PLACENTA. - PATHOLOGIE
ment de cet organe caduque, en concevait la pathologie d’après des données très-variables et le plus souvent erronées. En dehors de cette cause fondamentale d’erreur, l’analogie tout au moins apparente qui existe entre certaines lésions placentaires et certaines lésions organiques que l’on rencontre dans d’autres tissus était de nature à donner lieu à des assimilations dont l’examen microscopique devait faire justice.
Ce n’est qu’à partir du moment où l’anatomie du placenta a été mieux connue que la plupart des points de sa pathologie ont été étudiés avec fruit ; cependant, malgré les travaux des modernes, de Ch. Robin, de Virchow en particulier, il est encore un nombre considérable de questions dont la solution est restée indécise. Il résulte d’un semblable état de choses qu’une classification tout à fait rationnelle des affections du placenta est encore aujourd’hui très-difficile à établir; tous ceux qui ont tenté de le faire se sont bornés à une simple énumération des différentes lésions connues et étudiées au moment où se publiaient leurs travaux. Pour ne point entrer dans de longs et inutiles détails qui n’auraient qu’un intérêt historique , il suffira de mentionner les classifications les plus récentes.
Dans une thèse inaugurale (1845) très-remarquable, un élève du professeur Stoltz, Jæger, a fait le bilan de l’état de la science à cette époque ; il a décrit, tout en discutant quelques-unes d’entre elles , chacune des affections suivantes :
1° Hypertrophie du placenta. 2° Atrophie (a) simple ou dépendant d’une diminution de nutrition ; (b) résultant de la cessation des rapports physiologiques; (c) par suite de maladie du placenta. 5° Malade. 4° Congestion. 5° Apoplexie. 6° Inflammation ou placentite. 7° Dépôts calcaires. 8° Dégénérescences diverses.
Cette dissertation, qu’on pourrait croire écrite d’aujourd’hui, si elle comprenait les recherches de Ch. Robin sur la dégénérescence hydatoïde, résoud d’une façon qu’on ne peut cependant croire définitive la plupart des questions qui se rapportent aux affections du placenta.
Écrite plus récemment et par conséquent plus complète au point de vue des recherches modernes, la thèse de Charpentier (1869) multiplie les divisions en décrivant séparément des lésions qui ne sont que des variétés d’un même état morbide. Sa classification comprend dix espèces d’altérations, qui sont :
1° Les épanchements sanguins ; hémorrhagie utéro-placentaire. 2° Les dégénérescences fibro-graisseuses. 3° Les transformations successives du sang épanché. 4° La placentite et les dépôts pathologiques divers (pus, concrétions ossiformes, lésions syphilitiques). 5° Les adhérences anormales soit à l’utérus , soit au fœtus. 6° L’hypertrophie. 7° L’atrophie. 8° L’œdème. 9° Les tumeurs (kystes et autres) . 1,0" La sclérose du placenta.
La môle vésiculeuse hydatoïde est rangée par Charpentier yiarmi les maladies des membranes.
Ercolani a basé sa classification sur les idées qui lui sont propres sur la structure du placenta ; il divise ses affections en douze catégories :