‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 28 (volume 5)Chapitre 76 sur 155 · PLOMB. — EFFETS TOXIQUES. EMPOISONNEMENT AIGU · texte numérisé non relu

PLOMB. — EFFETS TOXIQUES. EMPOISONNEMENT AIGU

Effets toxiques. — Le plomb est, sans contredit, le métal avec lequel l’homme civilisé se trouve le plus en contact, par cette raison que, outre les divers usages qui lui sont communs avec les autres métaux, il. entre dans la composition de la plupart des revêtements des objets environnants ; d’ailleurs, sa faible résistance aux agents physiques et chimiques favorise son. absorption, et contribue par là à lui assurer une influence prépondérante sur la santé publique.

Ses effets sur l’organisme, bien différents suivant qu’ils résultent de l’absorption en bloc et rapide d’une forte dose (empoisonnement aigu), ou de l’imprégnation lente par de faibles doses réitérées (intoxication chronique), doivent être étudiés séparément.

La forme aiguë, assez rare, bien qu’utile à connaître au point de vue toxicologique, est loin de présenter le même intérêt que la forme chronique, extrêmement fréquente, par laquelle seulement se manifeste toute l’originalité d’action du poison.

Empoisonnement aigu. — Etiologie. — L’empoisonnement aigu, ou empoisonnement proprement dit par le plomb, consiste en accidents graves succédant rapidement à l’absorption, presque toujours par ingestion en une, deux ou trois fois au plus, d’une haute dose de métal ou d’un de ses sels, soit en nature, soit à l’état de mélange. Tous les composés saturnins, y compris, contrairement à l’opinion de Dupasquier, les sels insolubles et le métal lui-même (obs. de Ruva), peuvent produire, par ingestion, un empoisonnement aigu, dont les symptômes sont d’une précocité et d’une intensité directement proportionnelles à la solubilité ou à la facilité de décomposition de ces substances par les sucs digestifs. Les sels solubles -se transformeraient dans l’estomac en chlorures (Rabuteau) et en albuminates peu solubles ; le plus dangereux de tous est le chlorure, dissous dans le chlorure de sodium (Mialile), probablement parce que, sdus cette forme, le plomb n’a plus à subir de transformation.

La dose minimum nécessaire à la production d’accidents sérieux est difficile à préciser ; souvent, en effet, l’ingestion de quantités relativement considérables de poison a été suivie de symptômes moins graves qu’on n’était en droit de le redouter ; et d’autres fois des doses même assez bibles ont eu des conséquences funestes. Un jeune homme éprouva des accidents graves pour avoir pris, en trois jours, 15 centigr. seulement d’acétate de plomb, et un adulte mourut après avoir bu à peine un demi-verre de vin .d’une bouteille contenant des grains de plomb avec lesquels elle avait été rincée. Cette discordance apparente résulte de ce qu’on connaît seulement la dose de poison ingérée, et non celle qui est absorbée ; or, l’absorption doit être entravée par la précipitation du sel dans l’estomac, par son astringence agissant sur la muqueuse stomacale ; cette astriclion, plus marquée pour certains sels, sous-acétate par exemplè, se fait peut-être moins sentir dans le cas d’une dose modérée. Enfin, la proportion de métal dans chaque combinaison saline (près de deux fois plus forte dans les unes que dans d’autres), le degré de concentration de la dissolution ou du mélange, ne doivent pas être non plus sans exer-

Page 1