donner une reine à ses mornes sii^ets, il fut réduit à enlever Proserpine. Malgré les réclamations de Cérès et l'intervention de Jupiter, la Jeune déesse parta^ gea irrévocablement le trône des enfers, et s'accommoda assex bien de son sévère époux. Le désir sacrilège d'enlever à Pluton sa compagne fit descendra aux sombres bords Thésée et Pirithotts. Le dieu irrité immola le second et retint l'autra dans une étroite captivité. Mais Hercule qui, plus d'une fois, franchit les barrières de l'Érèbe et vainquit le prince de l'ahtme, délivra l'audacieux roi d'Athènes.
Nous connaissons mieux les sombres domaines peuplés par les ombres des morts, que le triste souverain qui leur donnait des lois. On trouvera la description de ce monde fantastique aux articles Bu riR, ChampêtmtEM^ Taitau,
ACltBOIl, STTX, OlCUS, PHLÉOtTON, CtC
Le nom grec de Pluton, Wmùxw, signifie qui donne la richesse (vqy, Plotos). Bn développant cette étymologie, dans le Craixle, Platon remarque ingénieusement que le Jupiter infernal n'est pas seulement le distributeur de la nchesse matérielle, mais que c*est hii qui dispense aux morts les vrais biens de l'âme. Les Grecs le nom* maient encore Jïs, Jïdee, Jïdoneui, Hûdèê^ c'est-â dire l'Invisibie. U porta» cbei les Latins, le nom de Diêj synonyme de ditêty riche, et celui de FmiaeiêgaX signifie le Jnpiier sinistra. Le diamant, l'or, le for, en général lessubstan-
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