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eoBCile général | ils envoyèrent méfflt des (|éputés à Jouffiroy, appelé alors le cardinal d*AIbi, légat du pape, pour lui signifier Tacte d*appeL Tous ces mouvemenU pour la pragmatique empêchèrent encore cette fois sa destruction totale. Louis XI s'engagea encore à l*at>olir entièrement, dans Tespérance que Sixte IV refuserait la dispense dont le duc de Guienne, frère du monarque, avait besoin pour épouser Blarie de Bourgogne. La mort de ce jeune prince fit cesser ce motif; Louis XI n*en parut pas moins disposé à terminer les contestations qui divisaient les cours de France et de Rome : il traita m*ême avec Sixte, en 1472, par des envoyés qui de concert avec le pape arrêtèrent, entre autres choses, que le saint-siége aurait six mois, à commencer par le mois de janvier, et les ordinaires six mois, à commencer par février, et ainsi de suite alternativement, dans lesquels ils conféreraient les bénéfices vacants, comme s*il n*y avait aucune expectative. Mais cet accord n'eut pas lieu, et Louis, en 1479, tenta de rétablir la pragmatique dans une assemblée tenue à Lyon, qui en rappela les dispositions principales. Louis XII confirma ce décret dès son avènement à la couronne, et jusqu'en 151â, plusieurs arrêts du parlement en maintinrent Tautorité, ce qui n'empêchait pas qu'on y dérogeât de temps en temps, surtout quand la cour de France était en bonne intelligence avec celle de Rome; au reste, la pragmatique était toujours une loi de discipline dans l'Église gallicane. Jules II crut qu'il était temps de rétablir pleinement son autorité par rapport aux bénéfices et au gouvernement ecclésiastique. Il fit lire, dans la quatrième session du concile de Latran, tenu le 10 décembre 1513, les lettres données autrefois par Louis XI pour supprimer la pragmatique. Un avocat consistorial prononça ensuite un long discours, et requit l'abolition totale de cette loi. Un promoteur du concile demanda que les fauteurs de la pragmatique, quels quils pussent être, rois ou autres, iussent cités au tribunal de cette assemblée, dans le terme de soixante jours, pour faire entendre les raisons qu'ils auraient de soutenir un décret si contraire à l'autorité du saint^siége. On fit droit sur le réquisitoire, et l'on décida que l'acte de monition serait affiché à Milan, à Asti et à Paris, parce qu'on n'était pas sûr de le publier en France. L'adresse des envoyés du roi et la mort de Jules II ralentirent la vivacité des poursuites. Enfin, Léon X et François I«r, dans leur entrevue à Boulogne, conçurent l'idée du concordat, qui régla depuis la discipline de l'Église gallicane. Le saintpère, non content d'approuver ce traité par
une bulle du 18 août 1516, abrogea par une autre bulle la pragmatique, qu'il appelle la ooi^ ruption francaiêe établie à Bourges, La vérification du concordat excita des mouvements qui en suspendirent l'exécution; et lors même qu*il fut enregistré, on vit bien que la pragmatique occupait toujours le premier rang dans l'estime des ecclésiastiques et des magistrats français. A. Savagnbe.
PRAGUE (en allemand Prag, en bohème Praha), capitale de la Bohême, siège du commandement militaire de ce royaume, d'un archevêché, d'un tribunal d'appel, etc., est située par 50o 6' de lat. N. et 13<» 5' de long, or., dans . une contrée pittoresque,entourée de montagnes. Elle est arrosée par la Holdau, qui la coupe en deux parties, réunies par un des plus anciens et des plus beaux ponts de l'Allemagne. Chacune de ses parties est divisée en deux quartiers : l'ancienne et la nouvelle ville occupent la rive droite du fleuve, le Petit-Cdté et le Hradachine couvrent la rive gauche. Le quartier des juifs se trouve dans l'ancienne ville. Wissehrad {vouiohé, plus haut; hrad^ ville), ancienne citadelle de Prague, qui conserve encore son arsenal, passe pour une ville particulière : elle est bâtie sur une montagne et est séparée de la nouvelle ville par un ruisseau. C'est dans l'ancienne ville, irrégulière et mal bâtie, que l'industrie et le commerce sont le plus actifs. La ville nouvelle est plus vaste et plus belle, mais moins animée. Prague, dont l'aspect est véritablement celui d'une capitale, a environ 4 lieues de circuit. Elle est entourée de fortifications considérables. On y entre par 8 portes.
C'est au Hradschine (ancien fort ou kreml) que s'élève le vieux palais des rois (Burg), dont l'aspect est vraiment majestueux. Be ce point, la vue s'étend sur toute hi ville et sur les environs. Ce château fut bâti, en 1535, par Charles lY, sur le modèle du Louvre. Un incendie le détruisit dans le xvi« siècle, et il a été reconstruit tel qu'on le voit aujourd'hui, depuis 1756. C'est du haut des fenêtres de l'ancien château qu'eut lieu la fameuse défenestration (vqy,), prélude de la guerre de trente ans. La famille de la branche ainée des Bourbons a trouvé un asile dans ce château en 1833. La nouvelle ville contient l'hôtel dç viUe et l'hôpital militaire (sur la place dite Fiehmarkt), ancien couvent de jésuites, qui est l'édifice le plus régulier de Prague. Là sont aussi les palais des riches seigneurs bohèmes, ainsi qu'au Petit* Côté (Kieinseite)^ où se voient également le palais du gouvernement, rhôtel des états, l'ancien collège des jésuites,
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l^nférmant aq]ourd*hui les bureaux du gouyernement, et l'arsenal. C*est dans Tancienne ville que se troure la yleille maison communale, qui existait déjà en 1599; mais de nombreux changements Tont depuis défigurée. On y voit aussi le séminaire archiépiscopal, qui est presque une ville à lui seul; les séminaristes sont au nombre de 300 à 400. Joseph II a donné cette destination à ce monument, qui appartint aux jésuites de 1556 à 1775. Le palais de Tarchevéque est au Hradschine, ainsi qu'un couvent de dames nobles (Slîft), fondé par Marie-Thérèse en 1755.
Le pont de Prague, commencé en 1558 et terminé en 1507, au milieu duquel s'élève la statue de S. Jean Mépomucène, que l'empereur Yenceslas fit jeter de là dans la Holdau, se compose de 16 arches. Il a 560"> de longueur sur 11 de largeur; 96 grandes statues le décorent. Deux tours, autrefois fortifiées, en défendent les abords.
Des 48 églises de Prague, deux anciennes méritent de fixer l'attention. L'église métropolitaine allemande de Saint-Gilles (S. Yeit), au Hradschine, a été fondée dans le x« siècle, mais elle n'a été cependant complètement terminée que de 1380 à 1500. Du haut de sa tour élevée on jouit d'un magnifique panorama. Sous ses voûtes reposent les restes de plusieurs empereurs, rois et princes. Des chefe-d'onivre de sculpture et de peinture, et surtout le mausolée de S. Jean Népomucène, en argent massif, y attirent les étrangers. La cathédrale de l'ancienne ville (au Thein) a été construite dans leix« siècle; mais elle a été restaurée à la moderne, et rien ne rappelle son antiquité que ses belles formes extérieures et les colonnettes hardies qui la décorent. On y voit le tombeau de Tycho-Brahé. Parmi les églises construites dans un style plus moderne, nous citerons celle des Croisés (Kreuzherren), sur la place du Pont, et celle de Lorette, au Hradschine, en face du somptueux palais des comtes Czernine.
L'université de Prague, dont le palais est non loin du théâtre (ancienne ville), a été fondée, en 1348, par Charles IT, sur le plan de celle de Paris. Elle jouissait de tant de privilèges et possédait de si bons professeurs que, jusqu'en 1409, elle comptait, dit-on , plus de 20,000 étudiants. Hais, après la mort de son fondateur, des querelles s'élevèrent entre les étrangers et les nationaux. Venceslas fovorisa trop ceux-ci aux dépens des premiers, et des milliers de Polonais, de Bavarois et de Saxons s'éloignèrent; ce qui amena la fondation de plusieurs universités en AUemagne et en Pologne. Depuis, l'université de Pra*
gue n'a fait que déchoir. EUe compte maintenant 18 professeurs ordinaires et 6 professeurs extraordinaires; une école vétérinaire, celle des sages-fémmes et celle de chirurgie en dépendent. Prague possède en outre 3 gymnases ou collèges, 3 écoles principales, 17 écoles paroissiales, plusieurs pensions de jeunes demoiselles et une école juive. Une école spéciale a été fondée pour les enfants de militaires. U y a aussi dans cette ville, pour les jeunes nobles, 3 écoles spéciales d'escrime, d'équitation et de danse. La blibliothèque de l'université renferme 100,000 vol. et 4,000 manuscrits, en partie très-rares (p. ex. ceux en écriture glagolitique. Il existe en outre 8 bibliothèques publiques et particulières : ces dernières sont également ouvertes au public. Joseph II et François II ont enrichi l'observatoire fdndé par les jésuites. U existe à Prague plusieurs sociétés d'encouragement pour les sciences, les beaux-arts et les arts mécaniques, une académie de peinture, un conservatoire de musique, etc. On remarque surtout la Société royale des sciences qui publie des mémoires ou traités, et le musée national fbndé par le comte Kolowrat. Il ne parait à Prague que 3 Journaux dont un seul politique. Cette ville a plusieurs institutions de bienfaisance publique et différents établissements pénitentiaires. La prison militaire a été construite en 1834.
Prague est l'entrepôt de toutes les productions du royaume. Cette ville a des fabriques de toile, de salpêtre et de gants. Mais ses trois foires annuelles sont peu fréquentées des étrangers. Les professions sont en partie libres et en partie réunies en corporations. Bientôt un chemin de fer, dont la construction est déjà avancée, la réunira à Tienne.
On compte à Prague environ 110,000 habitants, dont 7,800 juifâ. Cette population, divisée en classes ou ordres, est d'origine bohème ou tchèkhe et allemande. Ces derniers ont été appelés en grand nombre par Charles IV, et d'autres de leurs compatriotes sont venus les rejoindre après la guerre de trente ans. Comme les Viennois, le» habitants de Prague, généralement froids et réservés, aiment cependant les plaisirs, et la musique est cultivée avec succès dans leur ville. La salle de spectacle, construite en 1785, est d'une architecture lourde et peu élégante. On ne compte pas moins de 30 salles de bal dans la ville et aux environs^ La principale fête religieuse de Prague est celle de S. Jean Népomucène, qu'on célèbre le 16 mai. Ce jour-là les rues sont encombrées de paysans qui y couchent même la nuit, f^otr Gtiesel, Nouveau Tableau
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de Prague (en allem., 1825, in-8<»), et Gerie, Prague avec ses alentours (3« éd., 1830, in-12).
Prague est une ancienne ville slavonne, qu^on suppose avoir été bâtie en 733, et qui, dans le xiii« siècle, lorsque les Tàtars menacèrent d*en- ^ vahir la Bohème, semblait déjà assez fortifiée pour n*avoir rien à craindre des attaques de ces barbares. Bu reste, son importance et son étendue ne datent que du r^e de Charles lY (1348), qui nomma la nouvelle ville Karlow on Karlstadt. Les hussites suscitèrent de grands trou blés à Prague, auxv« siècle, et les compactata de cette ville y furent signés en 1433. L*électeur palatin Frédéric V fut battu, comme on sait, sous ses murs, au Weissenberg (Montagne^ Blanche), le 8 novembre 1620 (ro/-. Bohève). Le général suédois Kœnigsmark s*empara de Prague en 1658. Charles TU s'en rendit maître en 1741, dans la guerre delà sucesscion d'Autriche. L*aunée suivante, les Français y soutinrent un siège célèbre. Elle fut prise et abandonnée par les Prussiens en 1744. Dans la guerre de sept ans, ces mêmes Prussiens la bombardèrent sans pouvoir s'en emparer, après la bataille de Prague, qui fut livrée le 6 mai 1757 {voy» FajftoÉ- Hic II eiprince Hbnbi). Enfin c'est à Prague que se tint le congrès où l'empereur d'Autriche François I«r se décida à faire la guerre à Napoléon, en 1813. J. H. Sghnitzleb.
PRAGUERIE. Cette révolte de quelques seigneurs français contre le roi Charles VII (voy,)^ au commencement de 1440, est ainsi désignée par allusion à la ville de Prague, toujours en révolution depuis la réforme de Jean Huss. Le dauphin Louis II fut mis à la tète de ce mouvement, que dirigeaient le bâtard de Bourbon, Antoine de Chabannes, les ducs de Bourbon et d'Alençon, le comte de Vendôme, Buuois, la Trémouille, Jean de l|i Roche, etc., mécontents d'une ordonnance sur la discipline dans l'armée. Hais ni le peuple ni les barons ne prirent parti pour eux, et les princes durent successivement se soumettre au roi, qui rentra dans toutes les places dont ils s'étaient emparés. Il fit grâce aux révoltés, et, le 24 juillet de la même année, la paix qui terminait la praguerie fut publiée à son de trompe — F^oir Sismondi, Histoire des Français, tome XIII, p. 360 et suivants. Z.
PRAIRIAL. C'était le nom du neuvième mois de la république française; il commençait le 20 mai et finissait le 18 juin.— Ce nom gracieux de prairial vient de prairie^ parce que c'est durant son cours qu'on fauche les près. X.
PRAIRIAL (JOUiiiÉB DU !«) an lu (20 mal 1795). A^o^.BoissY d'Ahglas.
PRAIRIE, terrain qui produit de l'herbe, des fourrages, qu'on fauche pour les conserver. Les prairies jouent un rôle d'une haute importance en économie rurale. Dans les contrées où le système purement pastoral subsiste, elles sont moins étendues que les pâturages, parce que là, les animaux passent la majeure partie de leur existence dehors et ne consomment qu'accidentellement leur nourriture à l'étable ; mais, à mesure que l'extension plus grande donnée aux terres labourables diminue forcément celle des pacages et que le besoin d'obtenir des engrais plus abondants conduit à la stabulatlon, le fOin devient de première nécessité et les prairies naturelles sont un des plus puissants éléments de la production , comme le deviendront, dans un système encore plus avancé, les prairies artificielles.
On donne le nom de prairies naturelles à celles qui se sont formées spontanémrat des semences contenues dans le sol qu'elles recouvrent, ou échappées des herbes qui y croissent sans culture. En cet état, elles se montrent encore seules sur une fbule de points. Habituellement, les prairies ne donnent pas seulement du foin : après une première, parfois une seconde coupe, on les ouvre aux troupeaux qui se nourrissent des résidus échappés à la faux, ou des derniers produits d'une végétation que ne peuvent arrêter complètement les sécheresses estivales ou les froids de l'hiver. Elles servent ainsi de pâturages jusqu'aux approches du printemps suivant et ne sont fermées qu'au moment où la dent des animaux arrêterait le développement des tiges nouvelles. Cependant, si fréquente qu'elle soit, cette pratique est loin d'être considérée comme la meilleure par les théoriciens. Les ^dégâts résultant du parcours et du piétinement nuisent souvent beaucoup plus à la production du foin que ne peut profiter le peu de nourriture fournie pendant une partie de l'été et de l'automne; et le pâturage, si on le laisse se prolonger trop longtemps au retour de la belle saison, est bien plus nuisible encore. Aussi, partout où l'on peut se procurer quelque fourrage vert pour l'été, des racines pour l'hiver, et où Ton ne craint pas d'attaquer trop tôt la provision de foin, doit-on se garder de laisser pacager les prairies. Au printemps, mieux vaut mille fdis eu faucher journellement une petite portion destinée à procurer, sous le nom de pré d'embouche, une nourriture verte à l'étable, que de les laisser gaspiller en entier.
Les prairies dites naturelles ne sont cependant presque jamais formées sans le concours du cul'
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(ivateur. Bien qu*il ne les sème f>as , il a dû ou moins choisir et disposer le terrain qui leur convient le mieui. 8*il était saturé d'une humidité constante et stagnante, il ne produirait que des herbes aquatiques de mauvaise ou très-médiocre qualité ; s*il était trop sec. Il n*en donnerait que de trop courtes pour être fanées. Les fonds bas, mais pourtant égouttables, frais sans, être marécageux et de nature demi-consistante, plutôt que trop compacte ou trop légère, donnent le plus de foin et le meilleur. Les vallées arrosables, lorsqu'on a su amener les eaux Jusqu'au sommet de leurs collines et leur ouvrir un cours fticile dans les parties les plus basses, combiner, en un mot, Tégouttement de oeUesci avec rirrigatioa de celles-là, réunissent toutes les conditions désirables.
Quoique la plupart des terrains incultes se couvrent de végétation , les bonnes herbes ne viennent abondammet que sur les fbnds fertiles. Vainement voudrait-on mt couvrir tout à coup des friches arides, ou les substituer sans travail à des bruyères : il faudra plusieurs années de cultures richement fumées et de nombreuses façons pourpréparerleursuccès; puis, lorsqu'elles seront établies, si l'on veut éviter le retour des plantes qui couvraient primitivement le sol, il sera bon encore de recourir de temps en temps aux fumiers, aux amendements et parfèis aux uns et aux autres. A ces conditions, les prairies médiocres deviennent bonnes, et les bon* nés payeront largement par un surcroît de produits les nouvelles avances qu'on leur aura faites.
Il n'est pas rare maintenant de semer les prairies à base de graminées comme on sème les prairies à base de légumineuses, et de les transformer ainsi en véritables prairies artificitiles permanentes. Dans ce cas, le semis se fait sur la dernière céréale de l'assolement préparatoire, au moyen de graines ramassées trop souvent au hasard, dans les greniers ou les écuries. Il résulte de là non-seulement qu'on ignore si les espèces seront appropriées au sol et si elles pourront s'y maintenir, mais encore si elles parcourront ensemble leurs diverses phases végétatives, ou, en d'autret termes, si elles croîtront, fleuriront et mûriront ensemble de manière à donner toutes, au moment de la réeolte, un foin également nutriUf.
Quoi qu'il en soit, les façons d'entretien des prairies de cette sorte sont parfois nulles; d'antres fois, elles consistent exclusivement en des clôtures, des éiaupinagBê et quelques fUmures. lies prairies arrof ées exigent de plus des rigo-
lageB annuels qui ont pour but de bien répartir les eaux à leur surface, de les conduire succès* sivement sur tous les points et de les écouler au besoin.
Les prairies artifioieUe$ proprement dites occupent sur les terres labourables, une partie de l'étendue consacrée, dans l'assolement triennal, à la Jachère ou à la production des grains. SUm viennent en complément aux autres pour la nourriture d'un plus nombreux bétail, et caractérisent, avant tout, les assolements alternes sans jachères. IHes sont toujours le résultat de U culture, et diffèrent entre elles autant par leur composition que par leur durée et leurs usages. Les iNrairies de luzerne subsistent huit, dix ans et ptus| celles de trèfle sont bisannuelles ou trisannuelles ; il en est qui ne durent qu'un an \ d'autres que quelques mois. Tantôt on les ftiuche partiellement pour en donner les produits en vert, tantôt on les transforme en foin. Quelquesunes, par leur précocité , doivent faciliter la nourriture du bétail dès le premier printemps^ d'autres l'alimentent aii moment où les chaleurs caniculaires ont desséché les pâturages; celleslà, lorsque l'hiv^ a arrêté ou eadié leur végétation sous les frimas. Toutes, outre leur destination générale, qui est d'augmenter la masse des fourrages, en ont une spéciale appropriée aux besoins de chaque époque et de chaque exploitation. O. LBGtXM-TlOlini.
PRAT(LXCHAiiGiun bu), parvint successivement aux plus hautes dictés de l'Église et de la magistrature, et gouverna la France pendant la plus grande partie du règne de François I«. Foy. BeriAT (Antoine).
PRATICIEN, celui qui entend l'ordre et la manière de procéder en justice. Dans les sciences, c'est celui qui s'est plus livré à la pratique qu'à la théorie : un médecin praUdên, Dans la sculpture, c'est Hiommequi, ne possédant ni l'invention, ni la poésie de cet art, sait, à l'aide de moyens mathématiques, copier avec assez de perfection le modèle qui lui est confié. Parmi les pfxUicienêy les uns sont de simples ouvriers qui ne peuvent qu'ébaucher ou dégrossir le marbre ; d'autres ont assez de talents pour atteindre presque à la perfection, sans pourtant pouvoir donner au marbre le sentiment et la vie. Lorsqu'un bloc est épanneléy c'est-à-dire lorsque avec la scie on a enlevé tous les pans de marbre in»* tile ; lorsqu'il est dégroiêt, et que sa forme présente la masse de la figure sans pourtant ofMr aucun détail, alors le praUcim^ place sur son modèle des points sur les parties les pkn saillantes et sur celles qui sont les plus profondes ;
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il miilUpUe ces poinU auUint que les difficultés Texigeut, ou que son talent le rend nécessaire; ensuite, par le moyen de fil d*aplomb, et de mesures au compas , il vient placer ces points sur le bloc de marbre ou de pierre, de manière à ce que ces points se trouvent mathématiquement dans les mêmes places que sur Toriginal. S'il suffit d*effleurer la superficie du marbre pour atteindre le point, le praticien emploie le ciseau et la mù9$e, mais s*il est obligé d'aller à une certaine profondeur, c'est avec le trépan qu'il enlève la matière, et qu'il découvre la place où, avec un crayon noir, il vient mettre son point. Ensuite , avec le dseau. Il enlève le marbre de trop, et passe d'un point à l'autre, de sorte que la figure a l'apparence d'être terminée ; mais cependant il reste encore à enlever quelque chose pour arriver à la parfaite imitation de la nature, mais ce n'est plus un ouvrier qui peut donner ces finesses, il faut l'œil, la main , le sentiment d*un artiste. Cette opération se fait ordinairement dans l'atelier du statuaire x il en surveille Texécution, et lorsqu'elle est terminé il dit que sa statue est miêe au point. Ducbssne aîné.
PRATIQUE, terme dérivé de itjmIctm, J'agis, et qui signifie l'application, l'exécution des règles et des principes d'un art, d'une science : on Toppose ordinairement à celui de théorie, qui en exprime la connaissance raisonnée. Il n'y a point de bonne pratique qui ne soit éclairée par la théorie, autrement elle dégénère en routine; et de même la théorie ne doit chercher qu'à améliorer la pratique, sans cela elle arrive à Vutopie. Ainsi ces deux parties de Tart doivent se prêter un mutud appui pour servir à son avancement. La NotJRAis.
PKAXITiUE, sculpteur fameux, né dans la grande Grèce, florissait, suivant Pline, à la 104«« olympiade , environ 408 ans' avant notre ère : c'était aussi l'époque où parurent Pâmphile et Buphranor, autres sculpteurs célèbres de la Grèce. Praxitèle travaillait autant en bronze qu'en marbre. Son chef-d'œuvre, suivant Winc- Icelmann, serait la statue d*Apollon, connue sous le nom de Sauroctonos ou le tueur de lézards : elle aurait été de bronze. On en voit au musée de Paris un très-beau marbre qui nous vient de la collection Borghèse; Je n'ose pas l'attribuer à Praxitèle ; mais elle est au moins une belle copie antique du bronze original. Cette figure représente sans doute Apollon pasteur au service d'Admète, roi de Thessalie, lorsque, dans son extrême Jeunesse, il fut banni du ciel pour avoir tué h coups de flèches Stérope, un des compagnons de Yulcain. Ici, cette Jeunesse d'Apollon
est parfaitement exprimée ; les contours de ce eorps encore vierge sont coulants, et les formes des membres ont cette délicatesse qiii n'appartient qu'à l'adolescence. Parmi les ouvrages en bronze de Praxitèle , on citait son satyre Périboêtoê (le célèbre, le renommé) , et une Vénus qui ne le cédait en rien à sa Ténus en marbre. On croit que le charmant foune du musée, placé dans la salle des Saisons, sous le n« 50, est une copie du Périboêtos, dont il reste d'ailleurs plusieurs imitations antiques. Les ouvrages de Praxitèle ont été généralement l'objet de la plus grande admiration et des plus grands éloges de l'antiquité. On assure que la courtisane Phryné lui servit de modèle pour produire sa Ténus. Suivant Athénée , ce fut d'après elle qu'Apelles fit sa Venus Jnadyoméne, et Praxitèle sa P^énus Gnidienne, Phryné, ajoute-t-il, était la plus belle et surtout la mieux faite des femmes de la Grèce ; elle se montrait rarement toute nue ; et jamais on ne la vit aux bains publics. Mais dans les Jours de fête consacrés à Neptune , elle se rendait sur les bords de la mer; là, déposant ses vêtements, et dénouant ses longs cheveux , elle entrait dans l'eau aux yeux des Grecs, qui se réunissaient pour la contempler à loisir. Cette femme, si célèbre par sa richesse et sa beauté, eut la fantaisie de posséder le plus bel ouvrage de Praxitèle : elle Pavait prié de le lui choisir ; mais comme il s'y refusa , elle se servit d'un stratagème pour le connaître. Elle fit dire au célèbre artiste que le feu avait pris à son atelier : alors, tout hors de lui-même, il s'écria : « Je puis perdu si les flammes n'ont point épargné mon Saty're et mon Cupidonfr» Phryné, sachant le secret de Praxitèle , le rassura sur cette fausse alarme, et demanda le Cupidon, qu'elle obtint. Ce sculpteur a souvent répété les mêmes sujets quand ils flattaient son imagination, car, les auteurs parlent d*un autre Cupidon ; il a fait aussi plusieurs Ténus. — Los habitants de l'île de Cos avaient demandé une statue de Ténus à Praxitèle : il en fit deux, entre lesquelles il leur ofiPrit de choisir pour le même prix. L'une était nue, l'autre voilée. La première l'emportait infiniment sur la seconde. Ceux de Cos donnèrent la préférence à la dernière, ne voulant pas introduire dans leur ville des images capables de produire de trop vives impressions sur la Jeunesse. Les Gnidiens achetèrent avec empressement la Ténus rebutée, qui fit depuis la gloire de leur ville. Elle passe pour la plus beHe Ténus de Praxitèle. On dit que, pour la rendre parfaite. Il lui avait donné le sourire séducteur de Gratina, celle de ses maîtresses
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qa*il affectionnait le plus. Les Gnidiens, jaloux de posséder un si rare trésor, le placèrent dans leur temple et l'adorèrent. C'est de celte statue fameuse que Pline a dit qu'un jeune homme, ayant conçu pour elle une passion violente, se cacha dans le temple pendant la nuit, afin de pouvoir la palpera son aise sans être vu. Le temple qui la renfermait était ouvert de tous côtés, en sorte qu'on pouvait la voir en tout sens : la déesse paraissait se prêter elle-même à cette disposition, tant sa figure était admirable, sous quelque aspect qu'on la considérât : son altitude ajoutait encore à l'illusion. Elle attirait continuellement une foule de curieux. Enfin, elle obtint san^ réserve Tadmiration d'un peuple qui perfectionna tous les arts ; d'un peuple entouré de chefis-d'œuvre en tout genre, et qui respirait véritablement Tair du beau. Les poêles, les historiens et les orateurs de la Grèce et de Rome Tout célébrée à l'envi : on lit dans V Anthologie un ingénieux éloge, finement traduit en notre langue par Voltaire et Tabbé Arnaud. La traduction de Voltaire a été imprimée dans un article des Jnnales, où il est question de Vénus. Voici celle de l'abbé Arnaud :
Cyprii passait i Gnidr, die y trovra Cypris ;
O dcU dit la dëfaac imtu, Qad objet m préMnte à me» regards surpris! ▲ox jtaz de trois mortels j'ai para tonte noe :
Adonis, Ancliise et Paris;
Mais Praxitèle, où m'a.t4l vue?
On raconte que Praxitèle fut épris de son propre ouvrage, et qu'après avoir vendu sa statue aux Gnidiens, il la leur demanda en mariage. Sans accepter son offre, dit Pline, les Gnidiens ne furent pas fâchés de l'amour insensé de Tartiste, estimant que cela faisait honneur à la beauté de leur déesse, et la rendait plus célèbre dans le monde. — Il y a au musée du Louvre une Vénus fort belle : on y lit le nom de Praxitèle; selon toutes les apparences, ce n'est qu'une imitation du che^d'œuvre ; mais je ne suis pas éloigné de penser que la statue découverte à Milo, l'une des îles de l'Archipel, offerte à Louis XVIII par le marquis de Rivière, son ambassadeur, et placée au même musée, salle des Fleuves, au l)as de laquelle M. Quatremère a fait graver ces mots : f^enuê Fictriw, ne soit la yènuê de Cas, que Praxitèle avait aussi sculptée d'après Phryné. Celle-ci est colossale; son attitude a quelque chose d'héroïque et de sévère. La tête respire la noblesse, commande le respect, et n'inspire pas la volupté. Sa position, à la première vue, ne parait pas appartenir â Vénus. Il est vrai, cependant, que Praxitèle, si elle est de
sa main, en drapant la partie inférieure de la statue, aurait eu l'intention, si Ton en juge d'après l'expression du visage, de nous présenter la déesse sous un aspect imposant, et dans la force de l'âge, de son corps ; et cela pour l'opposer à celle de Gnide. Quoi qu'il en soit, le sein est d'une beauté rare, et d'une forme peu ordinaire ; on n'ose y porter la main, dans la crainte de sentir la chair palpiter sous les doigts et de profaner l'image de la divinité qu'elle représente. Il n'y a que Praxitèle qui ait pu produire ce chef-d'œuvre : en le voyant, on voudrait lui appliquer ce que Lucien, dans son Dialogue des AmourSy dit de la statue de Gnide. — « Après avoir considéré longtemps, fit avec plaisir, les plantes et les arbustes qui bordent les avenu» du temple de Gnide, nous y sommes entrés; au milieu s'élève la statue de la déesse, ouvrage admirable, exécuté en marbre de Paros, de la main de Praxitèle : un doux sourire est sur ses lèvres; nul vêtement ne voile ses charmes; l'art a fait disparaître la dureté de la matière; dans toutes les parties de ce beau corps, le marbre a la souplesse et le sentiment de la chair. 0 Mars! 6 le plus fortuné des dieux! ô toi... ici,]e m'arrête. » 11 y eut du temps de Cicéron un autre sculpteur du nom de Praxitèle, ou plutôt Pasùèle, U représenta, ciselé en argent, le célèbre acteur Roscius au moment où sa nourrice le trouva dans son berceau entouré d'un serpent. Riocoboni l'a confondu avec le fameux Praxitèle de la grande Grèce. Celui-ci eux deux fils qui pratiquèrent la sculpture comme leur père. Pausanias fait mention d'une statue de la déesse Enxo ou Bellone, et d'une autre de Cadtnuê, qu'ils exécutèrent en commun. L'un d'eux se nommait Céphissodore ou Céphissodote; il était l'auteur du ^mplegma d'Éphèse, ou du groupe de deux athlètes qui s'entrelaçaient à la lutte. Albx. Leroib;
PRÉADAMITES, nom donné aux hommes ou aux générations qu'on suppose avoir vécu dans les temps antérieurs à Adam, dans Thypothèse toutefois où l'existence du monde remonterait à une époque antérieure à celle que lui assigne la relation de Moïse. C'est sur une supposition semblable qu'on a essayé de bâtir différents systèmes, et notamment celui de Isaac Peyrer (1655), qui prétendit que les païens liraient leur origine des préadamites, et les Juife d'Adam et d'ive. Enfin, on a été jusqu'à citer certaines productions qui auraient appartenu à un monde préadamite. Dict. di la Conveasatioh.
PRÉBENDE. Ce moi se confondait ordinairement avec chanoine canontcat. Néanmoins, dans le droit canonique, il y avait quelque diffé-
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rencé. La prébende était un droit qu^avait un ecclésiastique, dans une cathédrale ou collégiale qu*il desservait, de percevoir certains revenus et de Jouir de certains droits : elle était ainsi appelée dprœ^efu/o. Lachanoinie,au contraire, était simplement un titre ou qualité spirituelle, indépendante de cette prestation, ou de ce revenu temporel. Il résultait de là que la prébende pouvait subsister sans le canonicat, tandis que la chanoinie était inséparable de la prébende. Dans la cathédrale de Chartres, il y avait des prébendes réservées à des laïques, particulièrement à des personnes de naissance. — Prébendierê, prébendes, chanoines jouissant des revenus d*une prébende. Ils avaient la préséance sur les chanoines honoraires. On donnait aussi ce nom à certains pauvres que les églises nourrissaient. A Saint-Thomas de Cantorbery, quand venait Theure de tierce, deux aumôniers servaient cent de ces pauvres. L*abbé B. M.
PRÉCAUTION, ce qu*on fait par prévoyance, pour ne pas tomber en quelque inconvénient, pour éviter quelque mal. Scarron a fait une nouvelle de la précaution inutile contre Tinfidélité des femmes. Ost aussi le second titre du Barbier de SètUle, cette œuvre dramatique sans modèle, ce tableau de mceurs si piquant du dernier siècle. Précati/ton signifie aussi circonspection, ménagement, prudence. Les mystères de la religion, dit Bossuet, sont des matières délicates qu*il faut traiter avec beaucoup de sagesse et de ^précaution. Les précautions oratiores sont des moyens adroits qu*un orateur emploie pour se concilier la bienveillance de ses auditeurs, ou pour affaiblir des préventions qui seraient contraires à Tobjet qu^il se propose. X.
PRÉCÉDENT, terme appartenant spécialement à la langue de la politique et à celle de la jurisprudence, et qui signifie, comme le mot le dit, la manière dont on a agi précédemment dans une occasion pareille. Ainsi, lorsqu'un cas extraordinaire se présente, soit dans la conduite des affaires, soit dans la diplomatie, soit dans les assemblées délibérantes, soit dans les tribunaux, etc., on recherche , pour se guider , les moyens qui auraient été déjà mis en pratique en pareille occurrence, et Ton s*appuie sur les précédents pour tenir telle ou telle conduite. Si la position est tout à fait nouvelle, et que Ton agisse d*une manière particulière, on crée un précédent. X.
PRÉCEINTE. {Marine,) Ce sont de fortes pièces de charpente, qui lient le vaisseau en dehors, et qui lui servent de ceinture ; leur épaisseur est toi^urs un peu plus fèrte que le double de celle
du bordage de la carène. La tonture que Tott donne aux préceintes donne de la grâce au vais« seau qu'elles entourent. On a soin de ne pas les faire passer dans les sabords , pour qu'elles ne soient pas coupées, et qu'elles puissent conserver toute leur force. La première préceinte se place sur le fort du vaisseau, aux maîtres couples, en s'élevant par ses extrémités jusqu'à l'étrave et l'étambot^ tous les bordages que l'on place en dessous vont en diminuant d'épaisseur d'un quart de pouce, jusqu'à ce qu'ils soient réduit à l'épaisseur du bordage de carèjie. Cette première préceinte continue de même épaisseur, en remontant, jusqu'à ce qu'elle rase le bas des sabords les plus de l'avant et de l'arrière du vaisseau, sans les couper ; de sorte que c'est cette première pièce qui règle la tonlure des préceintes. Les secondes préceinies sont parallèles aux premières, et placées entre les sabords des deux batteries; elles sont d'une épaisseur moindre, il en est de même des troisièmes préceintes que l'on place au-dessus de la seconde batterie. Ces différents rangs de préceintes sont ordinairement peints d'une couleur f6ncée, et leurs intervalles d'une couleur claire , ce qui permet de reconnaître de loin le nombre des batteries ou de ponts d'un vaisseau. Ddb...
PRÉCEPTE, règle, leçon, maxime, enseignement, principe des arts et des sciences, ce qu'il fout savoir pour y réussir. Aristote a donné des préceptes de logique, de morale, d'éloquence, de poésie. Les préceptes^ dit Nicole, deviennent si présents par l'exercice qu'on les pratique sans avoir besoin d'en repasser toute la suite et d'y faire attention. Boileau lui-même ajoute : La contrainte des préceptes affaiblit et 4essèche l'esprit.
PRtCBPTE signifie aussi commandement, et, en ce sens, il ne se dit guère que des commandements de Dieu, des commandements de l'Église, de ce qui nous est ordonné par l'Évangile. Les préceptes de la loi se réduisent à aimer Dieu de tout son cœur et le prochain comme soi-même.
PrAckpteur, celui qui est chargé de l'instruction et de l'éducation d'un enfant, d'un jeune homme. Bossuet fut le précepteur du dauphin, et Fénelon le précepteur du duc de Bourgogne. — Il se dit par extension de tous ceux qui instruisent les autres. Dans l'apologue, les animaux sont les précepteurs des hommes. Digt. Corv.
PRÉCESSION DES iX^GVSiOTSJS, (Astronomie.) C'est le mouvement rétrograde et inégal des points équinoxiaux, sur Técliptique. Ce mouvement résulte de l'attraction du soleil et de la lune sur le sphéroïde aplati de la terre; si la
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terre était pârfeitement sphérique cette attraction agirait également sur les diverses parties de sa surface, et il n*y aurait pas de préceaston; les équinoxes répondraient toujours aux mêmes points de Pécliptique, et les longitudes des étoiles seraient intariables, en supposant qu'U iCy ait pas d^autres causes de perturbations. Le renflement de la terre vers Téquateur est donc cause que les longitudes des étoiles varient d*environ 50" par année; il en résulte en outre pour TéquateUr un mouvement circulaire autour de Taxe de Pécliptique, auquel correspond en même temps un mouvement conique de son propre axe autour de ce dernier; de sorte que les pôles de Téquateur décrivent autour des pôles de Pécliptique des courbes épicxtlMaleB dont les amplitudes sont dues au mouvement de Paxe de Péquateur fll*appprochant et s^éloignant alternativement de celui de Pécliptique.
La préce^t'on de$ équinoxes a pour effet général, de foire décrire à la principale étoile du Bélier pris pour origine /des longitudes un arc de l*écliptique de 50", 1 par an ; et comme ce mouvement est rétrograde le point équinoxial vient à la rencontre du soleil, qui ne doit décrire éur Pécliptique qu'un arc de 559» 59' 9" 9, pour se retrouver à Péquinoxe. L'année tropique est donc plus courte que l'année êUlérale de vingt minutes et vingt êecondes.
Si le mouvement du nœud était uniforme, le point équinoxial parcourrait le cercle entier de Pécliptique daAs une période d'environ i5,867ans; mais la prèceàsion éprouve des inégalités qui feront varier cette période dans la Suite des siècles. Depuis Pinvention du zodiaque, tes points équinoxiaux ont rétrogradé d'environ 30», de sorte que les signes ne correspondent plus avec tes constellations dont ils portent tes noms. Dub...
PEÈGHfi, se dit des sermons que les ministres de la religion protestante prononcent dans leurs temples. On s'en sert aussi pour désigner le lieu où les protestants s'assemblent pour l'exercice de leur culte. Les seigneurs protestants hauts Justiciers avaient droit de prêche dans leurs terres. On abattit tous les prêches en France lors de la révocation de Pédit de Nantes. Ce mot vient par métathèse de l'hébreu paraschy qui signifie esposuit, parce qu'il s'y fait une exposition de la Bible, ou plutôt du latin prœdtco. Les réformés ne l'emploient ni dans l'un ni dans l'autre sens ; et si ce n'est quand il s'agit du prêcke dans te désert au temps des persécutions, Us le regardent comme un terme injurieux que leur Jettent les catholiques. Ils disent dans le premier
cas,Wmoits, discours, et temple dans le second. DiQT. Di Lk Comr.
PRÊCHEURS (PBÈABS). yqy. Domirigains.
PRÉCIPITÉ. Quand , en chimie , on met en contact une substance dissoute dans un liquide avec une autre substance composée, également en dissolution, il peut arriver que les combinaisons changent. La nouveHe substance «Routée peut s'emparer d'un élément de celle qu'on met en contact avec elle et éliminer par conséquent l'autre élément ; de ce déplacement il peut résulter un précipité insoluble, parce que la nouvelle combinaison formée sera elle-même insoluble, ou que Pélément éliminé le sera, ou même parce que tout deviendra insoluble. C'est là ce qu'on appelle en chimie un précipité. Donnons un exemple du précipité simple. Du sous-carbonate de potasse en dissolution dans l'eau étant versé dans du nitrate de baryte en dissolution dans Peau, l'acide carbonique de l'alcali se portera sur la baryte et se précipitera avec elle sous forme de carbonate de baryte trôs-tnsoluble « tandis que la potasse rendue libre s'emparera de l'acide nitrique du nitrate de baryte est restera avec lui en dissolution dans la liqueur. U est bon d'avertir que les précipités sont rarement purs ; souvent une partie du précipitant est entraînée avec eux. Pblooxi père.
PRÉCIPUT (de prœcipere, prendre d'avance). On appelle ainsi le droit qu'a le survivant des époux, en vertu d'une clause très- fréquente dans les contrats de mariage , de prélever une certaine partie des biens de la communauté, avant qu'elle soit partagée. Ce mot désigne encore la disposition faite au profit d'un héritier présomptif, pour qu'il prélève une certaine somme oa une certaine chose, indépendamment de la portion que la loi lui défère dans la succession. Les dons et legs faits par préciput ne peuvent excéder la portion disponible ; ils peuvent être retenus même par Phéritier qui renonce à la succession. S. Regnard.
PRÉCOCITÉ, se dit d\ine maturité rapide oa qui devance Pépoque ordinaire chez l'homme, les animaux et les végétaux, comme s'ils étaient cuits à l'avance, prœ coctus, — Cette hâtiveté, qui semble se dépêcher d'atteindre la plénitude de l'existence, et d'en conquérir les avantages, a pour résultat nécessaire d'en raccourcir la durée. On a dit des femmes, dont la puberté précède toujours celle du sexe masculin , citius pubescunt, citius senescunt; les signes de la vieillesse anticipent chez elles plus tôt aussi que chez l'homme. Phuieurs causes contribuent à la précocité de la végétation et de PaccrdisieaaeDt
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diD8 le règne végétal comme dans le règne animal. Ce tont, 1o une certaine mollesie dei Umus qui se prête facilement ft la croissance ; 2* la chaleur qui soUicite tous les mouvements fonctionnels de l*organisme; Surabondance des nour* ritures ou engrais, 4o le raccourcissement de la taille résultant des floraisons anUdpées on des Jouissances prématurées : ses causes peuvent agir séparément ou simultanément. —La mol* lesse des tissus fait que les femelles d*animaux atteignent plus tôt leur nubilité que les mâles, surtout sous des cieui ardents. U en est ainsi dans les végétaux : ceux dont la teiture est spongieuse, comme les liliacées {\egalanihuê nivalU) fleurissent dôs les premiers Jours du printemps, au Heu que les arbres à tissu compacte (le chêne, etc. ) ne végètent que tardivement. En effet, des fibres dures, serrées, étant peu perméables aux sèves, ne s*ouvrent que difficilement. C'est pourquoi les êtres tardife ont une plus longue existence, ou sHisent lentement. Il en est tout autrement des gros arbres mous (le baobab, de la famille des cetbfl, voisine des malvacéei); ils doivent croître et fructifier asseï rapidement, et leur vie ne peut être très-prolongée, non plus que celle des gros animaux ft chair mollasse; les baleines, les éléphants et rhinocéros, hippopotames, cochons, etc. Ce qui le prouve, c*est que ces espèces sont plus t6t pubères que rhomme, et ainsi moins vivaces que lui malgré leur masse. Atteignant rapidement leur faite de croissance, il faut qu*elles engendrent et meurent bientôt. La chaleur est un agent plus puissant encore de préoociiè; elle seule suffit pour hâter la maturation de toutes les végétations, car c*est par son moyen qu*on se procure d*abord les primeurs et hâUvetés des serres, en fruits et en légumes de tant de sortes, pour les tables opulentes. Toutefois, la richesse n*a d*autre avantage que de se rassasier d^allments insipides ou imparfaits. Si ces productions offrent plus de tendreté dans leur texture, les sucs n*en sont pas suffisamment élaborés ^ toute précocité, au physique comme au moral, est une prématurité. ^ Dn fait reaaarquable le démontre. L*observation attribue le peu d*intelligence des nègres à la prompte ossification de leur crâne, exposé sans cesse aux rayons du so^ leil d'Afrique. De là vient, ajoute-t^on, Tétroitesse de leur boite crânienne, le rétrécissement de leur cerveau. Sn même temps, la chaleur du climat, hâtant leur puberté, les transporte dans la carrière des plus ardentes voluptés. D'ailleurs, la constitution du nègre est plus précoce que celle du blanc, et par conséquentdiire aoîBi
longtemps. On explique par la même raison ce développement brillant et prématuré des créoles et des hommes de couleur dans nos collèges, où ils précèdent les enfants d'iurope ; mais ces succès s'arrêtent bientôt, et ne laissent ensuite que des esprits vulgaires, par l'ossification complète qui comprime l'essor des fonctions cérébrales* Bn effet, dans une croissance moins précipitée, les organes obtiennent le temps de se renforcer, de se mûrir lentement. Ils se complètent alors dans toutes leurs parties, acquièrent plus de perfection on Jouent avec plus d'ampleur et de liberté. — On voit ainsi les Inconvénients d*une éducation trop hâtive, ou sollicitée par tous les moyens d'excitation, soit physique, soit morale, par des échauffants, café, spiritueux, et les nourritures ou boissons stimulantes, le travail trop Intense ou trop assidu , les exemples ou spectacles qui animent l'émulation, etc. De là souvent des fièvres cérébrales mortelles; de là encore cette tension perpétuelle qui finit par user des ressorts trop tendres. Nous ne sommes point partisans de cette multiplicité de connaissances qu'on entasse le plus qu'on peut dans la cervelle de pauvres enfants, pour les foire raisonner en perroquets sur toutes choses devant leurs parents émerveillés de cette science prématurée. Mille preuves viennent démontrer ensuite que la plupart de ces prodiges, surchargés de couronnes universitaires, ne forment guère que des esprits sans nerf, sans caractère, dans l'âge viril, tel que ce rhéteur Hermogène, admirable de précocité pendant son enfance, puis devenu vieux f6u dans sa vieillesse, comme s'il avait vécu à rebours. D'autres phénomènes, comme Biaise Pascal, succombent jeunes dans l'épuisement. On doit donc proportionner l'instruction à la force des individus, et surtout ne Jamais devancer l'âge pour les connaissances relatives à la reproduction, de toutes les plus pernicieuses, comme nous l'exposerons plus bin, par leur abus. — L'abondance des nourritures est «n moyen de précocité qui hâte efficacement la végétation. Non-seulement les engrais spéciaux, animalisés, les composts excitants, tels que les uratesde chaux, les cendres et autres éléments salins, sollicitent fortement la croissance des plantes, mais les procédés de taille, les suppressions de branches gourmandes ou de feuillage superflu font encore refluer la sève vers les fruits ou les parties du végétal qu'on veut multiplier davantage. Cest encore ainsi que la castration, rampntation de certains organes, chez les animaux, tourne au profit de leurs autres 1 parties : alors i^obtiennent des productions plus
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hâtives ou perfectionnées. — Car Tabondance seule d'aliments peut bien agrandir la stature chez les animaux et les plantes, les rendre procères ou même gigantesques, et par là tardifs ou lents à se développer : c*est ce qu*on remarque sous des cieux froids ou tempérés. Les arbres en plein vent, les espèces volumineuses, restent généralement attardées en comparaison des races naines, en espalier, des individus ramassés en leur courte épaisseur. La raison en est évidente : les hommes de grande stature, tels que les aninaux et les végétaux de vastes dimensions, dans leur espèce, ont besoin d'une nutrition plus abondante et prolongée avant d'atteindre leur état de perfection ou de maturité que les individus de taille courte. C'est donc quelquefois en étètant les arbres à fruits, en émondant les trop hautes tiges , en enlevant des feuilles, des branches aux plantes, qu'on oblige les organes de fructification à se développer avant la parfaite croissance des autres parties. C'est encore en soustrayant cette alimentation trop abondante, qui ne sert qu'à des parties luxuriantes , qu'on détermine la précocité dans la floraison ou la fructification. Tels sont les procédés des jardiniers pour se procurer des espèces hâtives, indépendamment du concours de la chaleur dans des serres, des couches de tan, sous des cloches, des bâches, etc. Ainsi, en général, les espèces précoces sont naines, les tardives appartiennent aux races gigantesques ou livrées à l'état de nature, poussant surtout en bois ou en chair. — La domestication des animaux, la civilisation de l'homme en général, ont pour résultat de hâter la précocité ou le développement reproductif, comme l'horticulture, qui a le même effet sur les végétaux. D'ailleurs, la vie sociale procure aux bestiaux une nourriture abondante, égale, avec la chaleur des étables, loin des intempéries de l'atmosphère : c'est pourquoi ces animaux deviennent plus féconds et plus tôt pubères. La poule peut pondre et le chien engendrer presque en tout temps, comme l'homme, tandis que les fSacultés prolifiques ne s'éveillent qu'en la saison du rut chez ces êtres soumis, en l'état sauvage, à toutes les privations d'une nature inculte et avare. ^ De plus , le voisinage perpétuel des sexes, dans celte vie civilisée, leurs reUitions habituelles, l'éveil de l'instinct reproducteur par l'éducation, par l'exemple, par le spectacle de l'amour, tout sollicite cette fonction. Il en résulte que les sociétés les plus civilisées deviennent malheureusement, pour l'ordinaire, les plus précoces dans toutes les Jouissances. On se hâte de les cueillir dans la fleur, on recherche
des primeurs non mûres encore, et ces déflora* tionê avant l'âge ne satisfont que la vanité, puisqu'elle ne sont pas avouées par la nature dans sa perfection : c'est ainsi qu'on fOrce, qu'on ravage les plaisirs plutôt qu'on n'en jouit avec plénitude. — Ainsi, voyez quelle triste racaille d'individus frêles, chétifï, rabougris, malingres, pullulent dans ces cités de luxe, ces capitales de la débauche, où fermentent les vices et la misère à côté de l'opulence, où les ateliers des arts ne sont que la promiscuité des sexes à peine sortis de l'enfance. Là germent toutes les corruptions avec les maladies (la syphilis, les scrofules, la gale, etc.), et quand on voit sortir de leurs hideux galetas ces légions de canuts cagneux, bossus, petits et contredits, c'est autant l'influence pernicieuse de ces jouissances anticipées entre les sexes que celle d'un air impur et des métiers malfaisants , qui déforment toute cette population. — Il est bien manifeste que rien n'accourcit la taille et ne hâte plus le développement reproductif que la précocité des générations. En voici la preuve : pour obtenir ces petits chiens bichons, si recherchés à quelques époques, l'on choisit d'abord des espèces de petite taille, on les accouple de très-bonne heure, avant leur parfaite croissance ; les petits qui en viennent sont également accouplés avec les plus jeunes qu'on peut employer, et ainsi pendant plusieurs générations avant leur accroissement complet. Il en résulte des races extrêmement mignonnes, mais frêles, délicates et précoces eUes-mêmes, parce que la vie de ces chiens nains est raccourcie et prompte. — VoUà donc le résulUt inévitable de la précocité , tandis que le plus grand Vetard dans l'acte reproducteur, chez les individus arrivés à leur parfoit développement, et restés chastes, procure des individus robustes, tardifs, mais de longue résistance de vie. C'est ainsi que brillèrent les anciens Germains, tant célébrés par Tacite, si grands de taille, si redoutables à la guerre, et chez lesquels il éUit honteux d'approcher des femmes avant vingt ans. Peuples dégénérés, ne vantez pas votre précocité ! tant de funérailles prématurées aujourd'hui, tant de UlenU avortés, Untde petits génies étouffés d'abord dans les délices, attestent assez vos vices et votre prompte caducité. A peine êtes-vons nés, et vous vous hâtez d'assouvir toutes les jouissances; mais, êtres avortés et sans force, vous n'êtes parfaits en rien : vous vous fanez comme l'herbe avant sa fleur! C'est perdre l'existence que de vouloir trop Texploiter : €$ propter vitam viiœ êic perdere cau$as. J* J« Viuy.
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PEiDESTINATfôN. (ÉgUse cathoUqae.) Ce mot signifie à la lettre deêtinaiion antérieure, mais, dans le langage théologique, il exprime le dessein que Dieu a formé de toute éternité de conduire par sa grâce certains hommes au salut éternel. Hes Pères de l*Église Pont appliqué tant ft la grâce des éhis qu*â la damnation des réprouvés; aujourd'hui, il ne se prend qu'en bonne part. C'est sous ce point de vue que saint Augustin et saint Thomas l'ont traité avec toute la supériorité de leur génie. 11 n'est point de question théologique sur laquelle on ait écrit davantage et avec plus de chaleur. D'un c6té, les augustiniens, vrais ou foux, et les thomistes, tiennent pour la prédestination absolue et antécédente; de l'autre, les molinistes ou congruistes sontpour la prédestination conditionnelle et conséquente. Pour les premiers, le choix que Bien fait de certaines créatures pour les rendre éternellement heureuses est absolument gratuit; il précède la prévision des mérites, et n'a d'autre motif que la volonté de Dieu. Pour les seconds, la prédestination n'est fondée que sur la prévision des mérites, c'est-à-dire sur la connaissance que Dieu a que telle ou telle personne fera, avec le secours de la grâce, les bonnes œuvres nécessaires pour mériter la gloire étemelle. Cette question fut vivement débattue au concile de Trente entre les Aranciscains et les dominicains; l'assemblée s'abstint de prononcer, se bornant à condamner la doctrine des protestants {voijr, plus bas Piédistihatiou chbk lis raons- TAifTS). — Les musulmans croient à la prédestination sans aucune réserve et de la manière la plus absolue. L'abbé B. M.
PMÉaBSTiHATToif (chez les protestants), terme de théologie plutôt scolastique que chrétien, et qui résume l'idée principale et toutes les conséquences de la théorie philosophique de la prescience et de la fatalité. Comme la raison humaine est entièrement impuissante pour éclaircir l'antinomie formelle qui existe entre la prescience divine et la liberté de la créature, il n'est pas surprenantque Ton ait plus disputé sur ce dogme que sur tous les autres réunis. Calvin, qui s'était pénétré, comme la plupart des autres réformateurs, des idées d'Augustin, chercha à trancher le problème dans son célèbre Traité de rimtituHon chrétienne, où il fit des eflbrts inouïs pour démontrer que le décret de la prédestination est absolu et immuable; que Dieu sauve seulement ceux qu'il a résolus de sauver de toute éternité, et que, par conséquent, les élus ne peuvent déchoir de leur assurance de salut. Ces dogmes révoltants» pour la raison et pour la
morale, furent en vain confirmés et même fulminés par le concile de Dordrecbt. Depuis deux siècles, au moins dans les Églises françaises, la prédestination absolue a vu diminuer progressivement le nombre de ses disciples, qui, de nos Jours, constituent plutôt une exception qu'une règle dans l'Église nationale. Toutefois, en Angleterre et aux États-Unis, plusieurs sectes sont restées fidèles aux idées primitives de Calvin. Cette persistance a même amené une rupture grave dans la grande société méthodiste; une branche, celle que fonda Charles Whitefield, professa la prédestination absolue, tandis que le tronc principal, qui reconnaissait Wesley pour chef, embrassa franchement Tarminianisme.
Nous ne saurions nous arrêter à déduire ici les rai^ns qu'on peut produire soit pour, soit contre la doctrine de l'élection absolue; ce serait rentrer dans des controverses ardues, qui, heureusement, n'inspirent plus aucun intérêt aujourd'hui. £n France, soit du haut de la chaire, soit dans les académies théologiques, on ne prêche et on n'enseigne plus la prédestination; nous ajouterons seulement que ce dogme, qui se confond presque avec le fatalisme des anciens, semble être destiné dans tous les temps à troubler la paix des communions chrétiennes, puisque les décrets ambigus du concile de Trente, pas plus que les canons formels du synode de Dordrecbt, n'ont pu prévenir les disputes intarissables auxquelles il a donné naissance. C. Coqdebil. PRÉDICATION, action d'annoncer la parole de Dieu en public, foite par un homme revêtu d'une mission légitime. On appelle proprement prédications les discours qu'on adresse aux infidèles pour leur annoncer l'Évangile, et sermone ceux qu'on adresse aux fidèles pour nourrir leur piété et les exciter à la vertu. Le prédicateur est celui qui prêche, qui annonce en chaire la parole de Dieu, les vérités de l'Évangile. Il se dit par extension de celui qui publie de vive voix ou par écrit certaines doctrines bonnes ou mauvaises. PréUicant, dénomination jetée par dénigrement au ministre de la religion protestante dont la fonction est de prêcher. — Dans les premiers siècle^ de l'Église les évêques seuls annonçaient la parole de Dieu. A l'exemple de Jésus- Christ et de saint Paul, ils regardaient cette fonction comme la plus importante de leur ministère. Les premiers exemples que nous connaissions de prêtres chargés de prêcher sont ceux d'Origène, de saint Jean-Cbrysostome, dans l'Église d'Orient, de saint Pélix de Noie et de saint Augustin, en Occident. Aujourd'hui dans l'Église romaine il faut être au moins diacre pour avoir
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le pouvoir de prêcher. La fonoUon respectable de prédicateur demande non-seuiemeDl un talent naturel pour la parole, mais une connaissance très-étendue de la morale chrétienne, par conséquent une étude assidue de TÉcrilure sainte et des ouvrages des Pères de TÉglise, une connaissance suffisante des mœurs de la société, des «passions et des vices du cœur humain, des moyens qui soutiennent la vertu et la piété, des dangers et des tentations auxquels elle succombent. Les pasteurs et les missionnaires qui ont joint à de longues études Pexpérience que Ton acquiert dans le tribunal de la pénitence et dans la conduite des âmes, sont infiniment plus capables d*instruire et de toucher leurs auditeurs que de Jeunes orateurs qui ne se sont munis d*aucun de ces secours. Mais comme cette fonction est en elle-même très-difficile, il est nécessaire de s'y exercer de bonne heure; on ne doit donc pas blâmer les premiers essais de ceux qui entrent dans cette carrière lorsqu'ils donnent lieu d*espérer qu'ils se perfectionneront dans la suite. On demandait à saint Jean d'Avila, Tapôtre de TAndalousie, des règles sur l'art de prêcher : « Je ne connais, répondit-il, d'autre art que l'amour de Dieu et le lèle pour sa gloire. » . L'abbé B. M.
PRÉDICATION (PBOTxsTANTi). On sait que le discours oral prononcé par le ministre forme la partie, sinon la plus essentielle,^ au moins la plus développée du culte protestant. Il en est résulté que l'art de prêcher ou décomposer et de réciter un sermon a dû être cultivé et enseigné avec le plus grand soin dans les établissements religieux de la religion réformée. En France, la prédication protestante a suivi les phases du temps et de la littérature dominante. J)'abord acre et suhtile, ensuite érevée et véhémente, enfin douce et remplie peut-être de trop d'onction, elle nous ofiPre très-exactement tour â tour le caractère de l'époque orageuse de la réforme, de l'ère classique de Louis XIY, et de la langueur religieuse du xviiie siècle, où le dogme fut annulé par la morale. On peut citer, pour exemple de ces trois types, les sermons de Calvin, ceux de Jacques Saurin, et, presque de nos jours, ceux du pasteur Cellerier père, de Genève. Lorsque les Églises protestantes françaises formaient un oorps uni et compacte, régi par une discipline unifèrme sur laquelle des synodes veillaient avec sévérité, les prédications étaient assujetties à des conditions qui nous semblent uu peu étranges aujourd'hui, mais dont les dispositions sont toutefois extrêmement sages. Les ministres étaient avertis tt de s'abstenir de toute façon d'enseigner étrange
et non convenable â édificatloB; » ils neiltvalf nt point prêcher a sans avoir pour sujet de tout leur propos un texte de l'Écriture sainte, et de ce texte ils devaient prendre et exposer le plut qu'il leur serait possible, a s'abstenant de toutes amplifications non nécessaires, de digressions longues et sans occasion, d'un amas de passages de l'Écriture hors le besoin, et d'un récit vain de diverses expositions; » il leur était or* donné de plus « de n'alléguer que bien sobrement les écrits des anciens docteurs, et beaucoup moins les histoires et auteurs profanes (Discipl., c. 1. § là). » Dès l'année lOOS, le synode national de Sap sentit la nécessité de mettre un frein à l'éloquence désordonnée de quelques prédicateurs, et il fit â ce sujet une singulière injonction « contre ceux qui, en s'éloignant des expositions conformes â la parole de Dieu, se laissent empoKer à celles des Pères ou scolastiques, s'étendant en allégories entremêlées de discours philosophiques, et produisant les passages des Pères dans la chaire, et outre ceux qui, en temps de carême, prennent les mêmes textes que ceux des prédicateura du papisme. » Plus tard, en 1617, sous Louis XIU«il fut défendu « à tous pasteurs de prêcher leurs propres sentiments sur des matières politiques (^n. nat. de Vitré). » Sn 1657, la cour crut devoir donner des conseils du même genre aux Églises protestantes françaises; le conseiller d'État de Saint-Harc, commissaire du roi auprès du synode d'Alençon, déclara que l'intention du roi Louis XIII n'était pas de souffrir que dans les sermons le gouvernement fût accusé de quelque mauvais dessein contre la religion réformée, ni qu'en parlant du pape et de la religion romaine les termes d'idolâtrie et d'antechrist fussent employés; le synode répondit qu'il serait enjoint â tous ministres de ne se servir d'aucune expression choquante, mais qu'aussi ceux de la religion romaine devraient être exhortés â ne plus adresser aux Églises « des outrageants reproches, » comme ils le faisaient habituellement ; le même synode défendit aux ministres de s'occuper des queêiioMi cwieuêeê, ni de disputer contentieusement, ni de proposer de nouvelles matières de controverse. Dès la seconde année du règne de Louis XIV, l'esprit de sévérité commençait à poindre par Ja direction des conseils officiels que le commissaire du roi donnait, en 1644, au synode de Charenton : le commissaire déclara que la cour n'enteudait point que les ministres parlassent du pape avec mépris, ni qu'ils dissent que les cérémonies de l'Église catholique étaient d*iJ»ve9tiMi lui*