‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 28 (volume 5)Chapitre 80 sur 155 · I. Symptômes et lésions; pathogénie et étiologie spéciales · texte numérisé non relu

I. Symptômes et lésions; pathogénie et étiologie spéciales

A. Troubles digestifs. — 1° Stomatite. — Les saturnins présentent du côté de la bouche de véritables lésions anatomiques, presque constantes, et en tout cas caractéristiques, dont la facile constatation sur le vivant fournit un' des éléments diagnostiques les plus importants ; nous voulons spécialement parler des colorations plombiques de la muqueuse buccale : liséré gingival (Burton) et plaques de la. face interne des lèvres et des joues. '

Un liséré ardoisé, noirâtre quand il est intense, large de 2 à 3 millimètres, siège à la sertissure des gencives, particulièrement des incisives et des canines inférieures. Il consiste en une imprégnation de la muqueuse par du sulfure de plomb formé en présence de l’hydrogène sulfuré provenant, soit de la décomposition des parcelles alimentaires retenues entre les dents (Tanquerel), soit des sulfures alcalins de la salive (Sehebach), soit enfin du sang (Gubler). L’apport du plomb se fait, tantôt directement par dépôt des particules métalliques à leur passage dans la bouche (tatouage) : contact immédiat ou intermédiaire de l’atmosphère, des instruments et des doigts souillés (L. direct, primitif ) ; tantôt indirectement par les voies circulatoires et par élimination à travers les glandes buccales et les gencives. La preuve de l’existence de ce liséré secondaire, indirect, a été établie en 1869 par Frank-Smith : chez un saturnin paralytique, sans la moindre trace de liséré, il se développa, après une ou deux semaines de traitement ioduré, un liséré bleu bien marqué, qui persista six semaines environ. Semblable observation a été faite ultérieurement par Hilton Fagge. Dans le cas de Sehoënbrod (1873), le liséré n’apparut que quatre semaines après que le malade eut cessé de faire usage d’un vinaigre plombifère qui lui avait occasionné des coliques.

Les gencives, quelquefois boursoufflées et saignantes, s’ainincissenl

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