PLOMB. - INTOXICATION CHRONIQUE. CAUSES PROFESSIONNELLES
gner de plomb au contact de leurs divers récipients : vases en plomb, saloir dès charcutiers par exemple, en étain pauvre (plats et gobelets), ustensiles mal étamés, réparés avec un mastic à la céruse (Mahier), poteries de terre vernissées communes, rôtissoires à gaz émaillées, cuillers d'étain à 30, 40, et même 50 p. 100 de plomb, que nous avons parfois vues entre les mains des ouvriers.
c) Médicaments internes. — On connaît l’intoxication chronique causée par l’administration interne de médicaments plombiques : carbonate dans la phthisie, acétate contre la pneumonie caséeuse, les sueurs et les hémoptysies des phthisiques, les névralgies, les maladies de cœur, les fièvres intermittentes, les gonorrhées et les pollutions, ms-nitrate de bismuth impur contenant de la céruse (Millard), cachou de Bologne plombifère (Gibert), contre la diarrhée, et eau de goudron macérée dans des cruchons vernissés à l’oxyde de plomb (Caries).
dj Objets portés à la bouche. — Dans certains cas enfin, le poison a pour véhicule la salive souillée par divers objets portés à la bouche : pains à cacheter colorés avec des sels plombiques (Lombard), grains de plomb d’encrier mâchés par passe-temps (Trousseau), jouets tels que couleurs à l’aqùarelle à base de plomb, trompettes peintes avec la céruse, le minium et le chromate fixés par un simple encollage, et non vernies (Chevallier), poupées d’Allemagne à la céruse, et cartes de visites glacées.
f Par la surface tégumentaire : peau et muqueuse voisines des Orifices externes, le plomb pénètre, par l’intermédiaire des médicaments externes : bandelettes de sparadrap diachylon, emplâtres et cataplasmes plombiques (Boerhaave, Hoeberl, Widekind), eau de Goulard contre les brûlures, frictions d’onguent -de litharge contre la gale (Conring), céruse saupoudrée sur des excoriations, collyres (voir notre observation à la thérapeutique) et injections vaginales et uréthrales à l’acétate de plomb, — sous forme de topiques pour la toilette : fards, poudre de riz impure (Krimer, Fievée), litharge contre les rougeurs du visage (Zetler), eau de Cologne préparée avec essence de thym et acétate de plomb, cosmétiques à la litharge (Brambilla) et teintures, — par leJmaniement du linge de cérusiers (Depuis) — et par l’usage du tabac à priser contenu dans des boîtes de plomb ou des sacs doublés de ce métal (Otto).
5° C’est enfin à l’absorption par les voies respiratoires qu’il faut rapporter les cas d’intoxication dus à la combustion de cire à cacheter eide bougies colorées au minium et de vieilles boiseries peintes , dans les foyers (Marmisse de Bordeaux), et à l’habitation d'appartements fraîchement peints.
B. Causes professionnelles . — Les professions qui exposent au saturnisme sont si nombreuses, si complexes et hétérogènes, que nous avons cru plus profitable de les classer par ordre alphabétique.
Tableau des professions qui exposent au saturnisme.
Acétate de P. [Fabricants d’) .
Acteurs; fard à la céruse (Fiévée).
542 PLOMB. - INTOXICATION CHRONIQUE, causes professionnelles.
Afftneurs de métaux précieux, par coupellation : 1° du P. d’œuvre argentifère et aurifère, 2° des balayures d’or et d’argent provenant d’ateliers d’orfèvrerie et de bijouterie, traitées par le P.
Ajusteurs ; mâchoires en P. pour assujettir les pièces délicates. Yoy. Monteurs.
Bâches (Fabric. de), rendues inaltérables par le sulfate de P. (Trousseau).
Balles de P. [Fabric. de) (Proust).
Bijoutiers , voy. Affineurs, Émailleurs, Lapidaires. .
Brossiers; apprêtage des soies de porc avec litharge et chaux (Tardieu).
Broyeurs de couleurs plombiques.
Câbles en fils de fer galvanisés [Fabric. de), avec zinc plombifère (Rouxeau).
Cahiers de papier à cigarettes [Ouvrières fabriquant les enveloppes de), (Gallard), voy. Papiers peints.
Camées (Polisseurs de), voy. Lapidaires.
Capsuleurs.de flacons, lissant les capsules en alliage d’étain et P. sur le col des flacons (Manouvriez).
Caractères d'imprimerie (Ouvriers maniant l'alliage des) : P. 67, antimoine 25, étain 5, cuivre 3,
Cardeurs de crins colorés en noir par le sulfure de P. (Hitzig). .
Carreliers, vernisseurs de carreaux à paver avec sulfure de P. et sable broyé, à parties égales.
Carrossiers, caissiers ajustant les joints des panneaux avec la céruse (YViltshire). . . -
C rt 'ers ! cai t,es à jouer d’Allemagne. ari (cartes de visite glacées à la- céruse.
Ceinturonniers , voy. Cuirs vernis.
Cérusiers ; céruse, blanc de céruse, blanc de P., carbonate de P. hydraté.
Chaudronniers ; soudure de cuivre (P. et zinc).
Chauffeurs, voy. Marins.
Chemins de fer (Employés de) et douaniers, plombant les -wagons de marchandises et portant à la bouche les flans de P. (Mannkopff).
Chromate de P. (Fabric. de), jaune de chrome.
Coiffeurs, voy. Parfumeurs.
Coloristes, portant à la bouche les pinceaux chargés de couleurs plombiques (Charles Bernard).
Compositeurs d’ imprimerie, voy. Caractères, Encre d’imprimerie. :
Conserve (Fabric. déboîtés de), pour la marine (Quesnel).
Contre-oxydation du fer (Ouvrières travaillant à la) (Ladreit de la Charrière), voy. Emailleurs. ...îll
Coton (Tisseurs de) apprêté à la céruse (Aubé).
Couturières, voy. Soie.
Criniers , voy. Brossiers, Cardeurs.
Cristalleries ( Ouvriers des); silicate double de potasse et de P.; surtout tailleurs et polisseurs.