VIPÈRE. - ZOOLOGIE
Une différence importante permet de diviser immédiatement ces Vipères en deux genres, suivant qu’elles présentent des plaques occipitales, c’est-à-dire placées entre les écaillés sourcilières, ou qu’elles en sont dépourvues. Les premières appartiennent au genre Pelias, les secondes au genre Vipera.
Ce premier point, relatif aux types génériques, étant établi, combien doit-on admettre d’espèces indigènes de Pelias et de Vipera? Ici encore, les auteurs ne parviennent que rarement à se mettre d’accord ; cependant, si on ne se laisse pas égarer par de simples variétés, il est difficile de ne pas rapporter à une seule et même espèce ( Pelias Berus) les Yipéridés à plaques occipitales. Quant aux Vipères vraies, ou dépourvues de ces plaques, un seul caractère permet de les séparer en deux espèces, d’ailleurs bien définies par la présence ou l’absence de la protubérance molle s’élevant à la façon d’une corne vers l’extrémité du museau. Elle distingue la Vipère Ammodyte ( Vipera Ammodytes ) de l’Aspic ( Vipera Aspis), qui n’offre aucune trace de cette saillie. Quelques détails achèveront de préciser la diagnose de ces trois reptiles.
Pelias Berus. — Merrem (1820) paraît avoir le premier exactement apprécié la valeur taxonomique de ce type successivement placé parmi les Vipères vraies ( Vipera Chersea Dand) et même parmi les Couleuvres [Coluber Chersea L., Coluber Berus Laur). Moins allongée que les autres Vipères indigènes, elle a été souvent désignée sous le nom de « Petite Vipère », terme auquel de fréquentes variations individuelles enlèvent toute rigueur. Le nom de « Vipère rouge » est aussi peu acceptable, cette espèce pouvant revêtir de nombreuses teintes : généralement roussâtre, elle peut être grise, brune, et même noire. Cette dernière coloration n’est pas rare, le mélanisme s’observant souvent chez ces animaux. Les Anciens l’avaient constaté et avaient créé une espèce particulière, la « Vipère noire » (V. præster ), laquelle répondait non pas seulement à la variété mélanique du Vipera Aspis, comme l’admettent Gervais et Van Beneden, mais aux deux variétés mélaniques du Pelias Berus et du Vipera Aspis.
Sur la tête se trouvent esquissées deux lignes noires et divergentes, souvent comparées à un Y; mais le caractère essentiel réside dans la présence des trois plaques occipitales.
Cette espèce est assezrépandue dans l’Europe septentrionale et centrale : signalée en Scandinavie, en Angleterre, en Belgique, en Hollande, on la trouve en France dans les Cévennes, les Corbières, les Pyrénées, etc.
Vipera Ammodytes. — De tous les Vipéridés, celui-ciest le plus facile à reconnaître : non-seulement l’absence de plaques occipitales le différencie