‹ Nouveau dictionnaire de la conversation: ou répertoire universel ..., Volume 3Chapitre 60 sur 63 · SS · texte numérisé non relu

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mutilé, ne végète plus, Técorce seule recouvre la plaie. C*est pourquoi on trouve souvent dans le tronc d*arbres, très-sains d*ailleurs, des parties de bois desséchées et ensevelies sous le bourrelet. Celte production singulière de la végétation mérite toute Tattention des cultivateurs; elle leur découvre une grande vérité, Texistence d'une sève descendante {voyez Tarticle Sévb), et leur offire en même temps un procédé sûr et infoiUible de réussir dans les boutures, (yqjresi ce mot). — En anatomie, on donne le nom de BourliCLET à certains cartilages fibreux qui entourent les cavités articulaires, dont ils augmentent la profondeur. Quelques anatomistes ont aussi donné le nom de bourrelet à la corne d'Ammon. — plusieurs produits des arts ont également reçu le nom de bourrelet, soit de leur conformité avec la première coifiFure de ce nom, soit de remploi de la bourre dans leur fabrication : \o bourrelet, en termes de blason, est un tour de livrée, rempli de bourre et tourné comme une corde, que les anciens chevaliers portaient dans les tournois; il était de la couleur des émaux de reçu ou des couleurs ordinaires des chevaliers; ceux que les simples gentilshommes mettaient sur leurs casques portaient le nom de trèsque^ torque et tortille; 3» en termes de marine, on appelle bourrelet de grosses cordes que Ton entrelace autour du mât de misaine, du mât d'artimon et du grand mât pour tenir la vergue dans un combat et suppléer aux manteuvres si elles venaient à être coupées ; S» en termes d'artillerie , l'extrémité d'une pièce de canon , vers la bouche, qui est renforcée de métal pour soutenir la charge, prend le nom de bourrelet, dont elle a la forme; 4» les femmes qui portent des fardeaux sur leur tète donnent aussi ce nom â un cercle ou rond, espèce de couronne d'étoffe ou de linge, qu'elles mettent sur leur tète, et sur lequel elles appuient leur charge; enfin, on appelle du même nom tous coussins de même forme , remplis de bourre ou de crin , qu'on emploie à divers usages. Digt. de la Coifv. BOURRIENNE (FAUYELET de), ^rétaire de Napoléon et ministre d'État sous Louis XVIII, naquit â Sens (Yonne ) en 1769. Élève â l'école de Brienne en même temps que Bonaparte, ils se lièrent d'affection au milieu de leurs études. Lorsque Bonaparte, en 1785, quitta Brienne pour passer à l'école militaire de Paris , Bourrienne l'accompagna jusqu'au coche de Nogentsur-Seine, où ils se quittèrent avec un grand chagrin , pour ne plus se revoir qu'en 1793. En se séparant ils se promirent une amitié éternelle, et Bourrienne donna même sa parole à Bona-

parte de suivre la même carrière quMl embrasserait; c'est ce que celui-ci lui rappela dans une lettre qu'il lui écrivit un an après son départ de Brienne. Sorti de cette école en 1787, et ne pouvant à 19 ans entrer dans l'artillerie, pour laquelle il avait une grande répugnance, Bourrienne se transporta dans la capitale de l'Autriche, où il eut occasion de voir l'empereur Joseph II; il se rendit ensuite dans une des universités d'Allemagne, pour étudier le droit public et quelques langues étrangères. A peine était-il arrivé à Leipzig que la révolution française éclata. Il parcourut la Prusse, la Pologne, avant de revenir à Paris en 1792. Il revit Bonaparte : leur amitié d'enfance se renouvela tout entière. Pendant le temps de la vie un peu vagabonde qu'ils menèrent dans la capitale, arriva le 20 juin, sombre prélude de l'événement du 10 août* Dès ce moment, inscril sur la liste des émigrés, il en fut rayé sur les instances de Bonaparte, qui commençait à être compté pour quelque chose. Arrêté néanmoins comme émigré rentré, Bourrienne fut bientôt rendu à sa famille sous la responsabilité de deux amis recommandables. De Sens il revint à Paris après le 13 vendémiaire, où il revit de loin en loin' Bonaparte, alors commandant en second de la ville de Paris, sons le général Barras. Enfin Bonaparte, dont la brillante carrière s'agrandissait tous les jours , ayant été nommé général en chef de l'armée d'Italie, après les revers du général Scherer, appela Bourrienne auprès de lui au moment où le traité de Campo-Formio était sur le point de se conclure : M. de Bourrienne en rédigea le texte de concert avec le général Glarke. C'est de cette époque qu'après avoir été conseiller d'État de la république en l'an x, commença la carrière politique de cet ancien ami de Bonaparte. Bourrienne le suivit en Egypte tomme son secrétaire intime. Au retour de cette contrée un gouvernement consulaire ayant été créé en France, il resta secrétaire du premier consul. Mais, lorsqu'il s'éleva sur les débris de la république une nouvelle dynastie, de Bourrienne fut nommé, en 1804, par l'empereur Napoléon, son ministre plénipotentiaire à Hambourg. Rentré en France à la fin de 1813, il fut chargé de la direction des postes par le gouvernement provisoire , et en 1814 préfet de police. Ayant peut-être trop oublié son amitié et ses promesses de collège il suivit, non son ancien ami à Sainte-Hélène, mais Louis XYIII à Gand, et à son retour il fut nommé par le roi ministre d'État. Élu député en 1815 et depuis à plusieurs reprises, Bourrienne siégea au côté droit jusqu'en 1837. La révolution de juil-

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let 1880 et la perte de m fortune, qui, dit-on, eo fut la suite, égarèrent sa raison. Transporté en Normandie, il a passé les deux dernières années de sa vie dans une maison de santé à Caen, où il est mort, en 1834, des suite d*une attaque d*apoplexie.

Les Mémoires de M, de Bùurrienne, écrits par lui-même, rédigés par M. de Villemarest et publiés de 1899 à 1881, en 10 yoL ln'8», ont tait connaître un grand nombre de particularités Intéressantes sur la Jeunesse de Napoléon, sur ses rapports avec Joséphine, sur le Directoire et le consulat, etc. Malgré beaucoup de choses inutiles ou oontrou?ées^ ils o£Frent dans plusieurs parties un intérêt réel. Les erreurs quMls contiennent ont été relevées dans Touvrage intitulé i Bourr(enne et êeê etreur$ volontaires et involankiires; Paris, 1880, 2 volumes in-8o. p. rathond.

BOURSAULT (EDKi), poëte et financier, né à Mussi-rÉvêque en Bourgogne, en 1688, mort en 1701. Homme de fortune et de plaisir, il est du nombre de ces auteurs créés par la nature que ne peuvent réclamer ces tristes serres cliaudës connues sous le nom de èolléges : ses ouvrages, pour ce motif même, ont, malgré leur fonds léger, un cachet d*originaliié qui les a sauvés de Toubli. A \Jf ans, Boursault ne parlait que le patois de sa province. 8on père, ancien militaire, attaché à la maison de Condé, et qui sans études avait assez bien fail son chemin dans le monde, ne voulut pas que son fils en sût plus que lui. Arrivé à Paris, Edme Boursault, jeune homme fort précoce, sans négliger ses plaisirs, apprit à parler et à écrire le français. Il y réussit assez pour devenir ce qu*on appelait alors un homme de bonne compagnie : ses agréments le firent re* chercher à la cour, et les solides qualités de son cour Py firent estimer. Ses protecteurs le chargèrent de composer un livre pour Téducation du dauphin. Cet ouvrage, intitulé La tèritable estude des souverains (Vbt'u^ 1071), plut tellement à Louis XIV qu*il nomma Boursault sousprécepteur de son fils. Boursault refusa par la raison qu*il ne savait pas le latin. — Ce fut avec la même modestie que Boursault s'abstint de briguer une place à TAcadémie. Thomas CorneiUe, qui était fort de ses amis, Ten pressait vivement : les succès dramatiques de Boursault, sa position dans le monde, lui garantissaient la réussite de ses démarches. « Que ferait l'Académie, dit-il, d*un sujet ignare et non lettré, qui ne sait ni latin ni grec? — 11 n'est pas question, dit Thomu GorneiUe, d'une Académie grecque ou laUne« mais d'une Académie française. Eh !

qui sait mieux lefhinçais quevous?t Cette rai» son, toute bonne qu'elle était, ne put convaioere Boursault. •— Un écrivain , qui se faisait une Justice si sévère sur le mérite qui lui manquait, et qu'on peut acquérir , était bien digne qu'on la lui rendit pour le mérite qu'il eut et qu'on n'acquiert pas. Son esprit, son talent nauirel, avaient brillé dans une Goutte en vers, dont le ton dégagé et aussi libre que le comportait le régime d'alors lui valut un grand succès. A U fin, cependant, il arriva malencontreàBoll^ sault. Il s'avisa de rimer une aventure .galante arrivée à un révérend père capucin. Le confesseur de la reine Jeta feu et flamme, la gazeUe fut supprimée, et, sans la protection du prince de Condé, Boursault aurait été à la BastiUe méditer à loisir sur les vertus du froc. Quelques années après, il lui fut permis de reprendre sa gazette; mais deux vers assez mordants contre le roi Guillaume, avec qui l'on voulait alors foire la paix, engagèrent le politique Louis XIT à supprimer encore une fois ce Journal satirique. ^ Boursault fut plus heureux au théâtre : plusieurs de ses pièces y obtinrent un succès qui s'est soutenu Jusqu'à nos Jours, entre autres Le Mercure galant et Ésope à la cour. Ce sont des pièces épisodiquea, sans plan, isns régularité, (le sujet ne le comporte pas), mais écrites avec une verve, une vérité d'observaUon, qui, à chaque reprise, depuis plus d'un siècle et demi, ont toujours fait trouver des grâces nouvelles à ces immortelles bluettes. Le Mercun galant fot à sa naissance représenté quaU«-. vingts fois. La plupart des plaisanteries qui étincellent dans les pièces de Boursault ont passé dans la conversation, et bien des gens les répètent sans savoir à qui ils doivent leur esprit d'emprunt. On peut dire que Boursault n'a pas été surpassé dans ce genre de pièces qu'on est convenu d'appeler épisodiques. Lorsqu'on annonça son Mercure galant, Visé, auteur du jour nal qui portait ce titre, réclama auprès de Vmiïorite; Boursault ne vit rien de mieux alors que d'appeler si pièce La Comédie sans titrer titre ingénieux qui ne fit qu'ajouter à la vogue dont elle jouit. Le sort d^Ésope à la ville, qui eut quarante- trois représentations de suite, fot aussi très-brillant, mais celte pièce ne s'est pas, comme les deux autres, conservée au répertoire. C'est toujours avec une franchise modeste et noble que Boursault s'exprime dans ses prèfoces, qui toutes méritent d'être lues; eUesfont estimer letur auteur, et prouvent en même temps qu'il écrivait en prose d'une manière beaucoup plus nette et plus agréable que P. ComeiUe et

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Boileau. On Toudralt qu^après avoir été Tami de Molière, Boursault ne fût pas devena son eo" nemi. Il se persuada que c*était lui que TauteUr de l'École des femmes ayait eu en vue dans le rôle de LiMor, et il fit contre lui le Por* trait du peînire, comédie satirique, qui, sans être dénuée d*esprit, ne fit pas grande fortune. Dans l'Jmpromplu de f^ersailies, Molière, emporté par son ressentiment, eut le tort inexcusable de nommer Boursault, et, bien qu*il ne Tattaque que du -côté de Tesprit, ce n*en était pas moins une Yiolation des bienséances sociales et dramatiques.- Dans cette querelle, Boileau prit parti pour Molière contre Boursault, qu'il avait nommé dans ses premières satires. Celui-ci s*en vengea noblement. Ayant appris à Montluçon, où il était receveur des tailles, que Boileau, qui prenait les eaux de Bourbonne, s*y trouvait sans argent, il se rendit sur-le-cbamp auprès de Tillustre malade, et lui ofiFrit sa bourse de si bonne grâce que Boileau accepta un prêt de deux cents louis. Ce fut répoque d'une réconciliation sincère, et d'une amitié qui ne finit qu'avec leur vie. Boileau, quitte à immoler à sa place un maiheureux poète dont le nom pût remplir le vide de l'hexamètre, effaça de ses satires le nom de Boursault; mais ce nom est toujours resté dans VJmpomplu de f^ereailles.— Ésope à la cour, qui ne fut représenté qu'en 1701, à la mort de son auteur , offrait quelques tirades alors hardies.

' On ne doit pas oublier que , outre ces pièces connues, Boursault a fait une petite comédie asses gaie, sous le titre de Mois à la mode. De ces mou la plupart ont disparu du 4ictionnaire, et quelques autres ont acquis, par l'usage, le droit d'y figurer. — Comme beaucoup de poètes comiques, il s'est essayé dans la tragédie : il en a tait deux, Oermanïcus, représentée en 1671, et Marie Stuarl en 1684, Germanious eut un si grand succès que le grand Corneille dit en pleine Académie qu'il fCy manquaii quH le nom de Racine pour que ce fût un ouvrage achevé. Ce Jugement parait, au premier abord, encore plus étrange que le succès; mais il cesse de surprendre lorsque, à la lecture de cette tragédie, on y reconnaît une Imitation de Corneille. Il ét4it alors naturel que Corneille eût du faible pour son imitateur. Danë ce sujet de Germanfcus, si susceptible de hauts développements politiques, Boursault n'a semé que de Aides amoura» à la façon de Corneille vieilli.

Mais dans sa Marie Stuart, Boursault, (lui apparemment connaissait un peu i^j. . pbl^' 4oire moderne que l'antiquité, a seni^ Aq^^^

sentences politiques heureusement tournées. Otf a encore de lui deux ou trois nouvelles ou ro*^ mans historiques et les Lettres à Babet^ pro-* ductions galantes, qui eurent de son temps un succès prodigieux) mais déjà du temps de Vol-* taire elles n'étaient plus lues que des provinciauxt Qui les lirait aujourd'hui y trouverait des sentie ments délicats, des pages bien tournées, avec un in térêt et un fond assex légers* Ch. du Roxoir, mou. BOURSE. ( Commerce* ) Des bourses de commerce sont des lieux de réunion ouverts, avec l'autorisation du gouvernement, à des jours et heures déterminés, aux commerçants, capitaines de navire, agents de change et courtiers, pour la négociation des effets publics, les opérations de banque, change, courtage, commerce et finances. On appelle parquet la partie de la bourse exclusivement réservée aux agents de change | coulisses les avenues où stationnent et s'agitent des entremetteurs clandestins auxquels on à donné le nom de coulissiers. Ces établissements ont pris de l'accroissement par le besoin de relations fréquentes entre commerçants. Chei les anciens, les négociants avaient aussi des lieux de rendex-vous général^ cependant il n'est pas démontré qu'ils eussent des édifices consacrés à la tenue de ces assemblées. Les bourses de Bruges^ Amsterdam, Venise et Londres fioris^saient longtemps avant celles de Toulouse et de Rouen, les premières qui aient été fondées en France^ l'une en 1549, sous Henri II, l'autre en 1556, sous Charles IX; elles précédèrent de beaucoup celles de Lyon et de Paris* Cette der^ nière exista quelque temps & l'insu et contre le gré du gouvernement ; il ne voyait dans cette institution qu'une réunion tumultueuse faisant naiire une infinité d'abus^ de désordres et de fraudes, à laquelle 11 était défiendu de se rendre^ sous peine de prison. Quelques années après, en 1784, le pouvoir reconnaissait enfin l'utilité publique de bourses par un arrêt du conseil. Ces établissements sont restés languissants en France tant que le commerce intérieur a été slationnaire; et il l'a été longtemps, les classes utiles et laborieuses étant de toutes parts refoulées et repoussées du domaine de l'intelligence, comme elles étaient privées du droit d'exploiter les richesses naturelles du pays« de mettre librement en lumière et eu œuvre ses ressources industrielles* Car, non contentes d'affecter un mépris absolu pour tout ce qui tenait à l'industrie ei au négoce, les classes privilégiées a'effor^ient encore d'affermir par les instilu- VVoii%féOdale&\e&\»arrlèreB Imposées aux progrès 4« YatriGu\V»!c«^éi'9kR^^t pat \ea maîtrises et

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corporations le développement de findustrie : aussi le commerce se réduisait-il, sauf les exigences du luxe de la cour, aux objets de pure consommation, la classe moyenne n'ayant ni Taisance ni le bien-être qui font rechërcber les commodités et les jouissances de la Tie. Le commerce extérieur était plus actif, parce qu*il avait plus de liberté. Avec la révolution de 1789, cette grande secousse suivie de tant d'innovations, tout changea de face; Tun de ses premiers effets fut le renversement des oppressives et gothiques institutions qui s'opposaient à ce qu'un grand peuple prit la place qui lui était assignée dans le monde civilisé, comme dans le monde commercial, par le génie de son intelligence, par la fertilité de son sol. Dès que cette impulsion fut (tonnée, la France se couvrit de grands établissements industriels qui ne tardèrent pas à rivaliser et même, dans certaines branches, à surpasser les manufactures étrangères; deux grandes mesures politiques, dont ici nous n^avons pas à examiner la moralité, l'aliénation des biens du clergé et la confiscation des biens des émigrés, en produisant la division des propriétés, ouvrirent à l'agriculture la voie du progrès. L'esprit de négoce et d'industrie se répandit dans le pays; il y i>rit racine, les relations s'étendirent et les bourses de commerce se multiplièrent.

Quelque éloignées qu'elles soient aujourd'hui de leur objet primitif, elles sont encore soumises à d'anciens arrêts et règlements du conseil et à la réorganisation générale que leur a imposée le consulat. Suivant les circonstances, le gouvernement supprime ou crée des bourses. Sous le rapport de leur police intérieure et extérieure elles sont régies par un grand nombre de règlements; celle de Paris est placée sous la surveillance immédiate du préfet de police, celles des autres villes sont sous l'autorité des commissaires généraux de police et du pouvoir municipal. La négociation des efiFèts publics ne s'opère légalement que pendant la tenue de la bourse; son entrée est défendue aux commerçants faillis non réhabilités ; une sorte de pudeur et de convenance semblait en avoir jusqu'ici interdit l'accès aux femmes, mais la passion ardente du jeu, la manie de spéculer, qui travaille la société entière, les ont conduites ( au moins à' Paris) à la bourse, dont elles occupaient, avant leur exclusion toute récente, les galeries supérieures, où les agents de change et les courtiers marrons prenaient leurs ordres et les excitaient à l'agiotage. Les édifices consacrés à ces réunions sont des propriétés com-

munales dont l'entretien est supporté par les banquiers, négociants et marchands, au moyen d'une contribution personnelle ajoutée au rdie de la patente. Londres, Paris, Tienne, Saint- Pétersbourg, Amsterdam, sont les principales bourses de l'Europe; Lyon, MarseUle, le Havre, Bordeaux, sont les plus importantes de France. Les opérations qui se font journellement à la bourse embrassent fa vente de toute espèce de marchandises et matières métalliques, la fixation du prix du change, les affaires de banque, les assurances contre les risques nmritUnes et te^ rostres, l'affrètement des navires, les transports par terre et par eau, mais surtout, à Paris, les spéculations sur les effets publics. Aussi comme ces dernières sont les opérations principales et habituelles, les bourses de l'Europe, sauf les différences résultant de la nature et de l'espèce de ces fonds par rapport à chaque pays, semblent ne faire qu'une seule et même bourse, et il y a entre elles une telle solidarité que les moovements de hausse et de baisse réagissent sur toutes les autres, et il est rare qu'un échec arrivé dans l'une d'elles n'ait pas dans toutes du retentissement. Les agents publics préposés à la constatation légale des transactions et mouvements qui se font chaque jour à la bourse sont forcés, pour diminuer le pr^udice que leur causent les courtiers marrons, agents non accrédités, de se lier d'affaires avec eux. Au lieu de chercher à diminuer les progrès de l'agiotage (vox, ce mot), ce mal profond qui dévore la société et jette l'immoralité dans les relations de la vie, il semble que l'administration prenne à tâche d'encourager et d'alimenter cette fausse direction des esprits par son système de finances, par ses emprunts continuels qui produisit les mouvements de l'amortissement dont l'action est si puissante sur la hausse et la baisse des effets publics, et par cette fatale erreur de croire qac la hausse est le signe certain de la prospérité nationale et le témoignage de la force, de la considération du gouvernement, de sa tranquillité à l'intérieur et de la bonne harmonie de ses rapports à l'extérieur. Mais vienne le moment où se pourront enfin réaliser deux importantes mesures financières, l'abaissement du taux de l'intérêt et l'équilibre rigoureux des dépenses et des recettes , ce qui permettra de renoncer i la voie si onéreuse des emprunts et détruira ainsi l'action directe du gouvernement sur les fonds publics : alors, et avec le secours de quelques bonnes dispositions de la part de l'administration, les opérations de bourse pourront revenir à ce qu'elles n'auraient jamais dû cesser

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d'élre, dliononibles spéculations de commerce. Ces opérations, en ce qui concerne les effets publics^ sont de quaire espèces, i^Les marchés au comptant : on vend, on acliète des fonds publics, soit pour procurer un placement à ses capitaux ( c*est le fait des rentiers), soit pour revendre si le taux est devenu supérieur à celui d*acbat, aprèi avoir détaché Fintérét ou coupon de la valeur achetée ; â» Les marchés fermes ou à terme {vcfy. au mot Aoiotaob) ; 3» Les marchés libres ou à prime portent, comme les marchés à terme, sur des valeurs fictives et sur des prévisions de hausse ou de baisse, à la différence que Tacheteur a la faculté de ne pas exécuter la convention en abandonnant au vendeur la somme ou prime qu'il a voulu seulement risquer dans l'opération ; 4» Le report est la spéculation favorite des joueurs prudents : on achète au comptant une certaine quantité de rentes et on les revend dans le même moment à terme, pour obtenir le bénéfice ou la plus value résultant de la différence du prix de la vente. A l'exception des premières conventions, toutes sont illicites, car toutes présentent des circonstances aléatoires réprouvées par les lois et la Jurisprudence moderne, qui a déclaré qu'ils avaient tous les caractères du Jeu et du pari, pour lesquels la loi civile n'accorde aucune action en justice ; et cependant ces actes sont absous par la société, parce que la société vit de leur abus, sans qu'il y ait dans les désastres de tous les Jours une leçon pour l'avenir. Il est si séduisant de conquérir avec rapidité, et, pour ainsi dire, en quelques instants, ce bien-être matériel vers lequel chacun se précipite, mais qui, le plus souvent, est de courte durée ! Ainsi, dans une époque où la considération ne s'attache qu'à l'argent et à la richesse, entend-on tons ces trafiqueurs dire qu'empêcher les spéculations de bourse ce serait ruiner et altérer le crédit public, tandis que cette prodigieuse facilité de Jouer sur les rentes lui nuit et au contraire ébranle nécessairement la f6Kune publique. La France et l'Angleterre ont une législation rigoureuse sur les opérations illicites de bourse; mais ces lois sont pour ainsi dire frappées de désuétude, puisqu'eDes sont sans force pour la répression d'un mal considérable ; et, le croirait-on ? deux nations où la puissance de la légalité est la base et la garantie de stabilité de leur forme de gouvernement offrent le spectacle affligeant et l'exemple dangereux de la violation perpétuelle des lois. Lorsque, dans ces derniers temps, un membre de la chambre des députés de France (M. Harlé fils, session de 1 835) demandait qu*on régularisât la

négociation des effets publics, on lui répondit que la législation actuelle suffisait, tout en convenant qu'elle est impuissante pour réprimer l'agiotage. Il y a là un besoin social grave à satisfaire, et quand les plus puissantes considérations d'ordre public réclament des mesures efficaces et protectrices de la part du pouvoir, son indifl^rence semble coupable, puisqu'il n'est pas encore permis de prévoir le moment où le bon sens du pays mieux éclairé comprendra le danger de ces opérations, où les mœurs publiques prépareront les esprits à des spéculations plus conformes au bien général. Aussi conviendrait-il de réglementer ces établissements de manière à les rendre utiles au commerce national et moins nuisibles aux intérêts de l'industrie agricole et manufecturière. La tâche n'est pas sans difficultés : elle rencontrera dans les hommes et da^s les choses des obstacles et des moyens de résistance ; mais ce ne doit pas être un motif de découragement pour une administration sage et morale. A. Gbriiaui.

BOURSE. (Architecture.) Édifice destiné aux réunions de négociants pour affaires de commerce et de banque; c'est dans les Pays-Bas, ou il pleut souvent, que les commerçants ont eu l'idée de se réunir sous des galeries à couvert. Un écrivain allemand, BUsch, dit que le premier local de cette nature, à Amsterdam, a été orné, comme emblème, de trois bourses sculptées audessus des portes d'entrée, et le nom serait venu de là ; suivant d'autres il serait dérivé de Van der Beurse, nom propre d'une famille noble à Bruges, dont la maison servit, en 1530, aux négociants pour leurs réunions.

On ignore si, chez les anciens qui avaient un collegium mercatorum , un local particulier était affecté au commerce, à ses marchés et transactions : nous ne trouvons aucune mention d'un monument de cette nature dans les auteurs qui sont arrivés Jusqu'à nous. Au moyen âge, les réunions avaient lieu dans des lieux publics quelconques, souvent humbles et peu commodes, ainsi que cela se pratique encore aujourd'hui, même dans des villes importantes. Plus tard des palais somptueux furent consacrés à celte destination : les plus remarquables que l'on puisse citer, sont, en suivant l'ordre chronologique de leur construction, les bourses d'Amsterdam, d'Anvers^ de Londres, de Saint-Pétersbourg et de Paris. Nous consacrerons quelques lignes à chacun de ces monuments.

La BOURSi D'AMSTBRDàK, bâtie de 1608 à 1613, sous la direction de Dankers, a été démolie en 1841. On en construit une autre près du Dam.

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Là Bovisi B*Aif Tns était naguère la ploa considérable et la plus curieuse daus les Pays^ Bas (vQTi Artebs). J. H. Schritslu.

La boobsbdbLordbis, incendiée en 1838, était un bAtiment carrée assez Taste et d*une architecture distinguée, qui formait Tenceinte d*une cour spacieuse ornée de la statue de Charles II, roi d'Angleterre. Comme à Amsterdam, la cour était entourée de galeries ouvertes, soutenues par des colonnes , pour servir d*abri dans le mauvais temps. Le bâtiment, fort avantageusement placé dans la rîie dite ComfiUl, ftit d'abord élevé en briques en 1560, aux dépens du chevalier sir Thomas Gresbam, qui s'était indigné de voir les négociants de Londres s'assembler pour traiter de leurs affaires dans la rue des Lombards (Lom* bard'Street), L'ouverture de la bourse se fit avec des cérémonies somptueuses en présence de la reine Elisabeth, d'où lui est venu le nom de bourse royale (Royal- Exchange)\ mais cet édifice, détruit dans l'incendie de Londres, en 1666, fut rebâti avec plus de magnificence. On dit qu'il a coûté 50,000 livres sterling. Il y avait une bourse particulière pour les fonds publics {the stock eschange) , une autre pour le commerce des blés (the corn eschange)^ et une troisième (the coal exchange) pour la vente des nombreuses cargaisons de charbon de terre qui arrivent tous les jours de Sunderland et de New* castle. On reconstruit cet édifice.

Labovbsb db Saint -Pétebsboobo, l'un des plus beaux monuments de la capitale du Nord, chef-d'œuvre de l'architecte français Thomon ^et placée dans unesituation admirable, a été corn*mencée en 1804, et achevée en 1811 ; mais ce n'est que le 15 juin 1816 qu'elle put être inaugurée. L'édifice est fort beau en lui-même, mais l'effet qu'il produit est encore rehaussé à l'entour par le beau quai de granit qui s'arrondit devant sa façade, par le fleuve majestueux dont ce quai est baigné, et par la vue dont on jouit de ce point. La bourse, posée sur un soubassement en granit, est isolée de toutes parts; elle tourne sa façade, ornée d'un groupe colossal dont Neptune est la principale figure, du côté delà Forteresse, et autour règne un portique imposant, dont les énormes colonnes s'élèvent jusqu'à l'attique sous le toit. Des degrés assez nombreux mènent sous ce portique; les colonnes, d'ordre dorique (de Pœstum), sont au nombre de 44, 10 â chacun des deux frontispices et 13 aux façades latérales. La longueur du bâliment estHe 39 toises et sa largeur de 37. Une porte à chaque côté mène dans la belle salle voûtée qui occupe tout l'intérieur, â l'exception seulement de 8 pièces où se font les

écritures et o6 les négociatits trouvent à se restaurer*

BocRSB DE Pabib. Amsterdam , Venise, Lon' dres, Anvers, Saint-Pétersbourg, Vleence, Padoue, Brescia et les principales villes commerçantes de l'Europe, avaient chacune un monument somptueux consacré aux réunions journalières des négociants, tandis que Paris en était encore dépourvu ; car on ne pouvait donner le nom de bourse â cette dépendance du palais lazarin, rue Yivienne, â l'église des Petits-Pères, à la galerie Virginie au Palais-Royal, où tobr â tour, depuis 1784 jusqu'au 4 novembre 1SS0, jourde l'inauguration de la bourse actuelle, se traitèrent les ventes d'efféls publics» La premlèrt pierre du palais de la bourse a été posée le 91 mars 1808, et dès la fin de cette même année les murs en étaient plus ou moins hors de terre; mais les embarras politiques de l'époque, 14 mort de Brongniart, rarchitacle, arrivée en 1813, firent suspendre les travaux, qui ne furent repris avec un peu d'activité que vers 1816, soai la conduite de la Barre.

Le palais de hi bourse est isolé de toutes paris et élevé sur un soubassement qui le ffeit deoii* ner sur les belles malsons qui l'environnent. Un ordre corinthien de 64 colonnes règne autour et forme un promenoir couvert. Sur la face principale ce portique prend une double profondeur et présente un péristyle de 14 colonnes de méOM ordre. Brongniart, dans son projet^ avait adopté l'ionique, et, sous le péristyle, au lieu des deoi rangs d'arcades dont le mur est percé, conume au pourtour de l'édifice, il n'en ouvrait qu'un et plaçait au-dessus des bas-reliefs. Ce parti éuit assurément préférable à celui qu'on lui a substitué ; mais le besoin de donner plus d'élévatiOB au monument, afin de loger convenablement dans l'attique les archives du tribunal de coaimeroe et diverses autres dépendances qui n'avaient pu trouver place au premier étage, connuinda cette multiplication.

La grande salle <le la bourse a 129 pieds de long sur 77 de large, compris les galeries et arcades qui régnent au pourtour; elle est écla'u^ par le haut, et, comme dans beaucoup de basiliques antiques dont nos bourses modernes ne sont qu'une modification, il règne au pourtour de cette salle, au premier étage, une galerie ouverte d'où le public peut entendre la criée des effets publics qui se fait â rez^e-chaussée* I*

BOURSE, hur$a,(Botanique,) Enveloppe membraneuse plus ou moins épaisse, qui recouvre quelques champignons, et particulièrement ceux I du genre clalhre. Quand elle se flétrit et dispa-

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