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arrive au pouvoir souverain malgré la distance qui Ten sépare, et cet homme prodigieux élève en quelques années la nation anglaise à ce degré d*importance que c'est à qui recherchera Talliance et les bonnes grâces de milord prolecteur. Il n*est pas jusqu'à la cour du grand roi qui ne se croie obligée de porter le deuil du meurtrier de Charles I*'! Ainsi, la puissance d*un homme passe k tout un peuple et vient attester l'existence de hautes facultés. D^obscur religionnaire, Cromvi ell se fiait soldat ; il se montre grand capitaine, et fait bientôt voir le premier politique du siècle assis à la place du descendant des Stuarts. Ce siècle présente pourtant à nos regards la grande figure du cardinal de Richelieu, puissant continuateur des hautes pensées de Louis XI, si funeste d'ailleurs à la maison d'Autriche. Dans le même cadre vient se placer le czar Pierre, cet homme qui, après s'être vaincu et réformé lui-même travailla à réformer son peuple. Homme émineut, et qui était d'autant plus fàitpouraUeindre le butquliseproposait qu'il était parti de la connaissance de soimême, source de toute science et de toute force, ainsi que le font sagement observer les anciens* — Dans des temps auxquels se trouve mêlée en partie la génération actuelle, un homme a réuni au plus haut degré la volonté et les grandes facultés, faits du concours desquels résulte la puissance. Cet homme a laissé dans la paix comme dans la guerre de telles marques de son passage que nous croyons inutile de le nommer. C'était une rare organisation que celle de ce chef, qui, jugeant que le cœur manquait à la révolution, quitte l'Egypte en déserteur, et ne craint pas de faire sauter par les fenêtres du palais de Saint- Cloud les restes de la Convention nationale, de cette assemblée redoutable qui échauffait le redoutable comité de salut public! ... Sxercé au maniement des masses, l'auteur du 18 brumaire avait appris que dans l'ordre moral il vaut mieux avoir afifoire à plusieurs qu'à un seul. U savait ce que vaut une volonté fèrte,de quel poids, par exemple, était celle du comité. Car c'est lui qui, quelques années auparavant, voyant dans la personne de ce comité de salut public la haine de l'étranger énergiquement représentée, accueillait par ces paroles mémorables les ouvertures de l'Autriche : « La république française n'a pas besoin d'être reconnue; elle est comme le soleil sur l'horixon, tant pis pour les aveugles qui ue veulent ni le voir ni en profiter! > C'était là le langage d'une volonté forte qui en représentait dignement une autre : ou plutôt ces deux puissantes organisations étaient faites pour se com-
prendre. ^ Plus tard, le même homme, s'apercevantque la nation, lasse et démoralisée, faisait défaut à ses gouvernants, frappe un coup hardi et place sa volonté au-dessus de celle du pouvoir établi. C'était juger sainement et des temps et des hommes. Aussi, la France put-elle reconnaître le héros du 18 brumaire aux grandes ressources déployées dans la lutte si belle, et d'ailleurs si inégale, de 1814.— Dans le sens abstrait, le mot puiêsanoe s'applique à divers cas qui ont avec ce que nous venons de dire une grande affinité. C'est ainsi que l'on reconnaît, que l'on déplore la puissance de l'argent; l'on s'étonne qu'elle entre le plus souvent en Judance avec la puissance de la vertu. Dans un sens plus restreint, la puissance paternelle, la puissance d'un maître ou d'un seigneur sur ceux qui l'entourent, désignent la possession des voies et moyens faits pour changer la condition de celui qui est réduit à l'état de dépendance. Cette puissance-là a son point de départ dans la force physique, dans ce qu'on est convenu d'appeler le droit du plus fort— Ailleurs, le mot puissance désigne une collection d'individus soumis aux mêmes lois civiles et politiques, sous ferme d'État souverain : dans ce sens, tout spécial, l'on dira que l'Angleterre est une puissance maritime de premier ordre.— Enfin, dans l'ordre religieux, le même mot, mis au pluriel, désigne l'un des éléments de la hiérarchie céleste, lequel, placé entre les trônes et les dominations, constitue un degré, une division dans la milice des anges. — Puissance, en parlant de certains remèdes, de certaines substances, se dit de l'efficacité qu'on leur attribue : le quinquina a la puissance de guérir la fièvre; l'aimant a la puiS" sance d'attirer le fer. On dit plus ordinairement la verlu, la propriété. — Enfin, puissance, en termes de philosophie scolastique, est ce qui est opposé à acte, et qui peut se réduire en acte : un gland est un chêne en puissance, parce qu'un gland peut devenir un chêne. P. Coo.
PUISSANCE. {Mathématiques.) Cest le produit plusieurs fois répété d'une quantité par ellemême. Le rang des puissances est déterminé par le nombre de facteurs qui ont servi à former le produit. Ainsi, l'on dit deuxième, troisième, quatrième puissance, suivant qu'il y a deux, trois, quatre facteurs égaux dans le produit. On donne le plus souvent des noms particuliers à la deuxième puissance^ qu'on appelle carré, et à la troisième puif sance, qu'on appelle cube. Ces dénominations sont déduites d'idées géométriques. L'élévation d'un nombre à ses diverses puissances, qui s'effectue en ariUmiétique par
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la multiplication, s'indique en algèbre par un petit chiffre placé vers la droite du nombre ou du signe qui le représente, et situé un peu audessus de la ligne. Ainsi, les expressions 4% a^ Indiquent la troisième puissance de quatre et la cinquièpie puissance du nombre représenté par la lettre a. Le chiffre placé au-dessus de la ligne qui marque le rang de la puissance est appelé Vesposant. Dans la généralisation d*idées de Talgèbre, il arrive souvent que les exposants des puissances sont eux-mêmes des lettres. — La création des exposants dans Talgèbre est due à Descartes, et ce mode de notation a rendu d*éminent8 services à la science des nombres. L*extraction des racines indiquée parle signet/, dans Tangle duquel on écrit un chiffre qui indique le degré de la racine k extraire, peut être aussi représentée par un exposant fractionnaire dont le numérateur est Tunlté, et dont le dénominateur est l'indice de la racine. Ainsi, Texpression. A | indique Textraction de la racine troisième ou cubique du nombre représenté par a. Comme un nombre dont il ftiut extraire la racine peut être lui-même élevé à une puis^ sance, on voit qu'on se trouve naturellement conduit aux exposants exprimés par une fraction quelconque. Les conventions sur lesquelles sont basées ces notations n*ont rien de vi^e ou d'arbitraire, comme on pourrait le penser au premier abord, et Isipuissanee de généralisation et de simplification dont elles sont douées n*e6t suivie d'aucun inconvénient L. L. Vauthiii.
PUISSANCB. {Mécanique.) Considérée sous son point de vue le plus général, la puissance mécanique n*estautre chose que le mouvement. C'est du moins toujours par le mouvement qu'une puissance mécanique se manifeste, et il n'y a pas de mouvement sans une puissance mécanique susceptible d'être utilisée. L'existence, ou la production d'un mouvement quelconque implique toujours l'idée d'Une force agissant dans le sens où le déplacement a lieu : aussi définit-on le plus souvent la puissance mécanique, le produit d'une pression par la vitesse qu'elle imprime, dans le sens où elle agit, aux corps qu'elle déplace. D'après les lois qui régissent les actions des forces, on sait qu'à vitesse égale imprimée, les forces sont proportionnelles aux masses des corps mis en mouvement, et qu'à égalité de masse les forces sont proportionnelles aux vitesses qu'elles tendent à produire; il en résulte que la mesure des forces est le produit d'une masse par une vitesse, en se rapportant, pour la comparaison, à une masse et à une vi- ' tesse QnilainiS: tdie est aussi la mesure des
puissances mécaniques.— Les agents naturels et* pables de développer de la puissance mécanique sont de deux sortes: les moicurs animés, et les moteurs inanimés. Les moteurs animÀ sont l'homme et les animaux; les moteurs inanimés sont des corps solides, liquides ou gaxeux, auxquels la gravité ou la chaleur donnent la propriété de se mouvoir et de déplacer les corps contigus. Ainsi, l'eau qui choque ou qui prease, en verlu de la gravité, sur les palettes d'une roue hydraulique; la vapeur d'eau, qui, développée par la chaleur, presse le piston d'une machine ; le vent, qui, mis en mouvement par suite de l'action du soleil sur l'atmosphère, frappe les ailes d'un moulin, tout cela, ce sont des moteon inanimés. Tout mouvement pouvant produire de la puissance mécanique, ondoit voir quelle pnte énorme de foroe il se fait dans la nature. Tous ces fleuves qui roulent vers la mer, tous ces vents qui traversent l'atmosphère, toute cette chaleur de nos foyers qui se répand dans l'air, sont de puis* santés forces mécaniques que nous pourrions utiliser beaucoup plus que nous ne le faisons, et dont on tirera sans doute un plus grand parti, à mesure que l'industrie humaine se perfectionnera. ^ Nous avons dit que les forces naturelles qui donnent aux moteurs inanimés leurs propriétés mécaniques sont la chaleur et la gravité. L'action de la chaleur se manifeste par mie expansion du corps où elle s'accumule, expansion d'où résulte une pression sur les corps oootigus. Tous les corps, quel que soit leur état, solide, liquide ou gazeux, jouissent de cette propriété expansive; mais l'augmentation de volume qui en résulte , dans les solides ou les liquides, est trop faible pour qu'on puisse jamais songer à l'employer comme puissance mécanique. 11 n'y a que les gaz ou les vapeurs des liquides dontoe puisse utiliser les mouvements. C'est ce qui a lieu dans les machines k vapeur, où l'on ne lut usage que de vapeur d'eau, mais où l'on pourrait créer le mouvement par le moyen de l'air chaud, ou de tout autre fluide élastique, qui n'anrait pas l'inconvénient d'altérer ou de détruire les corps avec lesquels ou est obligé de les mettre en contact dant la machine. La gravité agit en attirant les corps vers le centre de la terre. Cette action, très-faible sur les fluides élastiques, en raison de la petitesse de leur masse, est aussi énergique, plus énergique même, sur les corps solides que sur les liquides; mais à cause du frottement qui s'oppose aux mouvements de tous les corps de la nature, et qui a une bien pins grande puissance sur les corps solides que sur les liquides, il arrive que la nature nous monlxe
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raremeol des corps solides en mouyenent sous raoUon seule de la gravité. Cette condition même est absolument indispensable au maintien de la forme de la terre à sa surface » dans les conditions actuelles; sans cela, les montagnes seraient bientôt dépouillées delà terre et des détritus qui . les recouvrent, et les profondeurs des mers seraient bientôt comblées en partie. L'eau , en se mouvant à la surfoce de la terre, éprouve aussi des frottements; ils sont même indll|>en8ables, car, sans eux, la vitesse irait continuellement, en s*accélérant, dans les lits des rivières et des fleuves, et finirait par devenir énorme, mais ils ne sont que dans un petit nombre de cas asse« énergiques pour arrêter son mouvement. Voilà ce qui donne à Teau ses propriétés, comme puissance motrice; et c*est la nature qui se charge ellemême de la renouveler, .en la faisant aspirer dans le bassin des mers par le soleil, qui, semblable à une pompe immense , la soulève inces* lamment pour la faire retomber en pluie au sommet des montagnes. Cela fait voir d*une manière frappante le rôle impootant que joue la chaleur dans la création des forces mécaniques, puisque, sans elle, la gravité ne pourrait agir qu'une fois sur les mêmes molécules d'eau, qui, dans rétat actuel des choses, se meuvent sans relâche, et parcourent un continuel circuit. Nous n'avons mis au nombre des agents physiques qui donnent leur force aux moteurs inanimés que la chaleur et la gravité. L'électricité est pourtant aussi une cause de mouvement qui étend son influence par tout le globe; mais la masse des corps sur lesquels elle peut agir est extrêmement faible, ce qui limite beaucoup son action, comme puissance mécanique, et ne permet pas de prévoir qu'on puisse jamais l'emplpyer utilement sous ce point de vue. Quant à la lumière, elle ne produit jamais de mouvements appréciables à nos sens, excepté dans quelques cas très-rares, tels que des actions chimiques, où elle joue un rôle. — Il est encore certaines classes de mouvements dont il est impossible de se servir pour la production d'effets mécaniques, indépendamment même de leur petitesse, qui serait un obstacle dans l'application : tels sont les mouvements dus à la vie et à la végétation, et dont le libre développement est indispensable aux êtres organisés qui en sont doués. Les seuls mouvements propres des êtres organisés dont il soit possible de se servir sonl^ ceux qui naissent chez les animaux sous l'action de leur volonté. Dans la partie de la mécanique appliquée qui s'occupe des machines, on appelle h présent travail ce que nous avons nommé puis-
$ance méowtt^tue. Comme, dans la transmission des forces, il y en a toi^ours quelques fractions qui se perdent , on a créé les expressions du travail utile, travail perdu, travail net, travail brut, etc., etc. La seconde est généralement la fraction de temps pendant laquelle on évalue l'action des forces, et, d'après les expressions précédentes, le travail que pourrait produire un cours d'eau, si l'on employait toute la force qu'il possède, ou ce qu'on appelle simplement son travail, est le produit du poids qu'il débite par seconde, multiplié par la hauteur que ce poids parcourt. Pour la vapeur ou l'air chaud, le travail est le produit de la pression que produisent ces deux fluides sur les parois qui les contiennent, multiplié par le vofume de fluide fourni par seconde, à la pression déterminée. Les Iravails des machines ou des moteurs qui s'y appliquent sont généralement évalués en prenant pour unité de mesure un kilogramme élevé à un mètre ou descendu d'un mètre en une seconde. Cette unité est nommée kilogrammètre, et s'appelle souvent là petite unité dynamique; la grande unité est mille fois plus considérable, et correspond à un mètre cube d'eau pesant mille kilogrammes élevé à un mètre en une seconde. — On se seK souvent aussi, comme unité, dans l'évaluation des puissances mécaniques, de la force du cheval, qui est estimée à 75 kilogrammètres : c'est-à-dire qu'un cheval est regardé comme pouvant produire, en une seconde, l'élévation de TS kilogrammes à un mèlre. l. L. Yautiixi,
PUITS. (Conetruction.) Excavation de forme ordinairement circulaire, creusée dans le sol et destinée à réunhr les eaui( que renferme le sein de la terre pour en faire ensuite usage. On exécute ce travail, soit pour remédier à la privation d'eau dont sont affligés certains lieux, soit pour la commodité d'une exploitation ou des habitations. Les puits sont plus ou moins profonds, selon la distance où l'on rencontre les eaux dans les couches minérales qui constituent l'écorce terrestre. Lorsque les puits sont pratiqués dans des terrains peu solides ou dont on craint les éboulements, on les revêt de maçonnerie. — Voici comment on fait cette construction : lorsqu'en creusant on est parvenu à l'eau, et qu'on en a 5 ou 6 pieds de profondeur, on place dans le fond un rouet de bois de chêne, d'un diamètre proportionné à la grandeur du puits, et dDmposé^ de fortes plates-bandes. Sur ce rouet, on pose un plus ou moins grand nombre d'assises en pierre de taille, maçonnées avec du mortier de ciment, et liées entre elles par des crampons
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scellés avec du plomb. Sur cette sorte de soubassement, on élèye le reste de la hauteur du puits en maçonnerie, soit de briques, soit de moellons, jusqu'à quelques pouces au-dessous du rez-de-chaussée. Au-dessus, on établit la margelle, qui petit n*étre que d*une seule pierre creusée à la mesure du diamètre donné au puits; mais le plus souvent, on la construit, selon retendue de sa circonférence, d'un assemblage de pierres dures cramponnées comme celles du fond. On munit ensuite le puits de tout ce qui est nécessaire pour en tirer Teau, c'est-à-dire d'une poulie en bois ou en fer et d'une corde garnie à chacune de ses extrémités d'un crampon à effort, après lequel s'attachent les seaux. Il faut observer, quand on creuse des puits pour les maisons de ville et de campagne, de les éloigner des fumiers, des étables, des fosses d'aisance et d'autres lieux dont les infiltrations peuvent. gâter l'eau. On doit, autant qu'il est possible, les laisser à découvert, nonobstant quelques inconvénients, parce que l'eau est meilleure; les vapeurs de l'intérieur s'en échappent plus librement; il est d'ailleurs avantageux que l'air puisse y circuler. La construction des puits, telle que nous venons de l'indiquer, offire peu de difficultés et se rattache aux opérations qu'exécute ordinairement le maçon. Mais il y en a où toute la science de l'architecte s'est manifestée, et qui deviennent ainsi de véritables monuments. Tels sont le puits de Joseph, ou Youêouf, au Caire; le puits construit à Or- Tieto par Antonio San-Gallo, et le puits achevé à Bicètre en 17S5, sur les dessins de Boffrand. Le puits de Vousouf, qui tire son nom d'un prince arabe , et non du fils de Jacob, comme on l'a prétendu , a 280 pieds de profondeur sur 42 de circonférence. On y descend par un escalier circulaire de 300 marches, dont la pente est très-douce. La cloison qui le sépare du mur du puits n'a que 6 pouces d'épaisseur et est percé de petites fenêtres destinera éclairer la rampe. A peu près au milieu du puits se trouve une esplanade avec un bassin. Là, des bœufs tournent une roue qui fait monter l'eau de la partie inférieure du puits dans le bassin ; d'autres bœuf& placés dans le haut l'en retirent et la portent plus haut par le même moyen. — Le puits d'Orvieto est en pierre de taille et a un diamètre de 25 brasses. Deux escaliers en spirale , pratiqués l'un au-dessus de l'autre dans le tuf, conduisent jusqu'au fend les bêtes de somme qui vont y chercher de l'eau. Comme le puits de Tousouf , celui-ci est éclairé par des fenêtres pratiquées sur ses parois. — Le puits de Bicêtre fut com-
mencé en 17S8 : il a 171 pieds de profondeur, 15 pieds de diamètre et 9 pieds de hauteur d'ean intarissable. Un manège composé de 8 cheTanx fait mouvoir une charpente tournante, à laquelle sont attachés deux seaux contenant trois muids d'eau , et pesant chacun 1200 livres. — On sent que ces seaux ne peuvent se remplir comme les autres; les oscillations qu'ils occasionneraient dans la machine pourraient avoir des suites pour sa solidité; pour obvier à cet inconvénient, le fend en a été muni de 4 soupapes de cuivre qui s'ouvrent au moment où les seaux touchent la surfece de l'eau, et qui se referment par la seule pesanteur du liquide dès qu'on les enlève. Arrivé en haut , chaque seau verse son contenu dans un grand réservoir contenant 4,000 muids d'eau. — On nomme puits commun un puits public ou utilisé par plusieurs maisons voisines; puits décoré, le puits orné d'architecture et de sculpture; un des plus beaux modèles que Ton cite en ce genre est celui de la cour de San-?ietro-in-:Yincoli, dont le dessin est attribué à Michel-Ange. — Le puits de carrière est un puits qui sert d'ouveKure à une carrière de pierres, et par où on les retire à l'aide d'un rouet. — Puits perdu , puits dont le fond ne retient pas.
— Puits, en termes de guerre , se dit de troos creusés au-devant d'une circonvallation ou d'un retranchement , et que l'on recouvre de branchages et de terre pour y faire tomber la cavalerie. Ce terme s'emploie aussi pour désigner un creux très-profond que l'on fait en terre pour découvrir et éviter les mines des assiégeants.
— Par analogie , on dit : la vérité est an fond d'un puits , c'est-à-dire qu'elle est cachée , faisant allusion à la fable qui avait personnifié la vérité, et loi avait donné un puits pour asile. DiCT. di la G«rr.
PUITS ARTÉSIENS. (Construction,) Ce sont des trous perpendiculaires que l'on fadt dans le sein de la terre, au moyen d'une sonde, pour arriver à une nappe d'eau souterraine d'où die monte naturellement jusqu'au-dessus du sol et s'écoule en ruisseau artificiel et intarissable. L'élévation spontanée de l'eau dans les puits artésiens est due à la pression de ces eaux partant d'un niveau supérieur ; elles i tent donc, suivant les lois de l'hydrostatique, jusqu'à la hauteur de ce niveau : si cette hauteur se trouvait au-dessous du sol, on n'aurait qu'un puits ordinaire. Voici comment s'explique le jaillissement des eaux des puits fOrés. Les eaux pluviales sont absorbées sur les montagnes par des couches perméables s'étendant en filons jusque sous les vallées, entre des couches de ter-
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trains imperméables, semblables aux parois d'un vase ou mieux d*un tuyau recourbé. L*eau s'accumule donc continuellement de manière à former une nappe sur laquelle pressent des eaux nouvellement absorbées, qui tendent à descendre en vertu de la pesanteur; mais si Ton vient à percer la coudhe imperméable supérieure qui fait obstacle à Texpansion du liquide , celui-ci doit naturellement s'échapper par l'ouverture pratiquée, comme l'eau d'un jet d'eau, et atteindre à peu près le niveau du point où les eaux sont absorbées. On comprend maintenant qu'on ne doit s'attendre à trouver des eaux jaillissantes que dans des endroits dominés de près ou de loin par des montagnes, des plateaux élevés ; que ces eaux doivent être des nappes dormantes, et non pas des cours d'eaux ayant une issue inférieure, car la pression n'aurait plus alors la force de les faire jaillir. Par conséquent, il ne peut y avoir des eaux souterraines stagnantes que lorsque le sol est formé de couches de sable, de cailloux, recouvertes par des couches de craie, de glaise, de bancs de pierre sans fentes ni crevasses. Il suit de là que tout terrain formé de couches homogènes ne contient point de ces eaux, puisque s'il est formé de couches perméables, les eaux passent aisément entre ces matières jusqu'à ce qu'elles aient trouvé une issue, ou bien elles se mettent de niveau comme celles d'un lac, n'ayant aucune tendance à s'élever; si au contraire la masse du terrain est imperméable, les eaux de pluie n'y pouvant pénétrer, courent sur la surface.
Quand le sol repose sur la craie, on arrive quelquefois à la nappe d'eau après une perforation très-peu considérable : ainsi on en trouve dans l'Artois entre 10 et 40» de profondeur; mais il n'en est pas toujours ainsi, et l'on est souvent obligé de forer à de grandes profondeurs pour atteindre une couche d'eau jaillissante. Le puits de l'abattoir de Grenelle à Paris, dû aux efforts persévérants de M. Mulot, descend à 547». On sait qu'il jaillit à plus de S0« au-dessus du sol et donne par seconde environ 40 litres d'une eau tiède de 28o cent. Commencé le l«r janvier 1834, l'eau en jaillit le 26 févr. 1841, après mille obstacles. Cette eau, maintenant limpide, sera utilisée à l'abattoir, à Tinstitut des jeunes aveugles, et pour alimenter le grand réservoir de la rue de l'Estrapade, d'où elle pourra se répandre dans les lieux les plus élevés de Paris.
Avant de commencer les travaux nécessaires à l'établissement d'un puits artésien, on s'assure de l'existence d'une nappe d'eau souterraine par
des recherches qui doivent être dirigées vers les terrains de calcaire crayeux; car dans les terrains primitif, tels que les granits, les porphyres, l'eau s'échappe à une faible distance de la partie supérieure par laquelle elle s'infiltre.
Pour creuser un puits artésien, on se sert d'une sonde composée de diverses barres de fer s's^ustant les unes au bout des autres à l'aide d'écrous, et dont la partie tranchante varie suivant qu'il s'agit de traverser un terrain argileux, sablonneux, caillouteux, pierreux ou de la nature des roches : des tarières, des ciseaux, des trépans, les attaquent; des cuillers retirent les matières que l'instrument ne peut ramener avec lui. La sonde reçoit un mouvement de rotation d'une manivelle en bois ; son extrémité supérieure est attachée au câble d'une chèvre qui sert à la retirer. Les instruments auxiliaires sont le tourne à gauche, barre de fer percée d'un trou carré dans lequel peut entrer la tige de la sonde ; la barre de rotation, pièce de bois qui entre au contraire dans l'anneau de la tête de la sonde ; l'arrache-sonde, qui affecte différentes formes, comme le tire-bourre, le crochet, la pince, etc., et sert à retirer la sonde quand la tige vient à casser. Lorsque l'on est arrivé à la couche de calcaire, on suspend l'approfondissement du trou de sonde, et l'on fait descendre dans l'intérieur des coffres, des buses, des tuyaux, qui doivent servir à former le vide intérieur de la fontaine jaillissante. Ces buses sont des tuyaux de bois de 10 pieds de longueur, de 7 pouces de diamètre et de 3 pouces d'épaisseur, arrangés de façon qu'ils puissent entrer les uns dans les autres : pour cela, leurs extrémités sont ordinairement coniques. Ensuite, quand la couche qui faisait obstacle à la sortie de i'eau, en la comprimant comme les parois d'un vase, est percée, pour conduire l'eau jaillissante et pour retenir les terres environnantes, on peut former de la même manière un tube en tuyaux métalliques, comme cela s'est pratiqué au puits de Grenelle.
Le nom d*artésiens a été donné aux puits forés, parce que c'est dans l'Artois qu'ils sont le plus en usage depuis six à sept siècles. Toutefois, ces puits paraissent être d'une bien plus haute antiquité. Les voyageurs assurent qu'on en rencontre dans les déserts de l'Asie, dans l'Inde, dans la Chine, etc., dont on ne saurait retrouver l'origine. Peut-être qu'en sondant la terre pour y chercher des mines, on aura donné libre coursa des sources d'eaux jaillissantes. Le plus ancien puits foré que l'on connaisse en France est celui de LUlers, en Artois, percé, dit-