‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 28 (volume 5)Chapitre 78 sur 155 · PLOMB. - EMPOISONNEMENT AIGU. TRAITEMENT · texte numérisé non relu

PLOMB. - EMPOISONNEMENT AIGU. TRAITEMENT

géant le long de l’œsophage jusqu’à l’estomac, où est ordinairement son maximum ; d’autres fois, il y a seulement de la pesanteur au creux épigastrique. La langue, parfois légèrement gonflée, est, en général, blanchâtre et couverte de petits points blancs saillants.

Presque en même temps apparaissent des nausées et des vomissements, d’abord de liquide souvent incolore et limpide, quelquefois présentant l’aspect de l’eau blanche, et pouvant contenir du plomb ; plus tard, les matières vomies deviennent muqueuses et sont parsemées de taches ou de points blancs dus à des sels de plomb. Seul, le chromate donne lieu à des vomissements colorés en jaune. Puis, coliques gastro-intestinales très-aiguës, avec rétraction et dureté ou quelquefois ballonnement de l’abdomen, s’accompagnant tantôt de constipation, tantôt de selles diarrhéiques colorées en noir par du sulfure de plomb. On a vu, avec le météorisme, de la rétention d’urine par propagation de l’inflammation intestinale. Engourdissement des membres abdominaux, abattement général ; pâleur du visage, lèvres livides.

Le liséré gingival bleuâtre peut se faire longtemps attendre, et même manquer complètement ; mais dans certains cas, il apparaît dès les premiers moments ; les dents sont noircies ; fétidité de l’haleine. La respiration devient stertoreuse ; il se produit de l’asphyxie et un hoquet pénible ; des vertiges, des syncopes, du trismus et des convulsions épileptiformes précèdent un état comateux (véritable encéphalopathie), qui se termine par la mort après deux ou trois jours. Les facultés intellectuelles restent quelquefois intactes jusqu’au dernier moment.

Dans le cas de guérison, après des symptômes d’excitation et de dépression moins intenses, il se déclare de la fièvre. Des taches noirâtres dé sulfure de plomb se développent sur la peau par suite de l’élimination du poison ; la douleur épigastrique, diminue graduellement, et l’amélioration s’effectue avec lenteur. Il reste longtemps de l’hébétude, des troubles digestifs, de la faiblesse, de l’anémie et même un état cachectique.

Anatomie pathologique. — Les lésions anatomiques ne sont ni constantes, ni caractéristiques. Tout se borne le plus souvent à une inflammation légère et superficielle de la muqueuse de l’estomac, qu’on a parfois trouvée épaissie, grisâtre, ramollie et même érodée. Taylor, contrairement à l’opinion qu’on lui a prêtée, pense que l’action corrosive appartient au sel neutre et non au poison combiné avec un acide. Les traînées de points blancs, adhérents à la muqueuse stomacale, données par Orfila, comme propres à l’empoisonnement par l’acétate de plomb, ne sont pas constantes ou sont difficiles à reconnaître.

Dans deux cas où il s’était produit des symptômes cérébraux graves, G. Bergeron et Tardieu ont constaté les lésions de l’encéphalopathie saturnine : coloration blanc-mat du cerveau, consistance dure, aplatissement et effacement des circonvolutions.

Traitement. — S’il n’y a pas de vomissements, on les provoquera, ou s’ils sont pénibles, on les facilitera par des boissons ; dans le cas de

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