‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 31 (volume 4)Chapitre 89 sur 90 · ROSE · texte numérisé non relu

ROSE

nombreux carpelles uniovulés et indépendants ; fruit multiple, composé d’achaines enveloppés d’une induvie qui représente le réceptacle devenu charnu ; ovule pendant, anatrope ; graine pendante dépourvue d’albumen.

On désigne généralement en France sous le nom â! églantiers les espèces de rosiers sauvages à fleurs simples ; les variétés cultivées sont innombrables.

Nous ne nous occuperons ici que des espèces qui fournissent à la médecine des produits utiles.

Rosa canina. — Le rosier sauvage ou églantier proprement dit, appelé encore rose de chien, églantine, rose sorcière, etc., est un arbrisseau commun dans nos buissons. Son fruit est le véritable cynorrhodon dont la portion charnue représente le réceptacle qui s’est accru autour des achaines ; les fruits frais sont d’un rouge de corail ; en se desséchant ils deviennent d’un rouge noirâtre ; ils sont tapissés intérieurement de poils rudes et irritants.

Les cynorrhodons renferment du tannin, de la glucose, une matière mucilagineuse, de la résine, 3 p. 0/0 environ d’acide citrique, 8 p. 0/0 d’acide malique, des traces d’huile essentielle.

En pharmacie on en fait une conserve en ouvrant les fruits, séparant les achaines et les poils ; on ajoute une petite quantité de vin blanc et on abandonne le mélange dans un lieu frais; aussitôt que les fruits sont blessis on les réduit en pulpe ; cette dernière est enfin chauffée pendant quelques instants au bain-marie avec 1 partie 1/2 de sucre blanc. Cette préparation sert le plus souvent d’excipient pour les pilules à base de médicaments astringents. En Suisse et en Alsace, on emploie encore une confiture assez agréable préparée avec la pulpe de cynorrhodons.

L’églantier porte souvent une galle chevelue qui lui est propre, désignée sous le nom de bédéguar, pomme mousseuse, et qui se forme à la suite de la piqûre d’un insecte hyménoptère, leCynips rosæ. Ce produit astringent n’est plus employé aujourd’hui.

Rosa gallica. — La variété dite rose de Provins fournit à la pharmacie les pétales de roses rouges; elle est maintenant cultivée à Fontenay-aux- Roses, dans les environs de Lyon et de Metz, en Hollande, en Allemagne, en Angleterre; la Perse en fournit une quantité énorme.

On prétend que le rosier de Provins fut rapporté d’ Orient, au temps des croisades, par Thibaud VI, comte de Brie.

On récolte les roses au moment où les boutons vont s’ouvrir; on coupe les pétales près de leur point d’insertion en laissant l’onglet, on les dessèche ensuite au four et on passe au crible pour enlever les étamines.

Les roses rouges renferment deux matières grasses différentes, de l’acide gallique, une trace de tannin, une forte proportion de quercitrin (Éther quercétiquede l’isodulcite) ; de la glucose, divers sels minéraux, de l’huile essentielle et une matière colorante encore peu connue qui devient cramoisie par les acides énergiques et donne un vert brillant avec les alcalis.

770 ROSE. — formes pharmaceutiques.

Formes pharmaceutiques. — Infusion. — Pétales secs 10 gr. ; eau bouillante 1000 gr. Elle est rarement, employée à l’intérieur comme tisane. En portant la dose de roses à 20, 40, 60 gr., on en fait descollyres, gargarismes, lotions.

Conserve. — Poudre de roses rouges 10; eau distillée de rose 20 ; sucre blanc pulvérisé 80. On délaye la poudre dans Peau ; après deux heures de macération, on ajoute le sucre et l’on mélange par trituration. Astringent qu’on a conseillé, à la dose de quelques grammes, dans la diarrhée des phthisiques.

Mellite ou miel rosat. — Pétales secs 100 ; eau bouillante 600; miel blanc 600. Faites infuser pendant 12 heures, passez avec expression, laissez déposer, décantez, évaporez jusqu’à réduction à 150, et faites avec^le miel, un sirop marquant 1,27 de densité; écumez, clarifiez au papier et passez (Codex). C’est la préparation la plus usitée pour gargarismes et collutoires. On pourrait lui substituer avec avantage le sirop de roses rouges, préparé d’après la formule de Soubeiran, avec l’infusion d’une partie de pétales pour 5 parties d’eau bouillante et q. s. de sucre blanc.

Vin rosat. — On le prépare par macération, pendant 10 jours, avec 60 gr. de pétales pour 1000 gr. de vin rouge. 11 sert au pansement de certains ulcères.

Les pétales de roses rouges entrent encore dans la formule du Diascordium, de la Thériaque, etc.

Rosa centifolia. — Les pétales de roses pâles sont fournies par le rosa centifolia ou ses variétés, et en général par toutes les espèces de roses peu colorées, mais remarquables par la suavité de leur parfum: telles sont les R. moschata Mil. et R. Damascena Mil., appelée encore Rose de Puteaux ou des quatre saisons.

Tous ces rosiers sont originaires d’ Orient ou du Caucase.

La composition chimique des roses pâles est analogue à celle des pétales du Rosa Galliea, à cette différence près que la matière colorante et la matière astringente y sont moins abondantes, tandis que la proportion d’essence est beaucoup plus considérable. Elles servent à la préparation d’un sirop légèrement laxatif, entrent dans la formule du sirop de Cuisinier, mais sont surtout utilisées pour l’extraction de l’essence de rose, qu’on obtient en même temps que l’eau distillée de rose.

Eau distillée de rose (Yoy. t. XII, p. 224).

Essence de rose. — Sa fabrication forme l’industrie principale d’au moins 150 villages situés dans la vallée deTunja, en Roumélie. En 1860, on comptait dans cette région plus de 2500 distilleries. L’Inde, la Perse, Tunis et Cannes, en fournissent aussi au commerce une petite quantité.

Cette huile volatile est solide au-dessous de 11°; au-dessus de cette température, elle constitue, le plu« souvent, un liquide jaune clair ayant un poids spécifique de 0,87 à 0,89.

Elle est formée chimiquement par un mélange de deux corps ; l’un solide (stéaroptène) , est complètement dépourvu d’odeur, peu soluble

ROSEOLE.

dans l’alcool ; c’est un carbure d’hydrogène de la série éthylénique ou forménique, qui se rapproche énormément par ses propriétés de certaines paraffines ; l’autre, liquide, est un principe oxygéné doué d’une odeur délicieuse, dont la fonction chimique reste à déterminer. Les proportions de ces deux corps sont très- variables ; le poids du carbure inodore peut y varier de 18 à 68 pour 100 ; on conçoit que la qualité de l’essence doit s’en ressentir.

Le prix élevé de cette substance (1000 à 2000 fr. le kilog.) a du reste toujours tenté les falsificateurs ; il paraît même impossible de l’avoir pure, car on la mélange dans les fabriques mêmes à l’huile volatile de VAndropogon Schœnanthus. Les intermédiaires y ajoutent ensuite diverses essences, notamment celles de Pélargonium ou de Santal cürin, et enfin du blanc de baleine pour élever son point de solidification.

Elle entre dans la formule de la pommade rosat.

Pommade rosat. — » Axonge 1000, racine d’orcanette 30, cire blanche 8, huile volatile de rose 2.

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E. Ville JEAN.

ROSÊOLiE. — La roséole est une éruption de taches rosées, non saillantes ou à peine surélevées, tantôt discrète ou localisée, tantôt généralisée à la surface de la peau, qui se termine au bout de quelques jours par résolution avec ou sans desquamation de l’épiderme.

Définie de cette façon, la roséole ne constitue pas une maladie spéciale, elle est le symptôme d’affections diverses et résulte de causes variées ; elle constitue plutôt un genre en dermatologie, qui se divise en espèces nombreuses suivant les circonstances qui ont provoqué l’éruption. C’est ainsi qu’elle a été considérée par tous les auteurs.

Willan etBateman, se fondant tantôt sur la forme de l’éruption, tantôt sur son étiologie, divisaient la roséole en æstiva, automnalis, annulata, infantilis, variolosa, vaccina, miliaris et typhosa; Gibert ajoute à ces variétés la roséole syphilitique, Rayer les roséoles fébrile, rhumatismale et cholérique. Lorry et Alibert divisent les roséoles en idiopathique et symptomatique. Bazin les distingue en roséoles de cause externe et roséoles de cause interne : les premières sont les roséoles æstivales et les roséoles pathogénétiques dues à l’ingestion de certaines substances telles que le copahu, le cubèbe, l’iodure de potassium, etc. ; il divise les secondes en pseudo-exanthématique essentielle, herpétique et syphilitique. Roger et Damaschino distinguent trois espèces de roséoles ; 1“ la roséole primitive; 2° les roséoles secondaires, qui se développent dans le cours ou à la suite d’une maladie infectieuse, diathésique, etc., et dans lesquelles ils font rentrer les roséoles de la variole, de la vaccine, du choléra, du typhus, de la fièvre typhoïde, de la méningite cérébro-spinale, de la pyohémie, de la fièvre puerpérale, du rhumatisme et de la syphilis ; 3® les roséoles artificielles ou provoquées déterminées par l’absorption

ROSÉOLE. — ÉTioLosiE.

de certains médicaments et qui sont particulièrement par ordre de fréquence les roséoles balsamiques dues à l’ingestion du cubèbe, du santal, de l’essence de térébenthine, des bourgeons de sapin et surtout du copahu, la roséole iodique et la roséole quinique.

Nous nous rangeons à cette division, qui nous paraît être la plus complète, et nous ne décrirons dans cet article que la roséole primitive ou pseudo-exanthématique, les roséoles secondaires et artificielles ayant leur place marquée dans ce Dictionnaire aux articles consacrés aux diverses affections et aux médicaments qui peuvent les provoquer (Voy. les articles Choléra, Copahu, Iode, Quinquiixa, Rhumatisme, Syphilis, Typhus, Typhoïde (fièvre), Vaccine, Variole, Typhus cérérro-spinal) .

Définition. — La roséole idiopathique est un exanthème probablement contagieux, caractérisé par une éruption à la surface de la peau de taches rouges, non saillantes, sans forme bien définie et de courte durée; elle est apyrétique ou s’accompagne d’une réaction fébrile généralement très-modérée ; elle peut se compliquer d’une éruption sur les muqueuses.

Historique, nature. — Les anciens auteurs confondaient la roséole idiopathique avec la rougeole sous les noms de rubeola, rosalia, rosolia; F. Hoffmann (1740) en fit le premier une affection distincte des autres fièvres éruptives, mais son opinion ne prévalut pas, et nous voyons J. P. Franck, Hufeland, Reil, considérer la roséole comme une forme atténuée de la scarlatine, tandis que Schônlein et son école en font une forme hybride de la rougeole et de la scarlatine. Wagner (1834) soutint de nouveau sa spécificité, qui, bien qu’encore discutée et niée (Wunderlich, Gintrac, Thore, Hebra), est maintenant admise parla plupart des auteurs, surtout par ceux qui se sont occupés des éruptions de l’enfance (Rilliet, Rarthez, Ralfour, Trousseau, Gerhardt, Vogel, Thomas, Nymann, Roger et Damaschino, Emminghaus). Pour nous la question n’est pas douteuse, nous avons eu cette année même (février et mars 1881) l’occasion d’observer une épidémie de roséole à Genève, et les cas que nous avons vus nous ont confirmé dans l’opinion que la roséole est une affection spécifique différente des autres fièvres éruptives.

Le principal argument en faveur de cette thèse, c’est le fait que la roséole n’épargne pas les personnes préalablement atteintes de rougeole ou de scarlatine ; Rilliet, Rayer, Thore, l’ont observée chez des enfants qui avaient eu la rougeole, et, d’après les chiffres recueillis par Emminghaus, sur 145 individus atteints de roséole 58 avaient eu la rougeole et 10 au moins la scarlatine. D’autre part la roséole ne préserve pas de la rougeole ni de la scarlatine.

Étiologie. — La contagiosité de la roséole a été longtemps mise en doute ; niée par Guersant et Rlache et par Razin, elle est admise par Trousseau et Rilliet ; ce dernier a observé des cas où elle lui a paru évidente, Roger et Damaschino en ont constaté un exemple incontestable. Ralfour cite un cas où la roséole fut apportée d’Edimbourg par une femme et transmise à sa famille qui habitait hors de cette ville. Emminghaus rapporte plusieurs cas analogues; des faits évidénts de contagion se

ROSEOLE. — ÉTIOLOGIE. SYMPTÔMES.

sont aussi montrés dans la récente épidémie de Genève ; cependant la contagiosité de la roséole nous a paru faible et très inférieure à celle de la rougeole.

La roséole s’observe souvent sous forme d’épidémies, tantôt circonscrites à un établissement, à une maison, comme dans les cas observés par von Nymann dans le pensionnat des demoiselles nobles de Saint- Pétersbourg, tantôt étendues à une ville tout entière ; comme dans les épidémies de Pavie et de Milan signalées par Franck, celle de Paris observée par Biett, celle d’Edimbourg étudiée par Balfour, celles de Genève (B,illiet), de Leipzig (Thomas), etc. ; parfois même la roséole peut envahir un pays tout entier ; d’après de Man, une épidémie étendue de roséole régna en Hollande en 1859.

La durée de ces épidémies et très-variable, et dans les grandes villes on a observé des cas sporadiques entre les épidémies. D’après Walch la roséole règne à Malte toute l’année, sauf pendant les deux mois de pluie. Néanmoins cette affection paraît être surtout fréquente dans les deux premiers mois de l’année.

La roséole atteint surtout les enfants, de là son nom de roséole infantile ; ce fait a été observé dans la plupart des épidémies : c’est ainsi que dans celle du pensionnat de Saint-Pétersbourg, qui renfermait de 6 à 700 jeunes filles de 9 à 20 ans, la maladie atteignit 119 élèves, dont 109 étaient âgées de 15 ans ou moins (von Nymann) ; cependant les adultes ne sont pas toujours épargnés; nous avons observé un cas bien évident de roséole chez une femme de 22 ans pendant la récente épidémie de Genève, et plusieurs autres faits du même genre nous ont été signalés à la même époque. Sur 138 cas de roséole recueillis par Emminghaus 6 sont relatifs à des adultes. Deux des malades de Thore avaient 30 ans. A Malte la maladie sévirait même plus particulièrement chez les adultes. La roséole est rare avant la première dentition, ce qu’on pent expliquer par le fait que les très-petits enfants sont peu exposés par leur genre de vie aux affections contagieuses. Le sexe ne paraît jouer aucun rôle comme cause prédisposante.

Il est douteux qu’une première atteinte de roséole prévienne les récidives.

Symptômes. — L’apparition de la roséole est précédée d’une période d’ineuhation qui serait comprise généralement entre 14 à 21 jours, mais qui est quelquefois un peu plus courte ; elle n’a jamais dépassé 14 jours chez les malades de Balfour; elle a été en général de 14 jours dans les cas observés à Genève.

L’invasion est habituellement caractérisée par l’apparition de l’éruption qui survient d’emblée au milieu des apparences d’une bonne santé; dans la plupart des cas les prodromes sont nuis ou très-légers ; quelquefois néanmoins l’exanthème est précédé de phénomènes qui durent de quelques heures à un ou deux jours et peuvent même exceptionnellement s’étendre à quatre jours (Lindwurm). Ces prodromes consistent en un peu de malaise accompagné d’une fièvre légère de céphalalgie, et de perte

'^74 ROSÉOLE. — symptômes.

d’appétit ; dans quelques cas on a observé du vertige et des défaillances et chez les petits enfants des convulsions ; les malades ressentent un peu de chaleur dans les yeux, une légère douleur dans la gorge ; ils sont pris d’élernument, d’enrouement, phénomènes qui rappellent le début de la rougeole ; quelques malades de Balfour présentèrent des attaques croupales, l’un deux y aurait même succombé avant l’éruption.

L’exanthème se montre d’abord à la face et au cou et s’étend de là au reste du corps ; il apparaît sous forme de petites taches rosées, de dimensions assez variables, tantôt grosses comme une tête d’épingle, tantôt plus considérables, arrondies, à bords irréguliers, légèrement saillantes et ressemblant à s’y méprendre aux taches de la rougeole ; elles sont rarement le siège d’un prurit de quelque intensité ; elles disparaissent sous la pression du doigt, et deviennent d’une couleur plus vive sous l’influence de la chaleur du lit ; elles ne sont généralement pas confluentes et laissent entre elles des intervalles de peau saine ; elles s’accompagnent souvent à la face d’un peu de turgescence de la peau. La forme de l’éruption est du reste assez variable ; dans une même épidémie tous les cas ne se ressemblent pas. Ce fait, signalé par la plupart des auteurs, s’est encore montré dans les cas que nous avons pu observer. Il arrive même souvent que sur le même individu l’apparence des taches varie suivant les régions du corps : c’est ainsi qu’au visage on peut observer une éruption morbilliforme bien caractérisée, tandis que, sur les membres, la rougeur est plus diffuse et rappelle l’exanthème de la scarlatine.

L’éruption ne reste pas toujours limitée à la surface cutanée et peut atteindre les muqueuses, particulièrement celle de la gorge ; le fait a été souvent nié et on a longtemps affirmé que ce qui distinguait la roséole de la rougeole, c’était l’absence absolue de phénomènes du côté des muqueuses, mais des observations nombreuses établissent que l’exanthème de la peau peut s’accompagner d’une éruption ponctuée du voile du palais analogue à celle de la rougeole; d’après von Nymann cette éruption ne manquerait même presque jamais; nous l’avons observée dans un cas où la roséole était évidente, mais nous en avons constaté l’absence dans d’autres cas. Quelquefois il survient en même temps un peu d’angine avec une tuméfaction légère des ganglions cervicaux ; des phénomènes de catarrhe bronchique et laryngé s’observent rarement et n’atteignent pas la même intensité que dans la rougeole.

La durée moyenne de l’éruption est de trois ou quatre jours, elle peut même n’être que d’un seul jour. Sa marche est généralement plus rapide et son extension moins régulière que dans la rougeole. Dans quelques cas elle a déjà disparu à la face quand elle apparaît sur le reste du corps. Le plus souvent elle atteint son summum le second jour et commence à pâlir le troisième jour pour disparaître les jours suivants.

Dans bien des cas l’évolution de la roséole est tout à lait apyrétique, le thermomètre ne permet de constater aucune élévation de la température, le malade ne ressent presque aucun malaise et peut vaquer à ses occupations habituelles. La fièvre a manqué dans près de la moitié des cas observés par

ROSÉOLE. - DIAGNOSTIC. PRONOSSIC. TRAITEMENT. 775

Nymann. D’autres fois la maladie s’accompagne d’un mouvement fébrile très-léger, exceptionnellement cependant on a vu la température s’élever à 40 degrés, mais cette exacerbation est tout à fait passagère.

La durée totale de la maladie dépasse rarement quatre à cinq jours, elle peut atteindre au plus une semaine; quelquefois elle est tout à fait éphémère. Elle disparaît le plus souvent sans laisser de traces, parfois elle est suivie d’une légère desquamation de l’épiderme.

Diagnostic. — Lorsque la roséole est apyrétique et ne présente pas de phénomènes du côté des muqueuses, elle est facile à distinguer de la rougeole, mais, lorsqu’elle s’accompagne de fièvre, de coryza, de rougeur des conjonctives et surtout d’une éruption ponctuée dans le fond de la gorge, le diagnostic est presque impossible, et on ne sera fondé à admettre la roséole que si cette maladie règne épidémiquement ou si elle survient chez un individu précédemment atteint de rougeole. Le diagnostic avec la scarlatine est plus facile : il se fondera sur l’absence de rougeur de la langue, le peu d’intensité de l’angine et du mouvement fébrile lorsqu’ils existent, et l’absence ou le peu d’étendue de la desquamation ; la forme de l’éruption est aussi assez différente dans les deux maladies, cependant sur quelques points de la peau et dans quelques cas isolés l’éruption roséolique se rapproche plus de celle de la scarlatine que de celle de la rougeole. Peut-être faut-il distinguer V érythème scarlatiniforme de la roséole idiopathique proprement dite.

Nous ne croyons pas devoir insister sur le diagnostic entre la roséole et l’éruption décrite par les .411emands sous le nom de « Rôtheln », et que quelques auteurs ont considérée comme une forme bâtarde de la rougeole et de la scarlatine ; il est assez généralement admis maintenant même en Allemagne que les Rôtheln ne sont autre chose que la roséole idiopathique que nous venons de décrire ; quant aux éruptions mixtes survenues sous l’inûuence d’une double contagion de la rougeole ou de la scarlatine, elles ne s’observent guères que dans les hôpitaux d’enfants où l’isolement des fièvres éruptives n’est pas pratiqué, milieu où la roséole est presque inconnue ; elles se distinguent d’ailleurs de cette affection par une plus grande intensité des symptômes généraux, et par la prédominance de quelques-uns des symptômes caractéristiques de la rougeole ou de la scarlatine.

La roséole se distingue des diverses variétés dé érythème par la petitesse et l’absence de saillie des plaques. Quant au diagnostic entre la roséole idiopathique et les roséoles secondaire ou artificielles, il se fondera sur les commémoratifs ; lorsque la maladie se montrera sur un adulte, on devra s’assurer qu’il n’a pas fait récemment usage des balsamiques ou de l’iodure de potassium.

Pronostic. — Le pronostic de la roséole idiopathique est toujours des plus bénins, la maladie est de courte durée, ne cause souvent aucun malaise; elle guérit toujours sans laisser de suite fâcheuse et ne donne jamais lieu à aucune complication.

Traitement. — Dans la plupart des cas, la roséole ne réclame

ROSÉOLE. — BIBIIOGEAPHIE.

aucune intervention thérapeutique ; .si elle s’accompagne de fièvre, on prescrira une boisson diaphorétique et le repos au lit.

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