‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 39 (volume 2)Chapitre 52 sur 143 · VESSIE. — ANATOMIE. NERFS ET INNERVATION DE LA V · texte numérisé non relu

VESSIE. — ANATOMIE. NERFS ET INNERVATION DE LA V

tifiques. Pour certains auteurs, ils formeraient deux plans, l’un situé sous l’épaisseur de la muqueuse et l’autre au milieu des fibres musculaires, d’où on les verrait se dégager pour venir ramper sous le péritoine, en s’anastomosant entre eux et en traversant de très-petits ganglions situés principalement sur les parties latérales de la vessie au voisinage des artères ombilicales. Leur terminaison se ferait dans les'ganglions hypogastriques. Telle est l’opinion deZeller, de Cruikshant et de Maseagni, lequel a repré-' senté cette disposition dans ses figures.

Fohmann aurait même pu pratiquer l’injection des lymphatiques de la muqueuse vésicale, et dernièrement MM. Hogan ont obtenu le même résultat.

En France les opinions divergent. Très-nombreux et faciles à injècter suivant Cruveilhier, les vaisseaux lymphatiques de la vessie sont introuvables selon Sappey, qui a mis en œuvre pour leur recherche tous les procédés qui lui ont si bien réussi dans les autres régions de l’organisme. Cet anatomiste ne les admet donc pas et croit que les petits troncs qu’on observe à la surface externe de la vessie proviennent de la prostate et des vésicules séminales richement dotées sous ce rapport.

Nerfs et innervation de la vessie. — Tous les filets nerveux qui se répandent dans la vessie viennent des deux plexus vésicaux qui émanent eux-mêmes des plexus hypogastriques droit et gauche, situés entre la vessie et le rectum (et le vagin chez la femme) ; ils sont absolument distincts l’un de l’autre et n’échangeraient même pas d’anastomoses, d’après Cruveilhier.

Composés de nombreux filets longs et grêles, les plexus vésicaux se divisent de chaque côté du bas-fond vésical, en dehors des uretères, en deux ordres de rameaux, les uns ascendants, les autres horizontaux : ce sont ces derniers qui constituent le plexus prostatique, dont un filet peut être suivi jusque dans la portion membraneuse de l’urèthre (Cruveilhier). Dans l’épaisseur des parois vésicales, ces rameaux se distribuent à la fois à la tunique musculaire et à la muqueuse. Mais les filets muqueux ne sont pas nombreux, sauf au niveau du col : aussi, à l’état sain, la muqueuse vésicale est-elle peu sensible au contact. Si elle est enflammée, elle devient au contraire douloureuse, surtout dans la région du col, à tel point que le cathétérisme, ordinairement peu pénible, est parfois impossible sans l’emploi du chloroforme.

Sur le trajet intra-pariétal des nerfs de la vessie, on a signalé l’existence de petits ganglions nerveux, comme on en trouve sur les plexus de l’intestin; d’ailleurs le professeur Sappey a montré que les plexus vésicaux affectent la même disposition que ceux de Meissner et d’Auerbach.

Mais il ne suffit pas de connaître l’origine, le trajet et la terminaison des nerfs de la vessie pour se rendre compte de l’innervation de cet organe- Ici surtout l’anatomie descriptive doit tout de suite appeler à son aide la physiologie, et principalement la physiologie expérimentale. Ce sont les expériences de Budge, de Giannuzzi et de Kupressow, qui ont jeté un jour nouveau sur cette question intéressante. Malheureusement, ces physiolo-

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