‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 31 (volume 4)Chapitre 35 sur 90 · CO · texte numérisé non relu

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brûlent alors leur propre substance), le quotient respiratoire s’abaisse de 0,9 à 0,7, comme l’ont montré notanunent les recherches de D. Finkler ; cet abaissement est dû à l’absence des matériaux hydrocarbonés alimentaires.

Relativement à l’influence des diverses boissons (alcool, café, thé), les résultats obtenus par les divers expérimentateurs sont trop contradictoires pour qu’il soit possible d’en tirer ici des conclusions générales {Voy. les art. Alcool, t. I, Café, t. VI, etc.).

D’après G. Valentin, l’opium produit une diminution dans l’exhalation de gaz carbonique, et une diminution plus considérable dans l’absorption d’oxygène.

RESPIRATION. — âge, sexe, températdre. 277

Âge, sexe. — Nous avons vu (p. 269) que, d’après les recherches de P. Bert, la respiration des tissus sur l’animal nouveau-né est bien moins active que chez l’adulte. Or cette différence semble ne disparaître que trèslentement et graduellement avec les progrès de l’âge. Si de plus on tient compte de ce fait qu’une même quantité de sang contient moins de globules chez l’enfant que chez l’adulte (Denis et Robin), on comprendra facilement pourquoi l’enfant absorbe moins d’oxygène que l’adulte ; pourquoi chez lui les combustions internes sont moins intenses, et par suite pourquoi il se refroidit si facilement. On constate les mêmes caractères, et à peu près pour les mêmes raisons, dans l’activité respiratoire du vieillard comparativement à l’adulte (la même quantité de sang contient moins de globules rouges aux deux âges extrêmes de la vie) . Aussi le tableau suivant, d’après Andral et Gavarret, montre-t-il que l’exhalation d’acide carbonique va en augmentant (quantités par vingtquatre heures) jusqu’à 50 ans, puis diminue ensuite :

Sans . 440s'^ de CO^ par 24 h.

L’influence du sexe a été également étudiée par Andral et Gavarret; il résulte de leurs recherches que chez la petite fille, comme chez l’enfant mâle, la quantité d’acide carbonique exhalé va en augmentant avec l’âge; mais, tandis que chez l’homme cette augmentation se continue jusque vers trente ou quarante ans (Voy. le tableau ci-dessus), elle s’arrête brusquement chez la femme à l’époque de la puberté et demeure stationnaire tant que la femme est menstruée. Après la ménopause, l’exhalation d’acide carbonique présente une augmentation temporaire (parfois jusqu’à soixante ans), qui est suivie d’une diminution graduelle, avec les progrès de l’âge, comme chez l’homme. 11 est à peine besoin de dire que la grossesse accroît l’exhalation d’acide carbonique, la femme respirant alors et pour elle-même et pour le fœtus; mais un fait remarquable, signalé par Andral et Gavarret, c’est que la suspension des règles, suspension accidentelle en dehors de la grossesse, amène une augmentation momentanée dans l’exhalation d’acide carbonique. C’est que, sans doute, à chaque flux cataménial une notable quantité de matériaux sortent de l’économie avec le sang des règles, matériaux qui ne sont pas soustraits à l’oxygène, aux oxydations organiques, mais dont les produits de combustion plus ou moins incomplète sont éliminés en dehors des échanges gazeux de la respiration.

Température. — Quand la température du corps s’abaisse, les combustions internes diminuant, l’exhalation d’acide carbonique devient moindre. Au contraire, à l’augmentation des combustions internes correspond, il était facile de le prévoir, un accroissement dans l’exhalation carbonique ; c’est ce qui a lieu, par exemple, dans la fièvre.

278 RESPIRATION. — variations dans les eésdltats généraux de la r.

Nous ne saurions, sans sortir des limites de cet article et en exagérer l’étendue, entrer dans l’étude des variations que présentent les échanges respiratoires dans les divers états pathologiques; quelques rapides indications à ce sujet sont cependant indispensables, et nous les emprunterons principalement au beau travail de P. Regnard sur les variations pathologiques des combustions respiratoires. Les variations de l’acide carbonique sont surtout intéressantes. Liebermeister, le premier, a constaté dans la fièvre intermittente l’augmentation de l’acide carbonique produit, et il a observé que cette augmentation précède l’élévation de température. Fraenkel et Leyden ont confirmé ces résultats en expérimentant sur des chiens auxquels ils donnaient la fièvre en injectant du pus dans les veines, et ont constaté que, sans exception, il y avait pendant la fièvre augmentation dans la production de gaz carbonique, augmentation d’autant plus considérable que la température était plus élevée au-dessus de la normale. P. Regnard a constaté que dans les fièvres franches et dans les inflammations aiguës, la consommation d’oxygène est considérablement augmentée ; l’exhalation de gaz carbonique l’est également, mais dans des proportions moindres, de telle sorte que l’oxygène contenu dans l’acide carbonique exhalé ne représente que les 5 ou 6 dixièmes de celui qui a été absorbé ; c’est que cet oxygène s’est fixé sur d’autres produits et qu’il y a, par exemple, une abondante excrétion d’urée. On considère, en effet, depuis longtemps, la quantité d’urée comme directement proportionnelle à celle de l’oxygène inspiré, c’està-dire que l’urée est une fonction de l’oxygène, et cette manière de voir paraît confirmée par les travaux les plus récents, entre autres par ceux d’Eichhorst. Dans les fièvres lentes, les combustions présentent une augmentation moins considérable et l’exhalation d’acide carbonique est moindre encore par rapport à la consommation d’oxygène (l’urée est remplacée en grande partie par des produits moins oxydés). Dans toutes les maladies cachectiques, où le sang a perdu de sa capacité respiratoire et où il arrive moins d’oxygène aux tissus, il y a diminution dans la consommation d’oxygène et dans l’exhalation d’acide carbonique. Dans la

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