VESSIE. - PHYSIOLOGIE. DISTENSION VÉSICALE
gistes n’ont pratiqué leurs recherches que sur des chiens et des lapins, animaux qui possèdent sept vertèbres lombaires et chez lesquels la moelle épinière descend beaucoup plus bas que chez l’homme. On sait que, chez l’adulte, elle ne dépasse guère le niveau de la deuxième lombaire.
Pour Budge, les filets moteurs de la vessie sont'fournis par les branches antérieures des 3e et 4e nerfs sacrés, qui, à leur sortie de la moelle, constituent le plexus hypogastrique et se rendent directement à la vessie. Les filets sensitifs prennent aussi leur origine dans la moelle, mais traversent, avant d’aller au plexus hypogastrique, le grand sympathique latéral et ses ganglions mésentériques. Quoique Gianuzzi n’accepte pas cette manière de voir, il semble cependant qu’elle est exacte. En effet , l’excitation galvanique des filets venant directement de l’axe médullaire détermine des contractions brusques et rapides du muscle vésical ; celle des nerfs, qui ont passé par les ganglions sympathiques, ne provoque qu'une contraction lente et faible, qu’il est rationnel de rattacher à un phénomène réflexe, car en même temps il se produit une vive douieur D’ailleurs, si l’on sectionne ces derniers nerfs et qu’on excite leur bou j central, le même résultat s’observe, tandis que l’électrisation de leur bout périphérique est négative.
Mais la moelle épinière sert à la fois, par ses cordons antérieurs, de conducteur aux incitations motrices venues de plus haut et, par son axe gris, de centre pour les actés réflexes ayant leur point de départ dans la muqueuse vésicale et leur terminaison dans le muscle vésical. C’est encore Budge qui a le premier décrit en d 858 le centre génito-spinal, centre médullaire des réflexes vésicaux et génitaux, situé au niveau de la 4“ vertèbre lombaire environ (chiens et lapins) suivant Budge, entre la oe et la 6e suivant Kupressow, entre la 6e et la 7e suivant Masius. Basé sur ces données, le fonctionnement normal de la vessie s’explique facilement; nous y reviendrons plus loin en étudiant la physiologie de l’organe.
Physiologie. — Sans cesse l’urine estséparée du sang par les reins : elle s’écoulerait donc constamment au dehors, s’il n’existait sur le trajet de ses voies d’excrétion un réservoir extensible et contractile, destiné à en rendre l’expulsion intermittente. En somme, le fonctionnement physiologique de la vessie constitue la majeure partie de la miction. Or, la miction uréthrale a déjà été longuement développée dans un de nos précédents articles (Voy. art. Urèthre, t. XXXVII, page 147) : il reste à examiner comment s’opère la miction vésicale, c’est-à-dire : 1° comment le l’éservoir urinaire se laisse distendre par le liquide déversé dans sa cavité par les uretères, et 2° comment il se contracte pour chasser dans l’urèthre ce liquide accumulé dans son intérieur. On voit tout de suite que, pour ces deux actes, deux propriétés essentielles sont indispensables à la vessie, à savoir l’élasticité et la contractilité, propriétés que possèdent au plus haut degré les nombreuses fibres musculaires entrant pour une très-large part dans la structure des parois vésicales.
1° Distension vésicale. — A l’état de vacuité absolue, la vessie ne
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présente pas de cavité; revenue sur elle-même, elle ne forme qu’une masse compacte, car les plis de sa couche muqueuse s’accolent les uns aux autres, sans laisser entre eux aucun espace vide. Aussi, lorqu’on pratique le cathétérisme immédiatement après la miction, n’obtient-on aucun écoulement d’urine ou à peine deux ou trois gouttes de ce liquide, que le fonctionnement incessant des uretères vient de déverser. C’est à la nature éminemment élastique de ses parois qu’est due celte rétraction extrême de la vessie, mais ses éléments constituants n’y prennent pas tous une part égale. Les fibres musculaires jouent le rôle prépondérant : toutefois, elles agissent moins peut-être par leur contractilité réelle qu’en vertu de leur élasticité. Qu’est-ce en effet que l’élasticité, sinon la possibilité d’abord de se laisser distendre, et ensuite de revenir naturellement sur soi-même en reprenant ses dimensions primitives? Or, la tunique muqueuse, beaucoup moins élastique que la musculeuse, au lieu de se rétracter et de revenir sur elle- même, se plisse seulement, car sa faible adhérence au plan musculaire le lui permet. On ne pourrait mieux la comparer qu’à un ballon d’étoffe, de drap, par exemple, contenu dans un autre ballon de caoutchouc, celui-ci étant représenté par la couche de muscles.
Tombant dans la vessie goutte à goutte par ces sortes de petites éjaculations continuelles dues aux contractions péristaltiques des uretères, que Blandin le premier avait cliniquement observées dans l’exstrophie vésicale et que depuis lors le professeur Vulpian a contrôlées expérimentalement en attirant à l’extérieur un uretère sectionné, l’urine s’accumule dans son réservoir, dont elle crée, pour ainsi dire, la cavité, en refoulant et en violentant même ses parois. Mais comment ce liquide arrive-t-il à séjourner dans la vessie sans s’échapper immédiatement par l’un des trois orifices situés aux angles du trigone ?
Tout d’abord le retour de l’urine par les deux orifices urétéraux n’a lieu, ni pendant que la vessie se distend, ni même pendant qu’elle revient sur elle-même par la contraction et l’élasticité de ses parois, aidées de la pression des muscles abdominaux. Ces orifices sont en effet oblitérés naturellement en vertu même de leur disposition anatomique; on sait que les uretères, avant de s’ouvrir, cheminent très-obliquement entre les tuniques vésicales pendant une distance de trois centimètres environ. Il en résulte que la distension du réservoir a une tendance à appliquer l’une contre l’autre les parois de la portion d’uretère engagée dans l’épaisseur de la vessie et à empêcher ainsi le reflux de l’urine. Ce dernier ne se produit jamais. Si parfois on observe une certaine dilatation des uretères, par exemple, chez les individus dont la miction est entravée et la vessie distendue d’une façon permanente, par suite d’obstacles prostatiques ou uréthraux, il ne faudrait pas croire que cette modification pathologique soit due à un reflux de l’urine dans les uretères. Elle ne doit être attribuée qu’à la persistance de la sécrétion rénale; l’urine ne parvenant pas à pénétrer facilement dans la vessie, toujours pleine, s’accumule de proche en proche dans les uretères, puis dans les bassinets et