VIOLETTE
La Violette odorante ( Viola odorata), qui croît sous les haies et dans les bois, est aussi cultivée dans les jardins. Sa racine horizontale est munie de fibres menues. Les tiges latérales sont rampantes et portent des feuilles pétiolées, cordiformes, crénelées sur les bords, à stipules ovales. La fleur ordinairement violette, quelquefois blanche, présente un éperon obtus. La capsule renflée et velue renferme des graines blanchâtres. La fleur de violette sè montre au mois de mars et dure peu. 11 convient de la récolter peu après son épanouissement, alors qu’elle présente une belle couleur bleue, parce que plus tard elle se fonce et devient pourpre. Pour lui conserver sa couleur on la dessèche avec précaution dans une étuve où on l’étale en couches minces, puis on la renferme dans des vases de petite dimension et hermétiquement fermés.
On prépare avec les fleurs de violettes récemment récoltées et non desséchées une conserve et un sirop. La conserve s’obtient en pulpant et passant au tamis de crin un mélange de 1 p. de fleurs et 3 p. de sucre. La confiserie prépare des violettes enrobées de sucre d’une conservation plus facile. Le sirop s’obtient en ajoutant le double de son poids de sucre à une infusion de violettes. On doit préférer pour cette préparation les violettes cultivées simples du printemps dont la couleur est plus belle et le parfum plus développé. L’emploi d’un bain-marie d’étain pour l’infusion et la dissolution du sucre est particulièrement recommandé dans le but d’obtenir un produit d’une belle couleur bleue. Avec dû p. de fleurs sèches et 1000 p. d’eau bouillante on prépare une infusion théiforme qu’on édulcore avec du sirop simple ou mieux avee du sirop de violettes.
Ces préparations se prescrivent dans les affections légères des voies respiratoires, dans l’inflammation des reins, de la vessie et des organes digestifs. Le sirop de violettes associé à parties égales avec le sirop d’ipéca produit d’excellents effets dans la coqueluche et la toux chez les jeunes enfants. Les fleurs sèches de violettes entrent dans la composition des espèces pectorales.
La racine de violette a été employée autrefois comme émétique et purgative. On la donnait en poudre à la dose de 2 à 4 grammes, ou en décoction à la dose de 8 à 12 grammes dans les inflammations du tube digestif.
Les semences de violette légèrement émulsives ont été employées comme purgatif doux à la dose de 12 à 16 grammes en émulsion. On leur attribuait des propriétés marquées contre les affections des reins et de la vessie. Elles entrent dans la composition d’un purgatif ancien, YÉlectuaire catholicum.
La violette doit son action thérapeutique à un principe qui existe dans toutes les parties de la plante et que Boullay a isolé sous le nom de violine. C’est une substance amorphe, amère, âcre et vireuse, qui, à la dose de quelques centigrammes, produit des effets cathartiques ou vomitifs d’une intensité assez variable.
Les fleurs de violettes sont quelquefois falsifiées par des fleurs de
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Vipérine (Echium vulgarë) . Celte Borraginée est facile à reconnaître à sa corolle monopétale. Une substitution plus fréquente et couramment admise dans le commerce est celle des fleurs de pensée sauvage ( Viola Iricolor). Il convient également de rejeter les fleurs de la violette inodore [Viola canincù), qui croît abondamment sur les haies, dans les bois et au milieu des. bruyères. La racine de cette plante possède à peu près les mêmes qualités que celle de la violette odorante.
La Pensée sauvage ( Viola tricolor) est une plante annuelle, herbacée, qui croît dans les champs et les jardins. Les tiges triangulaires, rameuses, étalées, portent des feuilles oblongnes, obtuses, incisées, à stipules pinnatifides. Les pétales sont d’un blanc jaunâtre mêlé de lilas et dépourvus d’odeur. Toute la plante a une saveur mucilagineuse non désagréable. Elle est fréquemment employée comme dépurative dans le traitement des affections cutanées chez les enfants. Lorsque la saison le permet il faut préférer la plante fraîehe dont on administre le suc à la dose de 15 à 60 grammes. La plante sèche sert à préparer une iufusion en jetant 1 litre d’eau bouillante sur 1 0 grammes de pensée. Le sirop de pensée s’obtient en faisant infuser 1000 p. d’eau bouillante sur 80 p. déplanté sèche; à 100 p. de liquide passé on ajoute 190 p. de sucre et l’on amène au degré convenable par l’ébullition (30°, B).
Le Viola tricolor soumis à la culture fournit ces variétés infinies dont les pétales acquièrent une ampleur et des nuances qui font par leur beauté l’ornement des jardins. E. Morio.
VIPÈRE. — Ainsi que nous l’avons rappelé à l’article Serpents, les Yipéridés forment une famille importante de l’ordre des Solénoplyphes, famille dont nous avons décrit les principaux types exotiques et dont nous devons maintenant examiner les espèces indigènes auxquelles le nom de Vipères se trouve actuellement appliqué d’une façon particulière, après avoir longtemps désigné la plupart des serpents venimeux.
Bien que ceux-ci ne soient représentés dans nos contrées que par un très-petit nombre de types zoologiques, il règne à leur sujet une extrême confusion, les hcrpétologistes ayant sans cesse varié dans leurs diagnoses spécifiques et même génériques. De simples variétés ont été ainsi fréquemment décrites comme autant d’espèces distinctes, et, si l’on ajoute à ces erreurs les exagérations nées de la terreur populaire qui réunit dans une même aversion et sous le même nom tous les serpents, inoffensifs ou venimeux, on s’expliquera l’incertitude et l’obscurité dont s’entoure encore une question réellement fort simple ; l’observation directe, trop généralement négligée, permet de la résoudre aussi promptement que sûrement.
Zoologie. — Nos Vipères offrent comme caractères communs : une tête triangulaire, élargie postérieurement, très-distincte du cou dont la sépare un étranglement marqué ; pas de fossettes entre le nez et les yeux ; une pupille verticale et allongée: une queue courte avec deux rangées de plaques sous-caudales.