‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 39 (volume 2)Chapitre 122 sur 143 · VOIX. — ALTÉRATIONS DE LA V. DANS LES MALADIES DD SYST. NERVEUX · texte numérisé non relu

VOIX. — ALTÉRATIONS DE LA V. DANS LES MALADIES DD SYST. NERVEUX

ment, ne pouvant rendre ni un son ni un chuchotement, apprit cependant à parler, sous forme de chuchotement, au moyen de l’eau qu’elle emmagasinait dans sa bouche et son pharynx.

Le nasonnement ( dyslalie nasale et palatine ) est un vice de prononciation consistant en ceci que l’individu affecté donne à tous les sons articulés le timbre des lettres dites nasales, telles que l’m, l’n.

Dernièrement Piemazek a reconnu par l’examen rhinosco pique que pendant l’émission des sons nasonnés (an, on, un) il n’y a pas trace d’élévation du voile du palais; au contraire, pendant l’émission des sons qui ne s’accompagnent pas de résonnance nasonnée, il y a constamment un mouvement d’élévation du voile. Celui-ci ne s’applique jamais exactement contre la paroi postérieure du pharynx, et l’intervalle qui persiste varie avec le son produit ; il est maximum pour la voyelle a, minimum pour l’o et Vu; quand le son s’élève, l’intervalle diminue un peu, et cela est plus manifeste encore quand la voix passe du registre de poitrine à celui de tête. Lorsqu’on nasille volontairement, le voile du palais est à peine relevé ou ne l’est pas du tout. Si, dans le langage habituel, la voix n’est pas nasonnée, malgré la persistance d’une communication entre le pharynx et l’arrière-cavité des fosses nasales, c’est que l’orifice est trop peu considérable pour permettre une résonnance notable dans l’arrièrecavité, mais la présence d’une perforation ou la paralysie des muscles du voile a pour conséquence constante le nasonnement.

Les dyslalies linguales sont provoquées par des altérations de la langue, mais à ce sujet il n’est que juste de faire remarquer que les mutilations les plus profondes de cet organe ne donnent pas lieu à des troubles de l’articulation des mots aussi considérables qu’on serait tenté de le croire. Lés nombreuses observations de Louis, de Paget, de Otto Weber, le démontrent péremptoirement.

Les dyslalies dentales dues à l’absence des dents ou à leur implantation défectueuse sont assez connues pour ne pas nous arrêter, elles entravent surtout l’articulation de l’s, sch, t, i.

La dyslalie labiale provoquée par les vices de conformation des lèvres rend surtout mauvaise l’articulation du b, p, f, m, bref, de toutes les consonnes labiales.

C’est à dessein que' nous avons négligé de parler du bégaiement, cette dysarthrie syllabaire, ainsi que la nomme Kussmaul, ayant reçu tous les développements nécessaires (art. Bégaiement, tome II).

Il en est de même en ce qui touche la mutité, longuement étudiée à l’article Surdi-mutité.

Cette étude, si brève qu’elle soit, des divers troubles de la parole, semble venir à l’appui de l’opinion professée par Beaunis sur la nature de la parole ; pour cet auteur ce n’est qu’un mode particulier de mouvements d’origine musculaire, mais quel spectacle nous fournit ce mouvement purement mécanique, alors que, dirigé par une intelligence, il arrive à exprimer une pensée ! La démonstration n’en est-elle pas fournie par ces sourds-muets de naissance qui par leur gesticulation, leur mimique,

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