‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 39 (volume 2)Chapitre 124 sur 143 · LARYNX · texte numérisé non relu

LARYNX

aussi, dans la paralysie syphilitique , la phonation n’est-elle pas complètement abolie. La voix devient rauque, dure, et revêt le caractère bitonal. Ce que nous disons s’applique encore aux paralysies de causes locales ou par compression. Ces paralysies semblent envahir surtout les muscles dilatateurs de la glotte, c’est-à-dire les crico-aryténoïdiens postérieurs, d’où immobilisation de la corde atteinte dans la position nécessaire à la phonation (fig. 81). Aussi est-il rare qu’elles donnent lieu à une aphonie complète.

La voie parlée change de timbre, devient rauque, la voix chantée est impossible, ce qui permet d’admettre la paralysie des thyro-aryténoïdiens et des crico-thyroïdiens du même côté.

Le fait même de la conservation de la voix qui, il est vrai, est mauvaise, permet de différencier ce genre de paralysie de la plupart de celles de causes générales.

11 est des faits rares où tous les muscles du larynx d’un même côté sont paralysés simultanément et où la corde vocale se trouve immobilisée dans l’abduction moyenne. La voix alors est complètement abolie, mais cette abolition n’a qu’une durée relativement courte, bien que la paralysie persiste. L’explication de ce phénomène nous est donnée par le laryngoscope.

Au bout d’un certain temps, l’exercice aidant, la corde vocale saine exécute des mouvements beaucoup plus étendus qu’à l’état normal et finit par arriver à affronter le bord libre de la corde immobile. La voix revient alors, elle est mauvaise, rauque, soufflée, mais elle peut se faire entendre à une certaine distance.

Les paralysies laryngées d’origine bulbaire sont presque toujours syphilitiques ; la voix est plus ou moins altérée comme timbre et comme intensité, de plus elle l’est souvent comme articulation, car ces paralysies sont ordinairement accompagnées de paralysies de la langue.

Dans les cas de lésions du nerf spinal rapportés par Turck, Seeligmüller, Schech, la voix était sourde et enrouée. Dans un cas publié par Morell Mackenzie, de Londres, elle était perdue.

Les lésions des pneumogastriques déterminent aussi l’altération de la voix; dans un cas de Cock, rapporté par Mackenzie, le chirurgien blessa l’un des pneumogastriques en pratiquant la pharyngotomie pour un corps étranger. La voix, qui était claire auparavant, fut altérée après l’opération et réduite à un « chuchotement rauque ». Deux ans plus tard, la voix du malade changea et de « ténor léger qu’il était il eut une voix de basse respectable. »

J’ai eu l’occasion d’observer un cas de paralysie d’une corde vocale due à la section du récurrent par un bistouri plongé pour ouvrir un abcès. La voix se perdit instantanément.

Nous terminerons ce qui a trait aux maladies de la voix d’origine laryngée en disant que le larynx est susceptible d’un arrêt de développement, le plus souvent en rapport avec la suppression des organes génitaux ou avec leur atrophie.

592 VOIX. - TROUBLES DE LA V. RÉSULT. d’aFF. DU PHAR. ET DE LA BOUCHE.

Meckel, Dupuytren, Albers, Rœderer, citent des cas de ce genre dans lesquels la voix était grêle, enfantine, eunuquoïde, comme l’a baptisée Krishaber. J’ai eu l’occasion d’en observer un cas chez un jeune homme, syphilitique héréditaire.

Troubles de la voix résultant d’affections du pharynx et de la bouche. — Les différentes maladies du pharynx s’accompagnent presque toujours de troubles des fonctions vocales. C’est ainsi que dans le catarrhe pharyngien la voix devient enrouée et nasillarde.

La douleur et la raideur de la muqueuse ressenties par les malades atteints d 'angine glanduleuse gênent l’émission de la voix. Lorsque la maladie existe depuis quelque temps, on trouve des lésions analogues du larynx ou tout au moins un catarrhe qui contribue pour une bonne part à l’altération observée.

V amygdalite aiguë ne modifie pas le son, mais elle en gêne l’émission, qui devient pénible et douloureuse au point que les malades atteints, ne pouvant articuler qu’au prix de souffrances très-vives, ne parlent plus qu’en voix chuchotée. Nous signalerons encore le nasonnement, que l’on retrouve bien plus accusé dans l 'hypertrophie chronique des amygdales. Il s’accompagne toujours d’une gêne marquée de l’articulation par le fait de la propulsion en avant du voile du palais. Celui-ci ne ferme plus complètement l’arrière-cavité du pharynx qui communique alors librement avec les fosses nasales pendant l’émission des sons. On observe le même phénomène lorsqu’il existe une tumeur ou un abcès de la paroi postérieure du pharynx.

La diphtliérie, comme nous l’avons vu, n’amène de perte de la voix qu’autant que le larynx se trouve atteint. Lorsque le larynx, les amygdales, le voile du palais et les fosses nasales sont envahis, la voix devient rauque, sans timbre, mais peut encore être entendue à distance. Les affections de la voûte palatine et du voile du palais lui donnent en général un caractère particulier très-reconnaissable dès le premier abord. C’est ainsi qu’elle est nasonnée, soufflée dans la perforation congénitale du voile seul ou de la voûte et du voile (gueule de loup).

La voix soufflée se retrouve dans les perforations accidentelles produites par une gomme suppurée ou par toute autre cause.

Au caractère soufflé de la voix se joint une impossibilité presque complète d’articuler certains sons, qui fait que ce n’est qu’avec difficulté que Ton peut comprendre les individus atteints d’une absence du voile du palais ou d’une perte de substance considérable de cet organe et de la voûte palatine.

Les affections de la langue ne nuisent qu’à la voix articulée. Je ne parle pas, bien entendu, des maladies de la base de cet organe lorsqu’elles se sont étendues aux replis glosso-épiglottiques ou à l’épiglotte.

Comme la langue, les dents et les lèvres concourent surtout à l’articulation de la voix. Nous connaissons tous le caractère particulier qu’elle prend chez les vieillards édentés et son caractère sifflant chez les individus qui perdent leurs incisives.

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