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ratt peu de temps aprèi le développement du champignon, on la dit caduque; elle est persfê* tante si elle raccompagne pendant tout le temps de la durée. Tantôt elle est complète et enveloppe la totalité du chapeau, tantôt elle est incomplète , et enveloppe seulement la base ou le stipe du champignon. Bb..z.
BOUSSOLE. L*usage de la boussole était connu en Chine plus de mille ans avant Tère chrétienne ; il ne s'est répandu en Europe que vers le xiii« siècle. Celte découverte a eu une influence immense sur les progrès des sciences et sur les relations commerciales, puisque la boussole est un guide nécessaire et indispensable dans les voyages ma* ritimes. On distingue deux espèces de boussole, la boussole de déclinaison, et celle d'inclinaison. La première est celle qui sert aux marins, aux ingénieurs, etc. ; la seconde n'est employée que dans des vues purement scientifiques. La bouS'» sole de déclinaison ordinaire consiste en une lame d'acier trempé, terminée en pointe à chacune de ses extrémités, et rendue aussi légère que possible; elle est percée à son milieu, afin dere* cevoir une châsse formée avec un cprps dur (agate, diamant). De celte manière le pivot sur lequel elle repose et tourne, ne la pénètre pas. Le tout est renfermé dans une botte à couvercle transparent, afin de soustraire l'iiistrument aux agitations de l'air. Dans les boussoles de terre, un cercle boriionlal , tracé autour de l'aiguille aimantée, est fixé au fond de la boite ; dans les boussoles de mer, ou compas de rouie, le cercle en talc mince collé entre deux papiers est fixé à l'aiguille; et ce cercle nommé rose tourne avec elle. L'aiguille de ces deux espèces de boussoles indique la direction, relativement au méridien terrestre. Quand il s'agit d'estimer de petits mouvements, comme ceux des variations diurnes ou annuelles , l'aiguille est beaucoup plus longue, et est suspendue par un ou plusieurs fils de soie sans torsion. Les légers déplacements qu'éprouve l'aiguille sont déterminés à l'aide de deux opérations en retournant l'aiguille et prenant la moyenne. L'aiguille aimantée ne conserve pas toujours la même direcUon dans le même lieu ; l'angle de cette direction avec celle du Nord se nomme angle de déclinaison. Cet angle varie aussi pendant les 34 heures ; -mais il se manifeste au milieu de toutesces variations plus ou moins considérables une variation diurne régulière. Le maximum de la déclinaison diurne a lieu entre midi el 3 heures du soir; après elle est stationiiaire ; elle se rapproche ensuite du méridien terrestre jusque vers 8 heures du soir, p^. j^g feste suiioonaire pendant toute laouit. Le (^ 4t»0iaiD >
â 8 heures du matin, elle commence à s'éloigner du méridien, et ainsi de suite; la variation diurne ne conserve pas la même étendue toute l'année. C'est entre les mois d'avril et de juillet qu'ont lieu les plus grandes excursions ; elles sont à Paris de 15 minutes environ. Les plus petites, qui se manifestent pendant l'autre partie de l'année, sont de 8 àOminules. Ce phénomène reste le même dans l'intérieur de la terre, à des profondeurs considérables ; il a été observé sur presque tous les points du globe ; il a dans cha* que lieu une valeur particulière. On a remarqué que dans les contrées septentrionales l'amplitude des oscillations est plus grande que dans les contrées méridionales. On a encore reconnu qu'au midi de l'équateur magnétique, les mouvements de l'aiguille sont inverses de ce qu'ils sont au nord.
La boussole de déclinaison est une aiguUle d'acier aimantée et suspendue par son centre de gravité ; elle s'incline d'une manière très-notable ; dans notre hémisphère, le pôle austral s'a* baisse au-dessous deThorizon; c'est le contraire dans l'hémisphère austral. On appelle inclinaison l'angle que fait l'aiguille ainsi inclinée avec rhoriion. La détermination de cette Inclinaison exige plusieurs opérations pour être exacte. (A^o/.mon Traité de phylique , pour plus de détails sur ce sujet.) C. Dxspbetz.
BOUSTROPHËDON. (Écriture.) On donne ce nom à une écriture particulière aux Grecs, et même, dit-on, aux Étrusques, et qui consistait à tracer les lignes alternativement de droite à gauche et de gauche à droite, ce qui, imitant la manière dont les sillons d'un champ sont tracés par les bœufs qui labourent, donne l'étymologie du nom grec de cette écriture. On la considère comme la seconde époque de l'histoire de l'art graphique chez les Grecs : si, en effet, les Grecs reçurent l'usage de l'écriture alphabétique des Phéniciens, les lettres de ceux*ci étaient tracées de droite à gauche , comme c'était la pratique commune des peuples orientaux, les Grecs durent d'abord écrire aussi de droite à gauche, et l'on peut assurer qu'il ne reste pas de monument original de cette époque.. Il y a au musée du Louvre un petit bas-relief d'ancien style, où le nom d'Agamemnon et ceux de deux autres personnages sont écrits de droite à gauche ; mais des noms isolés ne sont pas un témoignage suffisant pour en conclure que le lias-relief et les I trois noou qui s'y lisent remontent à l'époque I de l'usage de l'^riture de droite à^ gauche chez I les Grecs. Les lois deSolon furent, dit-on, écrites l en bott8trophédou,ce qui fait descendre l'usage
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de cette écriture à plusieurs siècles après Agamemnon et le siège de Troie.— Il y a deux époques danf le boustrophédon même : la plus ancienne procédait de droite à gauche pour la première ligne ; la deuxième était donc dirigée de gauche à droite. Dans la seconde époque, la première ligne était tracée de gauche à droite, et la deuxième dans le sens contraire. On pense que Tusage de ces deux manières du boustrophédon cessa d*ètre générale en Grèce dès le vii« siècle avant Tère chrétienne; on a des inscriptions de Tan 457 qui sont tracées selon la manière actuelle, et Fourmont en a recueilli d^autres écrites de même, et qu'on croit plus anciennes encore de deux ou trois siècles. Dict. de la Cony.
BOUT-DEHORS. {Marine,) Ce sont des mâtereaux eu sapin, dont le diamètre est plus grand à un bout qu*à Tautre ; ils servent à porter les bonnetles, lorsque le vent est foible et qu'on veut augmenter la voilure d'un vaisseau, soit pour chasser sur l'ennemi, soit pour arriver plus tôt à destination. Lorsqu'on ne se sert pas des bonnettes, les ^oti/«-</e/tor« sont totalement rentrés le long de la vergue et solidement amarrés dans des taquets en croissant fixés à cette vergue. Lorsqu'on veut faire servir les bonnettes, on pousse les bouts -dehors horizontalement à l'extérieur, à traversées anneaux en fèr fixés aux extrémités des vergues, afin de border les points d'en haut et d'en bas des bonnettes sur ces boutS" dehors. Le boui-de-lof eèi un ^ott^c/eAort "solidement établi , tribord et bâbord à l'avant des vaisseaux, sur la plate-forme de la poulaine. Ces bouts-de-lof servent à orienter la misaine au plus près. DuB...
BOUTADE, impression vive, étourdie, instantanée, qui nous foît agir sans but et sans raison. C'est une sorte de caprice d*esprit auquel certains hommes sont d'autant plus sujets qu'ils sont doués de plus d'imagination. Aussi les écrivains, les artistes, les amants, en un mot tous ceux qu'obsède une pensée, forte parce qu'elle est unique, ont des boutades. Ils passent subitement de la joie à la tristesse, de l'espérance à la crainte, du délire à la stupeur. Il y a cette différence entre la boutade et le caprice , que l'une dans sa f6ugue traverse l'humeur sans s'altérer, tandis que l'autre la subjugue despotiquement. De là vient que le caprice finit par blesser et lasser quelquefois jusqu'à la complaisance de l'amour, tandis que la boutade vive, mais partagée, exlravague sans déplaire, et n'offense presque jamais, même en désobligent. X.
BOUTAN. Vox. ToBiT ou Tibet.
BOUTARGUS ou BoTABGUB. Les Provençaux
désignent par ce nom une préparation faite avec les œufs et le sang du muge (poisson très-abondant dans presque toutes les mers), confits avec de l'huile et du vinaigre, ou des <Buf^ de poissons salés et séchés qui viennent d'Egypte. Comme on leur a fait subir un commencement de décomposition avant de les saler, ils ont une saveur el une odeur d'ammoniaque généralement assez forte. Cette préparation, qui est très-excitante, est employée comme assaisonnement en Italie et dans le midi de la France.
BOUTE, en latin dolia, espèce de grande futaille où l'on met l'eau douce que l'on emporte sur mer pour les longs voyages, et d'où l'on a îàïi sans doute aussi ceux de botte et de bouteille, pris dans la même acception.
BOUTÉE, en latin anteris, ouvrage employé dans les travaux d'architecture, pour soutenir la poussée d'une voûte, d'une terrasse, etc.
BOUTEEN -TRAIN, qui éveUle la joie, l'exclu et la rend communicative. C'est une disposition du tempérament qui perce dans la physionomie et s'annonce jusque dans les manières; on n'ose se montrer g^ave ou réservé à qui semble se livrer avec tant d'abandon. Aussi le boute-entrain, de son seul aspect, fait fuir la tristesse et déride la mélancolie; il partage avec le vin et la bonne chère le privilège de réjouir; il est Tâme des bons repas et de toutes les réunions consacrées au plaisir. Mais, s'il brille dans un banquet, il s'éclipse au salon, où le rire franc n'apparaît que par exception et comme par surprise.Pe là vient que le boute-en-train ne se rencontre guère dans les hautes classes , car le bon ton repousse toute démonstration un peu vive. A^ cueilli dans les cercles de la bourgeoisie, il n'est choyé que chez le peuple; c'est là qu'il fautTobserver, parce qu'il ne s'observe pas; c'est là qu'il éclate , qu'il délire et qu'il s'amuse en amusant autrui. S'il descend jusqu'à la bouffonnerie, H diffère cependant du bouffon, en ce que celni-d a pour ainsi dire une gaieté mécanique qui sent le métier et expire comme elle nait, à heure fixe, tandis que le boule-en-train porte la joie avec lui dans tous les instants et vous en pénètre, parce qu'il en est pénétré. SAUir-Piosm.
BOUTE-FEU. C'est un manche de bois garni d'un fèr pointu à un bout et fendu à l'autre. On roule une mèche autour du boute-feu et l'on fixe dans sa fente le bout allumé de la mèche. La pointe du boute-feu sert à le ficher sur le sol d'une batterie de terre en action ; ou sur le pont d'un vaisseau, derrière les canons, quand on fût le branle-bas de combat. Ces boutes- f eu »entai à f^re partir les canons lorsque les batteries de
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fusil ou à percussion, dont ils sont garnis, ont raté. DOB...
BOUTE-HORS , espèce de jeii. ancien qui ressemblait à celui que les enfents pratiquent encore aujourd'hui et qu'ils nomment le roi détrôné. On en a transporté le sens, au figuré, à l'action de deux hommes qui luttent ensemble pour une place, une dignité ou des faveurs quelconques, et on l'a étendu encore à cette facilité d'exprimer ses pensées , de mettre en lumière dans le monde son savoir et son propre mérite, précieuse disposition dans un siècle et dans une so'ciété où personne ne s'avise du mérite d'autrui, et où chacun cherche au contraire à se pousser aux dépens des autres.
BOUTE-SELLE, terme de guerre, signal qui se donne avec la trompette pour avertir de monter à cheval; on dit sonner le boute-selle,
BOUTE-TOUT-CUIRE, expression basse et familière, usitée pour désigner un dissipateur, un homme gourmand et débauché {helluo, ganeo), qui fait cuisine de tout, pour qui tout est bon quand il s'agit de satisfaire ses appétits déréglés. Nous pourrions citer encore plusieurs autres expressions d'arts et métiers dont le verbe bouter peut disputer la formation au mot bout : telles sont celles de boute-dehors ou bout-dehors, et de boule-lof, boute-de-lof ou bout-lof. Vox* à l'article Bout-dehors. £. H.
BOUTEILLE, en latin ampulla, lagena, buticti/a, vase de verre, de terre cuite, de cuir, etc., à ouverture étroite, destiné à contenir des liquides. Ce mot vient probablement du verbe bouter {voy. ce mot), usité encore dans les patois du nidi, où l'on appelle bouttes les sacs de cuir dans lesquels on met le vin, que l'on transporte à dos de mulet. — Les bouteilles de verre sont fort anciennes ; on en trouve dans les ruines d'Herculanum et de Pompet La manière de les former est très-expéditive et fbrt simple : l'ouvrier plonge l'extrémité d'un tube de fer, semblable à un canon de fusil, dans la cavité où est contenu du verre en état de fusion ; en retirant le tube, il en enlève environ gros comme le poing; il porte cette masse dans un moule cylindrique d'un diamètre égal à celui que doit avoir la bouteille; il souflQe dans le tube; le verre se gonfle en vessie qui prend la forme du moule; cela fait, il retire la bouteille, ainsi ébauchée, de la cavité, et, l'ayant renversée, il forme, avec un instrument qui ressemble à un gond ordinaire, le creux dont la convexité s'élève plus ou moins dans l'intérieur de la bouteille, ce qui est facile, attendu que le verre est encore en consistance pâteuse ; un filet de verre roulé autour
du goulot forme l'astragale ou cordon, qui em* pèche la bouteille de glisser quand on la tient dans la main. Enfin, on touche circulairement le goulot au-dessus du cordon avec un instrument froid : la bouteille se détache, et un enfant la porte, au bout d'une verge de fèr, dans un four chaud, où elle se refroidit lentement, car l'expérience a appris que le verre qui passe brusque^ ment d'une température élevée à une température froide, et réciproquement, est beaucoup plus cassant que lorsque ce changement de température se fait avec lenteur Fqy. les articles Yeirerii et Poterie. t.
BOUTEILLE DE LEYDE. Musschenbroek et quelques autres physiciens de Leyde , remarquant que les corps qu'on avait chargés d'électricité la perdaient avec la plus grande facilité, .quand ils restaient exposés à l'air, que l'eau qu'il tient en suspension rend toujours un peu conducteur, cherchaient (1745) par des expériences diverses à accumuler dans un corps une quantité plus considérable de ce fluide de manière à ce qu'il y demeurât longtemps. Us avaient fait choix d'un corps bon conducteur de l'électricité, de l'eau, qu'ils avaient placée dans une bouleille dont les parois de verre sont de très-mauvais conducteurs du même fluide. Dans les premiers moments ils n'avaient obtenu aucun résultat bien remarquable, quand l'un d'entre eux , Cunœus, tenant d'une main la bouteille renfermant de l'eau qui recevait par un conducteur l'électricité développée par une machine électrique en action, approcha par hasard, quand U crut l'eau assez chargée, l'autre main du conducteur afin d'en détacher la bouteille, et reçut, au moment où il le toucha, une commotion violente qui parcourut les deux bras et la poitrine. Sa frayeur fut grande ; l'étonnement de Musschenbroek et de ses amis ne fut pas moindre. Ils eurent cependant presque tous le courage de répéter cette terrible expérience; la nouvelle s'en répandit bientôt dans toute l'Europe et elle y fit grand bruit; on ne parlait plus parmi les savants que d'une seule chose, de ^expérience de Lexde.
Aujourd'hui la bouteille de Leyde (on voit d'où lui vient son nom) n*est plus un vase con^ tenant de l'eau , mais bien un flacon de cristal g^ni à l'extérieur, dans les deux tiers de sa longueur inférieure , d'une lame métallique, d'une feuille d'étain : c'est ce qu'on nomme Varnukture extérieure; le tiers supérieur, qui comprend le goulot du flacon , est recouvert d'une forte couche de cire à cacheter, que, pour l'étendre, on fait dissoudre dans TalcooL La surface
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intérieure du flacon est également, et à la même hauteur, recouverte d*une lame de métal, à moins qu*on ne se contente d*y placer sans ordre un Tolume de feuilles métalliques qui remplit le flacon aux deux tiers : c*est Varmature intérieure de la bouteille , mise en rapport avec le dehors par une tige de cuivre qui plonge dans la bouteille, en sort en traversant son bouchon, et, après une saillie de deux à quatre pouces, se termine en une boule. Ce conducteur peut être droit ou recourbé. Si, en tenant par la mainTarmature extérieure ou en la faisant du moins communiquer avec le sol par un bon conducteur, on met, par Tintermédiaire de la tige métallique , Tarmature intérieure de la bouteille en rapport avec une machine électrique eu action , au fur et à mesure que le fluide qu*elle dégage (/futVfe viiré) arrive et se répand sur toute la surface de la gar^ niture intérieure, il réagit à travers les parois de verre sur rélectricité naturelle de Parmature extérieure, repousse le fluide de nom semblable, et attire le fluide de nom contraire (c'est du fluide réêineux) qui s'accumule ainsi à la surface de cette armature extérieure, comme le fluide vitré s'accumule à la surface de Tarmature intérieure. Lorsque la bouteille est chargée, ce qu'on reconnaît au ralentissement des étincelles qui s'échappent de la machine vers le bouton de la bouteille quand on la tient à une légère distance, on a là une certaine quantité d'électricité accumulée, diêêimulée, qui demeurera dans cet état tout le temps qu'on ne mettra point en communication l'armature extérieure avec l'intérieure. Kn efiPet, la déperdition du fluide vitré renfermer, pour ainsi dire, dans le flacon (puisque ses parois sont non conductrices de l'électricité), ne pouvant avoir lieu que par une petite surface, celle de la tige métallique qui fait saillie en dehors, ce fluide vitré retient sans cesse, à la surface extérieure de la bouteille, de rélectricité résineuse, dans les mêmes proportions que celles de sa propre accu* mulation; de sorte que ces deux électricités s*attirant mutuellement, réagissant mutuellement sur le corps qui les tient séparées et que quelquefois elles brisent pour se réunir, comme cela peut arriver quand on a trop chargé la bouteille, ces deux électricités, disons-nous, sont attachées sur chacune des surfaces du verre. On démontre cette disposition de l'électricité au moyen de la bouteille à artHQiurei mobiles» Celte bouteille étant chargée et placée sur un Isoloir, on peut enlever d^abord l'armature intérieure, puis le verre à son armature extérieure, et on aura un bocal qui donnera une forte commotion si, pen-
dant que Tune des mains est plaeée sur sa surface extérieure, on touche avec l'autre la surface intérieure. Quant à cette commotion, elle résulte de ce que la réunion des deux électricités, réunion qui s'accompagne toujours de phénomènes plus ou moins violents, s'opère an milieu de nos organes; et cette réunion peut produire des accidents graves si les deux électricités sont dans des proportions considérables, condition qu*on peut obtenir en donnant à la bouteille de Leyde une grande surface (tN>r* J4tRituGTRiQci)ou en en réunissant un grand noknbre (ih^. Battu» tLECTRiQOE). De ccttc manière on peut accumuler des quantités d'électricité assex grandes pour produire des étincelles qui percent des corps résistants, qui enflamment des corps combustibles, fondent des fils métalliques et donnent la moK même à un bœuf. A. LioiAir».
BOUTEILLES. {Marine.) Ce sont les salîtes oo compartiments, en forme de bouteille, qui sont en dehors, sur l'arrière du vaisseau, des deux côtés de la poupe, qu'elles affleurent, et qui servent de latrines à l'état-major ; celles des matelots se trouvent à l'avant sur la poulaine. Les bouteilles sont supportées par un cul-de-lampe et portent autant d'étages qu'il y a de batteries au vaisseau; celles des frégates n'ont qu'un étage. On nomme fausse-bouteille un placard sculpté dans la même forme, et dont on décore l'arrière des petits bâtiments.
BOUTER. Le verbe bouter, synonyme de mettre, que le Dictionnaire de Trévous (édition de l'an 1752) qualifie déjà de vieux et très-mauvais, mais qui, ajoute^tril , s'emploie encore par les paysans et par le peuple, a donné naissance à plusieurs mots composés, qui sont restés en usage depuis qu'on l'a lui-même abandonné.
On dit, en termes de marine, bouter de Xof, pour dire bouliner, venir au vent, prendre l'avantage du vent, et boutera l'eau, quand on fait sortir un bateau du port. En term|S de vénerie, bouter la bêle, c'est la lancer. Bouter, en termes d'épinglier, c*est metire, attacher des épingles sur un papier po^ir les disposer à la vente; on appelle bûuteuêeê les ouvrières chargées de ce soin.
BÔUTEKOLLE. Ce mot, que quelques-uns font venir de l'expression de bouts à réoles, par laquelle les Espagnols désignent les bouts des f6Qrreaux et des gardes d'épée, arrondis, et qui doit sans doute son origine directe au mot bout ou au verbe bouter (oq^*- ci-dessus), est employé dans la plupart des arts mécaniques. Les graveurs en pierres fines appellent ainsi, par exemple, une espèce de poinçon acéré, en cuivrci
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dont ils enduisent la tête de poudre d'émeri ov de diamant, et qui, monté sur une tige nommée touret, use parle frottement la pierre qu'on lui présente. Les metteurs en œuvre nomment hùuteroUe un morceau de fer arrondi par un bout, qu*on applique sur les pièces qu*on veut restreindre dans le dé à emboutir. Les orfèvres donnent le même nom à un outil de fer terminé par une tête convexe, et qui a la forme que Ton veut donner à Touvrage sur lequel on frappe cet outil; les serruriers , à une sorte de rouet posé sur le polastre (la boite) de la serrure, à rendroit où porte l'extrémité de la clef qui le reçoit, et sur lequel celle-ci tourne. Bouteroiie est enfin une pièce d'armoirie. Digt. dbla Conv. BOUTER WEGK. (FRtPt^ic), philosophe, poète et critique allemand, né en 1766 à Oker, non loin de Goslar, dans le Harzt Nourri dès son jeune âge de la lecture de Gellert, de KIopstock et d'Horace, auxquels vinrent se joindre pêle-mêle une foule de romans, il ne reçut d'éducation solide et réglée que vers 1780 à 1784, au gymnase carolinien de Brunswick alors renommé. Ses liaisons intimes avec quelques jeunes littérateui's à Gœttingue l'enlevèrent au droit qu'il avait étudié avec succès depuis deux ans; et embrassant la carrière chanceuse de poète, pour laquelle il se croyait fait, il publia successivement des poésies lyriques et un roman, intitulé le Comte Donamar (3 vol., 1791), destiné à peindre la grandeur de l'homme au milieu de ses égarements. Le public reçut cet ouvrage avec beaucoup de faveur; mais une critique plus sévère, ne tenant compte de quelques traits d'un beau talent, condamna le manque d'invention et celui de vérité dans les caractères. Bouterweck s'était évidemment mépris sur la portée et la nature de son taleht : avec la modestie d'un homme distingué il sût se condamner lui-même et revenir sur ses pas assez à temps pour conquérir une belle place dans le champ de l'histoire littéraire et de la philosophie. Dès l'année 1797 il fut nommé, à Gœttingue, à une chaire de philosophie que la mort du célèbre Feder laissait vacante. Son mérite comme philosophe n'est point dans la création d'un système, mais dans le talent de coordonner avec netteté, de mettre en relief les doctrines de ses maîtres, d'en faire jaillir de nouveaux aperçus, de répandre une lumière vive sur des points détachés de la morale, de l'esthétique et de la politique. Il popularisa à merveille des théories difficiles à saisir. Bouterweck s'était d'abord rangé sous la bannière de Kant; il passa plus tard sous celle de Jacobi. Sa nouvelle tendance se manifesta en premier lieu dans son
E$$ai d'une JpodicUgue, c'est-à-dire d'une solution définitive des problèmes, publié en 1799 et dans lequel il cherche à amener à un résultat final les discussions mises alors à l'ordre du jour par le scepticisme, la métaphysique, et la philosophie critique. Son Manuel dei iciences philosophiques {% vol., 1815, 9« éd., 1820) en est le complément. Par ces difiPérents ouvrages, ainsi que par son Esthétique (ou Théorie du beau) qui parut pour la 1» fbis en 1806, il s'attira l'animadversion de l'école encore toutepuissante de Kant : il persista néanjnoins à marcher dans la route qu'il avait choisie, modifiant quelquefois ses principes (roiV la seconde édition de son Esthétique, publiée en 1815), mais ne pliant pas sous les exigences de ies nombreux adversaires.
L'ouvrage capital, cependant, qui assure au nom de Bouterweck une longue durée, c'est son Histoire de ta poésie et de i'éloquef^ce chez les peuples modernes, 12 vol. iu-8% de 1801 à 1819; et quoiqu'on puisse trouver des inégalités et plus d'une critique incomplète dans un ouvrage de si longue haleine, il'renferme incontestablement une masse de notices pleines d'intérêt et de jugements d'une haute portée. C'est un trésor où d'autres littérateurs ont largement puisé.
En 1818 Bouterweck a fait paraître un choix d'excellents traités sur diverses matières, précédés d'une préface, où, se constituant juge de sa propre tendance littéraire et philosophique, il ne peut qu'encourir le reproche d'une sévérité outrée. Son dernier ouvrage est la Religion de la raison (Gœttingue, 1824, in-S»). Bouterweck mourut à Gœttingue en 1838. Coifv. Lsx. hod.
BOUTHILLIER DE RANGÉ, ^ox- Rancé.
BOUTO (en latin Bdto), divinité égyptienne du premier rang, était antérieure et même supérieure aux trois khaméphis ( Knef, Fia, Fré), dont la réunion forme la trinité des démiurges ou créateurs. Bouto représente l'éternité, la nuit primordiale, qui précéda le débrouillement du chaos, et encore l'eau ou l'humidité primitive, le limon du Nil, la matière fécondée ou propre à être fécondée, la mère de toutes choses. Elle devint ensuite la nourrice d'Haoéri. Tandis que Typhon multiplie les pièges autour du bienfaisant Osiris, le tue, le mutile, profane sa tombe et persécute sa famille, Isis confie son jeUne fils à Bouto ; celle-ci le cache et le nourrit dans une ile flottante, auprès de la ville égyptienne qui porte son nom. — Les Grecs n'ont pas manqué de voir Latone dans Bouto, et ont substitué au nom des villes où l'on adorait la grande mère par excellence , celui de Létopolis ou Latopolis
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{ville de Laione), Gomme nuit, Bouto avait près d*elle, dans ses temples, la mygale ou musaraigne, qui, comme la taupe, était censée aveugle, parce que ses yeux, très-petits, sont presque entièrement cachés par les replis de la peau. LMchneumon aussi lui était consacré, ainsi qu*à Hercule. — Trois villes ont porté le nom de cette déesse; la première, située dans la Thébaïde, sur la rive giiuche du Nil, est la fameuse Latopolis. Les indigènes l'appelaient, et on rappelle encore de nos jours, Esneh. Ses magnifiques ruines ont attiré Tadmiration de tous les voyageurs. Les deux autres villes de Bouto appartenaient à rÉgypte inférieure. X.
BOUTOIR. Parmi les modifications nombreuses et variées que présente la forme du nez des mammifères, celles qui consistent dans le prolongement plus ou moins considérable de cet organe pourraient être réunies sous un nom commun indiquant cette terminaison du corps de ranimai en avant par un saillie nasale. Cependant nous ne possédons point encore ce terme générique. Lorsque toute la face participe à cette élongation du nez, on dit que ranimai a un museau ou un nez plus ou moins aigu, plus ou moins effilé. Lorsque ce long nez est trèsmobile, on est porté à le considérer comme une sorte de trompe nasale, en ayant soin de ne pas le confondre avec la trompe proprement dite, qui est un prolongement ou appendice labio-
nasal ( éléphants, tapirs. ) Les tenrecs, les cUdobates, les musaraignes, les desmans, les scalopes, les taupes, les coatis, les péramèles, les tupayas, nous présentent ^s museaux aigus et ces nez plus ou moins mobilis ; les condylures se font remarquer par leur proloDgement nasal dont Textrémité est entourée de petites pointes cartilagineuses mobiles et représentant une sorte d'étoile quand elles s'écartent en rayonnant. Mais lorsque, comme dans le cochon, le sanglier, le phacochoère, le babiroussa, ks pécaris, la partie antérieure de la cloison des narines est prolongée par un os élargi, lorsque h peau qui recouvre ce nez est plus ou moins nue et reçoit une grande quantité de nerfft, lorsqu'enfiq cette peau soutenue par l'os élargi de la cloison et par les pièces solides des ouvertures nasales l'est encore pa^ une couche de tissu cellulaire dense et élastique , toutes ces particularités d'organisation ont foit donner à ce nez le nom de boutoir (vulgairement groin). — Ces sortes de nez sont propres à ouvrir la terre, â fouiller^ dans le sol pour y chercher U nourriture. Le boutoir est terminé par une surface plane, verticale, où l'on voit les ouvertures des narines. La peau de cette surface et d'ane pa^ tie de la circonférence est toujours enduite d'une humeur visqueuse, qui lui donne un aspect taisant et contribue sans doute à en augmenter la sensibilité tactile. Digt. de uCort.