‹ Nouveau dictionnaire de la conversation: ou répertoire universel ..., Volume 3Chapitre 1 sur 63 · LIBRAIRIE HISTORIQUE- ARTISTIQUE · texte numérisé non relu

LIBRAIRIE HISTORIQUE- ARTISTIQUE

■VB DE SCHABRBEBK . N" 12.

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BAIAIIXONS. Ce nom désigne, dans les poissons, des filaments qu'on trouve autour de la bouche de certaines espèces, et dans lesquels semble restreinte la perception du tact. Les poissons munis de ces barbillons sont en général des animaux rusés, qui se cachent dans la vase, agitent à sa surface ces tentacules sur lesquelles se jette leur proie trompée par Tappareuce de Ter qu*ont ces organes. Dr. .z.

BARBU. Bacco. Genre d*oiseanx de Tordre des zygodactyles. Les contrées les plus chaudes des dem continents sont habitées par les barbus, dont plusieurs espèces, revêtues d'une magnifique livrée semblent vouloir dérober, sous le luxe éblouissant des plus riches couleurs, Tlnip^titude de formes qui donne à ces oiseaux un air pesant, gêné et en quelque sorte stupide. Leors habitudes tiennent beaucoup de Timperfection de leurs formes : on les voit rarement rétinîs; jamais ils n*égayent les bocages, soit par leurs chants, soit par cette pétulance que Ton admire dans presque tous les oiseaux des régions teflipérées. Posés sur la branche la plus basse d'un arbre bien touffu , ils restent des heures entières, affaissées pour ainsi dire sous le poids d'un corps épais qui laisse à peine apercevoir «ne tête ordinairement retirée entre de larges épaules. S*ll8 sont découverts dans leur obscure statiOD, ils s*éloignent lentement et paraissent alors craindre d*être incommodes, plutôt que de diereiier leur salut dans la fuite. Les insectes, kfftvitf et les graines leur convenant indistinctoBent, ils sont toujours certains d*une nourri- Uae aboBdaote. Leur indolence naturelle se frtt— yc eoeore dans la construction de leur ■Jtfilftf placent dans le creux d*un arbre, et où

selon les espèces, ils ponAent de deux à quatre et six œufs. Br..z.

BARCAROLLE, c'est-à-dire chanson de barque, de batelier, sorte de chanson en langue vénitienne que chantent les gondoliers à Venise. Quoique les airs des barcarolles soient faits pour le peuple , et souvent composés par les gondoliers mêmes, ils ont une mélodie si franche et si naïve, un accent si agréable, qu*il n*y a pas de musicien dans toute Tltalie qui ne se pique d*en savoir et d*en chanter. L'entrée gratuite qu'ont les gondoliers à tous les théâtres les met à portée de se former Toreille et le goût; de sorte quMls composent et chantent leurs airs en gens qui, sans ignorer les finesses de la musique, ne veulent point altérer le genre simple et naturel de leurs barcarolles. Les piiroles de ces petits airs sont communément pkJ^que naturelles, comme les conversations de cl^^mii les chantent. Ces improvisateurs empruntenrd^s stances au Tasse, car la plupart savent par cœur une grande partie de son poème; au Dante même, et chantent ces beaux vers alternativement d'une barque à l'autre. Rossini a donné une imitation parfaite de cette déclamation nîusicale dans le 3« acte d*Oiello, Le chant des gondoliers, composé sur des vers du Dante, est empreint d'une mélodie délicieuse. — Les chansons des gondoliers ont tant d'agrément que les compositeurs ont imaginé d'en placer dans leurs j^^, en leur donnant cependant un cadre ^RP^ti. Amis, la matinée est belle, de la mlti^'de Portici; O mattutini, de la Donna del Lago, sont des barcarolles; celle du Roi Théodore, à plusieurs voix, est d'un effet charmant; celle O pescalor deWonda, ftdelin, en dialecte vénitien, après

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avoir obtenu un succès prodigieux comme pièce fugitive, a été arrangée en trio et introduite dans la Sérénade, opéra.— La barcaroUe s^écrit ordinairement à six-huit, quelquefois à deux-quatre. Son mouvement est plutôt gracieux que rapide, et son rhytbme semble imitçr et suivre les molles ondulations de la rave. OisiiirBLASV. BARGKI4ONE, «neiennemtnt Marduo, célèbre Tille d*Espagne et capitale de la Catalogne, est située sur la Méditerranée, à Textrémité d*une Taste plaine. Plusieurs écrivains attribuent sa fondation au capitaine carthaginois Amilcar Barca, à qui elle dut également son nom; elle remonterait ainsi à environ trois» siècles avant Jésus-Christ. Quoi qu'il en soit, Barcelone, après avoir été soumise aux Romains, passa, lors du démembrement de Tempire, sous la domination des Goths, au v« siècle; puis sous celle des Sarrasins, au yiii«. Les Francs, conduits par Charlemagne, renWvèrent k oes derniers en 801 ; oe monarque en fit alors le siège d'un comté auquel il préposa un seigneur de race gothique, appelé Bera. Ce comté, d'abord simple bénéfice, concédé à vie par ce souverain, comprenait, «ous le titre de Af arche d'J^tpagne, tout ce que les Francs avaient pu conquérir au delà des Pyrénées, Sous Louis le Débonnaire, il forma une des deux portions du duché ou marquisat de Septimanie ou Gothie dont fut investi ce même comte Bera; l'autre portion se composait de ce que les Goths avaient possédé en deçà des Pyrénées, et forma un peu plus tard le duché ou comté de Toulouse, Mais cetétablissementdura peu : en 864 les deux grandes seigneuries se trouvèrent définitivement séparées, et un personnage appelle WiAred le Velu devint comte héréditaire de Barcelone, relevant de la couronne de France. Q fut la tige d'une maison puissante enBspagne qui se trouve, jusqu'au xn« siècle, souvent mêlée aux événements dont la Péninsule fut le théâtre. Le huitième de ces comtes, Raymond Bérenger I», dit le VieuSy commença surtout l'illustration de cette maison, presque souveraine , par ses guerres heureuses contre les infidèles. Sn 1048 il obligea plusieurs de leurs rois à se rendre ses tributaires. Ses quatre successeurs, connus également dans l'histoire sous le nom de Raymond Bérenger, marchèrent sur ses traces et se distinguèrent par des expéditions contre les Sarrasins, dont l'heureuse issue ajouta considérablement à l'étendue de leurs possessions, Raymond Bérenger ni, devenu comte en 1093, se signala surtout par la conquête des lies Baléares et de Majorque, qu'il e£Fectua avec le secours des flottes de Gênes et de Pise placées sous les ordres du légat du pape.

Ce prince entra dans l'ordre des Templiers l'an 1131 et mourut la même année, âgé de 48 ans, non moins célèbre par la sagesse de son gouvernement que par ses exploits. Son fils, Raymond Bérenger lY, devint roi d'Aragon par son maria|[ç avec pétronillç, fille et héritière du roi Ramife le Maine^ Le comté ^i^vint ^ès lors Qomme une province tfe ce rayaume, mais en continuant toutefois de relever de la couronne de France; ce qui dura jusqu'en 1358, année où le roi saint Louis abandonna ses droits de suzeraineté en faveur de don Jayme, roi d'Aragon, en faveur du mariage d'Isabelle, fille de ce prince, avec son fils Philippe, depuis roi de France. L'histoire du comté de Barcelone se confond dès lors avec celle d'Aragon. En 1395, Barcelone tenta de se soustraire au joug des princes aragonais, et, après s'être quelques instants gouvernée par ses propres magistrats, elle envoya son ambassadeur à René d'Aqjou, comte de Proyenc» et roi d^ Naples, pour l'inviter à faire valoir les droits que lui donnaient d'ancieunes alliances de sa maison avec celle dei comtes de Barcelone. Bn conséquence une expédition asses heureuse eut lieu; mais la maison d^Anjou s'étant éteinte dans le siècle suivant, Barcelone se soumit à Jean U, roi d'Aragon. Les droits des Angevins au comté passèrent à la niaison royale de France; mais les guerres d*Italie empêchèrent les rois de les foire valoir. Toutefois, il faut croire que l'empereur Charles Y ne les croyait pas sans fonttements, quisqu'il en exigea la cession du roi François I«r, par le traité de Crépi, de 1544. Environ un siècle après, en 1640, Barcelone fut reprise par les Français et conservée par eux jusqu'en 1059; les Espagnols la reprirent après un siège de 15 mois. Bans ces guerres de succession cett^ ville passa plusieurs fois d'un parti à l'autre; en 1677 les Français, sous le commandement du duc de Vendôme, s'en emparèrent après un )(iége remarquable. Rendue par le traité de Ryswick, elle fut, en 1714, après un nouveau si^e, emportée d'assaut par le maréchalIXe Berwick; elle perdit alors tous ses anciens privilèges que Philippe V lui rendit, toutefois, un peu plus tard, Barcelone a été encore au pouvoir des Français de 1808 à 1814, pendant la guerre de l'indépendance. En 1831 elle fut désolée par la fièvre jaune qui lui enleva le cinquième de sa pppula* tion et donna lieu à l'admirable dévouement des médecins français et des sœurs de Sainte-^^amiUe qu'on vit afironter ce terrible fléau pour secourir ses malheureux Jiabitants. Enfin c'est dans c^tte cité qu'à été donné, en 1833, par la mnni-

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eipaiilé ei par Ifi 9é»éfal Uasder, l6 tlgBal delaBôinrtlle ré?eluti^qui,deD08 Jours, a produit tant de teoousset et tant de louldvements. Barcelone eat à S5 lieues sud*sud«ouest de Perpisnan, et à 114 lieues nord-est de Madrid. Cest une des plaeet les plus fortes d^lipagne i des fossés profonds, des remparts, une citadelle pouvant contenir 7,000 hommes de garnison, et plusieurs forts la protègent du côté de la terre; elle est défendue du eôté de la mer par une mu* raUlede 380 pieds de long, haute de 50 et épaisse de 48. On y distingue la vieille ville et la nouvelle; ces deux parties sont séparées par un coure orné de quatre rangs d*arbr^ Bn dehors des murs est nn fouboug, appelé Baraioneim et qui se compose de SO larges rues coupées k an* gles droits; il a été bâti en 1750 par le marquis de Mina et contient 5,000 habitants. On remarque à Barcelone plusieurs beaux édifices, tels que la cathédrale, quelques couvents, le palais des rois d'Aragon ; elle renferme plusieurs iiromctnades ombragées de beaux arbres et des places ornées de fontaines. On y cmnpte sept hôpitaux et un grand nombre d'autres établissements de bien pnbUc ou d'instruction, Cette ville, qui est le centre du eoBunerce de la Catalogne, possède aussi diverses branches d^industrie, notamment des fabriques de draps, améliorées depuis 1890. 8oB port, situé au sud-est de son enceinte, a 1,000 toises de large à son ouverture, et 100 seulement à son extrémité ; sa kMigueur est de 1 ,S00 toises an plus ; des sables qu'y amènent le Llobregat et le Besas , qui viennent s'y perdre, gênent qudquefois la navigation. Le nombre des navires qui y entrent chaque année est de 1,000. La principaleexportation consiste en vins et eaux- . de-vie. Onoompte à Barcelone 150,000 habitants. Ses environs sont très-fortiles et parsemés de villages, de couvents et de maisons de pUilsance, dont l^peet est ravissant. Bufav.

Barcdone, depuis l'année 1SS3, époque à laqudle, sous le commandement du général Ltander , elle donna le signal de la révolution qui agite encore l'Espagne, a été le théâtre d'événements graves dont nous esquisserons rapidement la succession.

Après la moH de Ferdinand, Barcelone fot une des premières villes du royaume qui reconnurent la régence de la reine Marie-Christine, pendant la minorité de sa fille Isabelle IL L'esprit libéral de cette populeuse cité se manifesta toujours en foveur des nouvelles institutions et trop souvent la violence y suscita des mouvements populaires dont les suites ont toujours été fonestes à la capitale industrieuse de la Cata-

logne. C^est surtout à parthp de I8S5 que IVigitation et l'émeute y deviennent en quelque sorte permanentes.

Accusés do soutenir le parti de don Carlos, les ordres religieux deviennent le pohit de mire des agitateurs, et le i5 juillet le peuple barcelonais soulevé se porte en masse aux couvents pour les incendier; six de ces derniers sont détruits , et quelques moines périssent. Le lendemain rémeute, changeant de face, veut sévir contre les fabriques, cependant elle prend bientôt un caractère politique. Le 5 août les désordres recommencent avec un caractère déplorable. Le général Bassa, arrivé la veille à la tète de 2,000 hommes est attaqué au palais même, précipité du balcon et son cadavre est jeté dans les flammes après avoir été traîné à travers les rues. Les bétels du gouvernement sont envahis, plusieurs établissements publies et particuliers sont incendiés, parmi lesquels le couvent de Saint-Sébastien, les archives administratives, les bureaux de l'octroi et des postes. La statue de Ferdinand YII, élevée sur la place du palais, est renversée de son piédestal et remplacée par un portrait de sa fille Isabelle II.

Le 8, une sorte de tranquillité avait recommencé à régner; on en profite pour procéder aux élections des officiers de la milice urbaine. De nouvelles juntes sont créées, elles répandent des proclamations dans lesquelles elles engagent tous les Catalans à seconder les Barcelonais. La municipalité de Barcelone envoie à la reine une adresse votée le 19, dans laquelle elle demande la convocation des certes extraordinaires pour s'occuper d'une loi fondamentale; la même junte se met en rapport avec Yalence et quelques autres villes du royaume.

Le 4 septembre les patriotes barcelonais demandent que la députation provinciale se forme en junte centrale de gouvernement et que son premier acte émette un vœu catégorique pour qu'un code fondamental soit rédigé par les cortès constituantes et pour prier la reine de condescendre aux voeux des Catalans. Mais une pro^ clamatlon de la reine et un décret de dissolution des Juntes, ayant été lus ^ Barcelone^ les autorités supérieures de la ville et de la province appelèrent la]unteconsultative,et,réunisà elle, se constituèrent provisoirement en junte supérieure de gouvernement de la principauté de Catalogne,

Cette junte annonça sur-le-champ son installation et recommanda avec les plus vives instances la conservation de la tranquillité intérieure, et termina sa proclamation par ces mois :

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Vive la liberté, Vive Isabelle II, Vive l'ordre public! La milice urbaine députa des commissaires pris par compagnies et chargés d'exposer à la junte les désirs de leurs corps respectif; la junte les accueillit ainsi que les représentanU > des quartiers et des autres classes du peuple. Bans cette assemblée on résolut d'attendre le résultat des députa^tions envoyées à Valence et à Saragosse; le lendemain de son installation la junte remit en vigueur deux décrets des cortès de 1 831 et de 1 823 : Tun pour appliquer la moitié de la dime aux frais de mobilisation de la milice urbaine, Tautre à la suppression des droits seigneuriaux.

Une division commandée par le général carliste Guergué étant parvenue à s'installer dans la Catalogne, dès que la junte gouvernante de Barcelone en eût connaissance, elle invita le général Pastors à entrer en campagne pour s'opposer à cette dangereuse invasion.

Sur ces entrefaites le général Mina, qui appartenait au parti populaire, fut nommé capitaine général de la Catalogne. Il était chargé de faire exécuter un nouveau décret ayant pour objet rétablissement provisoire de députations provinciales, ainsi qu'un autre décret qui rapportait toutes les dispositions pénales contre les juntes et déclarait tous les événements arrivés depuis le premier moment de la scission généralement oubliés. Ces décrets, dus à l'arrivée au pouvoir de M. Memlizabal, furent accueillis avec enthousiasme à Barcelone et dès l'abord cet enthousiasme fut considéré comme le prélude de la soumission de la junte de Barcelone.

Celle-ci, le 33 septembre, porta ces foits k la connaissance du peuple et engagea tous les Catalans à se rallier aux hommes qui avaient saisi les rênes du gouvernement, et dont les antécédents ne laissaient rien à désirer. Cependant cette junte ne donnait pas sa démission, elle annonçait au contraire son intention de rester en fonctions jusqu'à l'arrivée du général Mina. Enan celui-ci ayant fait son entrée à Barcelone, le 30 octobre,la junte, par une proclamation aux Catalans, annonça qu'elle se retirait et déclara qu'elle s'abandonnait avec confiance aux promesses du fils de la liberté qui avait pris les rênes de l'État et du guerrier sans tache qui s'était mis à la tète de la Catalogne désolée.

Ainsi, en moins de six semaines, cette grave insurrection de la junte s'était arrêtée au seul bruit de la nomination de M. Mendizabal et du général Mina.

La tranquillité due à ces derniers événements ne fut pas de longue durée. Des rumeurs ayant

circulé sur Tindulgence qu'on accordait aux prisonniers carlistes, le peuple se soulève le 4 janvier 1836 et marche sur la citadelle. Les portes en sont forcées, le pont-levisest abaissé, la foule se précipite dans la place, le colonel O'Donnell est égorgé par le peuple, les prisonniers sont fusillés et tués sans défense, l'œuvre de mort se poursuit avec acharnement, et 130 prisonniers sont immolés k la fureur populaire. Ce n'est que le lendemain que la fermeté du général Alvarès parvient à comprimer cette sanglante émeute.

Un nouveau soulèvement a lieu le 13 janvier 1837. Il est excité par deux bataillons de la milice urbaine , à l'occasion de la loi du 33 décembre précédent, qui accordait au gouvernement des pouvoirs extraordinaires.

Le 4 mai de la même année, l'insurrection éclate de nouveau. Les insurgés se rendent maîtres d'une grande partie de la vieille ville; mais guidées par le gouverneur, les troupes de la garnison cernent les quartiers occupés par les factieux, l'émeute est encore une fois étouffée, et la ville encore une fuis mise en état de siège.

En 1840, la reine Marie-Christine, dans l'intention ou sous le prétexte de faire prendre des bains de mer à la jeune reine dont la santé paraissait chancelante , arrive à Barcelone. Le général Espartero, alors l'objet de la faveur populaire, vint trouver Marie-Christine dans la capitale de la Catalogne.

A cette époque, toute la question politique se résumait dans la sanction donnée par la régente à la loi des axuniamientoi, sanction contre Uquelle avaient opiné, au sein des cortès, les i^ommes les plus influents.

Le général Espartero voulant profiter de la présence de la reine à Barcelone pour la faire revenir sur sa détermination , et n'ayant pu y parvenir, donna, le 13 juillet, Tordre à son étatmajor de faire les préparatifs de son départ.

Cette nouvelle mit la ville en émoi, et quelques heures après Barcelone avait son émeute accompagnée des circonstances ordinaires.

Le mouvement se prolongea jusqu'à minuit, mais les troupes chargées de réprimer l'iusurrection, ayant reçu l'ordre imprudent de regagner leurs casernes, l'agitation devint de plus en plus menaçante. A une heure de la nuit, le duc de la Victoire se rendit au palais et obtint enfin de la reine la remise de son ministère. Cet acte mit fin à Texaspération populaire. Bientôt la reine quitta Barcelone pour se rendre à Valence. Le grand événement qui venait de s'accomplir fut le prélude de son abdication, et celui du nouveau pouvoir d'Espartero.

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Le général O^Donnel, partisan dévoué de la reioe et qui agissait dans le sens du général Diego Léon, fournit Toccasion à la municipalité de Barcelone d*adresser, à la date du 8 octobre 1841, une proclamation dans laquelle cette municipalité engageait les Barcelonais à poursuivre les adhérents à la rébellion d*0*Donnell.

L'effet immédiat de cette proclamation fut le soulèvement de la population de Barcelone. Une foule considérable se rassemble et se porte vers la citadelle qu'elle veut démolir. Les autorités soutenues par la garnison s'opposent au mouvement, et la ville est mise en état de siège, dans le but d'arrêter les effets d'une sédition menaçante.

Le calme, rétabli de nouveau dans cette population si Irritable, fut de nouveau troublé le 15 novembre 1842. Les droits d'octroi récemment établis sur le vin en fournissent l'occasion. Une collision éclate entre le peuple et la garde de la porte Bel Angel : les soldats sont désarmés, mais des renforts arrivent, dispersent,les mutins et une douzaine d'individus sont arrêtés. Cependant l'émeute grossit et vient assiéger rhôtel de viUe, les gardes nationaux se Joignent aux mutins en réclamant contre le recrutement auquel le gouvernement voulait les restreindre. Le chef politique, aidé d'un détachement de troupes, dissipe les séditieux sur tous les points. Pendant la nuit les rédacteurs du Journal el Republican sont arrêtés comme les promoteurs de la sédition.

Le lendemain 14, Pinsurrection prend un caractère plus sérieux, les groupes armés se précipitent vers l'hôtel de ville, et demandent la mise en liberté des journalistes. Les forces de l'insurrection s'accroissent à chaque instant^ la plus grande partie de la garde nationale prend les armes, le peuple creuse des tranchées, élève des barricades et se retranche dans certains édifices. D'un autre côté, le général Yan Halen et le général Zurbano combinent leurs opérations pour dompter l'insurrection.

Le 15, à 9 heures du matin , le feu s'engage sar plusieurs points. Les habitants et les miliciens répandus dans les maisons font pleuvoir SUT les troupes des pierres, des balles, des meubles, des liquides bouillants.

Vers midi, après trois heures de combat, le capitaine général prend le parti de foire retirer ses troupes, dont la perte s'élève de cinq à six cents hommes. La retraite s'opère dans la citadelle, dont les murailles sont escaladées par les insurgés qui s'emparent du fort Plo, situé dans rintérieur de la puce.

Le 15 au soir, l'insurrection était victorieuse. Le 16 et le 17, la partie de la citadelle occupée par la troupe et le fort de Montjouy bombardèrent et canonnèrent la ville. Dans cette dernière Journée une capitulation, conclue entre les insurgés et la force armée , amena l'évacuation de la citadelle , et les troupes se retirèrent dans le fort Montjouy, maîtresses du port et du faubourg maritime de Barcelonette.

Une junte populaire présidée par le nommé Garsy, simple officier de la garde nationale, s'organisa et chercha à attirer dans son parti les villes importantes de la Catalogne, mais, il fout le dire, sans but décidé, sans direction fixe les insurgés parurent dès le 19, jour où cessèrent les hostilités, embarrassés de leur position et incertains dans la marche qu'ils avaient à suivre.

La' nouvelle de ces événements étant parvenue à Madrid , le régent rassembla des troupes et marcha sur Barcelone.

Parti de Madrid le 21 novembre, le régent arriva devant Barcelone le 29 du même mois ; les députations des Juntes furent envoyées auprès de lui et ne furent point reçues, il leur fit signifier que si la ville ne s'était remise à discrétion le 3 décembre à dix heures du matin, elle serait bombardée à outrance. Cette réponse du régent porta l'irritation dans les esprits et les Barcelonais se préparèrent à une vigoureuse défense. En effet, le bombardement commença le 3 à 11 heures du matin et continua sans interruption jusqu'à minuit ; dans cet intervalle 817 bombes furent lancées sur la ville, qui détruisirent et incendièrent un nombre considérables de maisons et d'édifices publics ; le 4 les insurgés furent désarmés, la ville se rendit et le général Yan Halen y fit son entrée à 5 heures du soir. Il fit de suite publier une proclamation des plus rigoureuses, déclara la ville en état de siège, et ordonna le désarmement non-seulement de la garde nationale, mais de tous les habiUnts. '

Un grand nombre d'insurgés furent passés par les armes, et Barcelone fut frappée d'une contribution de 12,000,000 de réaux; on estime à 100,000,000 de réaux la perte qu'ont foit éprouver à Barcelone les suites de cette funeste insurrection.

Cette contribution se paya avec une lenteur facile à deviner; et même elle ne fut jamais totalement payée. Cette résistance motiva l'envoi du général Seoane qui se présenta devant la ville avec un corps d'armée, et somma les habitants de compléter le payement de la contribution. Mais, presque au même moment (mai 1843),

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eut lieu le remplacement du ministère Lopez par le ministè^ Mendizabal ; cet incident fut suivi du soulôTement de l*Xêpagne entière contre le régent. C'est, en quelque sorte, de Barcelone qu*est parti le mouvement; et cette ville aujourd'hui à jamais célèbre, vit» à partir du mois de mai 1843, se succéder dans son sein une série d'événements qui se prolongèrent Jusqu'au com* mencement de cette année (1844). Si cet article n'avait d^à trop d'étendue, et si surtout ces événements ne se liaient intimement au dernier épisode qui semble avoir enfin arrêté la révolution espagnole, nous les raconterions ici. Nous renvoyons donc à l'article Bstaorbi et aussi à l'article Yiotoiib (duc de ta). Disons, pour terminer, que la reine mère Marie-Christine, qui a vu, k Barcelone, le pouvoir s'échapper de ses mains, a repassé par cette ville, il y a deux mois, revenant de son exil, et rappelée auprès de sa fille. L'enthousiasme avec lequel elle a été accueillie par les habitants, dura dû lui prouver tout le regret qu'ils éprouvaient de l'affront dont elle avait été naguère la victime dans leur ville. X*

BABGHIBLLO (BOHiifiQifl), poCte florentin du XV* siècle. Le genre biiarre e( presque incompréhensible dont il est le créateur lui a valu, en Italie, une grande célébrité ; cependant nous ne voyons pas trop quel est, sauf la pureté du langage qu'on ne peut leur contester, le mérite de ces sonnets,-composés de phrases sans suite, de mots qui semblent réunis par le harard. On croit quelquefois y découvrir un sens éuigmatiquef mais il vous échappe dès que vous vous applique! à le saisir. *

BarchJello était fils d'un barbier i la boutique où il exerçait la profession que lui avait léguée son père était le rendek^vous deê beaux esprits du tenàps; elle est peinte sur l'une des voûtes ie la galerie de Médiois.Barchiello mourut à Rome, en 1448. Ses sonnets, imprimés pour la première fois à Bologne, en 1475, l'ont été tr^-souvent depuis; on en comptait déjà sept éditions avant la fin du xv« siècle* MUe OtniNi.

BARGLAT (us), famille célèbre d'oHglne écossaise qui, après s'être fait un nom glorieux dans les armes, acquit encore plus de réputation dans le domaine de la philosophie et de la littérature. Ces deux branches des connaissances humaines, réduites à la triste aridité de la théo* logie, languissaient en Europe, lorsque Barclay (Aluarmi), par de nombreuses traductions et des ouvrages de critique et d'histoire, écrits avec une élégante pureté, dédaigha les routes battues et se fraya un chemin que s'empressèrvnt de

suivre les bons esprits de son temps. On ignore le lieu et l'époque précise de sa naissance) on sait seulement qu'il étudiait k Oxford verfe 1495, sous le patronage de Thomas Gomish; qu'U fut successivement dominicain, fhinciscain, pourvu de bénéfices dans les comtés de fiommerset et d'Essex; qu'il suivit todê les Changements religieux opérés par Henri YIII, et qu'il véctitd'une manière scandaleuse, quoique professant la tno« raie et lisant assidûment la Fie tfes wintê. Cet homme bizarre, aussi morose sur ses vieux jours qu'il avait été aimable dans sa Jeunesse, mourut en 1559, 6 Croydoni province de Surrey. Au nombre des productions originales d'Alexan^ dre Barclay, nous citerons : les Hes de sainie Margtêerite, éê minte QÊUhêrine, de êaint George^ etc., en vers anglais; la Figurede notre mère la êointe Égliêé, opprimée pat le roi de Fmnce* fies traductions les plus estimées sont des Égloguee du latin de Baptiste Mantouan et d'Anéas Sylvius, la Guerre de Jugurtlia de Salluste{ mais surtout la Nef dee feuê {ehip of fooU)^ de Sébastien Brandt, satire moitié en prose, moitié en vers, imprimée plusieurs fois*

GviLLAVMB BABCL4T, dc la mémc famille que le précédent, né en 1545, à Aberdeen, fut enyo'» loppé, 30 années plus tard, dans la ruine de son pays et de sa maison. Obligé de se réfugier en France, il étudia le droit k Bourges, sous le célèbre Gujas, y prit le titre de docteur, et Yint ensuite professer la jurisprudence ft l'uniyersité de Pont-àMousson. Conseiller d'État, ifaattre dea requêtes du duc Charles UI, comblé des fteYeurs d'un prince qui savait apprécier le mérite , il attirait à ses leçons un grand nombre d'auditeurs et voyait chaque Jour grandir U réputation naissante, lorsqu'un différend avec les jésuites, à propos de son fils Jean l'obligea d'abandonner sa chaire* 11 quitta la Lorraine en 1602^ fut nommé professeur à l'université d'Angers , et passa Tannée suivante à Londres où Jacques I«r lui ftiisait les offres les plus séduisantes 9 tuais il aurait fallu renoncer au catholicisme « et Barday préféra quitter l'Angleterre. Il revint à Angers en 1604, composa plusieurs écrits contre la LiguC) et mourut sur la fin de l'année suivante, en laissant la réputation d'habile Jurisconsulte et de grand théologien.

Jsau Baeclat, fils du précédent et d'une femme lorraine de la maison de Malleyllle, naquit à Pont-à-Mousson, en 1583. Il parcourut la France, Tltalie, ftat plusieurs fois sur le point d'entrer chei les jésuites, et passa en Angleterre où Jacques I«r le retint par des omplois lucratifs. On dit même qu'il eut beaucoup de ^ért à

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lu ourrage attribué au roi^ ayant pour titra Fumiemiuê trifàiêm et Gunieuluê trèfles». JFean iarclaf publiait area una ardeur infatigable les ouvrages de son père et las siens^ poursuivait Charles III de ses sarcasnes, combattait les aatboliques, et laissait courir sa plume avec d^autant plus de liberté qu'il était sûr de la protactîoii du trdne. Cependant le duc de Lorraine sa plaignit des attaques inconvenantes d« son anden sujets et Jacques renvoya à Hancj, en qualité d'ambassadeur ) afin qu'il y ftt des excuses à Charles III. Be retour en Angleterre, il trouva une aabale imposante fermée contre lui. Barday redoutait les censures de la cour de RoaM^ et) pour les éviter, il alla trouver le sou» verain pontifie. Paul Y, le cardinal Barberini et les autres dignitaires de l'État de l'Église It re^ furent parfoitement : il publia une Jpologie, combattit avec vigurar toutes les sectes protestantes, et mourut à Rome, en 1621* Ses productions, traduites dans presque toutes les langues de l'Europe, témoignent en faveur de son savoir et de la loyauté de ses principes. Be la multitude d'ouvrages de Jean Barclay nous indiquerons les principaux, avec la date de leur apparition : NotminPapinii Statii Thebaiden^ Mussiponte, liM^f, in-So; Ënphorminniê Luêinini êmlyricmif \^ partie, Londini, 1609; 2« partie, Parisiis, \W&\ in-8<». Canêpiratio anglicana^ 1609, in-12. Apolegia Euphormioni»^ Londini, 1610, in-19. Poemaium /i^VtfO> Londini, 1615, in-4o. ilr^fefMS, ParIsilS) 1631, in-8». L'i^r^entsde Barclay, son ouvrage le plus connu , est un roman allégorique, offrant le tableau du gouvernement de la France à cette époque. Il a eu plusieurs éditions et a été traduit en français en 17S9 et en 1776.

RoBiav BâiGiÂT, célèbre quaker, de la même famille que lesprécédents, naquit en 1648, à Cordonstown, comté de Murrayt Envoyé au collège des Écossais de Paris dont un de ses oncles était principal, il allait être converti au catholicisme lorsque son père lui insinua les doctrines des quakers. Bobert apprit le grec, l'hébreu; se jeta, kJS ans , dans l'étude sérieuse de la théologie, et devint, en peu d'années, l'un des plus fermes appuis de son parii. Imbu de l'idée d'un commerce immédiat avec la divinité, cette opinion prédomina dans ses œuvres; mais son esprit avait trop de maturité , son jugement trop de rectitude, pour qu'il partageât les niaises contemplations et les pratiques superstitieuses des sectaires qui Tentouraient. Il ne ménagea pas plus les enthousiastes de son parti que ceux des partis opposés, et présenta l'image d'un théolo-

gien de bonne foi, discutant avec soi-même et n'écrivant que d'après l'inspiration d'une raison sévèr<K. On persécutait les quakers : Barclay écrivit leur apologie, et la cour suspendit, pour quelque temps, les mesures injustes auxquelles l^entralnait le fanatisme rellgiettx de l'époque. Mais cette mansuétude lut de courte durée : Barehiy revenant d'un voyage en HoUande et en Allemagne, où il avait accompagné le célèbre Penn, fut Jeté, avec son père et beaucoup de personnes de sa secte, dans les prisons d'Aberdeen. Il en sortit cependant Ment^ après, par l'entremise d'Elisabeth, princesse palatine du Rhin, et Jouit même de quelque faveur à la cour de Jacques n, jusqu'au moment de sa mort arrivée en 1690. Les principaux ouvrages de Barclay sont les suivants : Catéchisme et tonftêêion de foiy etc. Rotterdam, 16f5; Apologie de la vtmie thMogte chrétienne^ etc. Amsterdam, 1676, in-4o; Theeee théologioCB; Traité sur Vamaur universel, 1677. Bugtci. dbs oins bu bonbi. BARGLAT BE TOLLT (raiHQ^. f^Id-nuiréchal général au service de la Russie et ministre de la guerre de 1810 à 181S.

Qe célèbre homme de guerre, né en Livonie en 1759, appartenait à la noble famille écossaise dont il est question dans l'article précédent. En Ecosse^ les Barclay possédaient le chAteau de ToUy, dont le nom fut ajouté au leur. Celui des ancêtres du feld-maréchal, qui, en 1680, était arrivé en Livonie où il reçut le droit de noble naturalisé, servit dans les armées de Pierre le grand et eut pour descendants directs plusieurs autres militaires*

Bès l'âge de dix ans le jeune Barclay fut reçu dans l'armée comme cadet, et il prit part successivement aux campagnes contre les Turcs, contre les Suédois et contre les Polonais* En 1806, il était arrivé au grade de général-msgor, et dans la campagne de Pologne de cette année, il commanda i'avant-garde de Bennigsen. Les combats de PouUousk et d'Allenstein commencèrent sa réputatioui II la soutint ensuite à la bataille d'fiylau, où il fut dangereusement blessé au bras droit. ]>ans cette campagne il fut promu au grade de lieutenant général , et l'empereur de Russie et le roi de Prusse le décorèrent de plusieurs ordres. Lorsque sa blessure fut guérie, il fit la campagne de Finlande et se distingua encore par sa résolution et par ses talents. Vers la fin de 1808 il fut obligé de rentrer en non-activité; mais déjà en mars 1809 il reprit son commandement et surprit les Suédois à Umeo , en Yestrobothnie, par une marche de deux jours sur les glaces qui couvraient le golfe Bothnique. Les ennemis ren-

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dirent justice à Fexacte discipline qu*ll avait maintenue dans son armée; et à son retour le grade de général (en chef) de Tinfenterie devint sa récompense.

Hais Tempereur Alexandre ne s^en tint pas là : il nomma Barclay de Tolly gouverneur général de la Finlande nouvellement conquise, lui conféra Tordre de Saint-Alexandre-Newski, et le fit en 1810 ministre de la guerre. Alors il introduisit dans Parmée russe de notables améliorations; il pul)lia un règlement, propagea les études parmi les officiers, porta au double le nombre des troupes, et prit des mesures énergiques pour soutenir la lutte contre Napoléon à laquelle Alexandre était décidé, mais dont il cherchait à reculer les premiers effets.

Barclay de Tolly fut Tauteur du plan d'opérations que suivit d*abord Tannée russe dans la campagne de 1812. Ce plan, sagement combiné, et auquel les hommes du métier ont rendu justice, échoua contre les défiances de la nation russe, impatiente d*en venir aux mains avec Tennemi, et qui ne pouvait voir que la défense de Moscou et de ses sanctuaires fCkt confiée à un guerrier qui n*était ni russe ni orthodoxe. Pour mieux en assurer la réussite, le ministre de la guerre se chargea lui-même de Taccomplir et prit le commandement de la première armée de TOuest. La seconde, placée à une distance un peu trop grande vers le nord, avait pour chef le prince Bagration.

Le but de Barclay était d'attirer Tennemi dans Tintérieur du pays, de lui couper les vivres, de Tafiaiblir par de longues marches à travers des déserts, pendant qu'il serait harcelé de tous côtés par la cavalerie légère. Détruisant donc les magasins à l^ilna et à Yiikomir, il se retira sur la Duna, dans son camp retranché de Drissa, gouvernement de Yitebsk. Mais voyant Napoléon prêt à le tourner pour marcher sur Moscou et craignant d'être coupé de Tannée de Bagration, il se précipita vers Smolensk où il arriva le 28 juillet protégé par le général Wittgenstein {vox») et après avoir lui-même repoussé Tennemi. Là s'opéra la jonction des deux armées de TOuest; mais bientôt la mésintelligence se mit entre les deux chef^. L'empereur Alexandre dut retirer à Barclay le commandement pour le confier (le 29 août) à Kutusof que la faveur publique lui désignait. Aussitôt Barclay de Tolly se rangea sous les ordres du nouveau généralissime et le seconda de tous ses moyens. Il commandait l'aile droite de l'armée à la bataille de la Moskwa.

Mais le 22 septembre, sa santé altérée l'obligea de quitter l'armée; il y reparut après quelques

mois de repos et rendit, le 8 janvier 1818, sa fameuse proclamation aux troupes allemandes comprises dans Tarmée des Français . Après avoir pris Thorn, il s'avança sur Posen et entra en Lusaee. A la bataille de Bautzen il signala sa brillante valeur par une longue et noble résistance. Ensuite, le 26 mai, il fut chargé du commandement en chef de Tarmée pnisso-nisse; sous lui, Wittgenstein commandait les Russes, BlUcher les Prussiens, et le grand-prince Constantin la garde impériale; et il conserva ce commandement général après que le prince de SchwarUemberg eut été placé à la tête de toutes les forces de la coalition. Ce fut Barclay qui se rendit maître, à Culm, de Yandamme et de tout son corps d'armée ; et à la bataille de Leipzig il fit d'honorables efforts pour se maintenir dans sa position. Alexandre lui conféra à Leipzig le titre de comte de l'empire. NouT ne le suivrons pas dans la campagne qui le conduisit jusqu'aux barrières de Paris; là 11 présida au dernier combat qui eut lieu le 80 mars 1814, et le lendemain, jour de l'entrée des alliés à Paris, il fut nommé feld-maréchal général.

Après avoir accompagné à Londres Tempereur Alexandre, le comte Barclay rejoignit son armée et prit son quartier général à Yarsovie. Mais à la nouvelle du retour de Napoléon il reporta Tarmée russe par marches forcées sur le Rhin, et adressa, le 25 juin 1815, d'Oppenheim, une proclamation aux Français empreinte de la modération qui caractérisait cet homme éminent. Le sort de la France était déjà décidé; néanmoins Barclay conduisit son armée forte de 150,000 hommes, à CbâIons-sur-Marne, à Melun, et à Yertus. Là, Alexandre passa son armée en revue avec solennité, et conféra au fèid-maréchal la dignité de prince. Et Louis XYllI lui accorda la croix de commandeur de Tordre du Mérite militaire.

Sous les ordres de Barclay, la majeure partie de Tarmée russe quitta la France pour retourner dans sa patrie, et le prince fixa son quartier général à Mohilef. De là il se rendit en 1817 à Saint-Pétersbourg, où Alexandre lui fit l'accueil le plus distingué et ordonna en son honneur une revue solennelle. L'année suivante, pour rétablir sa santé délabrée, le prince voulut faire un voyage à l'étranger; mais il mourut en route, à peu de distance d'Insterbourg, en Prusse, à VSifSe de 59 ans. Il fut enterré à Riga où vivent encore plusieurs personnes de sa famille. Intègre et laborieux, il était brave dans le combat et habile dans le cabinet; en 1812, il avait porté le courage civique jusqu'à renvoyer de Tarmée le grand-duc Constantin. Scncinuti.

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BARDES. Ce mot est de même origine que bardaUy et désigne les poètes et rapsodes des Gdtes on GaUes, appelés Gaulois parles Romains. Ils chantaient les exploits des héros en s*accompagnant d^une sorte de harpe ; ils animaient les combattants et exaltaient leur courage, marchaient à leur tête dans Taltaque et observaient les guerriers pendant la chaleur de Taction, pour transmettre dans des chants harmonieux leurs exploits aux souyenirs de la postérité. On avait pour eux une telle vénération, qu*ils faisaient cesser le combat le plus acharna en se plaçant entre les deux partis. Les Celles, qui, du temps de César, habitaient le pays entre le Rhône et la Garonne, les emmenèrent avec eux en Angleterre, en Irlande, en Ecosse et dans les lies environnantes; ce hit surtout dans la pointe occidentale de l*Écosse que leur langue se conserva le plus longtemps ; mais insensiblement le christianisme, répandu dans le Nord, mit fin au chant des bardes. Ossian fut un de ces poètes {voX' r^rt.). On lui donne le titre de barde calé^ donien par excellence. D*après David Williams, dans ses Recherches sur les bardes de Gatles^ei de l'Angleterre {Jrbarddoniath cimraex, Dolgelly, 1838), ce fut Tydain, appelé le Père des Muses, qui fonda les privilèges dont jouissaient les bardes. Ces derniers étaient dans Torigine les dépositaires des événements publics et privés, les conservateurs de la morale parmi le peuple, les propagateurs de la métempsycose. Ils chantaient, dans les assemblées des bardes, les hymnes quMls avaient composés, et après plusieurs examens publics on les adoptait comme chants populaires.

Les chantres des anciens Germains ne sont désignés dans aucun auteur grec ou latin de Tantiquité par le nom de bardes, et ce n'est que de nos jours qu'on a pris Tusage de nommer ainsi, en général, tous les chantres des anciens temps. CoNv. Lex.

Il ne faut pas confondre les bardes avec les druides : ceux-là célébraient les exploits des guerriers par leurs chants, tandis que ceux-ci étaient les docteurs et prêtres qui instruisaient la nation et en dirigeaient en quelque sorte le gouvernement.

Dans le pays de Galles les bardes ont continué avec phis ou moins d*éclat jusqu'à nos jours. TbalJessin, le plus distingué de ces rapsodes, vivait dans le milieu du v* siècle. Il parait cependant que les bardes gallois avalent dégénéré sous le règne de Cryffyth ap Conan, roi du pays de Galles, qui les réforma en 1078 et leur donna de nouveaux règlements. Ce furent en partie les

chants des bardes gallois qui encouragèrent celte longue résistance que les habitants de la principauté de Galles opposèrent aux rois d'Angleterre de la race normande. Quelques historiens ont même rapporté qu'Edouard I«r, qui parvint enfin à réduire ce pays à l'obéissance, craignant l'influence des bardes, les fit massacrer. Que ce monarque, pour assurer sa conquête, ait sévèrement défendu les assemblées ou congrès des bardes, connus sous le nom celtique de Eisiedd' vod ou Eisteddfodd, c'est très-probable ; mais qu'il ait attenté à la vie de ces rapsodes, et fait détruire leurs poèmes, c'est un acte de cruauté gratuite qui n'est point constaté. Le chevalier David Dalrymple l'a complètement réfuté. Le recueil très-volumineux que M. Owen Jones a fait des poèmes des bardes gallois, entre les règnes d'Edouard l» et d'Elisabeth, contredit d'ailleurs cette assertion. La reine Elisabeth renouvela le privilège des bardes de s'assembler tous les trois ans en congrès poétique : il y eut un eisteddfodd solennel le S6 mai 1569, où le prix d'une harpe d'argent fut adjugé au barde Simon ap Williams ap Sion ; mais ces assemblées étant depuis tombées en désuétude, plusieurs particuliers éclairés, natifs de la principauté de Galles, ont souvent tâché de les faire revivre. Ils y réussirent enfin en 1818; il y eut en conséquence un eisteddfodd kyfreyihamj en 1820, où se présentèrent dix concurrents; et pour donner plus de poids à ces congrès poétiques, George lY lui-même se déclara le patron d'une société galloise établie à cet eflPet sous le nom de Çjrni' moridian ou Metropolitan Cambrian institution. D. BOILEAU.

BARDES^NES, gnostique d'Édesse, favori d'Abgar, à la fin du ii« siècle de J. C. 11 soutint une disputation contre le philosophe Apollonius, arrivé à Édesse l'an 165, à la suite de L. Antonius Verus, et résista à toute tentative de lui faire abjurer le christianisme. Il lutta en faveur de sa religion dans de nombreux écrits ; aussi les Pères de l'Église bonorent-ils ses talents, son éloquence et son érudition. Schptitzler.

BARDILI (Ghrétibu GxoFFROi), conseiller de cour et professeur de pbilosopliie au gymnase supérieur de Stuttgard, mort en 1808, dans la 47« année de son âge, occupe une place honorable dans l'histoire de la philosophie moderne de l'Allemagne. Le mouvement philosophique qui avait commencé par Kant produisit une longue série de penseurs profonds, qui cherchèrent à développer et à compléter la doctrine de Rant, ou proposèrent de nouveaux systèmes plus ou moins éloignés de celui du philosophe de Rœ-

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nigsberg. Bardili croyait iivoir trouvé la solution du problênie é% la plUloiophie par un nouTeail principe de logique $ mais ee priuolpe et le lystème qu*il en formait étaient trop étroitf et trop insufflsapts pour finir par prévaloir i de tout côtés une opposition très-prononcée se déclara contre lui ; le peu de partisans <tu*il atait trou* Tés rabandonnèrent, et son système disparut bientôt) après n*aYoir joué en philosophie qu*un rôle secondaire et de courte durée. Pourtant^ la pensée qui dominait dans ce système ti*en était pas moins remarquable comme témoignage de la tendance générale de cette époque k chercher un principe unique , absolu, d*oà toutes les Té« rites pussent être déduites. Kant avait établi la nécessité d^un tel principe pour la philosophie, mais il niait pour Tesprit humain la possibilité de le découvrir; or, comme il est dans la nature de Tesprit humain de ne pas croire à Timpossi-» bilité d*une chose aussitôt qu*il en a senti la^ né* cessité, et qu'il Ta déjà entrevue en quelque sorte parla position du problème^ on ne s*arréta pas à la décision négative de Kant. Le premier système important qui prétendit donner la solution du problème que Kaht avait proposé fut celui de Flchte. La grande difficulté que Kant avait précisément signalée dans la question , à savoir, comment Tesprit humain peut dépasser le cercle du fftot'> et arriver à la connaissance des choses extérieures et de leur essence, fut moins résolue que laissée de côté par le système idéaliste de Pichte, qui nia Texistence rédle d*un monde extérieur, et chercha à expliquer tous les phénomènes par la supposition d*un mot' universel, dont tous les individus spirituels n'étaient que des parties, et dont le prétendu monde extérieur ne formait qu'une limite intérieurci nécessaire, pour que le moi puisse parvenir par cette opposition à la conscience de soi-même. Mais ce système, quoiqu'il ait exercé une grande influence sur le développement de la philosophie, renfermait évidemment l'absolu dans le moi au lieu de reconnaître le mot' dans l'absolu ; il faisait ainsi sentir la nécessité d'un principe supérieur, embrassant le monde extérieur aussi bien que le moi de Thomme* On peut dire que la théorie de Bardili est en quelque sorte la transition du système idéaliste de Fichte à la philosophie absolue de Schelling, qui reconnaissait Dieu comme principe contenant en lui l'idéal et le réel , l'esprit et la nature. Mais la théorie même de Bardili était loin de satisfaire aux moindres exigences d'une science méthodique. Le principe de la philosophie qu'il pressa dans ses éléments de la première logique (1799) était pour lui l'i-

dentité absolue de la pensée; la pensée, e*est l'unie; or, pour que cette pensée puisse se mani» fester, puisse être appliquée, elle a besoin de la matière, de la nature extérieure, qui constitue l'idée du multiple» Mais l'harmonie entre la pensée et la matière, le lien entre l'esprit et la naturel est fbndée sur une UHité primitive, qui se BMnifeste également dans la pensée comme dans les objets extérieurs. Cette unité primitive est essentiellement la vérité primitive, c'est-àndire Diéu^ le principe de toute science et de toute réalité. L*étroites8e et l'incohérence de ce système, qui voulait ainsi réduire toute la philosophie à un pur formalisme logique furent bientôt démontrées par les critiquée de Fichte, de Schelling et d'autres penseurs. 6e système n'aurait jamais acquis quelque importance, si Keinhoild, philosophe distinguéi qui, le premier, avait apprécié et proclamé la haute portée de la philosophie de Kant, nes'éUit {Ais laissé tromper pour quelque temps par l'apparence, qui semblait lui promettre la découverte d'un réalisme rationnel, qu'il croyait être le but de la philosophie moderne. Reinhold recommanda donc à plusieurs reprises, dans les années de 1801 à 1695, les travaux de Bardili ; mais après, il revint de son erreur, etla théorie de Bardili tomba dans un oubli complet. Ses écrits ont pourtant le mérite in* contestable d'avoir contribué au perfectionnement de la logique, en y signalent des toutes et des lacunes importantes. H. Anms*

BARDYUS, né en lllyrie, 434 ans avant l'ère chrétienne, est cité comme un exemple fameux des jeux de la fùrtune. Élevé dans la classe obscure d^s charbonniers , il se dégoûta bientôt d'une profession aussi opposée k son caractère actif et entreprenant. Mais, peu susceptible sur le choix de sa vocation et de sa renommée, il se jeta parmi une bandede voleurs, qui l'élut pour son dief. A cette époque, des troubles sanglants divisaient la Grèce. Bardylis, en portant ses regards sur sa patrie, vit se présenter devant lui un théêtre plus digne de sa valeur et de son génie. Ce fut alors qu'à la tête d'une poignée d'hommes déterminés il conçut le hardi dessein d'affk^'nchir l'Illyrie. U sort de ses montagnes, parcourt les provinces , qu'il électrise par M>n oourage et ses succès, et, avec le concours des Odryses, il se fait proclamer roi. Perdiecas l«r, qui régnait en Macédoine, tenta inutilement d'arrêter ses progrès. Il fut battu et tué dans cette guerre (360 ans avant Jésus-Christ), et plusieurs de ses provinces tombèrent au pouvoir du nouveau monarque illyrien. Ce dernier n'eut pas si bon marché de Philippe, frère et sdccesseur de

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Quoiqu^U eût ioraié cootre lui une triple alliance aTec Gotft, rei de Thraoe^ et les NMieiif, il perdit, en »0, une grande balalUe fBl le rendit trilNitairet ainsi que ses alliés, du rsi de lacédolne* Fendant 15 ans, Baidylis épia rtacBaton de ressaisir ses atantageSi II araii M ma lorsque sa nation, les Thraoes et les PéonienS)

at «ne nouyelle ligue pour recouTrer leur Elle fut anéantie dans une ba^i par Philippe (544), et dans laquelle tetien lardyiis, oionlé Sur un ooursier^ fit ad** sùcrsoB étonnante rigueur et son intrépidité. — A rrréneaient d*Ataandre, Glitus, fils et sue» sssscar de Bard^lis , essaya aussi de secouer le jMig de la lacédoint, bmU U fut détrôné et ckassi chef Qkucias, roi des Taulantins* Cependant fl revint dans son royaume pendant l*iib* ssMe d*Aleiandre, et kiséa un filé nommé Baréfik n, roi dlUyrte, lequel fut père de Bircetana, secende Itame de pyrrhua, roi d*Épire. X*

lAIiGBS, Tifie de Trance^ département des ■mlM Pyrénées, entre deui chaînes de ttonta** gMs, et feroiée d*une seule rue, est oélèhre par m taux cbandH et sulfureuses; elles sont four* nies par tfoia séitfees principales^ et leur tem* pér^art tarie de 50 A 45 centigrades (S4 A 55 degrés téaumur). Ces souMes alimentent plU'» siam bains; mais ^es eournissent presque tou* Jears des quantités d*eau insuffisantes pour le neuhre des baigneurs qui se rend chaque année à larégcs et qui varie de 1,000 à 1,100; les mi- Btaires en fsrment presque la nujorité, car c*est tt quHs doivent se rendre quand ils obtiennent da Bhiistre de ki guerre d'aller prendre les eaux iix fMs du gouvernement.

U composition des eaux de Barèges n'est peint HgoureÉseMent connue t leur analyse est sans doute rendue difficile par la présence d*une wilwÉsats grasse, espèce de matière animale, qa^ a nommée èarégine^ quoiqu'elle se ren* eoote dans on grand nombre d'autres eaux ml* néraks. n n'est cependant pas douteux que ces esHS ne doivent leurs propriétés thérapeutiques A la présenee de sels qui ont le Soufre pour base {tjrtlfmlfltie et wul/kiê de solufe); eUes oon*t aussi de V/^drochlaraiê et du carbih de êomde, peut-être de la è9udê A l'état et de la êUiw (oi>f . ces mois)i Biles •oal|srfUitement limpides i aussi sont^eUes de ctiles qu'il est le moins désagréable de prendre A riatàrleur. Transportées A de grandes distancées^ eDea conservent cette limpidité, on les emploie A rintériettn en bains et en douche. Dans le Biasbrc immense d'eaux minérales que fburm H «aCUre, lee eAux de BArégee sont peut^tre

celles doAt les propriétés ont le plus de réalité« Cependant il ne fUut point oublier qu'en même temps qu'on en fiit usage sur les lieux mêmes, on est élevé de 4,000 pieds au-dessus du niveau de la mer, et qu'Un respire l*air pur et vif des montagnes. Il faut ajouter que Baréges n'offNint aucun des plaisirs des grandes villes, les ma-* ladeé y observent forcément un régime qui ne peut que leur être favorable. Les eaux thermales de Baréges sont conseillées pour combattre les maladies de la peau, et d'après l'opinion la plue générale c'est là leur triomphe; il arrive souvent qu'elles ne procurent que des guérisons peu solides. ^. Baux KinitàliKS. A. LiuAàiiD.

BARBUl (ÉTiiNiia)» Peintre de Milan, connu peur avoir découvert la manière d'enlever des murs les peintures A fresque, au moyen d'une toile recouverte d*uh certain enduit. Il fixait d'abord cette toile sur la muraille, en détachait les couleurs, et les appliquait ensuite, au moyen de eette même toile, sur une table de bols préparée A cet effet. On voit encore dans la salle d'exposition du palais Brera une de ces tables parfaitement bien conservée, sur laqueDe est appliqué le tableau d'Aurelio Luino, représentant le martyre de saint Vincent» Diqt. nx ià Goii v.

BABOl, iimoÊû^ genre d'oiseaux formant la seconde famille de l'ordre des gralles, dè« membre du genre que Linné appelait icolo'^ pùM. Les marais et les rives limoneuses forment l'unique habitation des barges; elles y séjour-* nënt aussi longtemps qu'une température trop froide ou trop élevée ne les force pas A chercher un climat plus approprié A leur existence, et c'est le motif pour lequel on les voit, dans beau-» coup de pays, effectuer deux passages réguliers fUndés sur le retour des saisonl. Leur constitua tion physique commande ces migrations; car leur bec long et membraneux n'est aucunement propre ou A briser les glaces, ou A s'enfoncer sous une croûte desséchée pour aller chercher, dans une vase très-molle, les larves, les vers et les petits mollusques qui font la nourriture des barges, que oellesKii ramassent pour ainsi dire; car l'extrémité de leur bec étant presque toute musculaire, il est très-probable qu'elle est douée d'une sorte de tact. Ces oiseaux, qu'une timidité naturelle engage A vivre en société, se tiennent, pendant jtoute la Journée, cachés dans les roseaux, d'où ils fuient au moindre bruit. Le matin et vers le soir, au moyen de leurs longues jambes, ils s'enfoncent dans la vase et y cherchent leurs petites proies; ils sont tristes et assez silencieux ; la crainte, plus que toute autre sensation, leur arrache des sons glapissants et

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entrecoupés; ils courent très -vite. Leur vol, assez rapide d*abord, se ralentit bientôt et parait même assez lourd et difficile : ils tiennent leurs.longues pattes étendues sous la queue, afin de remplacer celle-ci dont les rectriices sont extrêmement courtes. Dans les contrées où ils pondent, on trouve leur nid dans les hautes herbes riveraines, contenant trois ou quatre œufs assez arrondis. Dr..z.

BARIGEL ou Barisbl, en italien barigelio, est le nom que Ton donne à Rome à Tofficier ou au chef des archers, dont le soin est de veiller à la sûreté publique.

BARIDM. Nom donné par les chimistes, au métal de la barite, qu*ils ont obtenu dégagé de sa combinaison naturelle avec Toxygène, par le moyen d*une forte pile voltaïque en activité. L*affinité de ce métal pour Toxygène est si forte et si prompte qu*à peine a-t-on eu le temps d*examiner ses propriétés physiques. On a pu seulement s*assurer qu*il est solide à la température ordinaire, d*un éclat semblable à celui de Targent; il est plus pesant que Tacide sulfurique. Dt..z.

BARLAAM, moine du xiv« siècle, naquit à Seminaria ou Seminara, dans la Calabre ultérieure. 11 hit élevé dans la religion grecque et entra dans Tordre de Saint-Basile. Ennuyé, à ce qu*il parait, de la vie monastique, il se rendit vers 1327 à Constantinople. Après avoir étudié à fond la littérature, la philosophie et la théologie grecques, il sut, par ses talents, gagner Taffec|ion de Tempereur Andronic Paléologue le Jeune qui, après ravoir nommé abbé en 1351, le députa secrètement vers le pape Benoit XII, à Avignon, en 1339, à Teffet d^opérer la réunion des deux Églises. Mais malgré toute Thabilelé que le moine déploya, malgré les instructions insidieuses tracées, à ce que Ton croit, par la main habile du grand domestique J. Cantacuzène, la négociation échoua complètement. Barlaam retourna en Grèce, et visita les monastères du mont Athos. Là il étudia les doctrines des moines Hesychastes, qu*il tourna en ridicule; et, revenu à Constantinople, il accusa ces moines comme imposteurs et comme hérétiques. Un synode fut assemblé à Constantinople en 1341 : on s*y livra à de grandes discussions sur la nature de la lumière incréée dont Jésus-jChrist avait été environné sur le Thabor : Barlaam fut condamné comme ennemi deTÉglise grecque; mais cette décision ne put fermer la bouche au moine récalcitrant. Un second synode fut assemblé en 1351 et présidé par les deux empereurs Jean Cantacuzène et Jean Paléologue; les erreur$ de

Barlaam furent anathématisées, et le dogme de la lumière éternelle incréée du mont Thabor fut déclaré article de fbl. Alors ce moine se réfugia dans le royaume de Naples, où Pétrarque, son ami et son élève, obtint pour lui le petit évéché de Gierace, dans la Calabre ultérieure. Barlaam, après avoir écrit tour à tour, suivant les circonstances, pour et contre TÉglise romaine, lui conconsacra alors sa plume Jusqu*à sa mort, dont on ne connaît pas la date précise. Aujourd'hui les nombreux écrits de Barlaam sont presque tous oubliés; mais ce fut ce moine calabrais qui, le premier, fit renaître en Italie les études deTantiquité grecque. Pétrarque et Boccace avouent lui devoir leurs connaissances en grec. Voir Basnage,dans Canisii antiquœ Uctiones, t. IV, p. 363-868.

Le martyrologe deTÉglise romaine, du 27 novembre, nous a conservé la mémoire d*un autre Barlaam, qui convertit au christianisme le jeune prince Josaphat, fils d*un roi de Tlnde. L*histoire doit être rapportée au in« ou au iv« siècle. Cette conversion est racontée avec de grands développements dans un roman grec qu'une ancienne tradition attribueà saint Jean Damascène, mais dont, suivant les manuscrits, un moine Jean, du monastère Saba, serait Tauteur. Quoi qu*il en soit, cette histoire de Barlaam et Josaphat, premier roman spirituel, est un des livres les plus curieux qui existent. Le moyen âge sut apprécier cette belle apologie de la vie contemplative et solitaire, déduite dans de nombreuses et profondes paraboles. Une ancienne traduction latine circula de bonne heure, fut imprimée plusieurs fois, et beaucoup d*auteurs en firent de nombreux extraits. Aussitôt après Tinvention de Timprimerie, ce roman fut traduit dans presque toutes les langues. Le texte grec original a été enfin publié en entier, d'après deux bons manuscrits de la bibliothèque royale de Paris, par M. Boissonade, dans le 4« vol. de ses Anecdola grœca, Paris, 1832. Eue. dbs obrs du iomi.

BARLOW (Jobl), poète et diplomate américain, né à Reading dans le Connecticut, vers 1755. Sous Washington il prit part à la guerre de la délivrance et écrivit des chants nationaux {American Poems, en 1778). A la paix de 1785 il quitta la place d'aumônier de régiment, qu'il occupait depuis quelques années, et se fit libraire à Hartfèrd, puis avocat. Dans cette dernière profession, un peu improvisée comme les précédentes, il n'eut pas de grands succès, et partit en 1788 pour l'Angleterre et la France, comme agent de la compagnie de l'Ohio. A Paris il assista à l'ouverture du grand drame de la révo-

BAR

lotian et se lia lartoat avec les girondins. En 1791 il publia à Londres un Jvis aux classes privilégiées; en 1799 un petit poème, la Conspirations "des rois. Cette même année il adressa une lettre à la Convention nationale, pour rengager à abolir le pouvoir royal, et porta luimême à cette assemblée une adresse des républicains anglais; aussi la Convention lui décernat-elle le titre de citoyen français. Lors de la mission de Tabbé Grégoire dans la Savoie nouvellement conquise, Barlow suivit son ami et adressa de Cbambéry une proclamation aux Piémontals, pour les sommer d*en finir avec « cet homme de Turin, qui se dit leur roi. » Puis il fixa pendant trois ans sa résidence à Paris, spéculant sur les assignats, et observateur de tous les mouvements politiques, jusqu*à sa Domination de consul américain à Alger et à Tripoli. En cette qualité, il négocia avec les deys un traité fort avantageux pour sa patrie. En 1797 il revint à Paris, s*adonnant de nouveau aux spéculations commerciales, et publia en 1800 une brochure sur le système commercial des États-Unis à Tégard de PAngleterre et de la France. En 1805, il retourna dans les États-Unis et s^établlt à Washington. Là, dans ses loisirs, il prépara une magnifique édition de sa Colomhiade, qui avait paru déjà en 1787, sous le Utre de yision de Colomb, poème où le récit est noyé dans des déclamations philosophiques et politiques. Ce poème fut imprimé à Philadelphie en 1807 et à Londres en 1809, in-8o. En 1811, Barlow fdt nommé ministre plénipotentiaire en Prance. Appelé au mois d*octobre 1813 par le duc de Bassano à Vilna, il tomba malade en route et mourut dans un misérable vil^ge près de Cracovie. Les ouvrages en prose de Barlow portent Terapreinte d*un esprit énergique; ses opinions sont hardies, mais les vues d'ensemble y manquent; on n*y rencontre point ce Jugement mûr et solide que réclament les spéculations politiques et morales. Outre les œuvres poétiques d^à citées, on peut mentionner encore un poème burlesque, Hastx Pudding^ composé pendant son séjour en Savoie. Comme homme, Barlow présentait cette dignité grave et fière, type commun des citoyens des États-Unis. L. Spach. BABHÉCIDES , OU plutôt Barmékibes , est le nom d*uDe fomille persane célèbre parmi les plus riches et les plus nobles du Khoraçan, province Où commença la fortune des califes abassides. Les enfants de Barmek s'attachèrent à ces princes. Khaled-ben-Bartnek, le premier des Barmécides sur qui Thistoire n*ait point de doutes, fut principal ministre de Aboul-Abbas Saffah, le

premier calife abasside; son influence ne diminua point sous les règnes d'Al-Mansour et d'El- Mahdi. Ce dernier remit entre les mains de Khaled l'éducation de son fils , qui devint si célèbre sous lemom d'Haroun-al-Bachid. Yahia, fils de Rhaled, réunit, selon les historiens orientaux, les vertus les plus éclatantes et rendit les plus éminents services au calife Haroun, qui le nomma son vizir à son avènement. Tan 786 de J. C. Également habile dans l'administration civile et dans tout ce qui tient à l'art militaire, brillant surtout par une libéralité héréditaire dans sa famille et qui était passée en proverbe parmi les Arabes, Tabia eut la plus grande part à la prospérité du règne d'Haroun-al-Rachid. Ce prince lui donnait le titre de père. Fadhl, frère de lait de Haroun et l'un des quatre fils d'Yahia, non moins généreux que lui, devait épouser la fille du kan des Khazars; mais cette princesse mourut en 788, au moment où elle venait rejoindre son époux; on répandit le bruit que celui-ci l'avait fait empoisonner. Le kan irrité envahit, quelques années après, les provinces de Chirvan et de Gandjah. Padhl fit rentrer dans le devoir un prince Alide révolté contre Haroun, lui sauva la vie malgré le calife, et fut aidé dans cette circonstance par son frère puîné Djâfar, le favori du maître.

La fortune des Barmécides , arrivée au plus haut période en dix-sept années, devait bientôt s'écrouler. On les accusait de n'être attachés qu'en apparence à la foi de Ifahoroet, et de rester secrètement fidèles aux antiques croyances de leur patrie ; on fit au calife un épouvantai! de leur crédit et de l'influence dont ils jouissaient sur les peuples. Djàfar (le Giâfar des Mille et une Nuits) avait mécontenté Haroun en favorisant l'évasion du prince Alide son ennemi : Haroun résolut la perte de son fevori et de toute sa maison. Cependant, les historiens orientaux attribuent à un motif moins probable, mais plus romanesque , la ruine des Barmécides.

Abbassa, sœur du calife, lui était aussi chère que Djàfar :afin de pouvoir jouir en même temps de leur présence et de leur entretien, il fit épouser sa sœur à son favori, mais il exigea que celui-ci jurât de ne jamais user des droits du mariage. Djàfar tint longtemps sa promesse ; mais un jour Abbassa écrivit à son époux des vers où elle peignait en traits de feu un amour que le malheureux Barméclde ne partageait que trop ; le terribfe serment fut oublié, et Abbassa eut un fils qui fut secrètement élevé. Le calife sut tout : il fit, en 803, trancher la tète à Djàfar avec des circonstances qui certes ne doivent point confir-

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