‹ Nouveau dictionnaire de la conversation: ou répertoire universel ..., Volume 22Chapitre 30 sur 61 · PRR · texte numérisé non relu

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lier à renvoyer le défendeur ou le prévenu de Taction intentée contre lui pour défaut de preuves. La règle est la même sous ce rapport au criminel qu*au civil, parce que le juge n*agit pas ordinairement d^office, c*est par exception seulement que, dans certains cas, cette faculté lui est accordée, mais c'est là surtout que Ton peut dire que Texception confirme la règle. Le devoir dujugesebome donc à Fappréciation des preuves qui lui sont offertes, et si, après un mûr examen, il reconnaît que ces preuves sont insuflBsantes aux yeux de la loi pour Tautoriser à adjuger les conclusions requises, il doit, sans hésiter, prononcer son refus, alors même que, par des considérations étrangères aux prescriptions légales, il serait convaincu, comme homme, que sa décision est contraire à Téquité; car si le juge voulait être plus sage que la loi, il mettrait ainsi sa seule volonté au-dessus de la volonté de tous, et Il serait désormais sans excuse dans les erreurs qu*il pourrait commettre. Quel est d'ailleurs rhomme raisonnable qui voudrait prendre sur sa conscience cette responsabilité effrayante de décider en souverain, par les seules lumières de sa raison, sur des contestations qui, le plus souvent offrentde part et d'autre toutes les apparences de bonne fbi, et qui, assez souvent aussi, sont soutenues de part et d'autre avec la bonne foi la plus entière. En traçant donc autour du magistrat un cercle étroit dont il ne lui est pas permis de sortir à peine de forfaiture, en lui montrant ce qu'il doit prendre pour preuve complète, pour commencement de preuve, et ce qu'il doit rejeter comme incapable d'établir une preuYe, le législateur a non-seulement voulu donner une garantie à la société contre les aberrations de l'esprit humain, mais il a voulu aussi assurer le magistrat lui-même contre une défiance trop légitime de ses propres forces. ~ La loi admet, suivant la nature des actions, diverses sortes de preuves qu'elle a eu soin de caractériser et de classer, non-seulement parce que toutes n'ont pas la même efficacité et les mêmes conséquences, mais aussi parce que leur force varie suivant les circonstances.— En droit civil, les preuves se f6nt par titres ou par témoins ; en droit criminel, elles se font par témoins seulement. La preuve par titrée, que l'on nomme preuve Uttérate, doit résulter d'un acte écrit qui constate que tel fait a eu lieu, que telle convention a été arrêtée et conclue. Si l'écrit est dans la forme probante déterminée par la loi, la preuve est fiiite , et il ne reste plus au juge, pour ainsi dire, qu'à le contrôler de son sceau en y ajoutmt son eseqtêotur. La preuve littérale

change elle-même de caractère suivant la nature de l'acte écrit qui est représenté : si cet acte a été dressé par l'officier public , expressément institué pour le recevoir, il forme, comme on le dit en droit, une preuve authentique, qui ne peut être attaquée que par Vtnscription de faus, ou les autres voies extraordinaires qui sont autorisées en certains cas pour légitimer un désaveu, La preuve d'une obligation peut également résulter d'un acte non authentique passé entre les parties sous signatures privées : c'est ce que l'on nomme en droit des actes sous seing privé. Ces sortes de titres ont entre les parties qui les ont souscrits la même force que l'acte authentique lorsqu'elles ont déclaré ne pas méconnaître leur écriture. Ainsi, dans les actes sous seing privé, les signatures pouvant être déniées sont sujettes à vérification (vctrOf mais une fois que cette vérification a été faite, hi preuve est aussi complète que si elle résultait d'un acte authentique. En l'absence de preuves résultant d'un titre formel, soit authentique, soit privé, il h*y a plus que des demi-preuves (m semi-preuves, dont le juge doit apprécier la valeur. A défont de titres formels, on admet certains écrits privés à en tenir lieu, comme cela arrive , par exemple, entre marchands pour fait de commerce, lorsque l'on considère l'inscription sur les livres comme preuves suffisantes pour établir une convention; mais ce n'est déjà plus qu'une simple présomption qui est mise à la place de la preuve, et dont l'effet pourra être modifié suivant les circonstances. Il en est de même de tous les écrits qui peuvent autoriser à croire qu'une convention a été conclue sans qu'il en ait été dressé un acte fèrmel : ils forment dans certains cas un eommencement de preuve par écrit, qui ne suffira pas pour constituer une preuve complète, mais qui permettra de recourir à de nouveaux moyens d'instruction pour la compléter. Il en est de même dans certaines circonstances des écrits non signés des parties, des simples lettres missives et des papiers domestiques. — On admet comme supplétives du titre les copies qui en ont été régulièrement faites à une époque plus ou moins reculée, et qui portent le caractère d'un duplicata, lorsqu'elles ont été dressées contradictoirement. Dans les autres cas, il y a des distinctions à faire : s'il s'agit de copies anciennes, dont les originaux sont évidemment perdus, le Juge est autorisé à leur donner une foi plus entière, mais le plus ordinairement elles serviront de commencement de preuve; qnantaux copies de copies, elles ne peuvent jamais être employées que comme simples renseignements. — Il peut

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étreégalemeiit suppléé au titreoriginal quiman* que par d^autres actes que Fon nomme récognitffi, parce quMls emportent, dans leur contexte, reconnaissance de Tobligation qui avait été précédemment contractée : ces actes peuvent servir de second titre, lorsquMIs sont géminés, et qu'ils se rapportent à une possession remontant sans interruption à plus de trente ans. — Sur la même ligne que les titres écrits, le législateur a placé certains titres figurés, qui constituent également une preuve complète : telles sont les tailles dont on se seK pour constater certaines fournitures de détail {vt^. Taillis). — Lorsque la preuve par titre manque, il est permis aux juges, en certaines circonstances, de recourir aux simples présomptions ou à la preuve par témoins, mais il feut avant tout que Tadmission de ce mojen de preuve ait été expressément autorisée pour le cas particulier dont il s'agit. La preuve testimoniale offre de tels dangers, il en a été feit autrefois un tel abus, qu'elle ne doit être accueillie, en matière civile, qu'avec la plus grande défiance. Dans l'origine, tout se prouvait par témoins, mais bientôt il arriva qu'on prouvait trop, car on ne manquait jamais de témoins pour venir affirmer devant justice, sous serment, les foits les plus contraires. 11 a donc fallu renoncer à un mode de preuve dont il était si facile d'abuser, et les enquêtes par témoins ont été restreintes aux cas seulement où il Y avait nécessité absolue de les employer. La preuve par témoins n'est admise aujourd'hui en France et en Belgique, en matière civile, que pour les sommes modiques à raison desquelles on n'est pas tenu de passer acte. Toutes les fois qu'il s'agit d'une somme excédant cent cinquante francs, ce mode de preuve est rigoureusement interdit, à moins qu'il n'existe déjà un commencement de preuve par écrit, ou que le créancier ne se soit trouvé dans une condition telle qu'il lui ait été impossible de se procurer une preuve littérale de l'obligation contractée envers lui ou de conserver celle qu'il avait obtenue. Ainsi, la preuve testimoniale sera admise pour les obligations qui naissent des quasi-contrats, et des délits ou quasi-délits ; pour les dépôts nécessaires faits en cas d'incendie , ruine, tumulte ou naufrage, ou par les voyageurs dans l'hAtellerie où ils logent ; pour les obligations contractées en cas d'accidents imprévus, qui ne permettaient pas de faire emploi d'actes écrits ; et enfin pourrie cas où le créancier a perdu le titre qui lui servait de preuve littérale, par suite d'un cas fortuit, imprévu et résultant d'une force mineure. Telles sont les règles du droit

civil; en droit commercial, elles s'appliquent plus largement : les juges de commerceront autorisés à admettre la preuve testimoniale dans tous les cas où ils croiront ce mode de preuve nécessaire pour constater les achats et ventes ; mais c'est là une disposition exceptionnelle qui doit être rigoureusement restreinte aux afifoires de commerce. Nous venons de voir qu'en matière civile la preuve testimoniale était autorisée lorsqu'il existait un commencement de preuve par écrit, mais alors elle ne sert qu'à compléter une preuve qui déjà était en quelque sorte acquise, et le juge peut ordonner qu'elle aura lieu même d'office, s'il s'agit d'un fait concluant duquel doive résulter la décision du procès. Mais il faut aussi avant tout que la preuve testimoniale soit admissible, c'est-à-dire autorisée par la loi ( vojr, Enqoètb ). Le juge a dans ce cas toute liberté d'agir, et il ne doit négliger aucun des moyens qui peuvent concourir à éclairer sa religion : au commencement de preuve par écnt, il peut joindre la preuve par témoins, la preuve par experts, la preuve par comparaison d'écritures, la preuve par vérification de lieux, et la preuve résultant de présomptions graves, précises et concordantes, qui sont toujours admissibles toutes les fois que la preuve testimoniale peut être ordonnée (voiy. PRtsoMPTioiis). Lorsqu'il n'est produit à l'appui d'une demande ni titre ni commencement de preuve par écrit, et que la preuve testimoniale est interdite, il ne reste au demandeur pour justifier son action que la preuve résultant soitde V interrogatoire sur faits et articlesy soit de Vaveu fait en justice par le débiteur, soit du serment qu'il peut déférer. Ce sont autant de preuves nouvelles que le juge doit accueillir : il a même le droit, dans les cas douteux, et lorsque l'action, sans être complètement justifiée, repose cependant sur des preuves légales très-graves, de déférer lui-même le serment à la partie, à qui il donne gain de cause (voX' SBBMsifT). In matière criminelle, les preuves changent complètement de caractère : il n'y a plus de preuve écrite, et la preuve testimoniale estplutdt employée comme moyen d'instruction que comme règle absolue de décision; dans l'impossibilité où l'on se trouvait déclasser les preuves et de déterminer celles qui devaient être admises, celles qui devaient être rejetées, on a pris la résolution d'abandonner le sort des prévenus à la conscience des juges et des jurés. —•Nous ne ferons pas ici l'historique des preu^ ves judiciaires qui étaient autrefois admises dans la législation criminelle du moyen âge, où l'impossibilité de ftiire respecter une décision et

la barbape des mœurs ayaieDicfmdoit à riQStitutiQii 4^ éprouvée jwliciaires |ui? le fer, par te feu, par Teau l>ouiUante, etc., au moyen desquelles QQ espérait eonualtre le ju^ment tia Dim» A ces épreuvfs barbares a succédé remploi d*uu moyeu de preu?e plus barbare encore, ear il n*avait plus pour excuse une confiance absolue dans la toute-puissance divine : nous voulons parler de la torture, qui anracbait à Taccusé, au milieu des souffrances les plus atroces, Taveu d*un crime souvent imaginaire.— Il ne nous reste plus qu*à mentionner quelques applications particulières du mot pre^v9^ On disait autrefois faire preuve de noblesse, de celui qui justifiait par dies titres héraldiques qu^ii sortait d'une extraction noble, ce qui le dispensait de payer la taiile, et lui permettait souvent de tuilier à son gré les gens de mainwu>rte pbieés sous sa Justice. Fùire ses preuves se prenait dans le même sens; pour être reçu à la cour, pour y avoir ses grandes ou petites entrées, son labouret ou sa cbaise, il fallait avoir fait ses preuves, c*est-à-dire Justifier devant un conseil ^e noblesse que Ton pouvait compter un certain nombre de quartiers sans mélange de roture. Le mot preuve s'est pris aussi dans le sens de wtargue ou signe distinctif, et Ton a dit également, U « fait ses preuves, de Thomme de eeeur qui dans maintes circonstances, noble ou non, avait Isit preuve de oourage; c'est dans le même sens que Ton dit donner des preuves d V vtitié, à^amour, à*attuchemeni, etc. Bans les sciences exactes, qui procèdent toujours par démonstrations rigoureuses, le mot preuve se prend dans une acception particulière ; il désigne une certaine opération qui a pour objet de donner la certitude qu'aucune erreur n'a été commise dans les calculs. Elle consiste à refaire le même calcul avec les mêmes éléments en leur donnant une antre disposition; si l'on arrive au même résuttat, on a la preuve qu'il n*a point été fait d'erreur; si les résultats ne concordent pas, on a au moins cette certitude que l'on s'est trompé dans l'une ou l'autre opération, et il faut les recommencer toutes deux Jusqu'à ce qu'elles s'accordent parfaitement. Tiolit.

PUUX, vieux mot qui signifiait hardi et vaillant (sirenuus, fortis}. Au moyen ftge, on don^ nait cette épithèteà tous les aventuriers. C'était, disait-on, un preux et hardi chevalier qui fit plusieurs actions de grande prouesse et valeur. Il y a une histoire particulière des neuf prêtas. Ménage dérive ce mot de probus , comme prouesse de protMm, qu'on a dit pour probitos

PKIvAIUGATBUE, PiiVAnioiTiOR. C'est l'action de trahir la cause, l'intérêt des personnes qu*on est obligé de soutenir; l'action de man* quer par maMvaise foi aux devoirs de sa charge, aux obligations de son ministère. Sous l'ancienne législation, on entendait principalement par là l'infraotion des officiers de justice à leurs de« voirs ; et d'après les distinctions admises par lei jurisconsultes, on reconnaissait comme causea de prévarication rintérêl^ la partialité et l'igno* rancê même. Les recueils de Jurisprudence citent à cet égard un arrêt du parlement de Paris du 9 septembre 17âO, qui condamna les eAciere du bailliage de Saumur è 13,000 livres de dommages et intérêts envers la veuve du sieur de Beaupré, qui expira sur la roue, quoique innocent : la sentence qui renfermait cette affk^use condamnation était la suite d'une méprise grossière. — Nos lois modernes ne se servent plus du mot de prévarication, et d'après elles l'erreur du juge nVit phis une cause de responsabilité, car l'erreur n'est pas un crime. Siles n'en admettent pas moins toutefois, sous différente noms, les diverses causes désignées jadis soua le mot de préonnca^âeii. —Ainsi, au civil, ellee ouvrent aux justiciables, dans des cas qu^lea déterminent, Ui voie de la prfn à partie {veor^y^ et, au criminel, elles prévoient et punissent les infractions que peuvent commettre dans l'exercice de leurs fonctions, et contrairement aux devoirs de leurs charges, tous les fonctionnaires de l'ordre administratif ou Judiciaire. 1^ articles 166 et suivants du Code pénal énumèrent les différents crimes et délits des fonctionnairee publics dans l'exercice de leurs fonctions; ils sent rangés en trois classes principales, savoir ; la forfaiture, la eoucussioUf la corrupHon dea fonctionnaires publics et les o^tia d'autorité.

PRÉYSNAKCl, suite de surprises aimables qui tendent toutes k la satisfaction de ceux qui noos entourent, et leur procurent un bonheur de tous les instants. On peut avoir une grande générosité de sentiments, une lihéraMté sans homes, un désir continuel d'être utile, et cependant manquer de prévenances. C*est un point sur lequel les hommes se trouvent en défaut, et que ne leur donne pas toujours l'habitude du monde; il inculque seulement le tact des eon* venances. Les inquiétudes d'eaprit causées par les afliaires, l'attention exclusive exigée par la culture des lettres et des sciences, absorbent si complètement la pensée qu'eUe n'aperçoit plus les détails de te vie : on, voilà précisémeirt oil s'exercent avee délices les prévenances. A hi» dire, eHes consUtnenti une wtfU(^ «u» Hl*oa

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aùM miwoiy un «bariM FWiieuto «m ftanatt, et qui <l«¥knt cbM elles uae aéducUos irrisie* Uble. GepeiMlwt, si Toq veut ^ue les prétem»cee acquièrent leur TériUble 4év<d»|i|«o»ent, il faut dèerenliDoe en faire un des poûita priaei* pemxda r^ucatiou. Sa effet, une nère eaaeigaa jour pat leur à sa fille, anree fueMe déllealeMe on sème dans la société eeUe foule de prive** uances qui, en dépit de rinégaUté des fértu^es, assurent 4 tous leur part de cousid^ratioo. Les jeunes fiUes âevées dans les fiensioniats i§no* reut Tari des prévenanaest elles ont trop à veUr lev su? leurs petits intérêts pour SM^er k eeia des autres, l,a société où elles entrent plus tard les anélioro et lesréfierme, Us grandes crises réf èlent tout à coup aui fenunes du petit peuple les prévénanoss du oonir qui soutiement et consolent ceux qui souffrent : elles savent en une n»inu(ncequ*iLa fallu pendant tant d*an<nées montrer à d^autres. ftAun-Paoet in.

PIUyiuition. Sn morale, ce mot exprime un genre d'erreur. Ilans le lal^{age du droit Iran* gais, U désigne TéUt de Tindividu que la cbann bre du conseil a déaidé de traduire en justice, en le renvoyant, soit deTant un tribunal correeliottnel ou do police, soit devant la chambre de» mises en accusation. U signifie aussi raclâonde devancer Texercice du droit d'un autre. €*est en ce sens q^e le Code dUnstr. crim. porte ^ft» tes commissaires de poliee recbeceheront les ooor travenlions» même celles qui sont sons la sur* veiUance spéciale des gardes forestiers et cbanh pètres, k regard desquels ils- auront concurrenee et même jk^omMois (art. W\. On entend par «•«fttres prévonlàMs celles qui ont pont unique but de prévenir et non do réprimer des crimesondes détils s triles soAt les dispositions légakM relatives aux armes probibém, à la vente des substanoes vénéneuses, etc. La censure des livres et des Jouroann, là où eUo exisls encore, estpa*^ roulement une mesure préventive. K-Eamunn.

PJRiVlLLS (Pinaan*ioois WBUS, c«nn»sous l0nom.deh célèbre eomédien, naquit à Paris» en ITil ^ 8ea potenis le destinaient à Tiglise ; mais il s'enfuR de la paroisse où on Tavait placé oomne enfsnt do chmur. Ramené dans sa fa* mille» on le fit alors entrer cbcx un^ proouveur; il sWutI do nouveau, s*eafBgea dans une troupe de oonMiens ambulants, et ebangea son nom en celui de Prévillo. Il joua succeouvement à »^ion,.à Inuen, à Strasbourg et à Lyon. Cest dans cette dernière ville quUlregut, en 175S, un ordro do début 4 In comédie française. Bientiftt s» répuintiOB effà$a ceUe de tous lesncteuas oé* Ubres dont on avait gardé le souvenir. Pendant

SSMM^sessnceisnosedénMnibrmilpasiD instant : il quitta la scène en 178ê) et sa ismme, qui templiasati avec talent les rôles do mère noble, racoempagn» dans sa retraite, il avait oublié le tbéàtre, «t vivait benreux dans sa fteiUo, quand, en 1791, eédani awx instimoss de ses anciens enmaïades, il reparut surin soàne. Sais ru'uié parla baisse des assignats, et affaibli par rage, il perdit bi raison, et mourut bfiemivais, en \7^.

PrévUle était un acteur aoeompli. Picard a dit quni % réunissait an naturel la ebateûr, reaprti» la grâce et la verve | jamais, suivant bii, eomédian n*est mieux entré dans resprit de Tautour.» Tour à tour spirituel, natfoupatbétiqaev il ^tait toujours supérieur dans ses rôles, ^leHo que fût leur diversité, perce qu^U y était esoBentiellement vrai. U fût également recoaamandabla commo bommo privé* Ses Méaaeftres ont été publiés par Gabisse, en 1813. i^

PRlVlSlQH. ftmnes'agiSMUictquadescalr culs ordinaires de bi pséveyanoe bumaine, quo des eoi^eetuses tirées de l*insp6etion des cboses, il no vaudrait par la peine d'en traiter. Certes^ le moindre laboureur prédit les cbangements do teeipa, et, par ses intempéries, ki stérilité ou la fertilité des réeoUes ;, le médecin pronostique la naissance et le conra des maladies, le guerrier la fdrtune des combats^ le politique les révolutions d*État : une réflexion allantive peut isire décour vrir, jusqu'à oertainos limites, les indices de Tavanir* Le peuple même devine parfois ce qui ria téresee vivement, cooune raltestent plusieurs événements à la cbute de Tempire de Napoléon* Lorsque les esprits sont dans une anxiété générale, ils se eommuniqMent comme par une cbalne électrique leurs terreurs ou leurs désirs avec la rapidité de Téelair. — Notre âme est avide de pénétrer dans Tavenir par cette pente universelle du temps qui entraine toutes cboses. Le passé n'existant phis» excbit Tespérance et la Qsalnte, tandis que le futur amène cbaq^e jour des biens et des maux. Kais pour s'ébincer dans L'avenir il isut que Tesprit recule dans le passé afin de s'instruire par r^tpérience ou riiistoire, seBil)lab|e au pendule qui, retiré en arrière, se rc^tte en avant par un contre-effort nécessaires et sans le<p^l ii ignore le cours des destins. Les affaires humaines n'arrivent point iuopinémentt le tempe passé en contenait les semences, qui se développent peu à peu ; il se fait comme un déroulement des événemenU dans l'orbe de la destinée. Le temps retournant sans cesse, avec les astres» sur ses propres traces, autour du fuseau de la nécessité, comme s'exprime Platon, n'a-

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mène rien d'absolument noiireau. Ce qui est a d^à été et sera encore, par une révolution ' inéfitable : car c*est par l*ignorance où nous sommes de ce qui était avenu jadis qu'une chose nous parait neuve. Moins on sait, plus on s'étonne des nouveautés, et tout serait vieux pour, quiconque ^saurait tout. — Tandis que lèpressentifnent (fo/.) se borne instinctivement à sentir d'avance; chez les êtres délicats, sensibles, comme les femmes, la prévision est une coi^ecture secrète ou spontanée qui appartient davantage à intelligence de l'homme, lequel vit surtout par le cerveau. Les prédictions les plus certaines, en effet, appartiennent au calcul, comme dans l'astronomie, qui prévoit les révolutions des astres, les périodes de leurs éclipses, etc. On a donc pensé que cette science rendait les esprits propres à dévoiler le cours des événements comme des temps; de là est né l'art illusoire de l'astrologie Judiciaire et celui des horoscopes. C'est une tâche qu'on imposait encore, en 1740, à l'illustre Euler, à la cour de Russie. — Si nous pouvions pénétrer Tenchainement des causes naturelles, nous trouverions dans chaque être les vestiges de ce qu'il Ait et le germ^de ses altérations subséquentes. Les parties de l'univers ont nécessairement une telle concaténation de causes et d'effets que chacune correspond plus ou moins avec toutes, sympathisent entre elles ou s'influencent réciproquement. Elles peuvent donc être l'indice l'une de l'autre. Ainsi, l'on peut saisir quelques fils des événements. Apollon lui-même, selon Carnéade, ne prononçait ses oracles que sur des choses soumises à cette fetalité, ou plutdt à cette sage providence qui régit le monde. Si Dieu seul peut tout prévoir, c'est que tous les mouvements de cet univers se rapportent à ce premier mobile. Pour se représenter le plus grand nombre d*efféts, il faudrait donc remonter aux principes les plus élevés, et s'approcher en quelque sorte de la Divinité. C'est peut-être moins la vanité de l'art de conjecturer que notre propre incapacité qui rend fausses plusieurs de nos prévisions. Qui pourrait refuser à de grands génies cerUine participation à cette lumière éternelle, et le don d'en recevoir en quelque sorte des révélations? •^ Le profond historien Tacite, qui en rapporte des exemples {Annal., iv, c. 20 et »), entre en doute si les révolutions de l'état social ne sont pas déterminées par cette fatale nécessité ou par le hasard. Yico, Herder et d'autres philosophes modernes ont pu observer, après Montesquieu, que la vie des nations est soumise à des lois providentielles ou déterminées par leur constitu-

tion. La roue des choses humaines nous repré* sente l'élévation et la chute des empires comme assujetties à un développement graduel, mais nous ne pouvons pas embrasser en entier, dans notre courte existence, le contour de celte vaste roue, ni comprendre les causes qui mettent le diadème sur la tête des bergers et la houlette dans la main des monarques.

$ I. Prévisions individuelles, seconde vue; prédictions de l'avenir, — Parmi les événements douteux dont on ne peut nullement entrevoir rissue, il peut arriver que l*homme les prenne teDement à cœur que son âme s'éclaire et. pénètre quelquefois dans Pavenir. Caton, transporté de l'esprit de la république, prédit si bien à Pompée, selon Plutarque, tout ce qui devait lui arriver avec César, qu'on fût très-surpris, après révénement,de la Justesse de ses prédictions. Les mourants, dit-on encore, n*ayant plus d'autre intérêt que celui de la vérité, donnent de sages conseils aux vivants. L'on suppose que l'âme, quittant les organes, se concentre alors au cerveau, et brille, comme une lampe prête à s'éteindre, d'un éclat plus vif. Pourquoi des hommes d'un grand génie. César, Napoléon, croyaient-ils à une fatalité, à leur étoile? Sylla, surnommé V Heureux, ne trouva jamais le sort plus favorable que là où il se confiait en lui seul. Au contraire, la tristesse, la crainte ou la défiance sont des présages de perte; la fortune délaisse, dit-on, quiconque ne s'abandonne pas tout en elle. Mais peut-être aussi la témérité parvient où la prudence ne saurait atteindre. Plusieurs hommes, en effet, n'ont dû leur fortune extraordinaire qu*à Topinion qu'ils devaient y parvenir : cette persuasion les faisait redoubler d*audace ou d'efforts pour atteindre le faite. Ajoutons que la fortune pousse souvent des individus à des démarches inconnues, comme à une sorte de destinée. Si elle résultait du pur hasard, elle ne s'attacherait point à persécuter comme à favoriser constamment les mêmes personnes. — Il y a plusieurs degrés dans ces divinations : le pressentiment n'est que le moindre; riUumination de Tesprit est un degré plus avancé; il est plus éminent encore dans la vision, non-seulement celle des songes, trop souvent énigmatique, mais surtout celle qui survient en plein réveil. Il est rare toutefois qu'elle ne présage pas un grand trouble ou du délire dans réconomie animale, et quelquefois la mort. La divination sans mouvement corpord appartient à Vestase, contemplation profonde^ de l'âme. Si la divination est accompagnée d'émotion du cœur, d'un pouls précipité, elle est l'in-

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spiration prophétique ou le raylasement chez les poètes (vateê) et les dévots ascétiques. Les esprits élevés qui méditent de grands desseins, les hommes appelés à une haute destinée ou les princes agités par des événements immenses éprouvent des pressentiments nocturnes ou des prévisions Jusque dans leurs rêves. Et qu*on ne nous dise pas que la crédulité ou la disposition organique fassent tous les frais dans ces prévisions nocturnes, comme dans beaucoup de maladies imminentes. Nous pouvons nous mettre en telle harmonie avec une autre Ame que nous en devinerons plusieurs accidents, bien que les corps soient éloignés, car nous nous inquiétons du sort d^un parent, d'un ami, à proportion de notre attachement pour lui. — Nous pourrions rappeler les prévisions fréquentes, soit des montagnards écossais, qu^ils nomment une ieconde tme (celle de Tesprit), au milieu de leurs brouillards, soit des bergers des Alpes et du Tyrol, soit enfin toutes ces histoires de revenants qui frappent tant les âmes simples et superstitieuses chez tous les peuples ignorants. U est bien évident que ce sont des illusions de-Pesprit, des hallucinations éminemment fallacieuses; il est arrivé cependant qu*elles n*ont pas feit mentir Toracle : la peur arrive an secours pour Taccomplir. — Hais, d*ailleurs, on peut se demander si rhomme qui présage sa mort en un temps donné sent en effet Tébranlement intérieur de son économie qui menace ruine, ou si, au contraire, la prévision hâte cet événement en frappant de terreur? L*un comme Tautre est possible. On ne doit donc pas négliger ces avertissements, mais moins ils affectent Tesprit, moins ils sont redoutables.

% II. Prévisions dam la nature et l'organisation des êtres, — Quand on voit un chétif insecte, un sphex (ou guêpe ichneumon), creuser des trous en terre ou dans du bois pour sa postérité, y déposer en chaque cellule un œuf avec une chenille ou une araignée blessée presque à mort d*un coup d*aiguillon, puis emprisonnée par une clôture, afin de servir d*aliment/rais à la larve du sphex, qui doit éclore de cetceuf, on ne peut qu'admirer la prévision instinctive dont la nature a doté cet hyménoptère. Que serait-ce donc si nous suivions Timmense détail de toutes les manœuvres de tant d*autres insectes pour la conservation de leur progéniture \ Que dire surtout de rindustrieldes oiseaux dans la construction de leurs nids (le remiz, la penduline, le couturier, etc.), et de plusieurs mammifères dans leurs retraites souterraines, leurs approvisionnements d*hiver, leur art de se garantir con-

tre le fk*oid, contre les embûches de leurs enne-* mis, etc. ! C*est principalement dans les soins maternels pour assurer Pexistence des petits qu'éclatent des prévisions Inexplicables, parce qu'on ne saurait les attribuer à rintelligence de ces animaux, qui opèrent machinalement et toujours avec le même degré de perfection, sans avoir été aucunement instruits, puisque la plupart naissent orphelins et après la mort de leurs parents, comme tous les insectes à métamorphose. ~ Or, s*il y a prévision, à point nommé, des objets nécessaires à la vie du nouvel être; si tout est combiné d'avance parfaitement sans qu'on puisse attribuer une si haute divination à la science innée d'un scarabée ou d'un vermisseau, il faut bien en accuser la providence de la nature, — Allons plus loin. Les végétaux eux-mêmes avaient besoin de précautions prévoyantes pour assurer leur propagation. Indépendamment des moyens de dispersion de leurs semences, celles-ci sont plus ou moins protégées par des enveloppes qui les défendent contre les intempéries des saisons. De même, la nature garantit, sous les climats froids, les bourgeons à fruits contre l'humidité, par des écailles enduites de résine lesquelles n'existent pas chez les arbres des pays chauds. Un duvet chaud, tel qu'un manteau, revêt, sur les hautes montagnes venteuses la même plante qui végète nue et glabre dans les chaudes vallées. Il serait infini de réciter les merveiUes de structure si savamment prédisposées pour assurer l'existence et la propagation de toutes les créatures. Peu d'exemples nous suffiront. — Les oiseaux d'eau avaient besoin d'un plumage huilé afin d'empêcher l'humidité de le pénétrer. Ces espèces plongeant hi tête aussi dans Veau, leurs yeux auraient pu en souffrir; mais la prévoyante nature a placé, chez ces races seulement, de petites glandes oléifères près de ces organes, afin de les garantir des effets relâchants de l'eau. Comme il faut que retendue de la vue soit tantôt presbyte, tantôt myope, chez les oiseaux de haut vol surtout^ afin qu'elle se proportionne aux distances, la prévision de la nature a donné un anneau osseux formé de pièces contractiles, à la membrane scléreuse ou cornée de leurs yeux : ainsi, le globe peut se resserrer ou se dilater à volonté, d'après le besoin de l'animal, selon les milieux et le degré d'élolgnement où il se trouve. Expliquer comment la production des poils et des plumes s'accrott chez les animaux dans les hivers les plus rigoureux; dire pourquoi les os des oiseaux sont des colonnes creuses et légères, ceux des mammifères carnassier8,au contraire, très-com-

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^aetet et solidM; par quellt prérition la tradiéeartère des serpents est tonnée d^anneaux osseux afin qu'elle ne se eompriuM pas quand ils ^yêt lent une ((roase proie et ne laisse pas étouffer les horribles erotales et i>oas (ftillaât-il prendre tant de précautions pour la Tie de ces horribles reptiles!), serait passer en rCTue toute la nature. On oomprend en efftt qne les êtres devant se eooidonner par rapport aux oireonstances qui les environnentet aux espèces avec lesquelles ils conconrent à un but, ou coexistent, U 7 a des prévisions nécessaires entre tous les organismes, ks sexes étant disposés Tun pour Tautre, les parasites pour rindividu dont ils extraient leur subsistance, etc. — Ce n^est donc plus l'individu inintelligent qui prévoit, il n*est qu'un instrument; mais il feuten même temps rechercher quelque part dans l'univers cette sagesse, source de tant de prévisions admirables. ICous ne croyons pas qu'on puisse en nier la présence, puisqu'elle resplendit dans toutes les œuvres de la nature. Ainsi, nous sommes nécessairement entraînés, dans l'étude de ces phénomènes^ k reconnaître une intdligenee suprême t

Aurafta doDC toajoan dH jtwx pov m pas voir, PcapU tbgnt!

J. J. VlXEY.

PRÉYOST n'KxiLU ( Aif Tomi-Faàiiçois )> le plus fécond romancier duxvui* siècle, naquit ft Hesden (Pas-de-Calais), le l«r avril 1697. Les jésuites, qui avaient dans cette ville un collège où il fit ses études, le déterminèrent à entrer dans leur ordre. Il n'avait que Ifi ans quand il commença chef eux son noviciat; mais une imagination vive et mobile , un tempérament de fèu se développèrent dans cet adolescent, et le portèrent à s'engager dans l'armée. Bientôt il reconnut la difficulté de parvenir, et rentra chex les jésuites pour en sortir enoora et se jeter de nouveau dans la vie dissipée des jeunes militaires. Biasé k Sa ans sur tous les plaisirs, il tomba danff la mélancolie et se fit bénédieUn. Élevé à la prêtrise par Tévêque d'Amiens, U prêcha le carême à Évreux avec un grand succès, et se renferma ensuite avec les savants de sa congrégation dans l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, où il fit pour sa part un volume presque entier de la GaUia Chriêtiunu,

Cependant l'excès du travail ne put éloigner de sa cellule les doux fsniêmes d'un aumde qu'il avait connu; ils lui parurent si séduisants de loin qu'il voolut les revoir. Il demanda un bref de translation dans une branche de son ordre où U fût plus libres quitta son couvent le

jour où ce bref devait arriver, et, apprenant qne sa sûreté était compromise (1799), gagna la milande, où U oommença le métier d'auteur quil exerça touU sa vie avec la facilité d'un talent peu ooBunun, mais avec l'activité d'un meroanaira. Trois ans après, U était en Angleterro, où ses publications continnèrent uns relêehe, et d'où, malgré le concert de ses ennemis, il revint en France (1754) comme aumênier da prince de GontL Sa comptaisanee k eorrigar quelques feuilles d'un gttetier poursuivi par l'autorité, le torça de fuir à Bruxelles, d'où U ravint traduira, k la sollicitation de d'Agueaseau, V Histoire génère du y^yngtê^ entraprise par une société de savants anglais. Cenx-ti abandonnêrant cette tâche laborieuse, et Prévost la continua sur un plan beaucoup meillenr. Alora, il mérita ce compliment de la duchesae d'Aiguillon : « Vous pouviex Isire mieux ^ mais personne ne pouvait faira aussi bien. »

La plume de l'abbé Prévost était infhtigablt. Pous se délasser de ses travaux sérieux » elle traçait des romans dramatiques assex médiocres, et traduisait ceux de Biohardson : Clariêm, Grandiêêon, Pameia. Eetiré du monde, il vivait tranquille à Saint^Firmin , près de Chantilly, écrivant tonjoun des romans, et projetant de terminer sa carrière par trois ouvrages de religion, lorsqu'il périt d'une façon non moins tragique que plusieura de ses héros. Une apoplexie féttdroyante le renversa au pied d*un arbre, le 93 novembre l7dS. On le porta ches un curé voisin, qui fit venir la justice. L'Officier public ordonna d'ouvrir ce qu'il ne croyait être qu'un cadavre. Quand le fer de l'opérateur pénétra dans les entrailles, un cri de Prévost Et connattra qu'il était en vie; mais tout secoure fut inutile : la blessura était mortdie, il expira. Sa mémoira n'eût pas été sauvée de l'OuMi par les 170 volumes qu'il a composés ou traduits, sans le mérite de l'un d'eux. Les MémQirêêd'um homme de^uuliié{i7», 6 vol. in-19); OeveUind (1789, 6 vol. inl9)$ fe Pouf H te Contre, ouvrage périodique très-varié (178B et ann. suiv., 90 vol, in-19), VBiiêoire méiattiqm dei Pax9^Bm$: le Df^en do Kiihrinê ( 1790, 0 vol. ); VJaieioùre do Marguerite ^jtujou, celle de Quiiiaume te Cton^uémui, celle de la àfmteon do Stuort, celle de Ctcéron, la tradtteductiott des lettres de ce dernier Âd FùmtiHh

re$, VHiêtoire générmie doe yoyùgH, , le Hànuol lesi^ue,et d'autres écrits de cet esprit fécond seraient des titres vSins à une postérilé quelque peu reculée, sans un morceau de maître auquel il devra une iamortalflé certaine» Ge

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lifre qui a lef qualiUs éparsM dans let autnt productionf de Fauteur^ %i qui ti*6n a point les défauts; ce court volume, si plein d'émotions et de naturel^ de passion et de vérité, et où la curiosité n*est pas refroidie par des aventures incroyables, par une marche au hasard, par des hors-d*o»uvre de morale; c'est un épisode d*un autre ouvrage où Prévost Tavait noyé , l'intéressante Hiêtoire de Manên Lescaut et du chevalier deê Grieu» ( 1733), qui émeut encore aujourd'hui au plus haut degré les Ames les moins sensibles, arrache des larmes, aux plus austères, et est placée par les gens de goût au rang de nos cheft-d'œuvre. Parmi les éditions des ouvres choisies derabbé Prévost, on ci(^, comme une des meilleures, celle de 1785-1785 (39 vol. in-8o, réimpr^ à Paris en 1810.) J. TaAvias. PRÉVÔT ( de prœpasitue > préposé ). Ce titre était donné, sous Tancien r^ime , à certains officiert, investis pour la plupart de fonctions judiciaires, et appartenant à ce qu'on appelait la magistrature d'épée. Le grand prévôt de la eonnéktblie, dont la juridiction survécut à l'institution des connétables, avait la haute police de l'armée, à l'exception des régiments des gardes de la maison du roi, qui avaient leurs prévôts particuliers, appelés prévôté dee bandée. Le grand prévdt de la connétablie avait sous lui quatre lieutenants ou prévôté de l'armée. Le prévôt de l'hôtel fût institué par Philippe la Long pour connaître de tous les délits commis dans la maisbn du roi. Il prit, sous Charles YI, le titre de grand prévôt de France : il jugeait sans appel toutes les affaires criminelles et de police, partout où se trouvait la cour. L'exercice de la juridiction du grand prévôt de France était assuré par un corps militaire, qui portait le nom de Compagnie de la prévôté de l'hôtel, et qui, à la dévolution, fut remplacé par la gendarmerie. La charge de grand prévôt de l'armée, rétablie tous l'empire, avait, dans ses attributions, beaucoup d'analogie avec celle du grand prévôt de France, en temps de guerre. Le pré* vôt de Parie, dont on fait renionter l'origine à Hugues Capèt, était le chef de la juridiction du Chàtelet, où il siégeait sous un dais, comme re^ présentant la personne du roi« Il était considéré comme * le premier dans la ville après le roi et messieurs du parlement. » Il était toi^ours escorté dé gardes, et avait sous lui trois lieute^ nants généraux, civil, criminel et de police, indépendamment de trois lieutenants particuliers* Les prévôté du maréehaus, dout les attributions judiciaires, réglées par l'ordonnance de 1070, étaient MBibrottses et variéety jug^ent ei

dernier teuoti i Ui prenaient le titre d^éouyere caneeillers du rai. Le prévôt de l'Ile était la représentant ou le délégué du prévôt des mare* chaux dans llle^^e-France. Le prévôt générai de la marine était chargé de l'instruction des affaires criminelles dans lesquelles les accusés étaient des gens de mer. Le prévôt dee mar^ chande était le premier magistrat municipal de Paris : ses fonctions étaient les mêmes que celles des maires. Le prévôt des marchands et les échevins, dont l'institution remonte à Philippe^AUguste, remplacèrent l'ancien parlouer ams baurgeoie, La prévôt des marchands était élu pour trois ans. Ses attributions étaient fort étendues : il avait la police de la navigation de la Seine^ et fixait le prix des marchandises arrir* vées sur les ports ; il ordonnançait toutes les dépenses relatives aux constructions et à l'entretien des édifices publics; il présidait le bureau de la ville et réglait les cérémonies; une partie des causes commerciales relevaient de sa juridiction; en ne pouvait appeler de ses sentences qu'au parlement. Il jouissait aussi de grands privilèges , était anobli , ainsi que ses enfants, et avait le titre de chevalier. Il n'y avait que Paris et Lyon qui eussent un prévôt des marchands. La communauté des chirurgiens avait aussi pour chefii des prévôU placés « à Paris, sous les ordres du prévôt perpétuel. Dans quelques chapitres ecclésiastiques ^ les premiers dignitaires administraient, sous le titre de pré^ vote, les biens de la communauté. Beaucoup da bénéfices aussi s'appelaient prévôtée; leurs possesseurs étaient des prévôté, Gè nom s'est conservé dans le titre allemand de Probet, qui est aussi en usage dans l'Ëglise protestante, en Prusse, en Eussie^ etc. A. Boaaxas.

PRÉYOTALIS (Qovis). On nommait anciennement prévôtale la juridiction des prévôts. Sous l'empire, il y eûldes cours prévôtales qui étaient de simples tribunaux de douanes, connaissant des faits de contrebande. La charte de 1814, en déclarant qu'il ne serait point créé de tribunaux extraordinaires ijoutait : « Ne sont pas comprises sous cette dénomination les juridietioni prévôtales , si leur établissement était jugé nécessaire. » A la fàteur de cette disposition insi* dieuse, la restauration imagina d'attribuer à des cours prévôtalee, véritables commissions semblables aux tribunaux institués sous l'ancien régime pour la répression sommaire des voleurs de grand chemin^ le jugement d'une foule de crimes et de déliU politiques. Ces tribunaux exceptionnels devinrent de véritables centreparties des tribUnaut révolutioiuiaires. Leurs

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JugemeDU élaient exécutoires dani les 34 heures, ce qui, en interdisant tout recours en cassation ou en grâce, les investissait, par le fait, d'un pouvoir arbitraire, dont ils abusèrent souvent au profit de passions réactionnaires. Les Ju* ridictions prévAUles, établies en 1615 «n vertu d'une loi, furent définitivement abolies en 1818. A. BorghbAs.

PRÉVOYANCE, qualité qui met Thomme en garde contre les périls qui peuvent Tassaillir, soit dans le présent, soit dans l*avenir. Aux époques de paix, de tranquillité et de plaisir, lorsque tout parait sUble, la prévoyance occupe une très-petite place dans la pensée; on s'abandonne au courant de la vie, on compte sur un présent qui ne changera pas. Dans les temps de troubles, où l'on voit passer subitement de la fortune la plus prodigieuse à une détresse qui ne laisse pas de pain, une inquiétude générale pénètre dans la société; alors la prévoyance devient infinie, elle dépasse les limites de la raison : on sacrifie les agréments, les jouissances, les besoins du présent pour un avenir qui ne se réalisera jamais ; l'individualité s'empare de tous les esprits, et bientôt il n'y a plus ni citoyens ni État. La prévoyance, pour être une vertu, doit donc se tenir dans une certaine mesure : elle ne doit pas oublier ses devoirs pour songer exclusivement à ses intérêts. — Les femmes, dont les mœurs se montrent régulières, sont douées en général d'une grande prévoyance; celles au contraire qui s'abandonnent à b galanterie sont prodigues et dépensières : elles apportent tout à la fois la ruine et le déshonneur. — €e qui distingue l'homme civilisé du sauvage, c'est que l'un embrasse par sa prévoyance les générations les plus éloignées, tandis que l'autre oublie les différentes heures qui composent la journée. On cite des sauvages qui vendent leur lit le matin : ils ne se rappellent plus qu'ils ont k se coucher le soir. SAUiT-PROsm.

PRÉVÔT ANGE (soGiiris ni). Dans l'antiquité même, chez des peuples éclairés tels que les Grecs et les Romains, la classe ouvrière avait senti la nécessité d'unir ses e£F6rts afin de s'assurer des ressources pécuniaires pour l'époque de la vie où les forces abandonnent l'homme et ne lui permettent plus de gagner assez pour sa subsistance et celle de sa. famille. En Grèce, ces associations s'appelaient iynodries ou héiéries; dans l'empire romain, éilis étaient connues sous le nom de sodalitaies, La même pratique a continué au moyen Age, en prenant une teinte religieuse, sous le nom de confréries; l'existence de quelques-unes est signalée dans l'histoire de

France du xi« [siècle; cependant la prévoyance y tenait la moindre place, et, plus d'une fois, le gouvernement se crut obligé de les casser à cause des folles dépenses par lesquelles se dissipaient leurs revenus. En Angleterre, et particulièrement à Londres, plusieurs corporations d'artisans ont eu de bonne heure des écoles, des hospices et des hôpitaux pour les familles de leurs membres, ou ont fondé des places pour leurs sociétaires dans les maisons de charité publique. Mais ce n'est pas encore là ce qu'on appelle aujourd'hui des sociétés de prévoyance ou de secours mutuels. Celles-ci sont nées en Angleterre, au commencement du xvin* siècle, sous le nom de friendly êoeieties (sociétés amicales). La première association de ce genre, fondée en 1706 , était une tontine dans bqueUe on admettait des individus de il à 46 ans,au nombre de 2,000, moyennant des mises proportionnées à leur âge; chaque année, on répartissait ' les fonds devenus disponibles par suite de décès. Cette tontine a continué de subsister, mais avec des corrections, et en doublant le nombre de ses sociétaires. Il s'en est formé depuis des milliers d'autres, dans lesquelles le principe des secours mutuels est mieux réalisé, et qui permettent à tout artisan , moyennant des mises annuelles, ou mensuelles, ou hebdomadaires épargnées sur son salaire , de compter sur les secours de la société en cas de maladie et dans sa vieillesse. Pour éviter les abus, le gouvernement anglais exige seulement que les statuts de ces associations soient examinés et approuvés dans une des sessions des juges de paix. Elles se sont multipliées, non-seulement dans les villes et bourgs, mais aussi dans les villages et campagnes, et il y a des sociétés uniquement composées de paysans; d'autres n'ont pour sociétaires que des ouvrières. La plupart, non-seulement pourvoient à la subsistance des ouvriers infirmes ou invalides , mais fournissent encore des secours aux veuves et aux orphelins. Les contributions varient de l'une à l'autre. Les sociétés amicales existant en Angleterre, dans le pays de Galles et en Irlande, se montent à plus de 5,000; en 1819, on en comptait 650 dans la seule ville de Londres. L'Ecosse en a également un bon nombre. On peut voir à ce sujet VEêtai de sir Morton Eden $ur les sociétés amicales, trad. en français dans le t. XIII du Recueil des établissements d'humanité. En Hollande, il s'est établi beaucoup de sociétés semblables; on en compte près de 350, indépendamment des caisses des veuves dont quelques-unes datent de loin. En Belgique depuis le mois de Juillet 1889 , des

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caisses de prévoyance, remplaçant les anciennes caisses de secours ont été créées successivement dans les quatre divisions principales des bassins houillers, et pourvoient au soulagement des blessés, des femilles des ouvriers tués, des mineurs devenus infirmes. Les fonds proviennent d*une retenue faite sur le salaire des ouvriers, des subventions des exploitants, de dons et de subsides. Le trésor public y contribue pour 45,000 fr.

Il s*en fout beaucoup qu^en France cette institution soit aussi répandue : ce n*est guère qu*à Paris qu*on la trouve généralement pratiquée, et selon les recherches du baron de Gerando qui a fait des Sociétés de prévoyance le sujet d*un chapitre piein de faits instructif^ du 5« vol. de son grand ouvrage De la bienfaisance piiblique, elles nV sont guère plus anciennes que de 45 ans, quoique, dès Tan 1694,1a corporation de Sainte- Anne ait tenté d'arriver au même but. Les unes admettent des artisans de la même profession ou de professions analogues; d'autres reçoivent des individus de tout état; en 1837, le nombre des dernières était de 36, tandis qu'il y en avait 33, pour les typographes et professions semblables, 17 pour les portefaix et fèrls de la balle et des ports, 9 pour les orfévres,;bijoutiers et joailliers, 7 pour les' ouvriers en. bâtiments, 5 pour les tanneurs et mégissiers, autant pour les cordonniers, autant pour les mécaniciens, autant pour les ouvriers en cuivre, 4 pour les chapeliers, autant pour les graveurs et lithographes, et autant pour des artistes de divers genres; il y avait 6 sociétés fondées par des Israélites, 1 de protestants, et deux destinées aux femmes. Il existe aussi maintenant des sociétés de prévoyance dans plusieurs villes des départements, à Lyon, à Strasbourg, à Dijon, à Montauban, etc.. Dans chaque ville un peu manufocturière, Il existe en outre une société d'artisans du sexe mâle.

On a remarqué que Jusqu'à présent les profés*sions qui supposent le plus d'instruction sont aussi celles qui tendent davantage à former des associations de prévoyance; et cela doit être, puisque les progrès des* lumières font comprendre l'utilité de ces institutions que les gouvernements et les nations ne sauraient trop encourager, non-seulement pour prévenir la misère, mais encore pour introduire des habitudes d'ordre et de sobriété dans la classe ouvrière, et former chez ses membres des liens de fraternité et de charité. Toutefois, pour qu'elles rendent tous les services qu'on est en droit d'en attendre, il fiiut que leurs statuts soient rédigés avec une mûre réflexion, et fondés sur des calculs solidement

établis. Or, c'est en cela qu*ont péché beaucoup de ces sociétés : aussi leur ruine s'en est-elle suivie promptement. En effet, si les chances de mortalité et de maladie sont mal calculées, les mécomptes iufluent sur les dépenses de l'association et ne tardent pas à causer des déficits que l'on comble difficilement par de nouveaux appels de fonds ou par des augmentations de mises qui rencontrent souvent une vive opposition. De Gerando fait observer avec raison que les probabilités peuvent être calculées avec plus de sûreté lorsque les sociétés limitent l'âge des récipiendaires , lorsqu'elles n'admettent que des membres ayant la même profession ou des professions analogues, enfin , lorsqu'elles n'admettent que des personnes du même sexe, attendu que les chances de mortalité et de maladie varient suivant les âges, les professions et le sexe. Une des sociétés les mieux organisées, à Paris , est celle dés coiffeurs, qui existe depuis 1819. Elle se compose de cent membres, tous maîtres ou fils de maîtres, payant 2 fr. par mois , et pour leur entrée une somme de 50 fr. Le récipiendaire doit être âgé de moins de 40 ans ; 50 ans après son affiliation ,'ou à l'âge de 65 ans il a droit â une pension de 200 fr. Une son^me pareille est payée une fois pour toutes à la veuve, ou à son défaut aux orphelins. Les malades reçoivent 2 fr. par jour. La société protestante se compose de membres honoraires, qui contribuent sans réclamer les bénéfices de l'association qu'ils dirigent par un comité pris dans leur sein, et de membres sociétaires des deux sexes : on est admis depuis l'âge de 15 ans jusqu'à 40. Outre le droit d'entrée proportionné à son âge chaque sociétaire paye 2 fr. par mois ; et, en cas de maladie, la société lui accorde autant par jour, pendant trois mois; puis 1 fr. par jour pendant trois autres mois, et enfin 50 c. par jour jusqu'à parfait . rétablissement. Les femmes malades reçoivent la moitié. Les septuagénaires sont pensionnés. Lors du décès d'un membre , on pourvoit aux frais des funérailles, et Ton donne en outre une somme de 100 fr. à la veuve et aux orphelins; pour prélever cette somme, on impose aux membres une cotisation extraordinaire de 50 cent.

L'établissement des caisses de pensions et de retraite dans les diverses administrations en France, ferment aussi des sortes de sociétés de de prévoyance pour leurs membres, sous la pro-^ tection du gouvernement. Telle est surtout la' caisse des invalides de la marine, dont l'origine remonte à l'an 1670. Près de 500,000 individus attachés à la marine, soit de l'Étal, soit du commerce, acquièrent le droit, moyennant une re-

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tenue modique fur leurs gagesouappointemenU, d*aTOir une denl-BoMe k Tftge de 50 Ans, d*obte^ nir un supplément de 6 à 9 fr» par mois, dès rage de 65ans) et de pouvoir eompter, dès celui de 40, sur une pension payable k la Veuve. Cette caisse a de plus des fonds disponibles pour les marins indigents; elle transporte l*argent dû aux marins partout où ils veulent le toucher, se chargent du recouvrement de leurs créances* garde leurs fonds, et fiait profiter tous les associés des successions non réclamées* On a proposé de fonder^ pour les industriels, une caisse semblable, qui deviendrait alors une soeiété de prévoyance générale, projet d*aUtant plus utile que les sociétés particulières ont, en France^ de la peine à se former ou à se maintenir.

Les caisses d*épargne, Sans rendre inutiles les sociétés de prévoyance et de secours mutuels, ont cependant considérablement réduit le nom^ bre de leurs membres» Dimno.

PRIAM et HÉGUBE. Priam, fils de Laomédon, ayant été dans son enfonce emmené captif par Hercule, fut racheté de Tesdavage, et de là son nom, qui, en grec, signifie acheté. Marié à Hécube, fille de Gissée, roi de Thrace, il en eut 50 enfants, suivant les uns, 1 0sulvant d*autres, dont les plus connus sont Hector, Paris, Hélénus, DéU phobe, Troue, Polyxène, Cassandre, Creuse. Le sceptre de Laomédon était passé entre ses mains et Troie prospérait sous son règne* lorsque Paris enleva Hélène, et par ce rapt attira les Grecs en Asie. Après dix ans d'un siège dont Homère et Virgile sont les historiens, Troie fut prise (1 190 avant J. CO^ ^t Priam égorgé par Pyrrhus au pied des autels. Sa femme Hécube lui survécut pour voir massacrer Sous ses yeux Polyxène, sa fille, et son petit-fils Astyanax, pour devenir Tesclave d*Ulysse, pour retrouver chex le roi de Thrace, Polymnestor, le cadavre du plus Jeune de ses enfants, Polydore, assassiné par cet hdte sans foi. Aussi vaincue par tant de catastrophes, égarée, furieuse, elle creva les yeux du traître Polymnestor, tua ses deux enfants ; et telle fut la violence de ses emportements, que la foble, pour eu donner une idée, Ta métamorphosée en chienne (Ovide, Meiam., XIII, 669). Les malheurs d'Héoobe esclave, et sa vengeance, sont le sujet d'une des plus belles tragédies d'Euripide. F. DXHtQOI.

PRIAPE. Une erreur assex généralement répandue est celle qui représente le polythéisme ancien comme homogène; la religion des Romains fut cependant bien loin d'avoir le caractère du <;ulte de la Grèce, et celle-ci elle-tnéme vit sa fable changer avec les années. C'est ainsi

que l'on ne kttrouve aucune trace de Priapt dans Hésiode. Pour notre part^ nous serioM asseï tenté de voir dans ce dieu l'iatrodttctioo de la vieille adoration que l'Orient se complut à vouer au PhullUi. -^ la Fable dit que Priape était fils de Baochus et de Ténus, les dieux les plus sensuels du culte greotlUnon, en haine é6 la mère des amours, donna des formes monstrueuses à Priape. Vénus, indignée dé la difformité de son fils, l'éloigna d'elle et le fit élever i Lampsaque^d'od les maris furieux rext>ulsèrettt. Mais une maladie violente ayant attaqué la ville» les habitants, effrayés, rappelèrent dans le selii de U cité le fils de Vénus : il deviht l'objet dt l'adoration publique. La puisttnce féoonde de l'enfant de Bacchus le fit préposer à la garde et à la fructification des Jardins. Oh le représentait le plus généralement sous la forme d'un Terme, avec des cornes de bouc^ des oreilles de chèvre et une couronne de feuilles de vigne. H'autrei fols, personnification plus ardente de la puissance créatrice, il se voyait l'ol^et ou d'un culte bien natf ou des passions les plus désordonnées. Les Jeunes filles épanchaient sur son autel eu vin, du lait et de l'orge grillé. Au printemps, oo couronnait son image de roses, d'épis en étl^ de pampres en automne, d'Olivier en hiver. La Grèce célébrait ses grandes fêtes tous les trois ans. A. GX1IIV4T.

PRIEDBAUX (Hi}»HaiT), né, en 1648, à Padstow, dans le comté de Cornouailies, étudia la théologie à l'université d'Oxford, fut nomméi on 1079, ministre à Saint-Clément, près de cette ville, et depuis en d'autres endroits, et mourut, en 1724, doyen ft Korwich. Outre les Marmarm Omonienêim, etc. (Oxf., 1676), 4ont nous avons parlé à l'article AavNaati, on lui doit différents ouvrages sur la religion, et notamment : Tbê iru9 nature of imposture fàlly diiplajred in Ifte Life of Mu/wmed {ikid., 1697; trad. en franf. par Daniel de Larroque, 1608); The OU and New Teêtament connected in the hiêtoiy of the Jêêui and nêighboUring natiom (Lond., 1715-1718, 6 vol* in-fol.), etC; X.

PRIE-DIEU. Ainsi se nomme un meuble d'église, d'abbaye, d'oratoire et de chambre à tovh cher des rois très-chrétiens. C'est un pupitre à hauteur d'appui d'un homme agenouillé et au pied duquel est un degré où l'on fiéchit les genoux. Bien qu'amant passionné delà guerre, dm luxe et des plaisirs, Louis XIV s'agenottHlait matin et soir, comme le saint roi Joaaphat, devant celui qui fit le ciel et la terre, et qui donne ou qui ôte la victoire. Aujourd'hui encore, dans son palais de Versailles^ on toit près de soa lit

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^éfert, qA •Mbte rattandrt «neote au lortlr d*iiM fête fplendida, le pri»^Bltu au plad duqual le grand roi rendait compte au aeigneur de son oripi^iU de tes Tolages aaionre et de aei foute*. Oubliait-il quelquefois de s*y incliner? c*eBt proiMible; mais les foudres de Bossaei l*y courbaient malgré lui, et les svaves homélies de Fénelou Vf rappelaient plus d*Un soir. Un Telours que ne comaMocèrent à ternir que ses genoux, tieux de soixante années, recourre encore ce meuble, que notre froide et dédaigneuse philosophie a banni des palais, meuble toutefois qu'inventé^ rent plutôt le luxe et la délicatesse que la prière. Oh t que les anges aiaMient bien mieux ces prie- Dieu du moyen Age que Pope a décrits 1 1 Vous, roches algues, usées par les genoux des saints, TOUS, grottes et caternes, toutei felues d*horiblés ronces ! »

Te, rags«d rocks! wich holj knen hav* worn; Te, groU uiÀ caTemt skaggM with korrld ibom !

• cas roches où la tendre et JéUne Hélolse couriMdt ses genoux Toluptueux, mettant sous la proteotlon de la Yierge qu*eUe avait oifeusée son cour encore tout de iammel Oh! que les aimables chérubins alésaient bien mieux cei prairies émalliées de Nanterre qui servaient dès Taube du Jour de prle-Dleu à la chaste Geneviève I Oh! que i*armée oéléste regardait avec plus de complaisance que des reines la libératrice de la France, cette Jeanne d*Arc, agenouillée sur un foiscëau de lancée et d*épées{ Qu'il fut mal inspiré ce peintre auteur d'un tableau vanté de sainte Thérèse, qui ageaouiUe avec prétention cette créature mystique, déjà à moitié dans le ciel, sur la marche d'un prie-Dieu ! Aujourd'hui, plus de prle^Dieu chez les grands; on dirait que la prière et la Joie se sont retirées en même temps de leurs soucieux palais. Les dalles humides sont restées les prie-Dieu du pauvre. Diiiifi*BAaoif*

PUÈRl. Pour bien déf nir la prière, il fout une pensée qui viende du cœur. Vainement on dira que c'est l'acte par lequel on s'adresse à Dieu, si Ton ne sent pas qu'en se mettant en communication avec celui qui peut tout, on ne le foit Jamais sans consolation. Un des plus beaux privilèges que Dieu se soit réservés, un de ceux qui sont le plus dignes de lui, c'est de rester notre dernier, notre seul ami, quahd le malheur nous enlève tous les autres. C'est alors que quelques paroles dites au bon D(en, à qui roo confie sa peine, résonnent bien délicieusement à l'âme, et pénètrent le cœur qui bat sous les lialllons du pauvre, sous le poids do fier rivé, dans le plus uoir cacbdt* ^ lia prière paut être

aussi une demanda I Ut^da gHMta* «-Ottaiid Ils priaient Isa dieiiXi lés Aomaihs le filèaieiit dlUs Un religieux et profond recUetUeamit^ leur tèle était voilée, afin qu'aucune flicè ennemie ne vint les troubler dans cet acte pieux^ et qUe toute l'attention de leur esprit fUt exelusivement taudue vers le ciel. Leur main touchait l'autel, ils embrassaient les genoux des dieut, ils ne cessaient enfin d'être debout que lorsque la prière elle-fflèBM cessait, afin de donner un témoignage plus constant de leur respect pour la Divinité. Un profond recueUlement se foisalt aussi remarquer pendant les prières des GreM» Os les adrelsalent debout ou assis^ et, en entrant daus le vestibule du temple, ils s'étalent purifiés avec l'eau lustralci où l'on avait éteiht un tison ardent, tiré du foyer des sacrifices»*— Dans leur langage si poétiquement figuré, les anciens nous ont laiaaé des portraits parlants des prières : Hésiode les dit filles du père des dieux $ Homère nous les peint « Boiteuses, ridées, è Tair rampant et humilié, marchant après l'iQjure, pour guérir les maux qu'elle a faiUj car l'ibjure altiôre, se confiant en ses pf opres forces^ et marchant d'un pas rapide, pa|Dourt le monde et offèuse les hommes) les humbles prières viennent ensuite pour réparer h» malheurs qu'elle a causés. Celui qui les écouta avec respect en recueille de grands secours : elles prêtent ausii l'oreUle au récit de ses besoins, qu'elles exposent au grand Jupiter» Hais elles sont bientôt vengées par leur père et par Tiojure, du ceeur intraitable et barbare qui les a rejelées. ik Ta. ta Hoiiia. PRII8TLBT (Josira)) chimiste et physicien célèbre, né le 18 mars 1708 dans le TorJishlre, dirigeait d^uis 1701 une Académie de belleslettrés à Washington, quand il la quitta, en 1768, pour obéir à la voix des dissidents de Leeds. Déjà 11 avait publié plusieurs ouvrages ramar^ quables de philosophie, d'bistoire, de politique et de physique. Dans son Traité de l'ÉUotrt'^ oiié (1787), il avait fait preuve d'une rare sagacité dans la recherche des causes naturelles. Stimulé par les suffrages de ses compatriotes, il publia : Tke Histoty and pnêêni êiaie ofdUcovêrim rêlQiing to viêion, light, and eoniaurê (1770). Puis, avec le comte •cbelbume, il fit un voyage sur le continent, et passa l'hiver à Londres, où il trouva de grands secours pour ses exploratloUs scientifiques, il publia, en 1778, les Phiiùê0phtcai tranêactkmê sur les propriétés de l'air. Cet ouvrage, riche en foits nou- I' veaux, fit sensation, et devint le fondement de hi chimie nouvelle. Le nom de Priestley fut bientôt conmi de toute lluropa. Dès 1773, ses

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