‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 28 (volume 5)Chapitre 77 sur 155 · PLOMB. — EMPOISOKKGMEXT AIGU. — SYMPTÔMES · texte numérisé non relu

PLOMB. — EMPOISOKKGMEXT AIGU. — SYMPTÔMES

cer une certaine influence. D’après les expériences d’Orfila, de.Gaspartet I de R. Moreau, l’acétate, injecté dans les veines, tue un chien rapidement, en 24 heures au plus, à la dose de 50 centigr., et dans la huitaine à la seule dose de 20 et même 10 centigr. Les divers composés saturnins ont j tous la même action, sauf le chromale et l’arséniate, qui empruntent à j leurs acides une partie de leurs propriétés spéciales ; au premier, par exemple, paraît liée la prédominance d’accidents nerveux.

Les circonstances de l’empoisonnement aigu par le plomb sont variables. Très-rarement ce poison a été administré dans un but criminel j (acétate mélangé aux aliments et aux boissons) : affaire Ponchon, 1842, et les deux cas en Angleterre, Central Criminal Court, 1844, et Chelus Ford, j Summer Assises, 1847, rapportés par Taylor. Quelquefois c’est dans une intention de suicide que le sel de plomb (ordinairement une verrée ou deux d’extrait de saturne) est ingéré, presque toujours par des femmes. Mais le plus souvent, l’ingestion est le résultat d’une erreur , d'une imprudence ou d’un accident. Tantôt c’est un ivrogne vidant précipitamment et à la dérobée une fiole d’eau de Goulard ; tantôt un verre d’eau végéto-minérale est pris, par une ressemblance trompeuse, pour du sirop d’orgeat, ou bien du carbonate de plomb pour de la magnésie; ailleurs, c’est un enfant, qui, par ignorance, avale soit de l’extrait de Goulard, soit même une boulette de mastic à la céruse ; plus fréquemment enfin, de l’extrait de saturne est pris au lieu d’une potion, d’un purgatif ou d’un vomitif, par erreur de flacon, commise par le malade et même par le pharmacien.

D’ordinaire l’empoisonnement a lieu par l’intermédiaire des aliments ou dés boissons (acétate et carbonate, dans le vin, le cidre, le vinaigre, oxyde et carbonate .dans l’eau), soit que ces substances alimentaires aient été en contact avec du plomb dans leurs récipients, soit qu’il y ait eu falsification ou sophistifîcation ; il peut aussi être produit par l’ingestion de pains à cacheter, ou de couleurs, comme sur les jouets d’eufants. Dans certains cas, assez rares il est vrai, Y empoisonnement professionnel aigu a été observé.

Enfin, les sels de plomb, principalement l’acétate, ont aussi donné lieu à des accidents aigus par Y emploi thérapeutique rationnel ou empirique : acétate dans du lait contre la diarrhée, ou en pilules dans la : phthisie (Fouquier, Léridon), et grains de plomb administrés par un charlatan contre la dyspepsie (Ruva).

Expérimentalement, l’empoisonnement aigu a pu être, on l’a vu, déterminé par l’injection intra-veineuse d’acétate de plomb. Pour ce] qui est des accidents aigus résultant de l’introduction des composés plombiques dans lés voies respiratoires, il est difficile de faire la part du saturnisme et de l’asphyxie par obstacle mécanique (Moreau).

Symptômes. — Au moment de l’ingestion, il y a perception immédiate ; d’une savgûr douceâtre, sucrée, puis styptique et parfois comme métallique ; souvent, bientôt après se manifeste dans la bouche une sensation de brûlure, plus ou moins prononcée dans l’arrière-gorge, et se proion-

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