PLOMB. — RECHERCHE TOXICOLOGIQUE
De même, pour les flacons qui lui seront remis cachetés avec une cire suspecte, il examinera au préalable sa composition et s’assurera que la moindre parcelle n’a pu se mélanger aux produits.
Examen préliminaire. — Après quoi il procédera à l’examen à la loupe en arrosant les matières d’eau distillée en quantité convenable, procédant par lévigation, et inspectant soigneusement les dépôts.
Recherche chimique. — On s’occupe de la destruction des matières organiques auxquelles la substance toxique se trouve mélangée ou combinée.
Les indications de la physiologie et les analogies chimiques guideront dans le choix de la méthode à employer pour isoler le métal. On sait en effet que, comme pour le mercure et pour l’argent, il y a formation dans l’économie de sels doubles de plomb et d’albumine, de plomb et de chlorures, etc. Pour la recherche du plomb comme pour celle de l’argent, on pourra donc se servir :
1° De la méthode par le chlorate et l’acide chlorhydrique-, 2° de celle qui est basée sur l’emploi de l’acide azotique ; 3° de la méthode au moyen de V acide sulfurique ; 4° de la méthode par voie sèche, au carbonate de soude; 5° de 1 ’électrolyse (proposée par Gusserow), etc., pour ne parler que des principales.
1° Méthode par le chlorate et l’acide chlorhydrique. — Millon et Duflos, les premiers, ont indiqué, en 1838, le principe de la méthode au chlorate de potasse qui fournit en présence de l’acide chlorhydrique une source de ehlore au moyen duquel sont détruites les matières organiques.
Perfectionnée par différents auteurs, l’opération peut s’effectuer ainsi : la substance, divisée mécaniquement quand il y a lieu, est délayée dans uu poids d’acide chlorhydrique -égal à celui de la matière organique supposée sèche. Quand le composé toxique n’est pas volatil (ce qui est le cas actuel), il y a avantage à digérer pendant quelques heures au bain-marie (Abreu). La masse rendue fluide, si besoin est, au moyen d’eau distillée (ou mieux encore des eaux de lavages résultant du traitement mécanique préliminaire) est introduite dans une capsule ou dans un ballon dont la contenance est telle qu’il soit seulement à moitié rempli.
On chauffe au bain-marie, et de temps en temps on ajoute une pincée (2 grammes environ) de chlorate de potasse. Chaque fois il y a production abondante de gaz et la matière mousse fortement. C’est pourquoi il est nécessaire d’employer des vases d’une capacité suffisante pour que le liquide ne déborde pas.
L’alcool, l’amidon, le sucre communiquent aux matières une grande tendance à mousser. Aussi est-il avantageux de se débarrasser, par une distillation préalable, de la presque totalité de l’alcool.
A chaque addition de chlorate de potasse la liqueur, sous l’influence du chlore naissant, se décolore sensiblement, mais elle se fonce de nouveau dès que le gaz s’est échappé. A mesure que l’attaque avance, la coloration est de moins en moins sensible et lorsque, un quart d’heure environ après addition de chlorate, la liqueur chauffée au bain-marie ne se colore plus