PLOMB. - USAGES. — ALLIAGES
Dans une solution parfaitement limpide et légèrement acidulée d’acétate de plomb, on immerge un petit barreau de zinc portant, vers son extrémité, plusieurs fils de laiton qui vont divergeant dans la liqueur. On bouche soigneusement, pour se mettre à l’abri de l’air, et bientôt on voit un dépôt gris pulvérulent se former sur le barreau de zinc qui devient ainsi le tronc de l’arbre. Ensuite, mais bien plus lentement, l’on voit se former, sur les fils de laiton, des aiguilles d’abord fort minces, mais qui grossissent, se multiplient et finissent par devenir de magnifiques lamelles de plomb cristallisé. Ceci représente les branches et, de la sorte, on obtient avec facilité le métal en cristaux parfaitement nets.
Un courant électrique arrive au même résultat.
Usages. — On emploie presque toujours le plomb sous forme de tuyaux, que l’on obtient sans soudure en faisant passer le métal, demifondu et fortement comprimé, à travers une sorte de filière. .
La mollesse du plomb est précieuse pour suivre sans difficulté des sinuosités quelconques (eau, gaz, etc.). Les plaques de plomb sont aussi d’un usage très répandu. Il en est de même du plomb grenaillé ou grains de plomb, qui servent pour la chasse d’abord, mais aussi, malheureusement, pour le nettoyage des bouteilles. Et la chose est d’autant plus regrettable que, dans le cas où le vase est de teinte foncée, il reste trop souvent des grains de plomb au fond des bouteilles , dans lesquelles on met ensuite du vin , de la bière, etc. , qui deviennent dès lors et tout naturellement des boissons dangereuses.
Il serait bien préférable de substituer, pour cet usage, le fer au plomb, ainsi que cela avait été proposé notamment par Fordos.
Le plomb sert encore pour l’évaporation de l’acide sulfurique, ainsi qu’on l’a vu plus haut, et l’on utilise sa plasticité pour obtenir, par compression, des jointures et des fermetures parfaitement hermétiques, etc.
L’emploi du plomb en thérapeutique est très-répandu; on trouvera plus loin l’indication des principales formes pharmaceutiques.
Alliages. — Le plomb entre dans beaucoup d’alliages et plusieurs d’entre eux sont importants.
Quelques-uns peuvent s’effectuer en proportions définies et donnent naissance à de véritables combinaisons ; mais ordinairement ces alliages se forment en proportions quelconques.
Le plomb présente, en effet, une aptitude toute spéciale à dissoudreles autres métaux. Il est, à cet égard, comparable au mercure, et cette propriété, connue de toute antiquité, est, selon toute vraisemblance, la raison pour laquelle le plomb avait été, par les alchimistes, dédié à Saturne, ce dieu que la fable nous présente comme condamné à dévorer ses enfants.
Les propriétés de ces alliages sont variables ; en général le plomb leur communique beaucoup de fusibilité.
Leur densité s’écarte parfois de la densité théorique (Riche).
Au premier rang nous trouvons les alliages de plomb et d’antimoine.