‹ Nouveau dictionnaire de la conversation: ou répertoire universel ..., Volume 22Chapitre 23 sur 61 · PRIÉ · texte numérisé non relu

PRIÉ

PRÉ

mnuw. Vait revenoni à notre sujet, qui eit VnquissebUlorique def caractères de la prédication protestante, en faisant connaître, d*après Moïse iBiraut,les traits distinctih du bon prédicateur de son temps , lorsque la bonne école florissait dans tout son éclat. Ce célèbre et savant ministre« dans son Jpologie pourceuw delà religion^ qu*il publia, en 1648, à une époque où les grandes controverses commençaient et semblaient pré^ luder aux lois persécutrices de la fin du siècle, détermine ainsi les qualités de Torateur sacré de sa communion. Il veut que le ministre, après une préfeceou exorde accommodée à son texte, explique son sujet le plus exactement qu*il lui sera possible, « se tenant serré aux paroles et intentions de son auteur, sans se laisser emporter en des digressions inutiles, ni à des narra* tions d*bistoires hors de propos, ni à des ampli-» ficationspédantesques, nia beaucoup de citations d^anciensauteurs, dequelque naturequ*ilssoient, et se contente dUllustrer, de confirmer et d'expliquer ce qu*il se propose par passages de la parole de Dieu et par les raisons qui s*en déduisent. » a*il se présente quelque controverse à traiter, Amiraut exige que le prédicateur « s*y applique modestement, sans autres passions que celles qui sont permises par les lois de dispute, et que la véhémence ordinaire de la passion donne. » Il conseille encr re de ne point insulter aux personnes avec qui le démêlé existe, ni même au dogme que le discours tend à réfuter. Nous ne pouvons résister à Tenvie de citer le passage suivant, qui donne une haute idée de la manière d' Amiraut, et qui renferme un résumé d*exeellenU conseils où se peint avec tant de fidélité le bon prédicateur protestant , tel que ce célèbre ministre se le représentait t « Toute la prédicat tion doit se faire avec une simplicité et une gra-» vite digne de la sainteté de Taction et du si^et qui s> traite; sans gestes de bateleur ou de charlatan, sans contenance de bouffon ni d'hypocrite, sans affectation d'éloquence ni de vaine érudition, sans marques de vanité, sans ostentation et sans parade. De sorte que, s'il y parolt 4^elqne grâce ou quelque véhémence dans la prononciation, c'est rexcellence du sujet et la na^ ture du prédicateur qui la donnent. S'il y a quelques fleurs en son langage et quelques ornements en son propos, on les y voit naître d'eux-mêmes, et non y être amenés de loin; et quoiqu'on n'y vienne point uns prémédiUtion , l'action est toujours pleine d'auUnt de simplicité et autant éloignée de la magnificence de l'art que si elle étoit impréméditèe. •> Ce tableau, mis en regard de phisienra dispositions diicipiinairM que nous

avons rapportées plus haut, pourra servir |i donner une légère idée des qualités que les plus savants connaisseurs exigeaient chez les prédicateurs de leur communion , à l'époque qui précéda les mesures désastreuses de la révocation de l'édit de Nantes, et lorsque les protestants français jouissaient encore d'une organisation régulière et avaient leurs écoles et leurs académies. — L'époque des Églises du désert, qui s'étend depuis l'an 1685 jusqu'à l'édit d'éut civil accordé par Louis XYI, n'a laissé que peu de monuments d'éloquence religieuse; de sorte que nous arrivons, par une transition un peu brusque, à l'étal de la prédication protestante d'aujourd'hui. Nous nous permettrons d'en dire un mot seulement. Il est clair qu'elle s'est reasentie de l'espèce de désordre qui suit l'abandon de tout lien officiel et de toute unité légale. L'Église de France a perdu son ancienne forme presbytérienne pour arriver à la forme congre^ gationalisle, c'est-à-dire où chaque Église, quoique unie d'esprit et de f6i avec toutes les autres, est par le fait indépendante et maltresse d'ellemême. Il en est résulté que chaque ministre prêche à peu près comme il lui pialt personnellement de prêcher. Toutefois, en cette matière comme en une foule d'autres, la liberté n'a point engendré l'anarchie. Les dissidences de prédicacation se réduisent à peu de chose. Les uns se montrent paresseux à composer, et reproduisent trop souvent les mêmes discours ; les autres occupent la chaire, ou trop longtemps, ou trop peu, ce qui amène, quant à l'auditoire, des in* convénients réels, mais opposés. Il y a en France aujourd'hui des ministres dont les sermons sont de pures dissertations morales, sèches et froides, sans trace de vie religieuse , et qui n'appartiennent au culte chrétien que par un texte pris au hasard et placé en tête. On en entend d'autres, au contraire, qui appuient exclusivement sur le dogme luthérien, qui recommande ouvertement le mépris et l'inutilité des bonnes couvres pour le salut, et qui encadrent leurs conseils en une langue mystique absolument inintelligible à tous autres qu'aux adeptes. — En général, on porte f6rt peu les matières politiques en chaire dans l'Église réformée française, et cette répugnance ne mérite que des éloges. Toutefèis, il serait à désirer que les commémorations religieuses de la révolution de juillet fussent en général célébrées avec plus de ferveur; malheureusement, le temple de l'Oratoire à Paris a donné, sous ce rapport, plusieurs exemples d'une déplorable nullité. En ce qui touche la manière de composer les sermons dans la f rance protestante aujour*

PRÉ

PRÊ

d'hui, il y a deux systèmes, celui de la composition écrite, confiée à la mémoire, et puis récitée, et celui de IMmprovisation. Celte dernière mé* ttiode paraît gagner du terrain, soit par la nécessité de prêcher très-souvent devant des assemblées rustiques, soit par des influences de paresse, soit par la mode méthodiste, qui, remplaçant le style soutenu par un mysticisme exalté, n'a nullement besoin de rédiger les élans de son intarissable jargon. Il est facile de voir que le genre de Timprovisation sera funeste à Tart oratoire religieux. C*est trop prétendre à la fois que de vouloir soigner son style, son débit et ses gestes, sans préparation aucune. Quelquesuns de ces traits essentiels, sinon tous, sont forcément négligés, et le prédicateur tombe, ou dans une familiarité choquante, ou dans des efforts et des éclats non moins fatigants pour Tauditeur. Souvent aussi, les limites du temps sont violées, et on oublie trop souvent qu*une assemblée a presque toujours épuisé son attention au bout d*une demi-heure. Trop souvent aussi les ministres français semblent méconnaître la société au milieu de laquelle ils vivent, et tiennent leurs discours strictement renfermés en des généralités religieuses , qui ne s'appliquent pas le moins du monde aux besoins des esprits. Des sermons de ce genre sont fastidieux pourTaltention et nuls pour la pratique. G. Coquerel. hod.

PRÉDICTION, divinaUon, oracle, prévoyance des événements futurs , prophétie. On ne doit point se fier aux prédictions d*almanachs. Les fSaiseurs de prédictions sont tombés depuis longtemps dans un discrédit complet. Foy, Devin, Oracle et Prophète.

PRÉFACS (en lat. prœludium)» On nomme ainsi, dans le sens général , une sorte d'avantpropos, de discours préliminaire , placé en tête d*un livre pour en indiquer Tobjet, Tordre des matières, etc., et, plus ordinairement, pour prévenir favorablement les lecteurs en faveur de l'ouvrage et de l'auteur.

Un aatcar & geooio, dans aa« humble f ré/mu, Aa lecteur, qu'il enauie, a beau demander grâoe...

dit Roileau. Il est, en effet, peu de préfaces qui ne soient ennuyeuses. On appelle aussi familièrement préface une espèce de petit discours ou de préambule qu'on fait avant d'entrer en niatière : Je vous prie, venons au fait sans préface; laissons de cdté toute préface. On nomme aussi préface cette partie de la messe qui précède immédiatement le canon, et qui commence au sur- 9um corda. On trouve cette prière, qui sert de préparation à la consécration, dans les plus

vieux sacramentaires, les plus anciennes liturgies; et l'usage en parait remonter au temps des apôtres, suivant saint Cyprien , saint Ghrysostome et quelques autres Pères de l'Église. On trouve dans le sacramentaire de saint Grégoire, des préfaces propres, comme des collectes, pour presque toutes les messes ; on n'en a gardé que neuf dans le missel romain, mais les nouveaux missels des divers diocèses en contiennent de particulières pour toutes les grandes fêtes : ces préfaces ont été composées sur le modèle des anciennes. Dans le rit gallican ou gothique, la préface s'appelle immolation; dans le mozarabique Ulation; chez les Prancs, anciennement, on la nommait contestation. z.

PRÉFECTURE. Ce mot a utae triple acception : il signifie la charge de préfet, le lieu où il siège, la durée de ses fonctions, la circonscription du pays soumis à sa juridiction, f^ct^^.cl-après l'article Préfet.

Peépicturb (style scolaire.) Lieu oontigu aux salles d'étude dans les collèges, et où se tient le préfet des études. Les élèves en contravention aux règlements étaient mandés à la préfecture, mais seulement pour les fautes graves. Cet usage, établi chez les Jésuites, a été conservé dans les collèges dirigés par les bénédictins de la congrégation de SaintrMaur. Foy. PrAfet des iroDES.

PrApectvre (gouvernement papal), f^ctr* Préfet DE LA SI6IIATURE DE J08TICE, PrAFET APOSTO-

UQUE et PrAfet de la sacristie ponrmcALB.

PrAfectore , dans l'ancienne Rome, dans les Gaules, etc., etc. f^ctT* PhAfet.

Préfecture (conseil de). f^<^. Conseil.

PrAfegtore (conseil de Sous-). Ce conseil, appelé comeild'arrondiâêement, ne s'assemble qu'une fois chaque année, et se compose de onze membres.

PrAfecture (secrétaire général de). f^or> SegrAtaire gAuAral.

PRÉFET DE CITÉ, magistrat chargé du gouvernement des villes qui avaient manqué de fidélité envers la république romaine. Ces villes, aussitôt qu'elles étaient rentrées sous la domina, tion de Rome, étaient mises en préfecture. Il leur était quelquefèis permis d'élire leurs Hiagistrats municipaux et un receveur des fonds pour le service de la commune. Mais tout ce qui dépendait de l'administration de la justie&et du gouvernement était du ressort du préfet.

PrAfet des cohortes ROCTURiiES. Ce magistrat commandait les troupes spécialement eliargées de veiller à la sûreté publique et individuelle pendant la nuit, et surtout de prévenir et d'arrêter les incendies. Ce magistrat était en

PRÉ

oatrejuge des délits et crimes contre l*ordre public. Ses fonctions étaient à peu près celles des anciens prévôts de la maréchaussée en France.

PiÉPBTs 01 L*É6TPTi. Ils jouissaicut de toutes les prérogatives et de l*autorité des proconsuls, et, par un privilège unique, ils ne cessaient, en cas de rappel ou de révocation, d*exercer leurs fonctions que lorsque leur successeur était entré à Alexandrie. Ils ne différaient des proconsuls que par les attributs extérieurs de leur charge. Ils n'avaient pas les honneurs des faisceaux et de la robe prétexte, bordée de pourpre. La plus importante de leurs fonctions était de fournir des blés aux magasins de Rome.

Patrn miutairi ou préfet de$ êoUiaU, Ces préfets romains étaient divisés en trois classes : 1o le préfet de la cohorte, qui n*avait d'autorité que sur la troupe qu'il commandait; 9» \e préfet des camps, qui était exclusivement chargé d'asseoir et de fortifier le camp, de veiller à la conservation des tentes et des machines de guerre; S» le préfet de la légion dont les attributions étaient plus étendues. Il était Juge suprême de la légion, et, en l'absence du commandant en chef du corps, tous les officiers inférieurs étaient sous ses ordres. Il punissait ou faisait grâce à son gré. Il avait en outre l'inspection des armes, des chevaux et la direction de la police militaire.

PiÉFR lu PKiToiii. Il commandait les cohortes chargées spécialement de la garde des empereurs, et qu'on appelait gardes prétoriennes. La préfecture du prétoire était la plus importante de l'empire. Son autorité était égale à celle des maires du palais en France sous la première race. Auguste, pour diminuer leur puissance, divisa leurs attributions et créa deux préfets du prétoire. Commode en créa un troisième : cette division se maintint Jusqu'à Constantin, qui en créa un quatrième. Ils étaient choisis dans l'ordre des chevaliers. Héliogabale avilit cette haute dignité en la prostituant à ses favoris et à des bateleurs. Alexandre-Sévère en revétKdes sénateurs, lorsqu'il n'y avait qu'un seul préfet, il était juge de toutes les affaires; tous les tribunaux étaient de son ressort. On appelait des Juridictions inférieures à la préfecture du prétoire, et des Jugements de celle-ci à l'empereur. L'inauguration du préfet du prétoire éUit une solennité publique. Le prince lui conferait l'autorité en lui ceignant l'épée et le baudrier. Le nouveau magistrat montait ensuite sur un char magnifique traîné par quatre chevaux, et le hérault qui le précédait criait : f^oUà le père de

Vempereur! Dans les actes qui lui étaient adressés, on lui donnait le titre de clariaime, — Constantin , après avoir dissous la garde prétorienne , ôta aux nouveaux préfets du prétoire qu'il créa le commandement militaire, et borna leurs attributions à l'administration des finances et de la Justice. Ses successeurs divisèrent tous les pays de la domination de l'empire en quatre grandes préfectures du prétoire : les Gaules, l'Italie, l'Illyrie et l'Orient. Les provinces de chacune de ces divisions étaient administrées par un gouverneur sous les ordres du préfet du prétoire. Tous les actes de ces gouverneurs étalent soumis à la sanction du préfet, qui ne reconnaissait pour supérieur que l'empereur. — Justlnien créa un cinquième préfet pour l'Egypte. Cette province fut distraite de la préfecture d'Orient.

Prépit dk Rome. L'institution de cette magistrature est aussi ancienne que Rome même. Elle fut créée par Romulus. Ce magistrat avait le droit d'assembler le sénat, de tenir les comices. Mais une partie de ses hautes attributions fut dans la suite conférée au préteur. Le préfet ne conserva que le stérile honneur de présider à la célébration des fêles Latines, instituées par Tarquin le Superbe en l'honneur de Jupiter. Auguste rétablit cette charge de préfet avec des attributions si étendues qu'elles absorbaient celles des autres magistratures locales. Le préfet de Rome avait le gouvernement de la capitale en l'absence des consuls et des empereurs. Il avait la surintendance des vivres, des bâtiments et de la navigation. C'était en sa présence qu'étaient Jugées les causes des esclaves, des patrons, des affranchis et des citoyens accusés de troubler l'ordre public. Sa juridiction s'étendait au delà de la ville dans un rayon de mille Jets de pierre. Le premier Jour de chaque année, il présentait à l'empereur des coupes d'or et quelques pièces de monnaie au nom du peuple romain. — Rome moderne a aussi un préfet dont les attributions sont les mêmes que celles du préfet de police à Paris; mais sa Juridiction est moins étendue que celle du préfet de l'ancienne Rome. Elle ne s'étend qu'à quelques lieues au delà des murs de la capitale.

PiÉPET AFosTouQUB (histoirc religieuse), supérieur des missions envoyées dans les pays idolâtres. Le supérieur des capucins de Téflis prend le titre de préfet des missions de Géorgie. Plusieurs congrégations religieuses, et notamment les clercs réguliers mineurs et ceux des écoles pieuses, donnent la même qualification à leur supérieur.

PBà

Page 1