PLOMB. - INTOXICATION. PROPHYLAXIE
diminuera le. nombre des ouvriers exposés au saturnisme pendant son extraction, son traitement métallurgique et la préparalion de ses sels.
. 11 suffit de connaître les falsifications et les altérations des aliments et des topiques de parfumerie (t. IX, p. 440), par addition volontaire de préparations saturnines,: et l’abus des médicaments à base de plomb (t. XII, p. 746 et suives, pour les éviter ou les prohiber.
Le plomb ne doit absolument pas entrer dans la confection des ustensiles servant de récipients aux aliments et aux boissons. L’étain fin, renfermant seulement 1 à 2 p. 100 de métaux étrangers, est seul convenable pour le papier métallique d’enveloppe, et pour l’étamage, qui est aussi facile à effectuer que celui à l’étain plombifère, légalement prohibé par une circulaire ministérielle de 1861 (Girardin, Rivière et Clouet). La vaisselle d’étain à 5 p. 100 de plomb, proportion nécessaire pour qu’elle soit d’une solidité suffisante, est à peine attaquable par les liquides salés et par le vinaigre. (Roussin) ; mais les vases en porcelaine et en cristal, épais et solides, adoptés par l’administration de la guerre, pour les hôpitaux de Paris, lui sont encore préférables. Dans les appareils distillatoires des navires et des pharmacies, la cucurbite peut être en cuivre bien étamé, mais les autres pièces seront : le chapiteau tout en étain fin, et le serpentin en plomb doublé de ce même étain. Les meilleurs tuyaux de conduite pour l’eau potable sont ceux en fonte, intérieurement revêtus d'un enduit vitreux ; le zinc le plus pur possible, en feuilles ou recouvrant la tôle galvanisée, devrait servir à la confection des petits réservoirs d’eau de pluie;: On ne saurait trop blâmer les pompes en fer, dont les tuyaux d'alimentation généralement en plomb, sont attaqués avec d’autant plus d’énergie, que l’accouplement des deux métaux donne naissance à un courant galvanique ; il serait facile aux constructeurs de les remplacer pardes tuyaux en fonte analogues aux conduites d’eau, mais revêtu d’un enduit vitreux extérieurement aussi bien qu’intérieurement. Constantin (de Brest) a proposé, pour les poteries communes, des vernis vitreux non plouibifères : l’un incolore à base de soude èt de chaux, l’autre brun et très-brillant à basé, de soude et de peroxyde de manganèse. (Wurlz, Beci de&trav. de com. consull. d’hyg. publ., t. V, p. 427). Delloye- Masson (de Bruxelles) emploie un émail non plombifère, dont malheureusement la composition reste secrète (de Freycinet). Des émaux analogues devraient remplacer les émaux plombifères, surtout pour les ustensiles culinaires, spécialement les rôtissoires à gaz ; dans leurs autres applications industrielles, l’intérêt hygiénique des ouvriers les rendrait précieux aussi. La gravure sur verre au moyen de l’électricité, imaginée par Planté, pourrait être substituée aux procédés actuels de fabrication du verre mousseline.
La couche des tailleurs de limes, la roue à l’émeri et les tirets des lapidaires et des polisseurs de camées seront aisément laits d’un métal autre que le plomb, en cuivre ou mieux en étain par exemple, R est à désirer que les nouveaux caractères d’imprimerie inusables en verre «paque répondent à l’attente de leur inventeur.
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L’heureux emploi en peinture de l’oxyde de zinc (Courtois) et du sulfate de baryte au lieu de céruse, réalise déjà un imménse progrès; on pourrait y ajouter l’oxyde blanc d’antimoine ; Leclaire est arrivé à remplacer dans les huiles siccatives la litharge par le manganèse. En teinture, les couleurs dérivées du goudron de houille, moins nociyes que celles de plomb, tendent à se généraliser de plus en plus: Signalons encore les couleurs jaunes à base de cauline, principe retiré de certaines malvacées et crucifères, applicables à la teinture des papiers et étoffes (Collineau et Savigny), et les laques rouges, oranges et jaunes, inoffensives (combinaisons d’éosine et de fluorescine avec le zinc) récemment découvertes par Turpin, et appliquées à la décoration des jouets en caoutchouc, en place du minium, de la mine orange et du chromate de plomb. En tous cas, les simples encollages sont insuffisants à fixer sur les jouets les couleurs de plomb ; celles-ci devront toujours être couvertes d’un bon vernis à l’alcool, ou mieux d’un vernis gras (Chevallier). Dans l’apprêt du coton, le sulfate de baryte a été substitué à la céruse ; pour celui de l’alpaga anglais, le sulfure de cuivre présente les mêmes avantages que le sulfure de plomb ; enfin la combustion du coton des mèches à briquet serait à peu près aussi bien régularisée par le nitrate de potasse que par le chromate de plomb.
Dans les opérations industrielles où se manipulent le plomb et ses préparations, la prophylaxie la plus efficace consistera à substituer, le plus possible, les machines à la main-d’œuvre.
On amoindrira la dissémination des particules saturnines par les mesures suivantes : emploi d’appareils clos, broyeurs à couvercles, tamis clos, appareils de Corduant pour la fabrication de la céruse, supprimant le broyage et le blutage ; large intervention d’un liquide approprié, humectation de la matière première par l’eau, l’huile (broyage de la céruse), l’eau seconde (avant le grattage des peintures, Chcvreul); pluie intermittente d’eau pulvérisée pour abattre la poussière, au moyen de pommes d’arrosoir à trous périphériques, comme ceux que nous avons fait installer avec avantage à la voûte des caves à brai d’Anzin ; arrosage du sol; maintien d’une température peu élevée, (peinture), et établissement d'une bonne ventilation des ateliers, qui doivent être spacieux; aération naturelle, cheminées à hottes pour l’enlèvement des vapeurs, bonne position de l’ouvrier, qui ne restera jamais sous le courant d’air chargé de particules toxiques après être passé sur les matières en œuvre.
Les divers engins protecteurs, appliqués devant les orifices de la face et, en raison de l’absorption cutanée, sur les parties exposées au contact du poison, peuvent être utiles, chacun dans certains cas spéciaux : vêtements imperméables, voiles, masques, respirateurs, tampons d’ouate dans les oreilles, contre les poussières et les vapeurs, et gants pour les peintres. L’importance de l’absorption parla peau légitime les plus grands soins de propreté : lavages fréquents et minutieux de la face, du la bouche et des mains, avec une brosse pour les ongles, bains sulfu-
PLOMB. I INTOXICATION. TRAITEMENT
reux et savonneux, changenaent de vêtement après le travail ; des vestiaires-lavoirs avec baignoires seront par conséquent installés dans les fabriques même.
11 importe que les ouvriers ne travaillent jamais à jeun, et qu’ils prennent leurs repas hors de l’atelier ; les aliments gras, tels que le lait, le lard (De Haën, Christison), le sel comme condiment (Melsens), doivent entrer pour une large part dans leur régime habituel ; ils useront. de laxatifs de temps à autre. On s’efforcera de leur faire comprendre combien les excès alcooliques leur sont préjudiciables. L’usage du tabac.à fumer et à chiquer passe pour leur être avantageux (Henckel, Hoffmann) .
Les femmes entrant dans la seconde moitié de la grossesse doivent être exclues du travail, jusque six semaines après l’accouchement (Hirt et Gôttisheim).
En tous cas, l’alternance des ouvriers dans les postes dangereux sera rigoureusement pratiquée, et on leur interdira le travail dès l'apparition des premiers symptômes de saturation.
, IV, Traitement. — Le traitement de l’intoxication saturnine comprend un certain nomlme d’indications, dont l’une s’adresse à l’intoxication chronique elle-même, à là dyscrasie et à la cachexie qu’elle engendre; outre cette indication générale, il en est d’autres plus spéciales, visant les accidents saturnins en particulier, lès' épiphénomènes aigus ou chroniques : colique, constipation , encéphalopathie, paralysie saturnine, etc.
A. Traitement de V intoxication saturnine chronique en général. — L’indication primordiale a pour but d’éliminer le poison ou bien encore, l’élimination étant jugée impossible ou trop lente, de rendre, à l’aide de l’administration de certains médicaments , le plomb insoluble, partant inoffensif. De là deux méthodes principales, d’une valeur bien différente, la méthode par élimination et celle par immobilisation ou, si l’on peut ainsi parler, par insolubilisation.
Méthode par élimination. — C’est la plus rationnelle, celle d’ailleurs qui s’attaque le mieux à l’intoxication ; elle consiste à favoriser l’élimination du plomb par les divers émonctoires naturels. Elle vient en aide à l’organisme qui tend à se débarrasser spontanément des poisons qu’il renferme. Le saturnisme peut, en effet, guérir par les seules ressources de la nature ; Tanquerel des Planches en rapporte un certain nombre d’exemples.
En tête des moyens de cet ordre se place la méthode évacuante , soit seule, soit associée (surtout pendant les crises de colique) à l’emploi des sédatifs, des opiacés et de quelques boissons sudorifiques ; c’est ce traitement complexe qui forme la base du fameux traitement de la Chanté, importé en France par des religieux italiens, en 1602. Il se compose de formules très-compliquées , un peu vieillies aujourd’hui , mais d’une grande efficacité, et que quelques médecins suivent encore à la lettre.
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Voici, dans sa l'orme actuelle, la composition du traitement dit de la Charité , d’après Grisolle :
Premier jour. — Eau de casse avec les grains (décoction de 64 gr. de tamarin dans 1000 gr. d’eau, ajoutez : émétique 0',15), Pour boisson, tisane sudorifique simple (décoction de gaïac). Le matin, un lavement purgatif (infusion de séné, 8 gr. pour 500 gr.' d’eau; sulfate de soude, 70 gr.; électuaire diaphœnix, 32 gr.; jalap pulvérisé, 1 gr. 5 décigrammes). Le soir, lavement anodin (tuile de noix, 125 gr.; vin rouge, 314 gr.) ; bol calmant. (thériaque 1 gr., opium, 0®, 05).
Deuxième jour. — Eau cuite (eau, 500 gr.; émétique, 5s, 25) ; tisane sudorifique simple ; lavement purgatif, ' pour le matin. Le soir, lavement anodin, thériaque et opium, ut suprà.
Troisième jour. — Tisane sudorifique laxative, 2 verres (infusion de' séné et décoçtiog de gaïac, parties égales, 1000 gr.); tisane sudorifique simple; lavement purgatif ; lavemk anodin ; bol calmant, ut supra.
Quatrième jour. — Potion purgative des peintres, le matin (séné 8 gr., infusé dans 250 gr. d’eau; électuaire diaphœnix et sirop de nerprun, 52 gr., de chaque; jalap en poudre, 1 gr. 3décigr.); tisane sudorifique simple. Le soir, bol de thériaque et opium.
Cinquième jour. — Tisane sudorifique laxative, 2 verres : tisane sudorifique simple; lavement purgatif ; le soir, lavement anodin; thériaque et opium.
Sixième jour. — Potion purgative, le matin; tisane sudorifique simple ; lavement purgatif ; lavement anodin; bol calmant.
Septième jour. — Tisane sudorifique laxative; tisane sudorifique simple; lavement purgatif ; lavement anodin; bol calmant.
Pendant le traitement de la Charité, les malades sont à la diète ; en général, on commence à donner du bouillon le 4* ou le 6" jour; on augmente ensuite graduellement. ■ fiai
^ Nous avons tenu à reproduire cette formule, ne fût-ce qu’à cause de son importance historique . On voit que ce traitement satisfai t à deux indications principales : il agit comme purgatif et diaphonique, dans le but de provoquer l’élimination du toxique ; d’autre part, grâce aux préparations opiacées qui entrent dans sa composition, il calme les douleurs si vives des coliques de plomb.
Les purgatifs salins (sulfates de soude et de magnésie, eau de Sedlitz) peuvent également être employés ; mais la plupart des médecins recommandent de préférence les drastiques. Pendant la colique * l’eau-de-vie allemande à la dose de 30 à 40 gr., associée à une même quantité de sirop de nerprun, est d’une administration utile (Jaccoud) ; Tanquerel et Grisolle préconisent, dans les cas de constipation opiniâtre, 1 [huile de croton à la dose de -2 à 5 gouttes, en une ou deux pilules ou dans une cuillerée de tisane. Si l’huile agit comme vomitif, ou si elle ne produit aucun résultat quelques heures après son ingestion, on donnera une nouvelle pilule d’une goutte. L’usage de ce purgatif sera continué pendant deux ou trois jours de suite, même si les coliques ont entièrement cessé; il suffit alors le plus souvent de donner une demi-goutte le inatid, avec un lavement purgatif administré le soir comme adjuvant. Mais, pour peu que le soulagement se fasse attendre, mieux vaut « suivre à la lettre le traitement si efficace de là Charité » (Grisolle) . Il ne faut pas craindre, d’après le même auteur, d’insister sur les purgatifs, surtout sur les drastiques ; et Grisolle signale, avec raison, la singulière tolérance que les saturnins présentent à cet égard. « Ce n’est pas — fait-il remarquer — un des points les moins curieux de la colique de plomb, que de voir les malades qui succombent après avoir pris des doses, souvent considérables,
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de drastiques, ne, présentant néanmoins pas même de la rougeur dans le tube gastro-intestinal. »
On a vu la part considérable que prennent les sudorifiques , dans le traitementde la Charité. Les bains de vapeur et d'étuve, l’administration àujaborandi ou de son alcaloïde, la pilocarpine favorisent l’élimination des molécules de métal. Les expériences d’après lesquelles A. Piobin a cru pouvoir nier l’élimination sudorale du plomb, trop peu nombreuses pour être concluantes, sont du reste formellement contredites par ce fait d’observation que des plaqiips,. cutanées de sulfure de plomb se sont montrées sur des sujets qui avaient absorbé le poison parle tube digestif seulement.
C’est surtout comme diurétique que doit agir l’eau administrée en abondance intus et extra (Martin-Solon, Monneret, Reisland).
La médication par Yiodure de potassium contre le saturnisme chronique a été introduite dans la pratique par N. Guillot et Melsens en France, par Partes et Williamson en Angleterre. Elle répond à une indication éminemment rationnelle : selon ces auteurs, ce médicament aurait pour résultat de solubiliser le plomb, qui, sous leur influence, est remis en circulation et s’élimine d’une façon continue et en plus grande abondance par les urines. 11 y a lieu de croire que ce résultat est dû à une véritable action chimique par formation d’un sel double dialysable (Guillot et Melsens), plutôt qu’à une simple surexcitation de la désassimilation (Gubler et Œttinger). La médication iodurée est tellement efficace qu’elle nécessite de grandes précautions; si, en effet, par suite de l’administration d’une dose massive d’iodure, le plomb en réserve est remis en circulation en trop grande quantité à la fois, il peut en résulter de graves accidents : coliques, et surtout encéphalopathie ; d’où la nécessité de toujours commencer par de faibles doses.
La dose de 50 eentigr. à 1 et rarement 2 gram. nous a toujours semblé bien suffisante. L’altération profonde, du filtre rénal est une contreindication formelle de l’iodure. Melsens croit de plus que pour éviter les iodites et les iodates, qui sont toxiques, il est indispensable de calcinerl’iodure avec de la limaille de fer. et de le faire dissoudre dans l'eau, en le maintenant au contact du fer; cette solution ferrée, préparée d’avance en suffisante quantité, serait filtrée au fur et à mesure du besoin. Ajoutons enfin que ee .chimiste conseille d’administrer l’iodure pur comme condiment avec les aliments.
L’association du bromure à l’iodure de potassium a été préconisée par Gubler, surtout, comme nous le verrons plus loin, quand il y a menace d’accidents encéphalopathiques.
Semmola a imaginé d’appliquer sur les centres nerveux ganglionnaires un courant électrique continu, qui, activant les échanges nutritifs et par suite la désassimilation, déterminerait l’élimination du plomb parla voie des excrétions naturelles, surtout par les reins.
Pour nettoyer la peau, nous nous sommes bien trouvé des lotions d’hypochlorite de soude, donnant naissance à un chlorure de plomb soluble dans l’eau. (Méhu).
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Méthode par insolubilisation. — Rendre le plomb insoluble, par conséquent inactif et inoffensif, tel est le but que se propose la méthode chimique de traitement par insolubilisation ou par neutralisation. Cette méthode compte, parmi ses moyens d’action, quelques-uns de ceux dont il a déjà été fait mention au paragraphe de la prophylaxie ; et en effet le principe est le même : neutraliser le plomb à mesure qu’il entre dans l’organisme, ou neutraliser celui qui est entré et qui s’est fixé dans l’économie. ;
De temps immémorial le soufre a été employé comme un antidotedu plomb, sous forme de fleurs de soufre ou d 'eaux sulfureuses. Royer l’administrait sous forme de limonade hydro-sulfurique, espérant fournir du sulfure de plomb, sans action sur l’organisme; le médecin de la Charité n’a pas tardé à en reconnaître l’inutilité et à l’abandonner complètement.
L ’ acide sulfurique a été administré, sous forme de limonade sulfurique, par Gendrin, dans le but de former un sulfate de plomb inoffensif. En supposant même que les réactions se passent dans l’économie comme elles se font in vitro , cette médication ne justifie pas les éloges que lui décerne Gendrin ; Natalis Guillot et Melsens ont montré, en effet, que le sulfate de plomb, loin d’être un composé inerte, est « un poison lent, mais sûr. » Du reste, il est plus que douteux que l’acide sulfurique ingéré par la bouche, soit absorbé sous forme d’acide sulfurique, et puisse aller, dans l’intimité des tissus, se combiner avec les bases plombiques.
Les bains sulfureux transforment en sulfure de plomb les molécules plombiques fixées à la surface de la peau, ou éliminées par les couches superficielles de l’épiderme. Le malade d’ailleurs se trouvera toujours bien de leur action stimulante générale. Brémond présente les douches de vapeur d’eau sulfhydrique comme beaucoup plus efficaces.
D’une façon générale, la méthode par neutralisation, appliquée à la peau aussi bien qu’au tube digestif, peut rendre des services, surtout au début, pourvu qu’on lui associe, d’une part, les lotions et frictions savonneuses et alcalines, et d’autre part, les purgatifs, afin d’entraîner mécaniquement le sulfure qui, autrement , pourrait se redissoudre dans les liquides sudoraux ou digestifs. Mais la méthode par insolubilisation proprement dite, par laquelle on cherche à insolubiliser le plomb dans la trame même des tissus, est inutile et même dangereuse (Guillot et Melsens) ; car, pour être insoluble, le sulfure et le sulfate de plomb n’en sont pas moins toxiques. Son seul résultat est de fixer le poison, et par suite de provoquer le développement de certains accidents chroniques, comme la paralysie ; c’est en effet ce qu’on a observé.
Nous ne ferons que mentionner le traitement par Y alun (à la dose de 8 à 10 gr.), que Montanceix a voulu opposer au traitement de la Charité (sous le nom de traitement de Saint- Antoine) , et qui n’appartient plus qu’à l’histoire des erreurs en thérapeutique.
Tels sont les principaux moyens dont nous disposons pour activer le mouvement de désassimilation du plomb fixé dans les tissus, ou pour en neutraliser, dans la mesure du possible, l’action délétère. Mais cette action,
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est complexe; elle aboutit rapidement à la dénutrition du sujet , à une véritable cachexie , s’accusant par la pâleur des téguments, l’amaigrissement, l’anorexie, l’albuminurie, la .céphalalgie, les vertiges, etc. Delà des iudicàtions qui, quoique ne 'ressortissant pas à la cause même du mal, n’en sont pas moins importantes. Les toniques, les préparations martiales, les amers répareront les globules rouges usés et détruits, rendront à la fibre musculaire son ressort et combattront l’anorexie et la dyspesie. Les pratiques hydrothérapiques peuvent aussi être employées avec fruit tant pour stimuler le système nerveux, que pour activer la circulation languissante des téguments. Gubler préconisait l’usage interne de l’opium, nonseulement comme propre à endormir les douleurs de la colique, mais comme stimulant général et médicament vaso-dilatateur.
B. Traitement des principaux accidents saturnins. — Colique. — Au début, l’électuaire de miel et fleurs de soufre à parties égales, puis les purgatifs, en particulier les drastiques ; (eau-de-vie allemande de 20 à lOgram. ; séné, 15 à 20 gram. ; huilé de croton, 5 gouttes dans l’huile de ricin 15 gram.-; lavements purgatifs au séné et au sulfate de soude),, associés aux opiacés ou à la belladone (Malherbe), et les boissons sudorifiques constituent la base du traitement de la colique. Les cataplasmes laudanisés sur le ventre, serviront à calmer les douleurs extrêmement violentes.
Les révulsifs, au dire de Grisolle, sont parfois utiles, surtout la rubéfaction vive de la peau du ventre, obtenue à l’aide d’un sinapisme ou bien avec du chloroforme.
Briquet recommande la faradisation de la peau du ventre et des muscles droits de l’abdomen (à l’aide de pinceau électrique) ; au bout de deux à quatre minutes d’application, la colique cesse généralement pour un temps variable; mais cette pratique est excessivement douloureuse « plus vive que celle du fer rouge » (Grisolle) . « L’électrisation cutanée - observe judicieusement le même auteur — guérit ici par révulsion ; eneffet, elle réussit de la même manière que dans les autres névralgies. Ce qui prouve d’ailleurs que tel est son mode d’action, c’est qu’on a pu guérir des coliques saturnines en portant le courant sur des parties éloignées, mais très-sensibles, comme les doigts, les orteils, le nez. Cette méthode a l’inconvénient d’être excessivement douloureuse, au point que des malades torturés par la colique saturnine, refusent cependant de s’y soumettre. »
Lorsque ces douleurs sont trop violentes , il est bon de recourir à l’opium, avant d’employer la méthode évacuante (Stoll). Dans ce cas, il faut l’administrer largà manu , à la dose de 10, 15, jusqu’à 40 eentigr. dans les 24 heures. Parfois, la constipation cède par le fait seul de la suppression de la douleur.
Les injections hypodermiques de chlorhydrate de morphine, à la dose d’un eentigr., répétées plusieurs fois par jour, constituent un moyen éminemment commode et efficace, et dont l’emploi tend de plus en plus à se substituer à l’administration de l’opium par la bouche. Les anesthé- KOUV.MCT. MED. ET CHIR. XXVIII — 25
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siques proprement dits, le chloroforme donné en lavement ou en potion de 50 à 60 gouttes, jusqu’à 10 ou 12 gram. dans les vingt quatre heures (Aran), ou le chloral à la dose de 2 à 4 gram., paraissent d’une efficacité moindre que l’emploi des opiacés et surtout de la morphine en injections sous-cutanées.
Encéphalopathie. — La saignée générale a été, avec raison, abandonnée dans le traitement des accidents cérébraux du saturnisme ; mais les saignées locales, surtout au moyen de ventouses scarifiées appliquées à la nuque, peuvent être utiles. Grisolle se loue, contre le coma, de l’application d’un large vésicatoire sur toute la surface du cuir chevelu préalablement rasé. Dans les formes convulsives et délirantes, il s’est bien trouvé des affusions froides. Dans ces mêmes cas, et spécialement dans la forme maniaque, le laudanum administré à la dose de 15 à 20 gouttes, dans un quart de lavement, réussit parfois à calmer l’agitation et à procurer un sommeil tranquille. Le bromure de potassium a été employé avec succès, par Gubler, contre l’encéphalopathie convulsive ou délirante, à doses élevées (6 à 10 gram.) L’emploi de ce médicament est rationnel, vu son action dépressive sur la réflectivité des centres nerveux. Rayer et Tanquerel recommandaient l’expectation pure et simple; mais cette pratique n’a guère trouvé d’imitateurs.
Paralysies. — Nous traitons la paralysie d’origine directe, ainsi d’ailleurs que les autres accidents saturnins locaux : à l’extérieur, par des bains sulfureux, suivis de bains alcalins ou savonneux et, plus tard, par des frictions locales avec la pommade à l’iodure ; et à l’intérieur, par le traitement ioduré, sans préjudice des autres moyens, spécialement l’électricité, employés contre la paralysie de cause générale.
Gueneau de Mussy regarde le phosphure de zinc, de 1 à 5 et 4 centigr., comme très -actif contre la paralysie et le tremblement. La strychnine, de 1 à 5 milligr. au plus, a la propriété d’augmenter le pouvoir excito-moteur du centre spinal, et d’agir plus particulièrement sur les extenseurs du tronc et des membres (Martin-Magron et Cayrade). Les courants électriques induits sont ceux qui, mettant le moins enjeu la sensibilité musculaire, constituent le mode de traitement le plus rapide; ils doivent être appliqués localement de façon à déterminer des sensations douloureuses, et par séances éloignées.
L’application d’un électro-aimant a guéri presque complètement un saturnin hémiplégique et bémianesthésique (Debove).
L’iodure de potassium intus et extra nous a bien réussi dans les arthralgies tenaces et localisées, tandis que le tremblement passe pour mieux se modifier sous l’influence du bromure.
Emploi thérapeutique. — L’emploi thérapeutique du plomb, longtemps très répandu, jusque dans le siècle dernier, est, de nos jours, considérablement restreint et presque exclusivement limité aux applications externes.
I. Usage interne. — A l’intérieur, on a administré rarement le carbonate et l’iodure, et d’ordinaire les acétates, surtout le neutre (se
de saturne), à la dose de 5 à 80 centigr., et même jusqu’à 4 gram. par jour!
I! peut paraître étonnant qu’on ait songé à utiliser la prétendue vertu sédative du plomb contre les névralgies, l’hystérie, l’épilepsie (Ruysch), la mélancolie (Morgagni), la toux convulsive (Tachenius) et les névroses cardiaques (Levrat-Perotton), puisque la plupart de ces affections sont susceptibles de se développer sous l’influence de ce métal ; mais celui-ci n’a-t-il pas été prescrit pour calmer la colique saturnine elle-même? Dans la nymphomanie (Lieutaud), la spermatorrhée et les accidents cantharidiens, le plomb a dû agir comme anaphrodisiaque.
L’action de ce métal sur le système circulatoire explique ses effets contre les hémorrhagies du poumon (Léridon, Sirus-Pirondi) et del’utérus (Reynolds, Shaw et Baker), la dysenterie, l’hypertrophie cardiaque (Brachet), les anévrysmes des grosses artères (Koreff, Dupuytren) et les diverses inflammations parenchymateuses (Grollius), en particulier la métrite (Lisfranc) et la pneumonie aiguë (Strohl, Leudet).
Vu leurs propriétés anticatarrhales et astringentes , les préparations saturnines auraient été administrées avec un certain succès dans les affections suivantes : l’uréthrite (Goulard), la blennorrhagie, la blennorrhée, (J. ïïunter, Girtanner, Michaëlis) et la néphrite (Hermann) ; les sueurs profuses, la diarrhée et le catarrhe bronchique, spécialement des phthisiques (Etmüller, Pringle, Jahn, Amelung, Fouquier) et le choléra (Baudin). On sait que Beau et après luiPidoux, se basant sur le prétendu antagonisme entre le saturnisme et la phthisie, ont même considéré le plomb comme un spécifique contre la diathèse tuberculeuse.
Pour être complet, rappelons encore l’emploi du plomb dans la lèpre et la peste (Galien) et, enfin, les balles de ce métal que les anciens faisaient avaler dans l’espoir d’opérer mécaniquement le dénouement de l'invagination intestinale.
A notre époque, on ne prescrit guère plus l’acétate neutre de plomb que pour modérer les sueurs colliquatives des phthisiques (pilules de 1 décigr. quatre à cinq par jour) ; et pourtant le tannin, l’agaric blanc, la macération de quinquina gris, voire même le sulfate d’atropine, lui seraient bien préférables.
Comme d’une part les préparations saturnines administrées à l’intérieur ont souvent occasionné de graves accidents, et que, d’autre part elles sont inutiles, à cause de.leur inefficacité ou de la possibilité de les remplacer par des succédanés inoffensifs, il y aurait une véritable témérité, indigne de l’art de guérir, à faire ingérer un tel poison à longue portée et dont l’élimination est si difficile.
II. Usage externe. — 11 n’y a pas plus d’un siècle, le plomb entrait dans la composition de trois ou quatre cérats, de trente -sept onguents et de quatre-vingt-un emplâtres (Murray) ! De nos jours, les topiques à base de ce métal sont encore journellement employés en chirurgie ; mais la confection en est considérablement simplifiée et leur application se borne presque aux affections aiguës. Leur usage externe est d’ailleurs légitimé
par les effets du plomb se manifestant non-seulement sur les muqueuses, les points de la peau dépouillés de leur revêtement épithélial, sur lés éruptions et les plaies, mais aussi, ainsi que nous l’avons prouvé, à travers la peau intacte elle-même, jusque sur les parties sous-jacentes; il y a alors imprégnation locale, tout à la fois par pénétration interstitielle et par absorption intra-élémentaire et intra-vasculaire.
Le plomb est ou a été utilisé à l’extérieur comme astringent et, par conséquent, anticatarrhal, antisudorifique , cicatrisant et désinfectant, comme résolutif et maturatif, calmant et même anaphrodisiaque. : "
Parmi les préparations saturnines, les plus usitées sont : Y extraits Saturne ou sous-acétate de plomb liquide, solution aqueuse concentrée d’un mélange d’acétate neutre et surtout de sous-acétate et, en particulier, son dérivé, Veau blanche ou de Goulard, résultant de l’additioa d’un cinquantième d’extrait de Saturne à de l’eau de rivière alcoolisée; c’est une solution aqueuse d’acétates basiques et neutre et même d’une certaine proportion de chlorure, tenant ën suspension du carbonate; du sulfate et un excès de chlorure.. Les pommades, onguents, emplâtres et sparadraps sont constitués par un mélange de savons (oléates , margarates, stéarates, etc.), d’autres sels (acétates, iodure, tannate) et d’oxydes de plomb.
L’eau blanche est le topique astringent et résolutif généralement appliqué, au début, sur les contusions avec ou surtout sans solution de continuité à la peau, sur les entorses, les luxations réduites, les ténosites et les fractures, soit qu’on en imbibe des compresses, ou qu’on en arrose des cataplasmes de farine de lin ; elle est souvent alors avantageusement associée à partie égale d’alcool camphré et à une petite proportion de teinture d’arnica. Les effets directs de Papplication du plomb, savon* : l’anémie active locale par contraction des muscles vasculaires, l’affaiblissement de la vitalité des éléments anatomiques et l’analgésie, luttent avec succès contre la congestion, la' suractivité fonctionnelle et la douleur qui accompagnent l’inflammation. Les brûlures peu étendues sont quelquefois aussi traitées, à leur début, par l’huile et le cératsaturné au 1/10 d’extrait de Saturne, ou les compresses d’eau blanche.
Les ulcères chroniques, atoniques, scrofuleux, variqueux ou cardiaques des .membres inférieurs, spécialement chez les vieillards et les alcooliques, se dessèchent et se cicatrisent parfois assez rapidement au contact du plomb : lames de métal (Réveillé-Parise) , céruse (Dioscoride), eau blanche, cérat saturné, tannate en bouillie (Leclerc), glycérolé ou pommade au 1/6 (Yottj Van den Corput), sparadrap diachylon (Boyer) et emplâtre de Canet. Les lames nous ont réussi contre de tels ulcères, mais leur emploi a dû être intermittent, afin d’éviter que - l’excitation déterminée par elles cessât d’être curative. Quant au sparadrap diachylon, confectionné avec l’emplâtre simple, mélange de divers savons plombiques, nous avons vu dans un hôpital de Paris, son application en cuirasse sur un ulcère variqueux de la jambe, chez un homme âgé, déterminer un érysipèle gangreneux mortel; souvent - .d’ailleurs
cet agglutinatif nous a paru rendre blafardes les parties des plaies en rapport avec lui.
Comme remède vulgaire, il faut mentionner l’onguent de la Mère, à base de litharge, pour hâter la maturation et la suppuration des abcès froids, bubons, panaris et furoncles; sur ces derniers on applique fréquemment aussi une simple rondelle de sparadrap diachylon.
Certaines éruptions . cutanées, telles que les érythèmes des membres inférieurs œdématiés chez les asystoliques, sont heureusement modifiées par l’eau blanche. L’onguent nutritum, au 1/5 de litharge, a donné d’excellents résultats aux anciens médecins des houillères d’Anzin, contre les éruptions (eczéma et urticaire tubéreusepspéciales aux mineurs des fosses à anémie ; dernièrement nous guérissions rapidement par l’eau blanche un eczéma houiller rebelle du dos de la main chez un mineur. Dans la mentagre, Bouchardat recommande la crème à l’acétate de plomb au 1/6.
On sait enfin que ce dernier sel entre dans la composition de la plupart des lotions antéphéliques.
L’azotate de plomb, en solution aqueuse au 1/100, a été préconisé commes désinfectant des plaies ; à ce propos, signalons, pour qu’on puisse s’ea méfier, l’eau inodore désinfectante de Ledoyen au 1/91 et le remède de Liebert contre les gerçures du sein, au 1/60 de ce sel.
En raison de ses puissantes propriétés fondantes, le plomb a souvent été prescrit à l’extérieur contre les tumeurs enflammées, les orchites (Etmuller, Bell), les cancers douloureux (lames de métal), les tumeurs de la mamelle (emplâtre au minium, pommade iodurée au 1/10), les loupes et les anévrysmes des grosses artères (plaque agissant par compression et résolution, compresses d’eau blanche (Bupuytren).
Longtemps on a combattu les névralgies faciales avec l’onguent de Rhazes au 1/5 de céruse, et les douleurs des cancers par le contact de lames de plomb ; ce métal a même été appliqué, non sans quelque raison, par les anciens, en ceintures antiaphrodisiaques chez les nymphomanes (Avicenne, Paracelse).
On ne pourrait trop blâmer l’emploi des topiques saturnins : céruse (Bioscoride) et eau blanche, pour supprimer les sueurs profuses des pieds; aux inconvénients pouvant résulter de la brusque suppression d'une sécrétion habituelle, viendraient encore s’ajouter les dangers d’une intoxication dont Moënch a signalé des exemples.
L’acétate de plomb, neutre ou basique, est un puissant résolutif, anticatarrhal des muqueuses oculaire, uréthrale et vaginale. Il est souvent employé en injections au 1/100 dans la blennorrhée et surtout au 1/50 contre la leucorrhée chronique; son usage prolongé dans ce dernier cas, ne serait pas sans inconvénients. On a espéré faire rétrocéder le ptérygion par des applications d’acétate neutre porphyrisé ; la solution de ce sel au 1/200 constitue un collyre résolutif de la conjonctivite catarrhale. Le sous -acétate liquide est également prescrit dans cette conjonctivité, comme astringent à la dose de 5 gouttes pour 100 gram., et résolutif en solution au 5/100, mais surtout contre les granulations chroniques, à
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parties égales avec l’eau (Wecker). Les oculistes font un assez fréquent usage de .ces collyres, ne formulant de contre-indication que pour les cas compliqués d’ulcérations de la cornée, au niveau desquelles on doit redouter des taies par tatouage de carbonate de plomb. Bien autrement graves pourtant peuvent être les conséquences de cette médication. Nous avons en effet observé, en avril 1878, un cas de cachexie saturnine avec vomissements, coliques, léger liséré et mouvements choréiformes chez une petite fille de sept ans, qu’un des plus célèbres oculistes de la capitale et un bon spécialiste de province traitaient depuis trois ans et démi par un collyre de sous-acétate de plomb liquide pour moitié et des fomentations oculaires d’eau blanche, pour une conjonctivite granuleuse chronique. Les premiers accidents toxiques, dont l’apparition remontait à environ dix mois, étaient ceux localisés aux yeux et au pourtour de l’ûrbite : troubles étranges de l’accommodation nécessitant des verres convexes, mydriase, notable diminution de l’acuité visuelle, surtout du côté droit, par névrite optique à la période congestive, constatée avec l’ophthalmoscope, aspect terne de la cornée, parésie sensitive des paupières (à la paupière inférieure les deux pointes isolantes en ivoire de notre æsthésiomètre, distantes de 7 mm., n’étaient plus perçues que comme une seule), ptosis des paupières supérieures, manque d’expression de la physionomie, spasmes convulsifs du nez et de la bouche, tarissement des larmes et de la sécrétion nasale, céphalalgie etc.. La peau de la région orbitaire, de ton grisâtre, put être tachée en noir par une solution sulfureuse, en jaune par une solution d’iodure de potassium ; le fond grisâtre et les taches ainsi déterminées se nettoyèrent sous l’influence de lotions avec une solution d'hvpochlorite de soude (eau additionnée de 1/10 de liqueur de Labarraque). Ce diagnostic étiologique fut d’ailleurs confirmé par notre confrère de province. Aujourd’hui, après la suppression de la médication saturnine et l’institution d’un traitement par l’iodure de potassium et les bains sulfureux, aidé d’une hygiène convenable, l’enfant, à peu près complètement guérie, a repris un développement régulier et a récupéré son jeu de physionomie ; sa vue est considérablement améliorée et les lunettes sont devenues désormais inutiles.
Enfin, le plomb métallique, pour lequel l’organisme montre une tolérance si grande que des balles peuvent parfois séjourner longtemps sans danger dans les tissus, devait tout naturellement servir à la fabrication des instruments à demeure : bougies, tubes, tentes, pour maintenir les fistules, perforations et- séparations, après les opérations de rkinoplastie ou de fistule lacrymale par exemple, et à la confection des fils destinés à opérer lentement la section des fistules à l’anus (Foubert, Desault) ; l’argent tend de plus en plus à lui être substitué dans ces différents cas.
En somme, sans qu’il soit nécessaire de revenir sur les accidents dus à l’usage externe des diverses préparations plombiques, qui se trouvent relatés à propos de l’étiologie, on peut conclure que, même à l’extérieur, le plomb doit être employé exclusivement d’une manière temporaire, par conséquent contre les affections aiguës seulement, à la période initiale
desquelles il rend d’incontestables services, avec une certaine réserve toutefois, lorsque le revêtement épithélial manque sur une assez grande surface, ou qu’il s’agit de muqueuses, spécialement de celles de l’œil, en raison de ses puissantes propriétés d’absorption et de la grande susceptibilité de l’important organe qu’elle recouvre.
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