‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 40. supplChapitre 13 sur 531 · VI. Même action sur la muqueuse ano-rectale · texte numérisé non relu

VI. Même action sur la muqueuse ano-rectale

Obissier a employé la cocaïne avec succès dans la fissure anale. Dujardin-Beaumetz, dans le même cas, a pratiqué la dilatation forcée après avoir produit une anesthésie complète à l’aide d’injections sous-tégumentaires faites de chaque côté de l’anus : ce qui prouverait que l’anesthésie s’étend aux muscles sous-muqueux, et pourrait expliquer les accès de dyspnée qu’on a parfois observés à la suite d’applications de cocaïne sur la glotte.

Les badigeonnages de la muqueuse anale, faits avec une solution à 20 0/0 additionnée de 5 parties de glycérine, ont fait disparaître un prurit anal que n’accompagnait aucune lésion apparente (Malcolm, Morris).

VII. L’application de la cocaïne à l’anesthésie de la muqueuse uréthrale a été tentée d’ahord par Otit (de New-York) et Blumenfeld. Plus récemment, elle a donné- un beau succès entre les mains de Grynffeld (de Montpellier), qui, dans un cas où l’irritabilité extrême de l’urèthre rendait le cathétérisme très-difficile, put, après avoir injecté et maintenu en contact avec la muqueuse 5 à 6 grammes d’une solution à 2 0/0, passer des sondes sans difficulté : de nouvelles injections ont facilité la dilatation progressive et permis de maintenir les sondes en place.

VIII. Les organes génitaux externes de la femme trouvent dans la cocaïne un moyen précieux d’amoindrir les douleurs opératoires ou de l’enfantement, et de calmer le spasme dont ils peuvent être le siège.

Le vaginisme a cédé aux badigeonnages et aux injections intra-vaginales, conseillés par Th. Anger, Dujardin-Beaumetz, Frœnkel, Cazin, Lejars.

D’après Frœnkel, la solution concentrée de chlorhydrate de cocaïne diminue ou supprime les souffrances qui résultent de la cautérisation de la vulve et du vagin en cas de blennorrhagie, de la cautérisation ou des scarifications du col de l’utérus, du curage de la cavité utérine, de l’ablation des végétations, etc.

Dans un cas de spasme douloureux de la vulve et du col, rendant presque impossible l’introduction du spéculum, A. Doléris et R. Dubois ont pu, grâce à l’attouchement de ces parties avec la solution au procéder à un examen complet et à l’abrasion de la muqueuse utéiûne, nécessitée par la présence d’un polype placentaire trois semaines après l’avortement.

La même solution, employée en badigeonnages, a amoindri les douleurs de la parturition chez 6 femmes sur 9, dont le col avait été badigeonné dès que sa dilatation avait atteint les dimensions d’une pièce de 2 francs (Doléris).

IX. Jusqu’ici nous n’avons parlé que de l’action de la cocaïne sur les muqueuses. Il paraît démontré que la peau est susceptible de présenter un degré notable d’anesthésie et d’analgésie.

Déjà Laborde avait signalé la sédation produite sur les démangeaisons

[Süpplémekt] cocaïne. — 'modes d’emploi, doses. 159

et sur les névralgies. Plus récemment, Grasset a montré que l’injection de 1 centigramme de chlorhydrate de cocaïne détermine une zone d’anesthésie très-nette, suffisante pour la pratique d’opérations chirurgicales de peu de durée. Confiant dans ces données expérimentales, Dujardin-Beaumetz a fait une injection dans la région sur laquelle une incision superficielle devait passer : il a observé que l’ouverture d’abcès était ainsi rendue facile et indolore. Le même médecin, ayant à enlever un molluscum pédiculé, injecta dans le pédicule 1 c. c. de la solution à 2 0/0 et put retrancher la tumeur sans souffrance.

La même injection a l’éussi, entre les mains de C. Paul, à calmer des névralgies localisées.

Enfin Hergott, faisant badigeonner avec la solution à 4 7o le mamelon de femmes atteintes de gerçures, a vu celles-ci disparaître assez vite, ou au moins présenter une grande amélioration lorsqu’elles étaient profondes, bien que l’allaitement ne fût jamais interrompu.

Modes d’emploi, doses. — La faible solubilité de la cocaïne dans l’eau fait qu’on emploie presque exclusivement son chlorhydrate, celui de ses sels qui est le plus soluble et qui cristallise le plus facilement.

C’est en solution qu’il convient de l’utiliser, les autres formes pharmaceutiques, pastilles et autres, n’ayant aucun effet, et son action topique étant seule mise à profit jusqu’ici.

Le titre de ces solutions varie suivant la région à insensibiliser. Pour les instillations dans l’œil, Kœnigstein a employé d’abord la solution à ,1 "/o qu’il a portée à 2 et 5 "/a î mais pour avoir une action suffisamment prononcée et durable, c’est la solution à 5 "/o qu’on s’accorde à instiller (Kôller, Panas, Terrier, Abadie). Nous avons déjà dit que, pour anesthésier la conjonctive et la cornée, le contact de quelques gouttes de cette solution est suffisante, mais que, pour insensibiliser les parties profondes, il faut renouveler de 5 en 5 minutes les instillations.

Le pharynx et le larynx peuvent aussi être insensibilisés par cette solution, mais l’action dure alors trop peu sur ces parties pour permettre une opération, et c’est la solution à 10 et 20 “/o qui est nécessaire dans ce cas, soit qu’on l’emploie en badigeonnages à l’aide d’une épongemontée sur un pinceau, soit qu’on en fasse des pulvérisations dont le produit humé pénètre dans les voies aériennes.

Pour agir sur l’oreille et les fosses nasales, c’est aussi cette solutionconcentrée qui donne les meilleurs résultats : nous avons fait connaître le mode d’emploi approprié à ces diverses circonstances. Au contraire, pour la muqueuse uréthrale, pour la vulve, le vagin et l’utérus, il est prudent de ne pas élever le degré de la solution au delà de 2 à 4 "/o-

On peut encore employer le chlorhydrate de cocaïne comme topique, en l’incorporant à l’huile, à la vaseline, etc.

Les injections sous-cutanées trouvent leur emploi dans le traitement des névralgies localisées et pour l’insensibilisation d’une région limitée sur laquelle doit être pratiquée une opération de peu de durée. Peul-

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être le cercle de leurs applications s’étendra-t-il davantage, jusqu’à l’anesthésie générale : mais, quoi qu’il arrive, il faudra se rappeler les phénomènes que ces injections déterminent dans la sphère nerveuse, et qu’on a observés avec des doses de 2 à 10 centigr. Il sera donc prudent de faire passer sous la peau 1 à 2 centigr. seulement, quantité suffisante du reste pour l’anesthésie et l’analgésie locales.

Rappelons en terminant que, pour anesthésier les parties profondes de l’œil, Dransart de Somain a fait suivre l’instillation de la cocaïne de l’administration du chloroforme pendant 1 à 2 minutes ; Terrier, qui a expérimenté ce procédé, n’a pas obtenu de résultats supérieurs à ceux que donne l’emploi de la cocaïne seule.

Expérienc. de Eôller, Kcesigstein et Jellinck {Semaine médic., 23 et 30 octobre 1884). — Panas, S. l’empl. de la c. en ophthalmol. (Bull, de l'Acad. de méd., 18 novembre 1884, 28 avril 1885). — Terrier, Empl. de la e. en ophthalmol. (Soe. de chirurg., 19 novembre 1884). — Larorde, Act. physiol. ie\d.c. (Tribune médic., novembre 1884; janv. 1885; — Soc. de biol., décembre 1884). — Vulpian (C, R. de l’Acad. des scienc., 24 novembre 1884). — Grasset et Jeanxel, De l’act. physiol. de la c. (C. R. de VAcad. des scienc., 1" et 22 déc. 1884; 9 février 1885). — Bedgnier-Corbead, Rechcrch. histor., expériment. et thérap. sur le coca et son alcaloïde [Bull. gén. de thérap., 1884, p. 529). — Codrtade, De la c. (Bull, gén. de Lhérap., 1885, p. 488). — Colombe, S. l’acl. pbysiol. de la c. et des sels de c., thèse de Paris, 1885. — P. Vigier, Du cblorbydr. de c. (Gaz. hebdom., 1885, p. 8) ; — Sur lac. péruvienne (Gflî. hebdom., 1885, p. 438)... — Gevnffeld, Inject. de chlorhydr. de c. dans l’urètre (Soc. de chirurg., 22 avril 1885). — Dujardin-Beaüuetz, C. Paul (Soc. médic. des hôp., mars 1885). — Hermann Biggs, De Tact, physiol. de lac. (Lancet, 7 mars 1885). — Masselox, Précis d’ophthalmologie chirurgicale, 1886.

COIiliUTOIRES (de colluere ; de cum, avec, et lucre, laver). — Médicaments de consistance de miel ou de sirop, dont on badigeonne, à l’aide d’un pinceau, les gencives et la cavité buccale. Comme les gargarismes proprement dits, plus spécialement affectés au traitement des affections de la gorge, les collutoires ne doivent pas être avalés autant que possible.

Voici les formules les plus usitées :

I. Collutoires acides ou acidulés, dits aussi détersifs en raison de leur emploi dans les affections scorbutiques et gangréneuses de la bouche :

Suc de citron . . . . . ......

Miel blanc .

Acide chlorhydrique .

Miel blanc .

Caustique.

.4cide nitrique alcoolisé .

Eau .

Miel rosat . )

Sirop de mûres . j

IL Collutoire antiseptique :

Chlorure de chaux sec .

Eau (le gomme .

Sirop d’écorce d’orange .

20 grammes.

1 gramme,

[Sdpplément] collyres. — c. moïïs. c. secs.

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