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pur leur a0lii6ne0 et leun plmiirs. ^ On osp^rt^ par ap environ 3 è 4 eent mille bouteillee de TeaM de PynuQBt, payant par bouteille près de 16 cenr times de drpiU de sortie. -«*- U eviste dans la villa une caverne carbonique, asse« comparable è la Grott$ du Chien k Kaples : les petits animaux qui s'y fèuwoient sont soudainement tués par asphyiie. Isfo. Boveboh.
PTROCHLOEB. Substance minérale déçou* verte dans la siépite zircopienne de Fredriekswarn, en Norwége. Ille est en petits grains de la grosseur dHin pois au maximum, empâtés dans le feldspath et quelquefois dans réléolltbe. Sa eouleur est le brun rougeâtre; ep masse elle est opaque, mais ses fragments minces sont translucides; sa cassure est concboïde et écla^ tante j sa poussière est d'un brun clair; elle raye le spath fluor, elle est rayée par le feldspath ( sa pesanteur spécifique est 4,9. Traitée au cbalur meau sans addition, elle devient d'un jaune clair; avec le borax, elle se fond en un verre transparent, d'abord d'un jaune orangé puis blanc. Woehler Ta trouvée composée de acide titanique, 58; chaux, 18; protoxyde d'urane 18; oxyde de cérium, 7; oxyde de fer, SI; oxyde d'étain, 0,6; protoxyde de manganèse, 3; eau, 6,4. Di.,x.
PTEODHALITB et PTE0flHÂi.iTx. Substance hir melleuse, d'un brun verdâtre, opaque, cristallisant en prismes à six pans, dont la base parait être inclinée à l'axe, et qui sont divisibles avec asseï de netteté parallèlement à cette base. Son éclat est légèrement nacré, ce qui l'a fait nommer mica perlé par Mobs, et margarite par Fuehs. Bsaayée au chalumeau, elle répand des vapeurs d'acide muriatique; de 11 le nom de pyrodnm- Ute que lui a donné Hausmann, et qui indique qu'elle développe une odeur remarquable parle féu. Sa pesanteur spécifique est de 8,0S, La classification de ce minéral est encore ineertaine. Suivant Hausmann, sa forme primitive serait un prisme hexaèdre régulier ; mais HaUy et Beuda^t adoptent, au contraire, pour type de ses cristaux, un prisme oblique rhomboKdal. fiisinger, qui l'a analysé, l*'a trouvé composé ainsi qu'il suit : silice, 85,88; bioxyde de manganèse, 91,14, bioxyde de fer, 91 ,S8; muriate de fèr, 14,89; eau et perte, 8,S8. Diaprés cette analyse, Beudant considère le pyvosmalite comme un pyroxène à base de fer et de manganèse, et mêlé de muriate de fèr, HaUy l'a placé dans le genre fér, en le regardant comme du Hw muriaté mélangé. Ce minéral a d'abord été trouvé au milieu d'un bloc décomposé dans la mine de fèr de BJelke, près de PhUippitadt» en Mordmark, dans le Werme-
land, et <taQi la parc^tise de Nya«Kppparbergt et Westmanland. 11 était accompagné de calcaire laminaire et de gros cristaux d*amphibo|e noir. On l'a retrpuy^ depuis à Starzing en Tyrgl, dana un bloc de rpche primitive, qui paraû^it êtr(i venu des hautes ilpe^ ; il y était associé à du mica vert et h de l'ampbibole noir. £nfin Brei-> thaupt l'a recpuun dan9 m minéral venant de l'île d'Wbe. Da.,it,
PTHOttÉKiPBt Eoçhe fèldspathique, fermée essentiellement de feldspath compacte ou pétrosilex et de quartz, et renfermant souvent des massM globulaires, qui |e composent tantôt d'esquille» de feldspath disposées en rayona divergents et mêlées de parties quartzeuses et de fer oxydé en petits cristaux dodécaèdres, tantôt de globes A couchée concentriques, ou k strucr ture rayopnée, mais microscopique, ta matière du feldspath a éprouvé dans cette roche une teu" dance h ae pelptqnuer en globules d*une teinte différente de celle de la pâte; ces globules s'eu détachent avec facilité, mais il$ se spnt formée en même temps qu'elle, Le pyrpméride est ordinairement porphyroWe; il est susceptible d'alr tération et passe au p^trosilex argiloïde; loraqu'il est intact, il offre a^ez de cohésion pour qu'on puisse le scier et le tailler en plaques d'ornement. Sa couleur est en général le brun rou»* gedtre, niarqué de petites taçbeis grisKtres dues au quarti; la paie est souvent d'une teinte plus foucée que celle des globules. On ue connaît, ^l proprement parler» qu'une seule variété de pyroméride, qui est le Pinoateias QM)94iav ; c'est la roche yulgaUrement nommée porphyre glor buleux ou orbiculaire de Corse, parce qu'on la trouve principalement ei^ Corse, dans un terrain porphyrique faisant partie des anciens terrain^ intermé4iairea. Qn en cite également dans le^ Vosges. C'est à llonteiro que Ton est redevable de la détermination exacte de ce prétendu por* pfiyre, et de l'établissement de cette uouvellp espèce de roche fèldspathique- PB**ft*
PTEOUiTRI (de irO/?, fèu, /*<v/»ov, mesure), instrument destiné jk mesurer la chaleur déa foyers la plus intense. On se sert, dans l'induftrie, de deux: sorte» de pyrpmétres, les uns 4 platine, les autres à Qrgiie, Le» premiers indiquent le degré de chaleur par la dilatation dp platine, et consistent en deux branches ()u*u|i cylindre de platine écarte à mesure que la chaleur s'élève I on estime l'intensité de cette der* nière au moyen d'un ^rc de cercle gradué, Ifi pyromètre à argile donpe le degré de chaleur* par la diminution du volume de l'argile, <KNiséquence naturelle de l'évaporation, et par la nou-
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Telle disposition de ses molécules dans son état anhydre.
Le pyromètre de fVegwood est le plus usité : il est à argile, et consiste en deux règles de cuivre entre lesquelles on place un petit cylindre d*argile; ces règles sont inclinées Tune vers Fautre et fixées sur une plaque du même métal quMIes : c'est le cylindre qui indique le degré de chaleur, suivant que, par la contraction, il se trouve plus ou moins rapproché de Tangle des deux règles, f^ox* Phtsiqui. Cabanis.
PTROPHORE, de irO/?, feu, et yt^, je porte : nom qu'on donne aux substances qui ont la propriété de dégager de la lumière et du calorique, au contact de Vair : tel est le produit de la décomposition de Talun par le charbon, qui porte le nom de pyrophore de Homberg .• c*est du sulfure de potassium, de l'alumine et du charbon très-divisé. On l'obtient en calcinant un mélange desséché de trois parties d'alun à base de potasse, et d'une partie de sucre, d'amidon, de mélasse ou de farine. Ntstbn.
PTROPHTLLITE. Substance minérale qui se trouve dans l'Oural ; elle est connue sous le nom de talc radié; sa réaction au chalumeau est cependant tout autre que celle du talc , car lorsqu'on la chauffé seule, elle se divise en une masse flabellifôrme, et se gonfle à un tel point que son volume devient vingt fois plus considérable. Cette masse est infusible. Si on chauffé le minéral dans le petit matras de verre, il se rassemble, dans la partie supérieure, de l'eau qui n'attaque point le verre et ne donne point de silice par l'évaporation. Avec la soude, il fond en bouillonnant en une verre Jaune et transparent; avec le sel de phosphore, il se dissout en un verre incolore, en abandonnant un squelette de silice. Chauffé avec la solution de cobalt, il prend une couleur bleue. Il est composé de silice 59,5; alumine 29,5; magnésie 4; oxyde de fér 1,5; eau 5,5. Dr..z.
PTROSCAPHB, (Navigation) de irCp, feu, et ffxifios, nacelle, navire. C'est le nom que Ton donne dans le nord de l'Europe, en Russie, en Suède, en Hollande, aux bateaux à vapeur employés aux transports des voyageurs et des marchandises, sur les fleuves et sur mer, d'un port à l'autre. La découverte la plus merveilleuse des temps modernes est, sans contredit, Tapplication de la vapeur à la locomotion soit sur la terre, soit sur l'eau. Cette puissance, utUisée par les modernes, est ai^ourd'hui l'agent le plus actif des relations sociales et commerciales; aussi toutes les intelligences sont tendues vers les perfectionnements de ses moyens d'action.
La force est là, mais elle est, comme tontes les forces matérielles, intelligente et inerte, eQe attend que la main de l'homme la dirige «t l'applique. Des volumes ne suffiraient pas à enregistrer tous les essais, tontes les inventions qui ont eu lieu pour faire remonter des bateaux contre le courant des fleuves au moyen d'un peu d'eau et de charbon, ou pour pousser en mer des navires contre vent et marée.
1» propulseur, qui a été généralement employé, consiste en deux roues à palettes placées sur les deux côtés du navire et mises en mouvement par l'arbre d'une ou de deux madiines à vapeur, qur^ fait tourner les roues. Ce propulseur convient parfaitement à la navigation des fleuves, et à celle des côtes, pour des bateaux ayant un très-petit tirant d'eau ; mais il présente de grands inconvénients dans la haute navigation en pleine mer, à voile et à vapeur; inconvénients qui augmentent dans une proportion rapide avec la dimen^on et le rang du vaisseau, au point que son application à de grands navires de transport ayant toujours été funeste; on a renoncé à l'emploi des roues à palettes pour les vaisseaux de ligne. Un nouveau système vient d'être essayé, par la marine militaire, pour remplacer ces roues dangereuses et leurs énormes tambours; c'est le propuUew à hélice ou à vis établi en Angleterre sur l'Jrchimède et la Princesse royale, et en France sur le Napoléon.
Les hélices ou «m de propulsion, de quelque manière qu'elles soient construites , tirent tout leur pouvoir propulsif des filets ou lames fixées sur un axe parallèle à la quille du vaisseau; ces filets se frayent un chemin dans l'ean, cowae ceux de la vis dans une pièce de bois, n y a cependant cette différence distincte entre la vis à bois et la vis de propulsion, que cette dernière agissant sur un fluide, ne peut pousser le vaisseau sans déplacer l'eau, tandis que la première s'avance dans le bois sans occasionner aucoa déplacement nuisible.
Si la vis agissait dans un corps s<^e, elle s'avancerait à chaque révohition du pua de b vis et entraînerait avec elle le vaisseau; mais l'eau étant un corps excessivement mobile, oo est obligé de donner aux filets de la vis besncoup de développement relativement au pas, afin de ne point frapper l'eau trop obttqaemeot à la marche du navire ; il y a donc toujours là une perte de force ; aussi a-t-il été démontré par des expériences, que sur une mer calme et par une brise faible, un bateau à roues gagnait doH%e pour cent sur un bateau à hélice; mais
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ce seul inconvénient est compensé par des avantages immenses : l» La vis, placée au-dessous de la flottaison dans les vaisseaux de ligne, se trouve à Tabri du boulet et des avaries qui peuvent résulter des abordages. 9« La vis par son immersion constante agit toujours de la même manière, quelle que soit Tinclinaison du navire, et elle permet de foire de la toile, par le vent du travers et an plus près; ce qui donne la faculté de gréer les vaisseaux à vis à peu près comme les autres vaisseaux à voiles, sur lesquels ils n'ont qu'une infériorité de vitesse d'un vingtcinquième, 30 Enfin la vis de propulsion, qui tourne avec une grande vitesse, est établie à Tarrière sur un axe maintenu entre deux étambots; cet axe est mis en mouvement par les engrenages de la macbine placée à fond de cale; ce qui laisse tout le haut du bâtiment libre pour la manœuvre du gréement et de Tartillerie.
L'auteur de cet article, s'est assuré par expériences qu'on peut obtenir tous les avantages de la vis de propulsion, en employant immédiatement les mouvements alternatifs des pistons des machines à vapeur à prendre Peau de l'avant du navire pour la refouler à l'arrière. Ce système de propulsion étant établi dans la cale, il est tout à fait à Tabri, il peut être réparé et il ne modifie en rien la carène du vaisseau. Dob... PTKOSCOPE, de irvp, feu, et neoiri», examiner. Instrument au moyen duquel on peut connaître l'intensité du feu allumé dans un appartement. C'est le thermomètre différentiel réduit à sa plus grande simplicité : tout le changement consiste à recouvrir complètement d'une épaisse feuille d'or ou d'argent la boule qui sert de ré- Beryoir au liquide coloré. Les rayons de chaleur qui partent continuellement du foyer pour se répandre dans l'appartement sont en grande partie réfléchis par la surfoce brillante du métal qui recouvre cette boule; tandis que l'autre boule^ qui est découverte, reçoit toute l'impression de la chaleur; et l'on voit alors le liquide ^at>ai8ser d'une quantité proportionnelle dans le tube. L'action de la chaleur diminue comme le carré de la distance, à mesure qu'on s'éloigne du foyer, et cependant la sensibilité de l'instruinent est telle qu'il est visiblement affecté, même lorsqu'il est fort éloigné du fou. Ntstui . PTROS&LiRlTS. Substance qui se trouve à l'jie d'£lbe, accompagnée d'une matière talqueuse verdâtre; elle a une structure cristalline, qui appartient au système rhomboédrique; cassure est inégaie et esquilleuse, mate ou d*un éclat gris pâle; elle est translucide, ordinairement d'un vert-pomme, mais d*un vert d'é-
meraude dans quelques endroits, et d'un gris yerdâtre dans d'autres; elle est rayée par la chaux carbonatée ; sa pesanteur spécifique est 3,7 ; elle est composée de : silice 58; magnésie 33; alumine 14; iprotoxyde de for 5,5; oxyde de chrome 1,5; eau 11. Dr..z.
PYROTECHNIE, (Technologie) de itCp, fou, et Hx^9 art. Art de préparer les foux d'artifice qu'on tire, dans les réjouissances publiques. Ces sortes de fou se produisent au moyen de matières inflammables enformées dans des boites de carton. Le& principales pièces qui les composent prennent les noms defusécê, pétardê, lancesà feu, pots à feu, girandoles, etc., suivant leur forme et les effets qu'on en obtient. La poudre, le salpêtre, le soufre , le charbon, le fer et la limaille d'acier, de cuivre, de zinc, etc., sont les matières les plus ordinaires dont ou fait usage dans l'artifice. Leurs diCFérentes combinaisons varient leurs effets et la couleur des foux : ces couleurs consistent en une dégradation de nuances du rouge au blanc. Le soufre, lorsqu'il prédomine, donne un bleu clair, le fer produit des étincelles dont l'éclata foit nommer fèu brillant la composition dans laquelle entre cette matière. Le feu dit commun est celui que produit le mélange de poudre et de charbon. Les fusées sont rarement simples; presque toujours elles sont garnies d'un pot, terminé par un chapiteau en forme de cène , dans lequel se trouvent renfermées diverses petites pièces, telles qu'étoiiesf serpenteaux , etc., qui , lorsque la fusée s'est élevée aussi haut que possible, en complètent l'effet d'une manière fort agréable. La baguette que l'on attache ordinairement aux fusées «0lantes, sert à les maintenir droites en contre-balançant leurpesanteur. Les pièces d'artifice dites marrons sont faites de poudre grainée, renformée dans une cartouche de carton de forme cubique, qui est recouverte d'un à deux rangs de ficelle collée à la coUe-forte. Les marrons éclatent avec beaucoup de bruit: les marrons luisants sont recouverts de pâtes d'étoiles. Les saucissons ne diffèrent des marrons que par la forme, car l'effet en est le même; leurs cartouches sont rondes. Les étoiles sont de petits disques formés d'une pâte composée de salpêtre, de soufre et de poussier. Les saucissons volants montent en spirale et terminent leur vol par un coup. L'effet des fusées de table est de tourner en forme de soleil sur la table où elles se trouvent posées ; puis, lorsque le feu est arrivé à l'intérieur , la fusée s'élève , et alors c'est un soleil qui s'élance en l'air dans une situation hocixontale; car tout en s'élevant la fusée n'en con-
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serve pas moins boo motirement de rotation. On nomme Jet ùtàg^rbe toute fuiée chargée en maftftif : telle» sont les fUsêes éeê ioMlè ftifeê, des Mfetïi ioumantè, et célleft qui imitent enfin les Jeu d*«âu , les nappes d'eau ^ les easoades « ete* Lé êbktl fixe n*est qu'un assemblage de ]els thargéé eh feil brillant, assemblage disposé en rayons, de telle sorte que tous les Jets prennent feu d hi ft)is. Oh nomme gloire les soleils à plu-^ sieurS rangs de jets; Les sMiU îonrHànts et les girandôléê ne diffèrent que par la position qu*on leur donne pour les tirer t les premiers sont placés Verticalement, les seconds sont sur un plah parallèle ft rhorisoni Les mtiiflcieti font aussi des feux pour brûler sur et aousTeaut ces afitfiùe» d*eAU h'oht rieh de particulier quant à leur composition, et sont faits des mêmes substances que ceux destinés à brûler dans Tair h sec : toute la différence consiste dans les divers enduits dont on couvre les cartouches , afin de les rendre impénétrables à Teau. Les principales pièces d'artifices d'eàU sont les p^nouitfàreê, qu'on nomme aussi dauphiné ou eanarda i après avoir serpenté sur l'eau , ces artifices s'élancent à plusieurs reprises en l'air et finissent par éclater avec bruit; les plongeûné, espèces de fuséei qui éclairent d'une lumière vive et blanche en plongeant de temps en temps dans feau.
Pour quMls paraissent dans toute leur beauté, les feux d'artifice doivent être tirés pendant la huit. Ils fbrment avec léS illuminations un des Spectacles lés plus magiques et les plus popu" laires. On a cru retrouver quelques traces des feux d^artificedans un poème de ciaudien, com^^ posé pour célébrer le consulat de Manlius Théodore, sur la fin du iv« siècle; mais quelle que soit l'espèce d'Illumination dont il y est parlé, elle n'avait sans doute rien d'analogue à nos feux d^artlfice^ dont la poudre est la base principale. La France a vu tirer de superbes feux d'artifice dont on a conservé les descriptions.^f'ofr Ruggieri^ Élèmeniê dé pyr&lethntt (5« éd., Paris, 16X1. ïn*%à)* et P. M. Ghartier^ N&utélkê reûhereheê sur toê fèuê d'utiifixA (Paris, 1845 ^
in-8«>. £. PASQàLLBT%
PTKOliNÈ : gchorl noir en prismes octaèdres. — Schorl volcanique. -*- Yolcanlte. — Augite»— ViresCite. — BlopsidCi ^ Alatite* ^ Mussile. ^ Coccolilhe.— Malacolithe. — Sahlite. — Passalte. — Lherzolite. — Substance minérale que l'on caractérise ainsi *. Fusible avec difficulté en un verre qui prend diverses nuances du gris ver» dâtre au vert noirâtre. Porme primitive : le prisme rhomboldai oblh|ue. Formes indétermi-
nables t cylindroïde; bacillaire; laminaire { la* mellaire/ granuleuse; fibreuse ; résinit». Rayant à peine le verre; cassure transversale, raboteuse* pesanteur spécifique 9^99 à 8^. Transparente; translucide; opaque. Réfraction double ft un degré très^màrqué* Couleurs t le blanc, le gris ter^ dfttre, le Jaune verdfttre, le vert clair, lé veK olivûtre^ le vert brunâtre, le noir. QompositkNi t silice, 96t chaux, lO; magnésie,18 ; fer oxydé, ISi
Ce mihéral se trouve disséminé en grains et ea cristaux nombreux dans presque tous les produits des volcans. On l'a, pendant longtemps, r^ardé comme dH)rigitte ignée ; et ce n'est que lorsque des roches reconnues bien évidemment pour n'avoir en aucune manière éprouvé les atteintes da feu, ont présenté des cristaux analogues à ceux qui fbnt partie intégrante des laveé, que roa s'est fait une idée exacte de la nature vraie de et minéral, et que l'on a VU en lui le type d'une espèce répandue avec une sorte de profusion dans quelques terrains primitifs et de transport. Dépôts^ on s'est assuré que trois ou quatre espèces que l'on avait jugées d'abord comme indép^HUntes du pyroxène, n'en étaient que de simples variétés, et insensiblement cette espèce a pris place parmi celles qui offrent une certaine tendance à se soustraire à Inobservation, par une fecHlté de transition d'une forme à une antre, par des oppositions trompeuses de nuances. Rans les roches volcaniques le pyroxène se montre en cristaax parfaits d'un brun noirâtre ; il se présente de même dans quelques roches primitives à base de ftidspath et parsemées de cristaux delà méaiie substance t telle est la roche du mont Messner.ll forme à Arendal en NorWége, des couches d*un vert noirâtre, alternant avec le fi^r oxydulé;à 8ahla en suède, des couches semblables, alternent avec le fér, le cuivre et le plomb sultoés. Dans la vallée d'Ala, comme dans celle de Lau ou de Mussa, le pyroxène, en prismes aUongés, comprimés, appliqués les uns sur les autres et légèrement curvilignes, forme, dans une roche serpentineuse, des veines d'un blanc verdâtre sa d'un vert clair, parsemées de far oxydulé et de cristaux orangés de grenat; en Sudermanie, ses grains d'un vert Jaunâtre ou noirâtre, smés les uns contre les autres, établissent la gangue d'un filon de fer oxidulé. Dans la vallée de FMsa en Tyrol, ses cristaux bien prononcés ou ses petites masses grenues occupent une chaux carbonatée bleuâtre; â Cocano, ses prisnaes acienlaires, d'un blanc presque soyeux, se détachait du calcaire ou de la roche talqueuse mêlée dV docrase avec laquelle il est souvent confond*.
Pour résumer méthodiquemeat les giseoMab
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du pTroxène, ilftiudralt appeler tour à tour eha* eune des ioU8-?arlétés de cette espèce, eo commeDçant par le pyroxène volcanique qui abonde dans le voiiinagé de tous les volcans en actirité, comme au sein des anciens cratères, principalement au Vésuve, à l*Etna, à la Guadeloupe, à Ténériifè, àBourbon,à Java, etc.; en Auvergne, dans le Valais, en Provence, en Sspagne, sur les bords delà &1U, en Bohême, en Saie, etc., etc. Les débrisdes laves, les cendres volcaniques, les pouzlolanes, sont composés, en grande partie, d'une multitude de petits cristaux de cette substance.
Le pyroxènecoocolithe, Vert ou noirâtre, existe en Suède, en Norwége, en Finlande, en 8axe, en Espagne, aux États-Unis.
Lepyroxène fassalte, à Fassa, en Tyrol, et aux environs de Rome, à Anguillara.
Le pyroxène augite est presque aussi répandu que le yoloanique ; on le trouve abondamment à Arandal en Norwége, à Hellerta enSudermanie, en Piémont, dans les Pyrénées, à Tile d*Elbe, aux États-Unis, etc. 11 accompagne souvent Tépidote, ramphibole, le grenat, la paranlhine, le feldspath, les chaux phosphatée et carbonatée, Tasbeste, ridocrase, le quartz, le mica, ryénite, le graphite, les fers chromaté et oxydulé, le titane oxydé, etc.
Le pyroxène sahlite parait n'avoir encore pour patrie que la Suède et la Norwége, oft il est associé à Targent, au plomb, au cuivre et au fer sulfurés , à l'amphibole, au mica , au feldspath, à Tasbeste et au calcaire.
Le pyroxène Ihersolite, à Lhen et dans toute la vallée de Vicdessos, aux Pyrénées, où il alterne ayec le calcaire.
Le pyroxène-dlopside, dans la vallée d'Ala et dans celle d'Aost en Piémont; à me d'£U>e, en Corse. Sa gangue, qui est serpentineuse, contient aussi des cristaux de grenat, d'idocrase, d'épidote, de prehnite, de talc, de chaux carbonatée, de fers oligiste, oxidulé, etc.
Le pyroxène mussite, d'un blanc verdâtre , dans la Tallée de Mussa, dans le haut Valais, au Simplon, etc., où ses masses lamellaires et granulaires sont mélangées de grenat, de mica, de quart!, de talc, de prehnite, de fer oxydé, de titane oxydé.
Enfin le pyroxène blanc, aux États-Unis.
Les cristaux du pyroxène, qui ont éprouvé Tao- Uon des feux volcaniques, sont souvent recouyerts d*un enduit blanchâtre ou Jaunâtre, qui peut être Teffet d'un commencement de vitriication ou celui d^Ine couche vitreuse qui aura enveloppé le cristal, sans en altérer les formes. On observe, dans les autres variétés, une altéra-
tion d*uti autre genre : c^est une sorte de désagrégation des molécules intégrantes par lames de superposition, qui va quelquefois Jusqu'à réduire les cristaux à l'état terreux.
On cite .pour subtances avec lesquelles le pyroxène a quelques rapports apparents, l'amphibole, i'épidote , la tourmaline et la staurodite. DR..K.
PYEKHA, fille 4*Épiméthée et de Pandore.
f^Oy. DStJQALIOfl.
PYEEHIQUE, dans la métrique grecque et latine, est un pied composé de deux syUabes brèves (uu) comme %ê, rhsi. Ce pied, que Sidoine (Ep, IX, 15) appelle pes ceierrimus, doit son nom à son appropriation , à son usage dans la danse pyrrhique, où il dominait à cause de sa légèreté. Cette danse, qui s'exécutait en armes et au bruit du cliquetis des épées et des boucliers, doit son nom à Pyrrhus, fils d'Achille , qui passa pour en être l'inventeur, et a Joui d'une grande vogue en Grèce, surtout à Lacédémone, où les enfants apprenaient à Uk danser dès l'âge de 5 ans . La pyrrhique est encore usitée dans quelques parties de la Grèce; mais le pyrrhique ou mètre de deux brèves y a disparu, comme toute quantité, de la poésie grecque moderne. F. Dshèqui.
PYKKHOCORAX. Oiseaux de Tordre des om* nivores. On les caractérise de la manière suivante : bec médiocre, assez grêle, plus ou moins arqué et tranchant, comprimé, un peu subulé à la pointe qui est unie ou faiblement échancrée; narines placées de chaque côté du bec et à sa base, ovoïdes , ouvertes , mais entièrement cachées par des poils dirigés en avant; tarses robustes , plus longs que le doigt intermédiaire; quatre doigts, trois en avant, presque entièrement séparés, un en arrière, tous armés d'ongles forts et arqués. — Les pyrrhocorax sont les corbeaux des plus hautes montagnes, que bien rarement ils abandonnent pour descendre dans les plaines et les vallons : ils y goûtent les douceurs delà vie sociale et s'accommodent de toute sorte de nourriture ; la mue est simple et n'apporte aucun changement dans le plumage , et l'on ne distingue les Jeunes ou vieux que par la couleur du bec et des pieds qui sont toujours gris chef les premiers. Néanmoins, les habitydes des pyrrhocorax sont beaucoup plus sauvages que celles des corbeaux, et leurs couvées sont d'un accès infiniment moins fecile. Leur nid, que les deux sexes préparent avec beaucoup de soin, et qu'ils tapissent intérieurement du duvet le plus doux, est toujours placé dans les fentes des rochers ou des vieiUes constructions alpines; rarement ou le trouve établi sur les pins qui couronnent quel-
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quefois ces cimes arides. La ponte consiste en trois ou quatre œufe blanchâtres, tachetés de jaunâtre ou de brun. Les pyrrhocorax sont, dans les divers ouvrages d'ornithologie, des corbeaux, des coracias , des craves ou des choquarts. On les trouve dans toutes les grandes chaînes de Tancien continent. Dr..z.
PYRRHON. Il naquit à Élis , ville du Péloponèse, vers Tan 584 avant J. C, suivant Topinion la plus probable, c'est-à-dire la même année qu*Aristote. La peinture fut, dit-on, sa première occupation ; ensuite il se tourna vers la philosophie, fréquenta les leçons de Dryson, fils de Stilpon, et s'attacha particulièrement à Anaxarque, disciple de Démocrite. Anaxarque ayant accompagné, dans son expédition d'Asie, Alexandre le Grand, dont il était Tami, Pyrrhon l'y suivit, et visita avec lui les gymnosophistes de l'Inde. De retour en Grèce, il se fixa à Élis, sa patrie, dont il fut créé souverain pontife, et où l'on croit qu'il mourut âgé d'environ 90 ans. A cause de lui, ses concitoyens, au rapport de Diogène de Laerce, avaient accordé, par un décret public , des privilèges à tous les philosophes.
PTRUioiasHB. Pyrrhon passe pour avoir le premier réduit en système le doute absolu. C'est pourquoi ce système , qu'ordinairement on appelle scepticisme, du mot grec skepsis, qui, signifiant examen, doute, désigne sa nature, est aussi appelé pyrrhonisme, du nom de son auteur. Le pyrrhonisme ou scepticisme peut être donné comme fin ou comme moyen de la philosophie. Comme moyen , il servit à la fonder, et sert toujours à la renouveler. Pour philosopher ou se rendre compte des choses, il ne suffit pas à l'esprit d'avoir beaucoup d'aperçus sur chacune d'elles, et par conséquent sur lui-même, il faut de plus que, rentrant en soi jusqu'aux idées primitives qui le constituent, il y cherche la raison de ces aperçus, qu'il les voie à la lumière naturelle dont elles sont la source. Pour appliquer ceci à l'esprit même, en vain aurait-il remarqué qu'il a un entendement et une volonté , considéré leur action dans les moindres détails, il ne se serait point rendu compte de soi. Il saurait qu'il jouit de Ventendre et du vouloir; il les verrait en jeu , mais il ignorerait ce qui fait qu'il entend et qu'il veut ou qu'il pense ; et, pour l'apprendre, il lui resterait à pénétrer sous ces dehors et y découvrir les idées d'être, d'attribut, d'unité , de nombre et autres semblables , lesquelles , formant son fond , sont l'essence de la pensée. Alors seulement il s'expliquerait à luimême, puisqu'il verrait la raison de ce qu'il est, et il pourrait expliquer les autres choses dont
les raisons se trouvent dans ces idées, qui, raison d'elles-mêmes, sont raison de tout. — Hais ce compte rendu de soi, par où l'esprit hanaiB devrait commencer, est ce qu'il aborde le dernier. Jeté hors de lui-même, il n'y rentre qu'à l'extrémité, et lorsqu'il y est poussé par ses écarts. Voyez-le à l'origine : pendant deux siècles, il n'y a rien qu'il ne travaille à connaître : que d'efiFbrts, que de notions même acquises dans tes écoles d'Ionie et d'Italie, tant sur ce qui échappe aux sens que sur ce qui tombe sous leor prise! Comme dans l'école d'Élée, il les tourne et tes retouî-ne, afin de les asseoir et de les coordonner ! Et où cela le conduit-il ? qu'à s'embarrasser et se confondre dans d'incroyables subtilités, et à ne jamais songer au principe du savoir, qu'il porte si intimement et dans sa propre constitution. Mais lorsque le sophisme, ne connaissant plus de frein, ose supplanter la sagesse et se poser le maître de la pensée, l'esprit ne peut tenir dans cet état violent et contre nature, et, pour en sortir, il est forcé de tout révoquer en doute; ce qui, de proche en proche, le mène en lui-même, c'est-à-dire à ses idées essentielles où le doute ne saurait mordre, puisque, pour douter, il faut penser, et que sans elles la pensée serait impossible. Avec ces idées-là, il cooloDd, terrasse l'erreur et le mensonge , édaircit, développe les vérités connues , en découvre une fOule de nouvelles, les enchaîne les unes les antres, et les établit sur leurs fondements. Oui ne se rappelle ici Socrate et Platon , et cette ^piorance feinte, railleuse, insidieusement questionneuse, « qui ne sait autre chose sinon qu'dle ne sait rien , » dont ils foudroient l'armée des sophistes que l'école d'Élée a versés sur la Grèce? Par cette révolution , ils créent la philosophie, qui produit aussitôt un ensemble régulier etfaimineux de connaissances, et des écrits sublimes. Cependant, l'esprit, en suivant les dernières conséquences des principes établis et les ptas minimes circonstances de chaque conception, s'éloigne insensiblement de soi, perd de vue les idées premières , et se trouve surtout attiré et attaché au dehors par la science de mots d'Aristote. Afin de le rentrer en lui-même et de ranimer la philosophie expirante, Plotin et saiit Augustin sont également obligés d'employer le scepticisme. S'il n'est point prononcé dans leon ouvrages comme dans ceux de Socrate et de Platon , il existe plus actif dans leur âme, ainsi que l'attestent les anxiétés auxquelles ils sont en proie à l'égard du vrai et les tourments qu'ils se donnent pour le démêler. Hais où le pyrriionisme a été le plus nécessaire, c'est après la
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longue et tyraonique domioation de rariitotélisme au moyen ftge. Aussi, avec quelle auda* cieufe détermination rapplique Descartes! avec quelle inexorable rigueur il sépare de Tesprit tout ce que le doute peut 7 atteindre ! Il ne lui laisse que de savoir qu^tï est une chose qui pense. Hais comme de ce point unique, qui parait si faible, quoiqu'il soit la f6roe même, étant la substance pure de Tesprit, comme de ce point unique il tire puissamment la nouvelle et incomparable cbalne des sciences ! Ce que le génie est obligé de faire aux époques de restauration, chacun doit ensuite le répéter pour soi, et nul ne parvient à la connaissance raisonnée ou philosophique de la vérité qu'en se suspendant à rincertitude. — Au contraire, le scepticisme, donné comme fin de la philosophie, comme ce à quoi elle aboutit, et où elle demeure avec Finsurmontable impuissance d'en sortir, la tue ou plutôt en est la mort, puisqu'il récuse les principes du savoir, et que la philosophie consiste à les manifester avec une évidence saisissante. De là vient qu'il éclate lorsque cette évidence se dérobe à l'esprit éloigné de la vue intime de ces principes ou de lui-même, et, tombé dans les notions confuses, les arguties ou l'érudition, c'est-à-dire au déclin de la philosophie. Il ne parait point encore systématiquement, à la ruine des écoles dlonie , d'Italie et d'Élée, qui n'ont pu fonder la phUosophie: Protagoras, Euthydème, Gorgias et les autres sophistes, n'offrent qu'un mélange incohérent de doute et de négation. Mais, dès le commencement du iv« siècle avant J. C, on le voit constitué par Pyrrhon et son disciple Timon de Phiionte, dans les écoles d'Élée, d'Érétrie et de Mégare, toutes les trois si vite en décadence. Après les avoir dissoutes, il se traîne obscurément pendant près de trois cents ans jusqu'à Énésidème, qui le relève, l'affermit et lui donne la vogue, ainsi que ses successeurs Zeutyppe, Zeuxis, Ménodote, Hérodote, Sextus l'Empirique, pour ne parler que des plus renommés. Plotin et saint Augustin le chassent pour douze siècles. Reproduit par Montaigne, Charron, le Yayer, il tombe devant Descartes. Ainsi, le pyrrhonisme qui est but précède immédiatement le pyrrhonisme qui est moyen ; et si la philosophie périt dans l'un , elle renaît aussitôt par l'emploi de l'autre. Le premier est aussi absurde et funeste que le dernier est évidemment raisonnable et utile. — Douter pour rester dans le doute ne se peut. Rester dans le doute, c'est assurer qu'on doute, par conséquent ne point douter qu'on doute, et sur ce point sortir du doute et entrer dans la certitude. You-
drait-on douter qu'on doute? Eh bien ! la certitude, au lieu de se lever au premier doute, se lève au second, à moins qu'on doute au^i de ce doute; ce qui la recule au troisième, ainsi de suite. Mais toujours elle se montre invinciblement au doute où l'on s'arrête, et il faut bien s'arrêter sur quelqu'un, ne pouvant entasser doute sur doute à l'infini. Yainement Montaigne, tu te flattes d'échapper en allant par Tinterrogatiou : Que sais-jef Cette invention, dont tu es si content que tu la portes pour devise, ne peut te sauver de la vérité, qui, comme tu le dit du pyrrhonisme affirmatif , te tient à la gorge. Dans ta bouche, la demande Que sais-je f n'emporte-t-elle pas avec elle la réponse : Je ne sais rien? Tu sais donc que tu ne sais rien, comme celui qui doute sait qu'il doute. Et voilà l'anse indestructible par où la certitude vous saisit également tous les deux. On ne saurait essayer de produire le doute absolu sans penser, vu que pour douter il faut penser, et, dès qu'on pensCi il se trouve impossible. Impossible avec la pensée comme sans la pensée, qu'est-il donc qu'une monstruosité, qu'un délire incompréhensible? Dissimulons un instant cette inéludable néoBSsité où sont les sectateurs du pyrrhonisme de l'anéantir dans l'acte même par lequel ils prétendent l'enfenter; supposons-le en soi possible, et voyons un peu comment hors de ce point ruineux, où il se brise éternellement contre luimême, ses sectateurs le fondent et lui donnent l'empire. S'agit-il d'objets sur lesquels tout le monde est d'accord? Ils s'évertuent à établir le contraire du sentiment universel, afin de l'ébranler et de le rendre problématique. Qui, par exemple, n'est convaincu que de deux nombres inégaux le plus petit est contenu dans le plus grand ? qui n'est convaincu que Socrate est mort? Là-dessus est-il quelque contestation supportable ? Mais nos gens sont d'un autre avis : « Si 5, disent-ils, est contenu dans 6 comme le plus petit nombre dans le plus grand, par la même raison 4 est contenu dans 5, et S dans 4, et 9 dans S, et 1 dans 3 : ainsi, il arrivera que 5, 4, S, 9 et 1 , seront contenus dans 6; or, 1, 3, S, 4, 5, ajoutés ensemble faisant 15, il en résultera que 15 sera contenu dans 6, si on accorde que le plus petit nombre est contenu dans le plus grand (Sextus l'Empirique, Institut, pyrrhon,^ liv. m, ch. 10). Si Socrate est mort, ou bien il est mort quand il vivait, ou bien il est mort quand il était mort. Mais lorsqu'il vivait, il n'était pas mort, autrement le même vivrait et serait mort. Il n'est pas mort non plus lorsqu'il était mort, autrement il serait mort deux fois. Donc Socrate n'est pas
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nort {(bid,f oh. 10). » Ce lemft ftilre injure au lecteur le moins attentif que de s'arrêter à montrer la ^érile absurdité de ces raisonnements. Les pyrrhoniens pourtant n*en offlrent point d*autres. S*agit-il d'objets suf lesquels on est partagé? Ils arguent triomphalement de cette diversité. Ainsi, qu'ils entendent le plus borné et le plus ignorant des mortels nier l'existence de Dieu et de l'âme, ils n'en demandent pas d'à* rantage pour prétendre que cette étourderie balance l'enseignement du génie et de la science, et la persuasion du genre humain. Même force d'argumentation à l'égard du vrai, du feux, du bien, du mai, du Juste, de l'ii^uste, du rice, de la Yertu, de l'espace, du temps, du mouvement, du repos, de la réalité des corps, de l'unité et de la multiplicité des choses, enfin de tout ce qui a trouvé contradiction sur la terre. Les voyex^VMs fouiller dans les mœurs des peuples, et lorsqu'ils ont déterré quelques oppositions ou quelques différences entre leurs lois, leurs coutumes, leurs pratiques, scanner de ces variations pour atta-* quer dans leur immuable essence le droit^et le devoir? In Egypte, on épouse sa sœur; chez les autres peuples , on a horreur d'une pareille alliance. Ils ont fait cette découverte. Kh bieni où est le fàê ou le ne/Ua ? Dans l'incertitude, répondent-ils, et ils se décernent une ovation. Afin d'étendre la même indécision à l'ordre physique, Montaigtie n'a pas honte d'alléguer, d'après les crédules Hérodote et Pline, des fables plus ridicules que celles dont les nourrices amusent les enfants. Dans quelques contrées, les hommes naissent sans tète, et portent les yeux et la bouche à la poitrine; dans d'autres, ils n'ont qu'un œil au front, et la tète plus semblable à celle du chien qu'à celle de l'homme; ici, ils sont moitié poisson par en bas, et vivent dans l'eau; là, ils se transforment naturellement en loups, en chevaux, et puis ils redevieunent hommes; en quelques endroits de l'Inde, ils sont privés de la bouche, et se nourrissent de la senteur de certaines odeurs. Après ces extravagances et d'autres pareilles , oâ donc est l'homme véritable? s'écrie-t41; on ne sait, et il triomphe encore.— Travailler à arracher toute chose à ce qu'elles ont de permanent, à les résoudre dans un flux et reflux perpétuel, à les rendre si flexibles qu'elles se plient d'elles-mêmes aux contraires et ne se laissent pas tenir un Instant, voilà le consUnt eft>rt des sceptiques. N'est-il qu'un Jeu, qu'une guerre malicieuse contre l'orgueil de la science? on ne pourrait que le croire, si on ignorait quelle triste cause le produit. N'avons-nous pas vu le pyrrhoniime surgir, lorsque l'esprit
humain^ retiré de lui-mène« ott il tmovill la certitude, s'est enseveli au loin daas les déttfls, dans les impressions sensibles et les vaines abstractions qui en dérivent, c'est^MlIre dans k sensualisme, où la certitude n'est point? Pour ne parler que de quelques cbefi, Pyrrhon était disciple de Démocrite, Montaigne appartenait à la même école. « Toute connaissance, dit-il, l'a* chemine en nous par les sens : ce sont nos nultrès; la science commence par eux et se résout en eux... Les sens sont le commeneement et la fin de l'humaine connaissance. » Que si aux époques de la splendeur de la philosopliie, où Tesprit humain vit «i lui-même, il se montre quelques sceptiques isolés, ils sont encore ses* sualistes, témoin, entre autres, Huet, éTêqve d'Avranches. U n'y a donc point lieu a réfuter le scepticisme. Par où le saisir, lui qui n'acœple rien, et avec qui nul raisonnement n'est possible ? Bn effiet, dans le sensualisme, dont U est la dernière conséquence, la pensée n'a pour moyen de connaître que les impressions physiques et les abstractions qu'elle en forme. Et quoi de plu inconsistant et de plus fugitif qu'une impression , et à plus forte raison qu'une abstraction, qui, étant tirée de l'impression, a moins de réalité qu'elle, et n'est, pour ainsi parler, que l'apparence d'une apparence? Qu'est sur nos sens l'hnpression d'un corps blanc? un simple phénomène, que mille circonstances, et notamment la plus légère modification de l'organe de la vue, peuvent changer. §1 l'impression d'un objet Mane est si peu de chose, que sera-ce que le blanc alK strait ou la blancheur, n'ayant rien sur quoi eHe s'appuie, et partant aucun moyen d'impresslooner les yeux? car on voit bien des corps blancs, mais qui a vu la blancheur? BDe n'est qn'm mot. Au milieu de cette incessante mobilité des impressions et de ce vide des abstractions, où se prendre? Hais que l'esprit remonte aux idées ou à lui-même; et il trouve le consistant et Is fixe, et ne s'émeut point de ce qui l'avait trooblé et renversé pendant qu'il errait dans les sens. A qui dans l'idée de perfection infinie contemple Dieu, qu'importe Tathéisme de quelques individus, qu'ifl4>orterait même l'athéisme da genre humain, s'il était possible que le gemt humain enUer fût athée? A qui dans lldée de rectitude immuable contemple le droit, quimporte la diversité des coutumes et des lois? Bien plus, du haut des idées, il comprend comment des esprits, même cultivés, mais qu'aveuglenl les doctrines sensuelles, peuvent méconnaître la Souveraine intelligence; comment ledroit, quoique immuable en sol , peut subir des applica-