‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 28 (volume 5)Chapitre 122 sur 155 · PNEUMONIE. - PN. CHRONIQUE. - SYMPTÔMES · texte numérisé non relu

PNEUMONIE. - PN. CHRONIQUE. - SYMPTÔMES

Nous signalerons seulement une complication constatée quatre fois par Biermer : les abcès du cerveau, qui dans deux cas parurent de nature gangreneuse.

Symptômes. — La maladie confirmée présente toujours à peu près le même tableau : elle varie seulement à son début, suivant qu’elle succède à la forme aiguë ou qu’elle se montre dès l’origine avec son caractère particulier. Les auteurs ont insisté sur les rémissions qu’on peut observer dans les cas aigus de broncho-pneumonie, principalement quand la maladie présente une certaine durée. Ces rémissions apparentes sont encore plus marquées lorsque la broncho-pneumonie passe à l’état subaigu. L’état général s’améliore, la soif est moins vive, l’appétit reparaît, quelquefois même exagéré (Legendre), la fièvre se modère et peut même cesser pendant la plus grande partie de la journée. La respiration est plus facile ; la toux et l’oppression diminuent. Mais ce bien-être ne dure pas : le mouvement fébrile reparaît dans la soirée, les pommettes des joues deviennent rouges, la température s’élève, le pouls remonte à 150 ou 140, la dyspnée et la toux s’accentuent de nouveau. L’accès fébrile est suivi de sueurs abondantes. Si l’on ajoute à ce tableau la faiblesse et l’amaigrissement qui se prononcent de plus en plus, on voit que la maladie revêt à s’y méprendre les allures de la phthisie.

Dans les cas qui prennent dès le début la marche subaiguë, la maladie se comporte à peu près de la même manière. L’appareil fébrile est peu intense (38,5 à 39°), irrégulier, sans type. Les oscillations de la courbe thermique sont très-prononcées ; la fièvre peut manquer chez les enfants très-faibles. La toux et la dyspnée augmentent progressivement, ainsi que la faiblesse et l’apathie; les malades présentent bientôt l’habitus phthisique. Le faciès est amaigri, pâle ou légèrement cyanosé, souvent avec un teinte cachectique. L’amaigrissement augmente rapidement, la peau estflasque, ridée; l’appétit nul, quelquefois exagéré pendant les rémissions.

Dans les premiers temps , les symptômes locaux et fonctionnels sont ceux de la bronchite. Habituellement la douleur thoracique manque, ou n’a rien de fixe : la toux, la dyspnée, sont variables suivant l’intensité de la bronchite génératrice. Elles sont quelquefois nulles ou peu marquées lorsque les lésions pulmonaires s’établissent lentement dans le cours d’une bronchite chronique. Elles s’accentuent davantage dans les cas où la maladie évolue plus rapidement. L’expectoration peut être nulle, ou très-abondante, quelquefois même dès les commencements de la maladie (Legendre) ; à la suite d’efforts, de secousses violentes, de quintes douloureuses, une grande quantité de liquide muco-purulent quelquefois fétide est expectorée. Dans quelques observations l’expectoration est accompagnée de vomissements. Quelquefois elle est simplement muqueuse.

L’examen de la poitrine donne des signes en rapport avec l’ancienneté et la forme de la maladie. Si elle succède à une broncho-pneumonie aiguë à forme parenchymateuse, les signes de l’induration pulmonaire persistent à la percussion et à l’auscultation. Dans les formes subaiguës d’emblée, la percussion ne révèle d’abord rien d’anormal ; à l’auscultation les

Page 1