‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 28 (volume 5)Chapitre 11 sur 155 · partie de son oxygène · texte numérisé non relu

partie de son oxygène

Les raisons qui démontrent que le placenta est un organe d’hématose sont les unes subjectives, les autres objectives, et résultant toutes d’expériences des plus concluantes. Les premières sont les suivantes : 1° le fœtus succombe rapidement dès qu’une compression interrompt la circulation dans le cordon ombilical, et l’on trouve toujours dans ce cas à l’autopsie des signes d’asphyxie; 2° il existe entre le placenta et les poumons un antagonisme très-évident : l’enfant nouveau-né peut, en effet, se passer de respiration pulmonaire tant que la communication entre lui et le placenta n’est pas interrompue, et cette communication peut être interrompue sans danger dès qu’il respire par le poumon ; de plus, toute interruption delà respiration dans les premières heures qui suivent la naissance dorme lieu à un retour de la circulation dans les artères ombilicales, qui se traduit par une hémorrhagie, si le cordon est mal lié, et de même toute interruption de la circulation du cordon avant la naissance provoque chez le fœtus des mouvements respiratoires; 3° si l’on admet que le sang maternel contient de l’oxygène en dissolution, que les globules ont une grande affinité pour l’oxygène, on a toute raison de penser que le sang noir des artères villeuses séparé du sang des sinus par une paroi trèsmince, s’empare d’une partie de l’oxygène qui s’y trouve dissous. Il existe du reste, à cet égard, une telle ressemblance avec ce qui se passe chez les animaux à branchies, qu’on a appelé le placenta « une sorte de branchie pédiculée qui est en même temps un organe d’absorption nutritive et de respiration » (Nivet). ^

Les preuves expérimentales sont encore plus concluantes. ZwféM a constaté à l’aide du spectroscope l’oxyhémoglobine dans le sang des vaisseaux ombilicaux d’un fœtus n’ayant pas'encore respiré. En outre, dans des expériences faites sur des lapines vivantes, il a observé que le sang se rendant du fœtus au placenta par les artères ombilicales est noir, tandis que le sang revenant du placenta au fœtus par la veine ombilicale est rouge. Il semble donc incontestable que chez le fœtus le placenta remplace le poumon, qu’il s’y débarrasse de son acide carbonique et qu’il puise l’oxygène dans les globules rouges du sang maternel.

2‘ Le fœtus puise-t-il dans le placenta les matériaux nécessaires à son développement et quels sont ces matériaux ? A partir du moment où le placenta est formé, il paraît être, sinon la seule voie par laquelle les sucs nutritifs passent de la mère à l’enfant, du moins l’agent le plus actif de cette absorption. Il n’est plus nécessaire de démontrer que certaines substances injectées dans les vaisseaux de la mère se retrouvent dans ceux de l’enfant. Magendie avait déjà retrouvé dans le sang de fœtus de chien l’odeur du camphre un quart d’heure après avoir injecté une solution de celte substance dans le système veineux des mères. Meyer ayant injecté du cyanure de potassium dans la trachée-artère d’une lapine, avait découvert ce composé dans le placenta et dans les différents organes de l’embryon. Plus récemment des recherches ont été faites par Benicke, qui

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