THÉRIAQUE
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THnÉRlAQEE ( Électuaire thériaque. Thériaque d’Andromaque. Electuaire opiacé, polypharmaque ou polyamique).
Racine de gingembre . 60
— d’iris de Florence ....... 60
— de valériane sauvage . 60
— de valériane celtiiiue . 20
— d’acore aromatique . 30
— de quintefeuille . 30
— de rliapontic . 30
— de gentiane . 20
— de meum . 20
— d’aristoloche clématite . 10
— d’asarum . 10
Bois d'aloès . 10
Cannelle do Ceylan . 100
Squames de seille sèches . 60
Scliœnanthe arabique . 30
Dictame de Crète . 30
Feuilles sèches de laurier . 30
Sommités de scordium . 60
— de calament . 30
— de marrube blanc . 30
— de pouliot de montagne ... 30
— de chamœdrys . 20
— de chamœpitys . 20
— de millepertuis . 20
— de petite centaurée . 10
Pétales de rose rouge. . 60
thériaque.
Safran .
Fleur de stœchas. . . .
Ecorce sèche de citron . ^6
Fruits de poivre long . 120
— de poivre noir . hO
— de persil . 30
— d’ammi officinal . 20
— d’anis . ' . . . . 20
— de fenouil . 20
— de séséli de Marseille . 20
— de daucus de Crète . 10
Semences d’Ers (ervum ervilia) .... 200
— de navet sauvage {brassica na-
piis ) . 60
— de petit cardamome . SO
.4garic blanc . 60
Opium de Smyrne. .
Suc de réglisse . . .
Cachou .
Gomme arabique . .
Myrrhe .
Oliban .
Sagapénum .
Galhanum .
Benjoin en larmes. .
Vipères sèches. . . .
Castoréum .
Mie de pain desséchée Terre sigillée ....
Sulfate de fer desséché Bitume de Judée . .
Pilez ensemble toutes ces substances, et passez-les au tamis, de manière à obti line, en laissant le moins possible de résidu. C’est cette poudre que l’on désigne Povdre thériacale.
Prenez alors :
Poudre thériacale ci-dessus . 1000 1 Miel blanc . '.
Térébenthine de Chio . 50 j Vin de Malaga .
une poudre
Mettez dans une bassine la térébenthine de Chio, liquéfiez-la à une douce chaleur, ajoutez-y assez de poudre thériacale pour la diviser exactement. D’autre part, faites fondre le miel ; versez-le encore chaud et peu à peu dans la bassine, pour délayer le premier mélange. Ajoutez, par petites quantités à la fois, le reste des poudres et le vin de Malaga, qui devra donner à la masse la consistance d’une pâte un peu molle. Quand le mélange sera bien homogène, conservezle dans un pot. Au bout de quelques mois, remettez la thériaque dans un mortier et broyez-la de nouveau pour la bien diviser.
4 grammes de thériaque contiennent environ 0,8'05 d’opiurn brut, représentant 0,8^025 d’extrait d’opium [Codex de 1866) .
La thériaque, d’après l’expression deBordeu, est le chef-d’œuvre de l’empirisme. Nous trouvons, en effet, alliées dans cette préparation les substances les plus diverses. Les unes, telles que les racines de gentiane, de rhapontic, de quintefeuille, les sommités de petite centaurée, de scordiurn, de chamœpitys, les pétales de rose, sont des astringents et des toniques. Les autres, telles que les résines, certains fruits et certaines écorces aromatiques, se rangent dans la catégorie des excitants; les narcotiques y sont représentés par l’opium ; les substances inertes ou peu actives par la terre sigillée, la mie de pain, le suc de réglisse, la gomme, le miel.
Quelles sont les réactions qui se produisent, avec le temps, dans ce monstrueux assemblage? 11 serait difficile de le dire; il est certain pourtant qu’au bout de quelque temps la masse fermente et qu’elle devient noire par suite de la réaction des matières astringentes sur le sulfate de fer. L’altération pourtant n’est peut-être pas aussi considérable qu’on pourrait le supposer, car les analyses de Guibourt ont démontré que l’on retrouvait dans la thériaque anciennement préparée le miel avec les caractères qui lui sont propres. S’il en est ainsi, il ne faudrait voir dans cet informe médicament qu’une association à l’opium de substances toniques et surtout excitantes.
C’est à ce titre que la thériaque est encore employée actuellement, et
THERMOMÈTRES, THERMOMÉTRIE. 465
quelque bizarre que soit sa composition, cet électuaire permet parfois d’arriver à des effets que par l’administration de l’opium seul on n’aurait pu obtenir. C’est ainsi qu’à la dose de 1 à 2 grammes par jour on l’a conseillée dans les fièvres de mauvaise nature, dans les varioles confluentes, dans la rougeole, lorsque, l’éruption venant à s’affaisser, de graves désordres se manifestent du côté de la tête ou de la poitrine, ou bien encore lorsqu’il y a lieu d’arrêter la diarrhée violente qui se montre parfois au début de cette affection. Associée aux ferrugineux, elle en rend la tolérance plus facile : aussi a-t-elle donné de bons résultats dans le traitement des entéralgies et des gastralgies se liant à un état chlorotique.
Lorsque les malades ont de la peine à la supporter, on la prescrit à la dose de 2 à 4 grammes sous forme d’épithèmes appliqués sur le creux épigastrique.
Le nom de thériaque, que porte cet électuaire, fait allusion à la vipère qui entre dans sa composition ; il était jadis employé comme antidote contre la morsure des animaux venimeux; cette application est tombée, de nos jours dans l’oubli le plus complet.
A. Héraüd.
THERMOMÈTRES, THERMOMÉTRIE. — Le thermomètre est devenu le complément indispensable d’une bonne observation clinique, mais il ne peut rendre de services qu’à la condition d’être sensible et surtout exact. En effet, la chaleur normale du corps humain se meut entre des limites étroites : un degré de variation peut servir à établir un diagnostic ou à déterminer une médication ; on constate des oscillations régulières dont la période n’a guère que 6 à 8 dixièmes de degré d’amplitude et qu’il est parfois important d’observer. Enfin, les divers types morbides ne présentent-ils pas par eux-mêmes des différences d’allure bien assez considérables pour qu’on se garde de les compliquer encore? On ne saurait donc apporter trop de soin au choix, au contrôle et à la comparaison des thermomètres dont on se sert, ni s’entourer de trop de précautions dans l’application que l’on en fait. La palpation à la main est assurément moins ridicule, plus rationnelle et plus utile qu’une observation thermométrique par à peu près. Longtemps la thermométrie a erré à l’aventure, faute de rigueur : sans de sérieuses réformes, elle se trouverait frappée de stérilité. Colin a indiqué ces réformes dans une discussion soulevée à l’Académie de médecine : il s’agit de renoncer à ces « thermomètres médiocres qui porteront bientôt en toutes lettres fièvre modérée, fièvre intense, comme ceux de nos fenêtres portent température du ver à soie, de l'orangerie, etc. »
f. Conditions pratiques de construction et d'emploi. — Le thermomètre médical doit être, comme tous les thermomètres, exact et sensible ; de plus, on lui demande de répondre à sa destination spéciale. Examinons rapidement les conditions qu’il doit réaliser à ces titres divers.
C’est l’instrument de poche que nous décrivons en ce moment : il doit
NODT. DI-T. MÉD. ET CHtT. XXXV — 50
466 THERMOMÈTRES, .THERMOMÉTRIE,
être avant tout portatif : on le choisira donc robuste, d’un fort diamètre de tige et assez court. On en construit de moins de 100 miilim. de longueur, mais il faut au moins 150 miilim. pour que les divisions au dixième soient lisibles sans difficulté. 11 suffit d’ailleurs que l’instrument marque de 30 à 44 degrés; toutefois le zéro devra toujours être indiqué, sous peine d’enlever toute valeur au thermomètre, qui ne se trouve du reste pas allongé de ce chef : toute la dilatation du mercure de 0 à 30 degrés peut être contenue dans une portion renflée de la tige de quelques millimètres de longueur.
Il est très-avantageux, pour la conservation même de l’instrument, qu’il existe à l’extrémité de la tige un léger renflement formant une ampoule dans laquelle puisse se loger l’excès de mercure, s’il venait à être chauffé accidentellement au delà de la température supérieure que porte sa tige ; sans cette précaution, il pourrait suffire d’abandonner quelque temps le thermomètre au soleil pour dépasser cette température et le briser.
Enfin, il faut rechercher de préférence des instruments dont la colonne liquide ne soit pas fragile ; c’est un inconvénient de l’alcool dont il faut tenir. compte, car il est parfois très-long de ressouder la partie séparée au liquide du réservoir.
Telles sont les premières conditions de notre programme : la lecture des degrés doit de plus être facile et la colonne liquide très-visible. N’oublions pas, en effet, que l’on opère sur le malade et qu’il ne se trouve jamais au grand jour : or, on lit sur place. Autrefois les constructeurs employaient des tubes à section allongée ou elliptique, qui présentaient à l’œil leur face la plus large et rendaient le mercure très-visible : ce modèle a malheureusement dû être abandonné, à cause des difficultés de calibrage qu’il présentait, et l’on rencontre dans le commerce un grand nombre de thermomètres dont l’observation est fort pénible. L’alcool est assurément beaucoup plus visible que le mercure, non-seulement parce que sa couleur rouge, due à l’orseille, la fuchsine ou l’orcanette, se détache mieux sur l’émail blanc de la tige, mais parce que, à égalité de réservoir et de sensibilité, ce liquide, plus dilatable, permet un diamètre plus considérable de la tige. Cet avantage doit êfre pris en sérieuse considération par les praticiens dont la vue est basse ; on constatera tontefois que l’instrument est rigoureusement comparable à un thermomètre à mercure ; cette condition est essentielle à l’exactitude des indications.
On admet généralement que l’exactitude des thermomètres est assurée lorsque le zéro a été bien dûment vérifié : elle est cependant encore subordonnée à une autre condition, celle du calibrage de la tige, c’està-dire de la régularité géométrique du cylindre dans lequel s’élève le liquide ; celle-ci ne dépend que du constructeur. On peut avoir foi en lui, quand il signe son œuvre : qu’on n’achète donc jamais d’instrument qui ne porte un numéro d’ordre et le nom de son constructeur. Malgré cela, il est toujours prudent de constater le calibrage régulier d’une tige : il suffit de séparer par un petit choc une partie de la colonne mercurielle
THERMOMÈTRES, THERMOMÉTRIE. 467
et de la faire glisser le long de la tige, en comptant chaque fois le nombre exact de divisions qu’elle remplit : ce nombre doit être constant.
Nous venons d’établir les conditions d’exactitude d’un thermomètre ; il faut encore qu’il soit sensible, et à indications rapides.
La sensibilité dépend du volume relatif du réservoir et d’une division : le déplacement du liquide dans la tige sera d’autant plus considérable pour une variation de 1 degré que le réservoir sera plus volumineux et la tige d’un diamètre plus fin. On fait la tige capillaire, mais on ne saurait tomber en dessous d’une certaine limite de visibilité : d’autre part, il y a grand inconvénient à ce que le réservoir soit trop fort, car il se met moins rapidement en équilibre de température avec le milieu ambiant. Cependant on obtient facilement une variation de 6 millimètres par degré, surtout avec l’alcool, dont le réservoir peut être six fois et demie moindre, à égalité de diamètre de la tige, que pour le mercure.
Pour qu’un thermomètre donne promptement ses indications, il faut que son réservoir soit petit et qu’il [)résente le maximum de surface possible, afin qu’il prenne aussitôt la température du corps avec lequel il est mis en contact ; il faut de plus que ce contact soit assuré le mieux possible. Les lieux d’élection pour l’application du thermomètre sont le creux de l’aisselle, le rectum, le vagin, souvent la bouche, quelquefois la main ; il convient que la forme du réservoir soit judicieusement choisie pour chacun de ces cas : la cavité anguleuse que présente le creux axillaire indique l’emploi d’un réservoir sphérique, que l’on puisse engager dans un des angles formés par la paroi interne et la partie antérieure ou postérieure de la région ; pour les mensurations profondes, on emploiera de préférence la forme cylindrique; pour la bouche ou la main, un cylindre légèrement aplati; un disque conviendrait encore bien. Ce choix des diverses formes pour les différentes régions me paraît rationnel ; je suis d’autant plus porté à le proposer, qu’il me semble qu’une spécification des instruments au point de vue de leur emploi éviterait certaines répugnances à des malades délicats ; la forme paraîtrait un garant de l’unilé de destination qu’il convient de voir assigner à ces instruments.
11 est impossible d’indiquer le temps que nécessite chaque application du thermomètre; il semble que le minimum soit de 8 minutes pour le rectum et de 15 minutes pour l’aisselle. Mais ce n’est point la montre du praticien qui peut l’assurer d’avoir fait une bonne observation; il ne doit retirer son thermomètre qu’après avoir bien constaté que la température est devenue stationnaire.
Il importe enfin d’éviter les influences extérieures qui pourraient refroidir le thermomètre. U devra être engagé complètement dans les cavités; si l’on explore l’aisselle, il faut que le bras soit ramené dans l’adduction, et bien appliqué contre le thorax ; si l’on cherche la température de la bouche, on veillera à ce que le réservoir soit logé sous la langue, et le patient sera prié de ne respirer que par le nez. Enfin, dans la détermination des températures locales superficielles, il faut recouvrir la paroi libre du réservoir d’un corps isolant et empêcher toute déper-
468 THERMOMÈTRES, THERMOMÉTRIE,
dition : il ne s’agit plus dans ce cas d’observer le dixième de degré, mais de supprimer toute cause d’erreur, qui entraînerait facilement une erreur de un ou deux degrés.
Les observations qui précèdent vont trouver leur application dans l’examen des divers types proposés aux cliniciens ; elles nous permettront de formuler sur chacun d’eux un jugement qui n’est certes pas sans appel, mais qui empruntera une certaine valeur aux considératiens que nous venons d’exposer, lesquelles sont indiscutables.
II. Desanption. — Nous ne prétendons pas que l’énumération que nous entreprenons soit complète, mais nous ne croyons omettre aucun des modèles qui ont été adoptés dans la pratique.
Le plus anci en thermomètre médical est celui de James Currie ; il date de 1805. C’était un thermomètre à mercure dont la tige était coudée, de manière à mieux se prêter à l’observation ; cette disposition, adoptée plus tard par Robert de Latour, peut être utile dans certains cas.
Dury proposa un thermomètre à réservoir très-fin, destiné à être engagé sous la peau : il exige une opération qui peut être douloureuse et ne paraît pas légitimée par la seule raison de parer au refroidissement: on ne peut l’admettre dans la pratique ordinaire. Toutefois je crois qu’il serait fort utile de connaître le rapport qui existe entre les températures hypodermique et superficielle : l’étude des températures locales y gagnerait assurément.
Les thermomètres les plus répandus sont ceux de Potain et de Jaccoud : il convient d’en donner une description complète, parce que ce sont des types.
Le premier (fig. 27) est un thermomètre à alcool, portant son zéro, et marquant de 33 à 43 degrés : la longueur de l’instrument est d’environ 125 millim., dont plus de moitié est graduée, de sorte que le degré mesure au moins 6 millim., ce qui permet une division au 1/5 de degré. C’est un instrument très-sensible; la lecture des indications est facile, attendu que la colonne a 3/4 de millim. de diamètre ; de plus, l’instrument est exact, car il est gradué par comparaison avec un étalon à mercure : le thermomètre de Potain présente donc les avantages des instruments à alcool sans en partager les inconvénients. Toutefois la colonne est fragile, et c’est un défaut pour un thermomètre de trousse.
Jaccoud a préféré le mercure à l’alcool précisément pour éviter la rupture de la colonne : mais il a dû allonger son instrument. Nous empruntons au traité de pathologie interne de Jaccoud la description complète de ce thermomètre : « Bien que l’ascension de l’alcool soit plus prompte que celle du mercure, j’ai fait choix de ce dernier agent parce que la mensuration gagne en précision ce qu’elle perd en rapidité, et parce que l’on évite ainsi un inconvénient fréquent des thermomètres à alcool, savoir la rupture de la colonne liquide et sa division en segments isolés. L’instrument, de très-petit volume, a une longueur totale de 160 millim., sur lesquels 30 appartiennent à la cuvette. Entre l’extrémité supérieure de celle-ci et le chiffre le plus has de l’échelle est un
THERMOMÈTRES, THERMOMÉTRIE. 469
espace non gradué de 4 centimètres; par suite de cette disposition, l’échelle tout entière émerge de la cavité axillaire lorsque l’instrument y est placé, et là lecture des chiffres inférieurs ne présente aucune difficulté. L’échelle graduée, limitée aux exigences pathologiques, comprend 10 degrés de 55 à 44 ; chaque degré est divisé en dixièmes figurés par des traits transversaux, dont le cinquième dépasse quelque peu les autres. L’appréciation des dixièmes acquiert par là une extrême facilité, et, comme le milieu de l’intervalle entre deux dixièmes est aisément discerné, la mensuration peut être faite par vingtièmes. »
Fie. 27. Fig. 28. Fig. 29
Thermomètre de Folain. Thermomètre en étui de Colin. Thermomètre de Jaccoud.
La tige est enveloppée dans une gaine de verre qui défend le liquide de la colonne contre les influences extérieures et assure la solidité de l’instrument, sans rendre la lecture plus dilficile; les chiffres sont du reste gravés sur une échelle d’ivoire, ce qui leur donne beaucoup de netteté. Cette disposition est représentée par la figure 29 ; on l’attribue quelquefois à Celsius.
Ces deux thermomètres sont excellents ; ils ont été imités, mais il faut reconnaître qu’ils n’ont guère été perfectionnés. Notons cependant une
470 THERMOMÈTRES, THERMOMÉTRIE,
idée très-pratique de Colin, qui a fixé une virole à l’extrémité de la colonne (fig 28), de sorte que le thermomètre puisse être vissé sur un étui métallique, dans lequel il ne peut se déplacer: en empêchant le hallottement dans cet étui, le problème de la solidité a été parfaitement résolu. Tous les constructeurs ont adopté cet ingénieux dispositif.
Cependant ces instruments ne sont gradués généralement que dans un intervalle de 10 degrés : or, on peut être amené à observer un collapsus qui aboutisse à 29 degrés au moment de l’issue fatale ; d’autre part, la température dépasse 44 degrés dans certaines pyrexies. Pour éviter l’emploi d’un thermomètre à grande échelle, trop long, partant trop fragile, sans toutefois réduire ses autres qualités, Walferdin a inventé un thermomètre très-ingénieux, d’une rigoureuse exactitude et d'une exquise sensibilité : c’est le thermomètre métastatique. Ce mot est connu des médecins, qui l’emploient pour exprimer le déplacement d’une maladie d’une partie du corps à l’autre ; dans le cas présent, il désigne un thermomètre dont les indications peuvent se déplacer au gré de l’observateur et se transporter d’une partie de l’échelle à une autre, de telle sorte que l’instrument soit apte à mesurer toute température.
Si l’on construit, dit Jamin, un thermomètre dont le tube soit très-capillaire et la course limitée à quelques degrés seulement, il sera très-sensible, mais il ne pourra servir qu’entre des températures limites très-voisines : ainsi, il servira entre 0 et 5 degrés, ou entre 5 et 10, suivant la quantité de mercure qu’on mettra dans la tige. Walferdin a imaginé de remettre ou d’enlever du mercure à volonté, ce qui rend l'instrument propre à marquer 5 degrés à partir d’une température que l’on fait varier à volonté. Pour cela, il suffît de laisser au sommet une petite chambre vide destinée à retenir un excès de mercure. Supposons, par exemple, qu’on échauffe l’appareil jusqu’à 40 degrés, qu’on le retourne et qu’on lui donne une légère secousse ; on fera tomber l’excès de mercure dans la chambre, et ce qui reste dans la tige se séparera de cet excès pour reculer vers le réservoir pendant le refroidissement. Alors l’instrument se trouvera disposé pour indiquer les températures depuis 35 jusqu’à 40 degrés.
Ajoutons qu’on peut obtenir 10 centimètres de variation par degré, ce qui permet d’évaluer le millième : au point de vue scientifique, ce résultat est d’une rigueur spécieuse, car le verre se dilate par saccades, et l’observation du millième est fictive ; au point de vue médical, le thermomètre de Walferdin est aussi trop sensible; cependant Colin se sert depuis vingt ans de cet instrument qu’il appelle « un objet d’art, réservé à un petit nombre d’expérimcntateui’s. » L’exemple de Colin pourrait être souvent suivi : sans chercher à déterminer le millième de degré, on pourrait du moins adopter le principe et les modèles de Walferdin, et demander à cet instrument le 1/20 de degré ; ce serait là un notable progrès.
Les Anglais ont donné la préférence à des réservoirs discoïdes, nus ou enfermés dans un petit tambour : ils sont bons, pourvu toutefois
THERMOMÈTRES, THERMOMÉTRIE. 471
qu’ils ne présentent pas à l’air une surface trop étendue et qu’ils soient parfaitement en contact ayec la peau. Un chaperon de feutre me paraît préférable aux écrans de corne, d’ivoire ou de métal; Je recommande instamment aux praticiens qui se proposent de déterminer des températures superficielles d’employer des thermomètres très-sensibles, car, si l’applicaiion de l’instrument se prolongeait outre mesure, la température des surfaces observées s’élèverait, et l’on noterait un état thermique voisin de celui des parties profondes. Pour mesurer la température vraie de la surface cutanée, il faut opérer rapidement et annuler l’action refroidissante de l’air sans surchauffer les points observés.
Broca s’est servi, pour son grand travail sur les températures morbides locales et sur les températures cérébrales, d’un thermomètre à réservoir ellipsoïdal, qu’il protégeait par un sachet d’ouate et de soie, pressé par une bande de tissu élastique. Cette disposition a été critiquée, bien que Broca se fût abrité derrière l’autorité de Froment et de Foucault ; les résultats de Broca reposent cependant plutôt sur les températures relatives marquées par les divers instruments qui forment la couronne que sur leurs indications absolues, et la critique tombe, du moment que la couronne place les divers thermomètres dans les mêmes conditions.
Un thermomètre à spirale plate, développée dans un plan perpendiculaire à l’axe du tube gradué, a été attribué tour à tour à Seguin de New-York, j)uis à Mortimer-Granville : quel que soit l’inventeur de cet instrument, représenté cicontre (fig. 50), nous devons reconnaître qu’il peut rendre des services dans la pratique. On applique doucement le réservoir sur la surface à explorer, sans exercer de pression, en soutenant le tube par son extrémité supérieure : on peut recouvrir la cuvette d’un chaperon annulaire.
Citons encore un thermomètre très-délicat, à cuvette fine et plate, de Auguste Voisin, spécialement destiné à la mesure des températures superficielles : la tige deux fois repliée est enfermée dans une boîte cylindrique dont une lentille biconvexe occupe la partie supérieure, de manière à permettre la lecture du dixième de degré entre 34 et 42 degrés. Ce thermomètre a été employé pour l’étude des températures locales dont on s’occupe tant aujourd’hui.
Nous trouvons une disposition analogue dans le modèle adopté par Burq : c’est un thermomètre hélicoïde (fig. 31), formé d’un tube en spirale et d’un réservoir plat qui peut être appliqué sur la peau par une large surface ; une boîte d’ivoire renferme l’instrument et le protège contre le refroidissement extérieur aussi bien que contre tout accident. C’est le thermomètre le plus maniable que nous puissions décrire, mais son emploi est limité aux recherches des températures superficielles.
Fig. 30.
Thermomèlre à surface du D'
THERMOMÈTRES. THERMOMÉTRIE.
Fig. si. — Thermomètre du docteur Burq.
Redard a présenté le 21 juillet 1880 à la Société de biologie un appareil thermo-électrique (fig. 32) composé de deux boutons fer btmaillechort reliés entre eux à la façon des aiguilles thermo-électriques ordinaires et mis en communication avec un petit galvanomètre portatif. Les boutons sont aplatis de manière à pouvoir s’appliquer sur la peau par une surface de près d’un centimètre carré; on les maintient en place par des liens à boucle. Redard affirme obtenir le quarantième de degré centigrade : un galvanomètre très-délicat, manié par un homme expert, peut en effet donner un semblable résultat.
III. Des thermomètres à maxima. — La nécessité des thermomètres à maxima est dès longtemps reconnue pour toutes les observations où un maximum peut se produire alors que le thermomètre est inaccessible ou invisible : telle est, par exemple, la détermination de la température du fond des mers et des lacs.
Le thermomètre à maxima n’est pas moins nécessaire au clinicien en bien des circonstances : il se présente fréquemment que le lit du malade soit mal éclairé ; la lecture sur place devient dès lors très-difficile et quelquefois impossible, car il ne saurait être question de la faire après que l’instrument est séparé du point que l’on explore : la colonne liquide baisserait aussitôt. Mais supposons que le thermomètre conserve la trace du maximum de hauteur qu’a pu atteindre le liquide ; ce maximum n’est autre que la température stationnaire qui s’est établie au contact de la région étudiée : c’est donc la température du malade qu’a inscrite le thermomètre à maxima, et l’emploi de ce dispositif permet d’enlever l’instrument avant lecture, de le porter en un lieu bien éclairé et de procéder en toute rigueur au relevé de la température. C’est un grand
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celui de Rutherford ; un index de fer, glissant librement dans la tige, est abandonné par le mercure au point le plus éloigné du réservoir que le liquide a pu atteindre dans son excursion. Ce thermomètre ne convient guère aux observations cliniques, parce que l’index peut êti’e déplacé par un mouvement brusque, par suite de sa mobilité : il y a là une cause d’erreur grave.
Le thermomètre à bulle d’air de Niederkorn est exempt de ce défaut : un index de mercure, séparé de la colonne par une bulle d’air, est laissé en place au moment où le mercure rétrograde : par malheur, cette bulle d’air se dilate et les indications du thermomètre sont quelquefois trop élevées.
Le meilleur instrument est celui de Walferdin : la tige se termine à sa partie supérieure par une pointe fine, ouverte, qui débouche dans une cavité à panse. La dilatation fait sortir le mercure par cette pointe : il se déverse dans la panse aussi longtemps que la température s’élève ; lorsqu’elle baisse, le mercure revient sur ses pas, sans que le liquide déversé puisse rentrer dans la tige. Pour connaître la plus haute température à laquelle l’instrument a été porté, il suffît donc de le plonger ensuite dans un bain d’eau et de l’échauffer jusqu’à ce que le mercure remonte au haut de la tige : un étalon plongé dans le même bain permettra de déterminer la température qui correspond à ce point, c’est-à-dire le maximum. Ce thermomètre est très-exact et ses indications précises : il peut être manié facilement et fonctionne dans toute position, si la panse est suffisamment grande. Par malheur, il nécessite l’opération supplémentaire que j’ai décrite ; de plus, il faut chaque fois l’amorcer à nouveau ; pour cela, on doit le retourner pointe en bas, le chauffer à la température du maximum précédemment mesuré, et le laisser refroidir dans cette position.
Un praticien reculera souvent devant la complication apparente de ces opérations : le thermomètre Walferdin reste cependant le seul thermomètre précis.
Il serait à désirer que le thermomètre de Negretti et Zambra fût adapté aux nécessités de l’observation clinique : dans ce thermomètre, une soupape de forme particulière permet au mercure de se dilater, mais s’oppose à son retour dans le réservoir, et il faut quelques chocs pour ressouder la colonne brisée au liquide. Sous sa forme actuelle, cet instrument ne paraît pas encore très-maniable, mais je ne doute pas qu’on réussisse. à écarter cette petite difficulté; Molteni est dans une très-bonne voie déjà.
Un grand progrès serait fait par la thermométrie médicale, si on réalisait un thermomètre à maxima, simple, peu coûteux, d’un maniement facile, par-dessus tout sensible et exact : par la détermination rigoureuse du maximum du soir et du minimum du matin on donnerait au tracé graphique de la variation de température une exactitude qu’elle est loin d’obtenir par les procédés actuels, et, dans bien des circonstances, on pourrait se dispenser de recourir aux appareils inscripteurs que nous allons étudier dans la dernière pai’tie de ce travail.
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IV. Des appareils enregistreurs. — L’observation isolée d’une température est d’un faible secours pour le diagnostic : l’étude attentive et continue des variations successives de l’état thermique du malade fournit au contraire les éléments d’un jugement qui est rarement trompé, parce que chaque espèce morbide s’accuse par une pyrexie d’allure censtante et typique, dont la forme caractérise le mal et en marque les diverses périodes normales ou anormales. Le thermomètre est entré dans l’arsenal du diagnostic médical parce qu’il permet de tracer le diagramme d’une maladie, d’en distinguer les phases, d’en prévoir souvent la terminaison, et de surveiller les résultats de l’intervention thérapeutique.
Ces avantages ressortent surtout de la construction des courbes des températures : aussi ces courbes sont-elles devenues d’un usage général. Il sufût, pour les tracer, d’unsimple papier quadrillé, divisé au millimètre, avec indication spéciale des centimètres : on porte les temps en abscisse, c’est à-dire sur une ligne horizontale, et les degrés en ordonnée sur les lignes verticales, en convenant, par exemple, de représenter les 24 heures par deux centimètres au moins, et le l/lO” de degré par un millimètre. On construit la courbe par la méthode patiente, jour par jour, heure par heure, si on le peut, par points qu’on réunit par des lignes droites, pour mieux saisir l’allure de la pyrexie {Voy. art. Fièvre).
L’observation thermomélrique est le plus souvent bi-quotidienne. Dans les hôpitaux, on y procède à heures fixes, à la visite du matin, de 8 à 10 heures, et à la contre- visite du soir, vers 4 heures. Ces heures n’ont pas été choisies au hasard, mais elles coïncident avec un maximum et un minimum constaté par tous les observateurs : la courbe anguleuse qu’on obtient en joignant les points ainsi déterminés indique d’une manière satisfaisante l’allure générale de la courbe vraie.
Il ne faudrait pas prétendre que ce tracé puisse représenter, je ne dirai pas mathématiquement, mais avec une absolue sécurité, la marche de la température : la courbe sera faussée, pour peu que le maximum ou le minimum ne coïncide pas avec l’instant de l’observation. Il faudrait qu’on ])ût relever plusieurs fois la hauteur du thermomètre aux environs de l’heure probable du maximum et du minimum, et cette détermination devrait être répétée toutes les deux heures dans l’intervalle. Le clinicien objectera que c’est une sujétion trop grande pour qu’elle soit admise dans la pratique : c’est possible, mais le procédé reste incorrect, si l’on ne s’astreint pas à suivre celte règle; c’est à ce prix seulement que les différentes espèces de maladies s’accuseront avec netteté. En négligeant de déterminer un nombre de points suffisant pour définir la courbe, la science tombe dans les à peu près qui tuent, et elle méprise les méthodes exactes qui vivifient. Tout au plus le médecin pourra-t-il reconnaître les cas normaux : les variétés de l’espèce lui échapperont certainement, et le « fragile édifice » du pronostic dont parle Lorain dans son traité de la température du corps humain ne repose plus que sur une base croulante!
Les observations fréquentes et répétées sont nécessaires surtout dans les
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s ervices cliniques : c’est le seul moyen de former ces collections de courbes où seront classés tous les types morbides. Cette nécessité reconnue d’une part, et les difficultés pratiques de l’opération d’autre part, ont suggéré la recherche d’appareils inscripteurs capables d’enregistrer exactement les températures d’un malade à tout instant du jour et de la nuit, et de tracer les courbes d’une manière automatique et continue. Ce sont les thermographes.
Le problème est posé depuis longtemps déjà, et pourtant il n’a pas encore reçu de solution complète : tous les instruments essayés jusqu’à ce jour ont l’inconvénient d’être compliqués et, par cela même, peu pratiques ; l’épreuve de l’hôpital est une de celles qu’on doit redouter le plus pour un appareil de précision.
Les thermomètres enregistreurs peuvent être partagés en trois classes suivant la nature de la substance qui est employée : thermographes métalliques, à liquide ou à gaz.
Les premiers conviennent éminemment à l’inscription, parce qu’ils sont sensibles, suffisamment exacts, et que de plus leur dilatation e.st pour ainsi dire invincible; la météorologie n’en emploie pas d’autres, mais ils n’ont encore pu être adaptés aux besoins de la clinique.
Les tbermographes à liquide sont moins encombrants, plus maniables, plus exacts, et aussi sensibles, mais il se prêtent mal à l’enregistrement : la photographie est le seul procédé qui ait pu être employé d’abord avec ces instruments. Plus tard Marié- Davy et Salleron trouvèrent le moyen de noter directement et automatiquement les changements de volume du liquide en lui faisant mouvoir un stylet ou un crayon inscripteur. La dilatation du liquide dans le réservoir est transmise, par l’intermédiaire de tubes métalliques de très-faible diamètre, à une capsule élastique ou bien à un tube de Bourdon contourné en spirale, lequel se détord sous l’action d’une pression intérieure : ces mouvements sont amplifiés et inscrits. Marey a adopté ce genre d’instruments pour ses recherches, et voici le témoignage qu’il en porte: « Ce qui me fait préférer cet appareil à tout autre, c’est la facilité qu’il présente pour transmettre à distance les changements de température qui se produisent en un lieu; c’est aussi son indifférence aux changements de la pression barométrique; c’est enfin la force considérable avec laquelle le style trace sur le papier.... La sensibilité de ce thermomètre inscripteur est moindre que celle des appareils à air, mais la force disponible considérable permet d’amplifier les mouvements de l’aiguille au moyen d’organes mécaniques appropriés. » Ce thermomètre a permis à Marey d’inscrire les variations de la température animale en deux points du corps, afin d’observer les changements que des influences de différents ordres exercent sur la répartition de la température : la construction de l’instrument avait été confiée à M. Tatin, et Marey a déclaré à l’Académie des sciences qu’il obtenait des résultats très-satisfaisants (séance du 20 juin 1881). Remarquons toutefois (je suis étonné qu’il ne soit jamais fait mention de cette difficulté) que le tube hélicoïdal doit être maintenu à une température strictement constante, ce
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qui entraîne une grosse complication et de nombreuses corrections, car le problème de la régulation de la température au dixième de degré n’est pas encore résolu pour les liquides. Enfin il est bon d’observer que l’éther, liquide employé généralement dans ces thermomètres, ne se dilate pas d’une manière régulière, et que par suite l’instrument doit être gradué degré par degré, par comparaison : il faut en tenir compte dans la lecture de la courbe tracée par le crayon.
Ces inconvénients sont évités par l’emploi des thermomètres à air : ce sont les plus exacts de tous ; leurs tracés représentent sans correction la température vraie, parce q'ie la dilatation du gaz est rigoureusement proportionnelle à la variation de l’état thermique du milieu dans lequel ils sont plongés ; enfin ils sont très-sensibles et à indications pour ainsi dire instantanées. Par contre, ces appareils sont compliqués ; de plus, ils se prêtent fort mal à l’inscription, attendu que la pression du gaz est trop faible pour surmonter le moindre obstacle. Cette dernière difficulté est malheureusement fort sérieuse. Il en est une plus grande encore ; c’est que ces thermomètres sont soumis aux influences barométriques, de telle sorte qu’il paraisse nécessaire d’adjoindre à chacun d’eux un barométrographe, dont le*s indications simultanées servent de base aux corrections que chaque température doit subir. Voilà de nombreux obstacles qui semblent proscrire l’emploi du thermomètre à gaz pour l’inscription automatique des températures.
Cependant de nombreux essais ont été tentés pour surmonter ces difficultés. Marey a publié en 1865 dans le Journal de V Anatomie et de la Physiologie la description d’un thermographe dont il a déjà été fait mention à l’article Chaleur (t. VI, p. 775).
Cet instrument est très-sensible, mais il subit l’influence de la pression et de la température extérieure, car le volume du gaz emprisonné dans le tube de verre, entre le fond et le globule de mercure, varie avec ces deux éléments : les inscriptions de l’aiguille sont donc sujettes à correction. De plus, c’est une illusion que de croire à l’étanchéité absolue de ce piston de mercure; Régnault a démontré par de nombreuses expériences, qu’il existe une gaine d’air continue entre le métal liquide et la paroi de verre. Aussi Marey paraît-il avoir renoncé à cette disposition, si ingénieuse cependant, pour lui substituer un simple tambour à levier. Tout le monde connaît le petit manomètre à membrane de caoutchouc dont ce savant a si merveilleusement tiré parti dans ses travaux : dans le cas présent, il s’applique fort bien à la mesure des températures. Mais les moindres fuites d’air entraînent une erreur considérable, dont il faut se défier, et l’instrument est encore soumis aux influences atmosphériques : c’est son plus grave défaut.
L’auteur de cet article a présenté à l’Académie des sciences, le 19 juillet 1880, un lhermographe à air, indépendant de la pression extérieure, qui a marché d’une manière satisfaisante pendant la durée des essais de laboratoire : c’est une sorte de thermomètre de Leslie, dont une des boules est maintenue à température constante par un régulateur électrique
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de telle sorte que les indications de l’instrument soient dès lors absolues au lieu d'être différentielles. L’inscription se fait par la photographie ; c’est malheureusement une méthode qui ne paraît pas convenir aux hôpitaux.
En dernière analyse, le thermographe à air reste sujet à de nombreuses critiques, et il ne convient guère aux longues recherches de la médecine clinique. Le thermographe à liquide de Salleron me semble préférable, sous réserve toutefois des quelques observations quej’ai cru devoir formuler.
Le D’A. Dujardin (de Lille) a cherché une solution dans une voie différente, en employant des aiguilles thermo-électriques à l’aide desquelles on peut déterminer avec une égale facilité les températures superficielles et profondes.
L’électro-thermographe de Dujardin se compose d’un couple fer et maillechort ; une des soudures est appliquée contre l’organe dont on veut connaître la température, l’autre est fixée dans un appareil à température constante, que l’on voit à gauche de la figure ci-dessous. Les déviations de l’aiguille du galvanomètre sont enregistrées par la photographie : un papier sensibilisé par l’iodo-bromure d’argent se déroule au-dessous de l’extrémité indicatrice de l’aiguille. Les rayons lumineux d’une petite lampe au pétrole suffisent pour impressionner le papier : l’image l’aiguille reste blanche.
THROMBUS.
Cet instrument est très-bien entendu dans ses détails. L’emploi du couple fer et maillechort, de préférence au fer et au cuivre, lui a permis d’employer un galvanomètre moins délicat, et d’assurer un retour rapide de l’aiguille à sa position d’équilibre ; de plus, le régulateur de température est bien conçu, et une solution élégante a été donnée à ce problème si dilficile. La Faculté de médecine de Paris en a témoigné en décernant une médaille à la thèse dans laquelle cet instrument a été décrit pour la première fois, en 1875.
Je ne formulerai qu’un seul reproche : il pèse uniquement sur le galvanomètre et doit être adressé à tous les appareils électro-magnétiques de ce genre : c’est d’être soumis à de nombreuses influences perturbatrices et surtout de subir l’action des masses magnétiques qui peuvent se trouver dans leur voisinage. Dujardin recommande d’installer le galvanomètre à demeure, isolé dans quelque coin des salles d’hôpital, à l’abri des allées et venues continuelles ; c’est absolument nécessaire, et je conseillerais de ne graduer l’instrument qu’après l’avoir établi en une place, si toutefois on veut que ses indications soient exactes. Remarquons enfin que, les déviations du galvanomètre n’étant pas proportionnelles aux différences de température des soudures, le thermograpbe électrique doit être gradué empiriquement, et cette graduation doit être refaite pour chaque variation de résistance du circuit ou chaque modification du magnétisme de l’équipage asiatique.
Nous conclurons de cet exposé que la thermographie clinique et médicale n’a pas encore été résolue d’une manière pratique : il y a lieu de poursuivre les essais, parce que la médecine en retirerait d’immenses avantages. Aimé WiTz.
THORAX. Voy. Poitrine, t. XXFIII, p. 621.
THRIDACE. Voy. Laitue, t. XX, p. 103.
THROMROSE. Voy. Veines.
THROMRUS. — Le mot thrombus, renfermé dans son acception la plus étroite, signifie caillot, de 6pop,êoç, thrombe, grumeau de sang ou sang caillé (Legouais) . . ■ grumus seu placenta sanguinis. Il peut donc s’appliquer à tout amas sanguin coagulé, quels qu’en soient le siège et le volume.
Les anciens auteurs ne l’employaient guère qu’à l’occasion de la phlébotomie ; aussi est-ce à ce mot qu’il faut chercher dans les vieux dictionnaires (Dictionnaire en 15 vol. — Dictionnaire en 21 vol.) pour trouver quelques renseignements. C’est, en effet, à la suite delà saignée, que l’on avait eu assez fréquemment l’occasion d’observer cet accident, et on attribuait avec raison l’apparition du caillot, du thrombus, au défaut de parallélisme de la plaie cutanée et de l’ouverture de la paroi veineuse. Le sang, en pareil cas, s’écoulant dans le tissu cellulaire lâche environnant, s’y rassemble sous forme d’une tumeur plus ou moins volumineuse et
THROMBUS.
d’autant plus consistante que la coagulation est plus parfaite. Le même phénomène se produisant à l’intérieur du vaisseau lui-même l’éalise le thrombus interne ou intra-veineux.
Aujourd’hui l’usage a élargi le sens scientiflque général du mot, tout en restreignant, en pratique, son application.
En pathologie médicale on désigne du nom de thrombus toute coagulation intra-vasculaire; l’étude en a été faite précédemment [Voy. Veines).
En pathologie chirurgicale, le mot pris dans son acception générale est peu employé dans la terminologie usuelle. On applique et on peut appliquer, en effet, indifféremment, les noms de thrombus, de collection ou tumeur sanguine, d’hématome (Virchow), d’Iiématocèle (Velpeau), d’hémorrhagie interstitielle, d’hémorrhagie parenchymateuse (Billroth), etc..., au même phénomène. Il représente, en somme, le deuxième degré classique de l’ecchymose, succédant d’ordinaire à l’ouverture de vaisseaux d’un assez gros calibre, qu’il y ait d’ailleurs, ou non, complication de plaie extérieure.
Le caractère typique de la lésion est Y existence d'un foyer sanguin au sein des tissus.
En \:atho\ogie obstétricale, on affecte presque exclusivement le nom de thrombus aux épanchements de sang qui peuvent se produire aux organes génitaux pendant la grossesse et l’accouchement.
Avant d’entrer dans la description, quelques mots nous paraissent nécessaires, afin de bien limiter notre sujet et déblayer l’exposition qui va suivre de tous les détails qui ne s’y rattachent qu’accessoireraent.
D’abord, on ne saurait perdre de vue que l’étude des hémorrhagies, des apoplexies à proprement parler, susceptibles de se produire dans la trame des parenchymes et des viscères, celle des collections sanguines profondes, soit autour du foyer d’une fracture, soit au niveau d’une rupture musculaire, etc,, rentrent de plein droit dans l’histoire de chacun de ces traumatismes et ne peuvent trouver place dans cet article. On ne peut, d’autre part, méconnaître cependant qu’il existe pour ces diverses variétés un trait commun, un phénomène à peu près toujours identique qui réside dans la ressemblance des processus d’évolution dont le caillot et les tissus qui l’entourent sont le siège : aussi retrouverons-nous ce point à propos de l’anatomie pathologique, et force nous sera d’en fondre la description dans un type unique.
Quant aux circonstances accessoires, relevant des causes, du mécanisine, de l’espèce, du diagnostic,... etc,, de Yhémorrhagie qui a donné naissance au thrombus, nous ne songeons pas à en entreprendre l’exposition, car ce serait refaire ce qui a déjà été traité aux articles Anévrysme, Artères, Contusion, Hémorrhagie, etc., ou empiéter sur ce qui appartient à la question des veines et en particulier de leurs plaies.
A propos de la pathogénie, la source du sang et la discussion sur la nature du vaisseau lésé trouveront leur place. C’est d’ailleurs ce chapitre qu’il nous appartiendra de traiter avec le plus de détails et, dans ce but,
THROMBUS. — T. EN GÉNÉRAL.
nous nous proposons de considérer le thrombus en lui-même, en tant que phénomène accompli, et de mettre au premier plan tout ce qui regarde la lésion réalisée, pour ne traiter qu’accessoirement tout le reste. Ce que chaque espèce pathologique a de spécial, suivant son siège, suivant la région qu’elle occupe, les accidents qu’elle provoque, etc., appartient à autant de chapitres distincts étudiés en chirurgie topographique.
Ceci revient à dire, qu’au point de vue de la pathologie générale, c’est, à peu de chose près, l’étude de l’hématome que nous allons entreprendre; ce sera, si l’on veut, le thrombus chirurgical.
Si l’on se place au point de vue de la pathologie spéciale, il faut bien reconnaître que ce mot n’est guère plus employé, depuisfort longtemps, que pour désigner une lésion très-caractéristique des organes génitaux èxternes de la femme. Nous ferons donc un chapitre séparé du thrombus de la vulve et du vagin. Cette remarque est même bizarre que le terme était déjà inusité dans le vocabulaire médical lorsque Legouais vint le rajeunir en 1821. 111e proposa le premier pour qualifier d’un mot l’accident diversement nommé par ses prédécesseurs etqu’Audibert, en particulier, en 1812, avait appelé, dans la première monographie parue en France sur le sujet : « Épanchement de sang qui survient aux grandes lèvres et dans l’intérieur du vagin, pendant le travail ou à la suite de l'accouchement ».
Ce nom de thrombus est resté et mérite d’être conservé, en raison des caractères vraiment spéciaux de lalésion, lorsqu’elle siège dans la région génitale. Ajoutons que certains auteurs l’attribuent à Ledran; mais c’est là une erreur trop souvent répétée, comme nous le montrerons par la suite.
Enfin nous pourrions, en nous appuyant sur ce qui précède et pour mieux classer encore notre sujet, considérer que si l’épanchement sanguin peut survenir aux organes génitaux de la femme non enceinte et constituer simplement une variété topographique du thrombus chirurgical, dont le siège est presque toujours uniquement vulvaire, c’est néanmoins le plus souvent à l’occasion de la grossesse ou de l’accouchement qu’on le voit se produire. Il constitue, dès lors, une deuxième variété séparée : le thrombus obstétrical. Cette distinction serait légitime, car celui-là ne diffère en rien, presque, des tumeurs analogues causées par toute irruption subite du sang au sein d’un tissu cellulaire à larges mailles et sa pathogénie est identique ; celui-ci, au contraire, entraîne des conséquences et nécessite des aperçus absolument spéciaux tant au point de vue de ses causes que du mécanisme de sa production et des indications thérapeutiques.
Nous conserverons néanmoins l’usage ancien et nous ferons un paragraphe à part pour l’histoire générale du thrombus et un denxième paragraphe pour le thrombus de la vulve et du vagin, auquel nous distinguerons deux variétés, suivant l’état de vacuité ou de gravidité de la femme.
I. Thrombüs en général. — Considérations préliminaires. — Tout
NOttv. niCT. MÉD. ET CHIR. XXXV — 31
THROMBUS. — T. EN GÉNÉRAL, traumatisme, intéressant des vaisseaux d’une certaine importance, peut donner lieu à la formation d’un thrombus, pourvu que certaines conditions soient remplies, que nous allons envisager tout à l’heure.
Il paraît démontré, en outre, que l’épanchement peut se produire sans l’action du traumatisme, par le fait d’une rupture vasculaire spontanée. Dans ce dernier cas, il y a dégénérescence morbide des parois du vaisseau. De là deux espèces distinctes, quant au mécanisme : le thrombus traumatique ou provoqué et le thrombus spontané.
En dehors de ces données étiologiques fondamentales, les traits frappants et caractéristiques sont toujours : d’une part, la soudaineté de l'irruption du sang et, d’autre part, la violence de l'effraction des tissus, c’est-à-dire la facilité et la rapidité avec lesquelles ceux-ci cèdent sous la pression du flot sanguin. Ce double effet ne saurait être réalisé que si le calibre du vaisseau ouvert est suffisant, si sa béance est maintenue persistante par une disposition ou une cause quelconques, si le sang était contenu à haute tension dans son intérieur, enfin si quelque circonstance, tenant à sa texture propre ou à une altération de ses tuniques, nuit à l’hémostase naturelle en gênant l’action de l’élasticité.
Il faut, en outre, que le tissu de la région soit naturellement lâche et peu résistant et réponde à la variété de tissu connectif qu’on appelait autrefois aréolaire comme est celui de la fesse, des grandes lèvres, des paupières, du scrotum, etc., ou bien que le traumatisme qui a produit l’hémorrhagie ait en même temps détruit la continuité et la solidité des éléments qui le constituent. De là l’importance énorme de la contusion. On conçoit, en effet, que si l’hémorrhagie se produit par un débit lent et insignifiant, le sang fuse dans les cloisons, dans les gaines, etc., en s’infiltrant peu à peu, jusqu’à ce que la résistance des organes, mus. des, aponévroses, etc. , contre-balance son expansion et favorise sa coagulation. Il ne se sera produit, dans ce cas, que ce qu’on appelle l’infiltration, la sugillation, la suffusion.
Mais lorsque, au contraire, le débit est abondant et tire son origine d’un gros vaisseau ou de plusieurs petites branches, le sang détruit par sa pression les cloisons cellulaires, dissèque les muscles et se creuse des cavités où il se collecte, constituant ainsi une tumeur véritable qui de l’état de collection liquide ne tarde pas à passer à l’état de coagulation solide. Autour du coagulum se forme toujours une zone plus ou moins large, dans laquelle le sang est à l’état d’infiltration.
On voit, par ce qui précède, que l’accident qui nous occupe peut siéger dans tous les points de l’organisme et nous devons nous poser de suite différentes questions : A. Faut-il considérer comme thrombus véritables les collections, suite des délabrements considérables qu’une fracture entraîne parfois, les conséquences d’une contusion large et profonde telles que décollements étendus, ruptures de gros troncs vasculaires, etc., les effets des projectiles de guerre, alors qu’ils s’accompagnent de la formation de foyers sanguins? Faut-il, d’autre part, appeler thrombus la tumeur,
THROMBUS. — T. EN GÉNÉRAL. 485
fluctuante ou solide, qui résulte de l’irruption du sang dans une cavité naturelle ?
Il nous semble qu’en fait, l’appellation importe peu, et qu’à tout bien considéi’er, ce sont là, en réalité, de véritables thrombus et, dans ce cas, nous ne saurions mieux faire, non pas pour créer des divisions inutiles, mais pour mieux fixer notre pensée, que de les dénommer différemment suivant leur siège. On pourrait parfaitement distinguer trois variétés que la clinique nous permet d’observer :
1° Le thrombus superficiel ou sous-cutané., en toute circonstance aisément perceptible à la vue et par l’examen extérieur ; non pas que son siège soit toujours exactement sous la peau, mais sous une quelconque des membranes tégumentaires.
2“ Le thrombus profond, occupant le tissu cellulaire pelvien, les zones centrales des membres, le foyer des fractures.
3" Le thrombus cavitaire, petit bassin, plèvre...
On pourrait encore distinguer le thrombus sous-séreux et le thrombus sous-muqueux comme celui de la langue, par exemple... ; envisager séparément des formes diffuses, circonscrites, mixtes, etc., mais tous ces mots correspondent à des particularités que chacun connaît, toutes ces variétés se compliquent souvent l’une l’autre, et ne comportent vraiment une distinction qu’au point de vue anatomo-pathologique. C’est ainsi que nous aurons l’occasion de montrer de quelle nature sont les complications qui peuvent survenir dans le foyer sanguin lui-même, par le fait de certains voisinages, celui des cavités naturelles en particulier.
Il faut aussi savoir que l’existence d’une plaie extérieure entraîne des considérations d’une haute importance et que cette plaie peut être le fait du traumatisme initial, la conséquence de l’excès de tension des tissus, au début de la formation du foyer, ou bien du sphacèle qui peut apparaître, plus ou moins tardivement, de l’un ou l’autre de ces deux chefs.
B. Autre considération que nous ne pouvons passer sous silence. La rupture d’une artère produisant une hémorrhagie au sein des tissus, réalise-t-elle les conditions pathogéniques du thrombus, ou bien le mot ne doit-il s’appliquer qu’aux conséquences de l’ouverture des veines ?
S’il s’agit du thrombus obstétrical, la réponse est aisée, car, ainsi que le faisait remarquer Kraunauer, il n’existe pas de cas où les signes habituels de l’anévrysme faux primitif : pulsations, frémissements, etc. , aient été constatés et, d’autre part, chaque fois que l’autopsie a permis d’aller à la recherche des vaisseaux rompus, on a toujours trouvé que la lésion portait sur des veines.
Il ne peut en être de même assurément si l’on considère la complexité des désordres, qui succèdent à une violence traumatique considérable, et il n’est pas douteux que des troncs artériels ne puissent être lésés. — On peut même dire que quelque artériole se trouvera souvent ouverte en même temps que les veines dans tout foyer de contusion un peu étendu, et il existe de ce fait des observations concluantes, mais ce n’est jamais là qu’un élément accessoire dans la production du thrombus.
THROMBUS. — T. EK GÉKÉEAL.
A moins, en effet, qu’il ne s’agisse de la rupture complète d’un tronc artériel athéromateux et incapable de rétractilité, au point qu’une hémorrhagie rapidement mortelle s’ensuive, on assiste d’ordinaire à la formation d’une sorte de diverticule de l’artère, plus ou moins volumineux et qui suivra la marche décroissante de ressortes d’anévrysme dont nous n’avons pas à rappeler l’histoire.
Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il n’y a pour les vaisseaux artériels que deux alternatives possibles : c’est leur sectionnement complet par le mécanisme d’un tiraillement excessif ou de l’attrition complète par le corps contondant, ou bien V écrasement partiel de la paroi avec destruction sur un point ; en deux mots, la rupture ou une quelconque des variétés des plaies des artères.
Dans le premier cas, le retrait de l'a tunique moyenne ne rencontre aucun obstacle et s’accomplit au niveau des deux bouts sectionnés, par le procédé suivant, si simplement et si nettement décrit par Follin : Lorsque l’extensibilité du vaisseau est dépassée par la force du tiraillement, les tuniques interne et moyenne se recroquevillent vers l’intérieur après s’être déchirées transversalement, tandis que la tunique externe se laisse distendre et s’effile comme un verre étiré à la lampe. (Terrier, Path.)
Dans le second cas, comme dans le précédent d’ailleurs, le sang peut s’épancher en assez grande quantité, il est vrai, mais ici la section longitudinale ou transversale du vaisseau étant incomplète, le courant artériel se maintiendra en partie, tandis qu’il se formera dans la gaine une poche pulsatile latérale communiquant avec l’artère (anévrysme faux, diffus ou circonscrit) ; voilà la règle. Mais il faut bien savoir que si dans dépareillés circonstances, soit par l’effet favorable’d’une syncope, soit pour toute autre cause, le sang se coagule dans la poche, c’est bien un vrai thrombus que l’on observe avec la plupart de ses caractères ; toutefois nous ne saurions nous guider sur cette exception pour la suite de notre étude, et nous nous contentons de signaler le fait. — Billroth en cite deux exemples, et notre ami Bar nous a parlé d’un cas où la mort survint, chez une femme enceinte, à la suite de la formation d’un épouvantable thrombus dû à la rupture d’une artère épigastrique. L’expérience démontra nettement que c’était bien le tronc artériel qui était sectionné. — On trouve encore dans les auteurs quelques observations où un mince jet artériel fut constaté à l’ouverture de la poche (Deneux) ; Perret a pu dans un cas, par une double injection dans la veine fémorale puis dans l’artère iliaque, démontrer la rupture simultanée de veinules et de quelques artérioles. Ceci, en définitive, rentre dans les considérations précédentes et, pour clore cette discussion, disons que, par la résistance de leurs tuniques, leur élasticité et leur épaisseur, les artères échappent, dans l’immense majorité des cas, à l’action des causes vulnérantes agissant par le mécanisme de la contusion, et qu’enfin leur structure même leur, constitue une garantie d’hémostase presque toujours efficace.
Et quant au thrombus spontané, après AVintringham, Volkmann et