‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 28 (volume 5)Chapitre 66 sur 155 · PLOMB. - PROPRIÉTÉS CHIMIQUES · texte numérisé non relu

PLOMB. - PROPRIÉTÉS CHIMIQUES

Quand le plomb contient un peu d’étain ou d’antimoine, on peut chaufl'er jusqu’à 140° environ de l’acide à 54° Baume, sans que l’attaque së produise, tandis que si le métal est chimiquement pur, dès 80° et même 50°, il y a formation de bulles d’hydrogène sulfuré, mélangé d’hydrogène libre.

Quand il y a mélange de différents agents, l’attaque du plomb se fait en général plus facilement, et cette question offre un intérêt tout spécial, puisque les conduites d’eau sont presque toutes formées par ce métal, qui se trouve dès lors soumis à l’action combinée de l’air, de l’eau et des diverses substances tenues en dissolution par cette dernière.

Déjà les eaux pluviales (ou ce qui est la même chose, l’eau distillée agitée avec de l’air), dissolvent des quantités notables de plomb. 11 est plus exact de dire cependant qu’il y a attaque et non dissolution de plomb, puisque, dans ce cas, une simple filtration arrête le composé plombique, qui n’est autre qu’un hydro-carbonate à texture cristalline ; c’est pourquoi le métal blanchit en même temps qu’une partie du produit oxydé entre en suspension.

Quand les eaux contiennent des matériaux organiques azotés, il y a formation de nitrate ou de nitrites, qui se dissolvent.

Les composés susceptibles de fournir les produits nitreux seraient donc seuls dangereux (Medlock). Toutefois, les nitrates seraient sans action (Kersting) .

Le sel ordinaire, ou chlorure de sodium, en solution étendue, attaque également le plomb en fournissant un mélange d’hydrate, de carbonate et de chlorure de plomb.

D’après PattinsonMuir, les nitrates favorisent la dissolution du plomb, mais les sulfates et même les carbonates , présentent une action inverse gui contrebalance la première s’ils se trouvent en quantité suffisante. C’est ainsi que Belgrand et Le Blanc ont fait voir que les eaux de la Seine contiennent assez de sulfates et de carbonates pour qu’on puisse les distribuer dans des conduits en plomb, qui ne tardent pas, du reste, à se recouvrir intérieurement d’une sorte d’enduit blanchâti’e, qui diminue sensiblement le contact de l’eau avec le métal.

Toutefois, des expériences plus récentes, dues à Pappenheim, semblent indiquer que ces résultats n’ont rien d’absolu et varient notamment avec la pureté du métal et l’état des surfaces.

Aussi se préoccupe-t-on beaucoup de la recherche d’un enduit proteeteur, pour doubler les tuyaux de plomb.

On a proposé, dans ce but, le sulfure de plomb , l’étamage, le caoutchouc, la gutta-percha , la paraffine, qui paraîtrait la moins défectueuse, etc., etc.

Le plomb est facilement déplacé de ses solutions, par les métaux plus osydables que lui. Suivant la rapidité de la réaction, le métal se précipite alors soit sous forme de poudre amorphe, soit encore à l’état cristallisé. L’expérience classique de Y arbre de Saturne n’est pas autre chose.

On la réalise de la manière suivante :

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