II. Par le rectum, on emploie
Des lavements, préparés avec 2 à 5 grammes de chloral dissous dans 200 à 250 grammes de décoction mucilagineuse, et additionnés de quelques gouttes de laudanum qui assurent la tolérance rectale ;
Ou des suppositoires, applicables également au vagin, et dont la formule la plus simple est la suivante :
Ilydi-ate de chloral . i gramme
Beurre de cacao . 5 —
III. Les injections sous-cutanées sont irritantes ; de plus, l’irritation produite sur le tissu cellulaire sous-cutané diminue son pouvoir absorbant (E. Labbée). On n’aura donc recours à cette voie que si toutes les autres sont fermées : on emploierait alors une solution de 1 gramme de chloral pour 2 à 5 d’eau.
IV. Nous avons parlé des injections intra-veineuses, de leur mode d’emploi et de leurs dangers, à propos de l’anesthésie chirurgicale.
V. Par la méthode endermique, on introduit 1 gramme de poudre dans les plaies douloureuses (Ilorand et Peuch), ou dans une incision pratiquée, par exemple, sur le trajet du sciatique, en cas de névralgie (G. Paul).
VI. Les crayons préparés par Limousin, en enveloppant le chloral de paraffine, constitueraient de bons caustiques, si leur hygrométricité n’en rendait l’emploi difficile.
VII. Enfin, pour V emploi topique, on fait usage de solutions antisep-
ISopplêment] chlorure DE MÉTHYLE. 145
tiques au 100®; antiprurigineuses (lichen, prurigo) au 50'; parasiticides au 25' ; caustiques au 12'.
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CHIiORURE DE MÉTHYEE. — Éther méthylchlor hydrique, C*ffCI. — Tous les médecins connaissent, pour avoir lutté contre elle, la résistance parfois invincible que les douleurs névralgiques, la névralgie sciatique en particulier, opposent aux modes de traitement les plus ra-
KOOV. DICT. HÉD. ET CHIR; XL — 10
■146 CHLORURE DE MÉTHYLE. — effets, phïsiol. et thérap. [Sbpplémeht] tionnels, et la lassitude que manifeste le malade en face de cette impuissance à le débarrasser de ses souffrances. Aussi a-t-on toujours accueilli avec satisfaction les moyens réputés propres à guérir ces douleurs, bien qu’aucun d’eux jusqu’ici ne se soit montré infaillible.
Quel est le sort réservé au nouvel agent préconisé dans ce but, lechlorure de méthyle? Son introduction dans la thérapeutique est encore trop récente pour qu’il soit possible de faire une réponse décisive à cette question, que l’avenir seule pourra résoudre. Cependant des résultats satisfaisants ont déjà été obtenus en assez grand nombre pour qu’il nousparaisse utile de les consigner ici, en mettant d’ailleurs les dangers de son emploi en regard de ses avantages.
Chimie. — Découvert en 1834 par Dumas et Péligot, le chlorure de méthyle s’obtient en faisant passer un courant d’acide chlorhydrique dans l’alcool amylique, et recueillant le produit gazeux sous l’eau, qui retient l’alcool et l’éther méthyliques ainsi que l’acide sulfureux qu’il a entraînés.
A la température et à la pression ordinaires, c’est un gaz d’odeur éthérée et de saveur sucrée, brûlant avec une flamme blanche bordée de vert. Sa densité est de 1,736. L’eau en dissout 2,8 fois son volume à -l-16“; l’alcool absolu n’en dissout que ~ de son volume.
Lorsqu’on le fait passer dans un tube de porcelaine chauffé au rouge,, il se décompose en acide chlorhydrique et méthylène (Dumas et Péligot).
Il se liquéfie à — 36", et le liquide obtenu bout à — 22“ : si donc on le fait, après liquéfaction, repasser à l’état gazeux, et qu’on projette sur un corps quelconque le jet vaporisé, la température de ce corps descendra à — 22“, et plus bas encore, si l’évaporation est activée par un courant d’air. Sur cette propriété reposent ses effets physiologiques.
Effets physiologiques et thérapeutiques. — L’éther méthylchlorhydrique est un analgésique local, propriété qu’il doit, comme les autres éthers, à l’abaissement de température subi par les corps avec lesquels il est en contact ; et comme le degré de cet abaissement est directement proportionnel à la volatilité de l’éther employé, celui qui nous occupe, plus volatil que tout autre, produit aussi une réfrigération plus intense.
L’anesthésie qu’il détermine avait été constatée dès 1862 par Richardson, et utilisée plus tard par Lailler en vue d’annihiler la douleur qui accompagne les scarifications du lupus et la destruction de certaines douleurs. Mais le médecin de Saint-Louis avait renoncé à son emploi, à cause des inconvénients que nous signalerons, lorsque en 1884 Debove attira de nouveau l’attention sur cet agent, qui lui avait rendu de grands services dans le traitement de la sciatique. Le D” Olive (de Nantes), Desnos, Rendu, Bucquoy, Tennesson, Legroux, etc., l’ont tour à tour employé dans le traitement de cette névralgie et d’autres douleurs, névralgiques et autres, avec des résultats le plus souvent heureux, parfois incomplets, rarement tout à fait nuis.
Les effets déterminés par l’application locale du chlorure de méthyle.
[Suppléhekt] chlorure DE MÉTHYLE. — effets physiol. et iHÉnAP. 147 les seuls que nous ayons besoin de connaître, sont primitifs ou consécutifs.
Dès qu’un jet du gaz liquéfié est projeté sur la peau, le malade accuse une sensation douloureuse, qui peut aller d’une cuisson légère à une forte brûlure. Presque instantanément, en quelques secondes, les téguments pâlissent et durcissent, prennent la même couleur et la même consistance que s’ils étaient définitivement congelés, puis ils rougissent, et généralement la sensation de brûlure disparaît, en même temps que la douleur primitive qui avait nécessité cette révulsion énergique. C’est, en effet, par réfrigération révulsive qu’est obtenue la sédation, mais, tandis que les révulsifs ordinaires ont sur le système nerveux périphérique une action restreinte en surface comme en profondeur, tandis que la véritable congélation de la peau en amène inévitablement la mortification, les projections de chlorure de méthyle auraient, d’après Debove et Rouillon, l’avantage, d’une part, de faire subir d’importantes et utiles modifications aux extrémités des nerfs sensitifs sur une large surface; d’autre part, de permettre aux téguments de sortir intacts de cette congélation passagère.
Malheureusement, si la première proposition est presque toujours confirmée par la cessation de souffrances plus ou moins anciennes, il n’en est pas de même pour le retour de la peau à son état normal. Sans parler du surcroît d’activité que prennent, api’ès la cessation de la congélation, la sensibilité et la circulation momentanément abolies, et qui se traduit par un certain degré d’hyperesthésie, par un érythème plus ou moins marqué, phénomènes qui disparaissent en quelques jours (Rouillon), il est hors de doute que des accidents consécutifs graves, vésication, escharification même, peuvent apparaître. Ces complications ont été observées par Legroux chez un homme atteint de sciatique, qui guérit sous l’influence du chlorure de méthyle, mais au prix de la production d’eschares et d’un érysipèle grave. Debove, il est vrai, indique un mode opératoire que nous décrirons plus loin, et qui doit, suivant lui, mettre à l’abri de ces dangers; il n’en est pas moins difficile de connaître à l’avance le degré de résistance de la peau à l’état véritablement traumatique que constitue une réfrigération aussi rapide et intense, et d’affirmer que ses conditions trophiques ne seront pas assez modifiées pour que de sérieuses lésions de nutrition apparaissent. Cette difficulté de doser l’action locale à obtenir, cette possibilité d’escharification toujours imminente, ont inspiré à bailler, Bucquoy, Desnos, Rendu, des craintes qui nous paraissent parfaitement légitimes.
Ces réserves faites, il faut reconnaître que le chlorure de méthyle a une action primitive et analgésique très-réelle : voyons donc ses applications thérapeutiques.
C’est surtout, nous l’avons dit, dans la sciatique, qu’il a été expérimenté. La névralgie idiopathique, unilatérale, a été généralement guérie ou au moins améliqi’ée : on a vu une seule séance amener une guérison définitive, soit qu’une pulvérisation unique et très-rapide faite sur tout
i48 C[1L0RURE UE MÉTHYLE. — modes d’emploi. [Sdpplémest]
le trajet du nerf ait suffi, soit qu’une nouvelle projection sur quelques points restés douloureux ait été faite immédiatement ; le plus souvent, il a fallu une seconde séance, le lendemain ou deux jours après la première, pour que la guérison fût complète. D’une façon générale, plus la névralgie est ancienne, plus elle se montre rebelle à ce traitement (Santelli). Debove déclare avoir employé celui-ci plus de cent fois, avec succès et sans production d’eschares. Tennesson a eu 7 guérisons, et 5 résultats incomplets; dans 5 cas, Desnos a réussi avec 2 pulvérisations; Sevestre a guéri une sciatique rebelle ; Bucquoy annonce une seule guérison absolue et deux améliorations passagères ; Santelli et Rouillon, dans leurs thèses inaugurales, rapportent un grand nombre d’observations favorables.
Dans la sciatique double, symptomatique d’une lésion de la moelle épinière, le chlorure de méthyle rend encore des services, tout en ayant une action moins prononcée et moins durable ; Rendu a obtenu une amélioration assez marquée chez un homme dont la névralgie bilatérale avait son origine dans une affection de la queue de cheval; Desnos, Letulle, ont vu les douleurs cesser dans des cas semblables.
D’autres névralgies ont été traitées de la même façon. Debove, Legroux, Tennesson, Gérin-Roze, ont guéri 6 malades atteints de névralgie intercostale. Legroux a obtenu une amélioration passagère, Debove un résultat satisfaisant dans la névralgie faciale. Enfin les douleurs ont disparu dans deux cas de névralgie ilio-lombaire.
Tennpsson a fait des pulvérisations sur les points de côté symptomatiques de tuberculose, de pleurésie, de pneumonie ; il a vu le plus souvent la douleur disparaître, alors que les autres phénomènes pleuraux ou pulmonaires continuaient leur évolution, sans être influencés par la réfrigération.
Mêmes résultats dans les douleurs rhumatismales musculaires ou articulaires et dans un cas de contusion articulaire (Tennesson), ainsi que dans Y arthrite aiguë (Gérin-Roze) .
De ce qui précède il nous semble permis de conclure : que le chlorure de méthyle agit efficacement et rapidement sur l’élément douleur, et sur cet élément seul; qu’il calme ou fait disparaître sans entraver la marche de la lésion qui lui donne naissance lorsqu’il est symptomatique; qu’il est particulièrement indiqué dans les névralgies idiopathiques, et qu’à celles-ci seules il pourra assurer une guérison absolue, mais que son emploi expose à une mortification locale qui ne sera pas toujours .évitée par une précision dans l’application que l’habitude seule peut donner. Dès lors son usage restera probablement limité aux névralgies que n’ont pu guérir les moyens moins dangereux usités jusqu’ici.
. Mode d’emploi. — L’appareil destiné aux pulvérisations doit avoir des parois suffisamment résistantes pour supporter la pression exercée par le chlorure de méthyle liquéfié, et pour être d’un transport et d’un maniement faciles, sans danger d’explosion. On se sert d’un cylindre en cuivre, d’une contenance d’un litre environ, muni d’une monture métallique à laquelle aboutit un tube terminé par un ajutage mobile dans un plan
[Sdppiémemt] cocaïne. 14^
perpendiculaire au tube, lequel peut s’enlever à volonté : c’est par l’ajutage que se fait la pulvérisation; il est en cuivre, ainsi que le tube et la monture, et celle-ci est surmontée d’une clef facile à manoeuvrer, par laquelle le tube communique avec le réservoir (Rouillon).
Debove donne les préceptes suivants pour la pratique des pulvérisations : ne pas diriger le jet liquide perpendiculairement à la peau, sous peine de produire une dépression cupuliforme qui pourrait devenir le siège d’une phlyctène ou d’une eschare ; — agir toujours sur une large surface, puisque c’est la principale condition de succès ; — proportionner la durée de l’application à l’épaisseur de la peau, la faire varier par conséquent avec la région sur laquelle on agit ; — éviter les points où les téguments sont très- voisins du plan osseux sous-jacent ; — redoubler de prudence chez les cardiaques, les albuminuriques, les diabétiques, dont la circulation cutanée se fait assez mal pour que la plus petite écorchure puisse être le point de départ d’accidents inflammatoires ou gangréneux.
Supposons, par exemple, qu’on ait à traiter une sciatique. La pulvérisation aura une direction oblique par rapport à la surface du membre inférieur, appuyé sur le bord du lit ; elle sera faite sur tout le trajet du nerf depuis la région fessière jusqu’aux malléoles, lentement, mais sans insister sur aucun point, quelques secondes suffisant à la congélation nécessaire, et celle-ci pouvant amener une vésication ou une mortification, pour peu qu’elle se prolonge. Lorsque le jet liquide a été promené sur toute la surface indiquée, le malade est invité à se lever et à exécuter tous les mouvemenis, marche, course, saut, etc., habituels : si quelque point est resté douloureux, on peut immédiatement les couvrir d’une nouvelle nappe liquide, ou, ce qui est plus prudent, remettre au lendemain une nouvelle et rapide pulvérisation.
Rappelons en terminant que le chlorure employé doit être bien pré paré : outre l’odeur désagréable et tenace qu’aurait un produit impur^ il exposerait davantage soit à n’obtenir que des résultats incomplets, soit à voir survenir les accidents locaux qui ont été signalés.
Debove, Traitem. de la sciatiq. p. la congélat. (Bull, de la Soc. médic. des hâpit., 8 août 1884). — Santelli, Traité de la sciatiq. p. le c. de m., thèse de Paris, 1884. — Bull, de la Soc. médic. des Mpit., 9 janv. 1885 (Discuss. : Desnos, Rendu, Legroux, Bucquoy). — Tennesîon et Bêgde, Du c. de m. cont. lelém. douleur d. des affect, divers. (Bull, de la Soc. médic. des hôpit., 27 févr. 1885). — Rodillon, De la réfrigérât, p. le [c. dem., thèse de Paris, 1885, n« 304.
Ch. d’Ivors.
COCAIIVE. — Alcaloïde extrait de Y Erythroxylum coca, et doué, surtout vis-à-vis des muqueuses, de propriétés anesthésiques et analgésiques qui, presque inconnues à l’époque où fut écrit l’article concernant cet arbrisseau (t. XIV, p. 112), ont reçu depuis un an des applications thérapeutiques très-nombreuses.
Découverte en 1859 par Niemann, la cocaïne a pour caractère physiologique essentiel la paralysie que son contact détermine dans la sensibilité de l’œil, de la bouche, du larynx, et sans doute de la plupart des
ISO COGAliNE. — CHIMIE. [Supplémekt]
tissus mous. Dans sa thèse inaugurale (1870), Gazeau écrivait ; « La cocaïne cristallisée, déposée sur la langue, rend insensible le point de la muqueuse buccale qu’elle a touché ; » mais il insistait principalement sur l’insensibilité buccale et stomacale déterminée par les feuilles de coca, dont l’action anesthésique sur la gorge était déjà mise à profit par Fauvel pour calmer les douleurs de l’angine granuleuse (1869). En 1880, van Aurep, instillant dans l’œil quelques gouttes d’une solution de cocaïne, remarqua une dilatation pupillaire égale à celle que produit l’atropine, mais n’explora pas l’état de la sensibilité locale. Il faut arriver aux expériences entreprises par Coupard et Bordereau, dans le laboratoire de Laborde, pour trouver signalées à la fois l’abolition du réflexe oculaire, l’insensibilisation à la piqûre et au pincement, la dilatation de la pupille (1882).
Toutefois la cocaïne restait encore dans le domaine du laboratoire; c’est à Karl Kôller (de Vienne) que revient le mérite de l’avoir fait passer dans celui de la thérapeutique, où l’oculistique fut la première à l’installer. C’est au congrès ophthalmologique de Heidelberg (15 septembre 1884) et à la Société império-royale des médecins de Vienne (17 octobre 1884) que ce médecin fit ses premières communications sur le parti qu’on pourrait tirer de l’action analgésiante de l’alcaloïde de la coca sur l’œil : mais, si cette propriété est encore la plus utilisée, elle a été le point de départ de nouvelles expérimentations qui ont fait étendre les usages de la cocaïne au delà du cercle de l’ophthalmologie. Aujourd’hui la plupart des muqueuses ont été mises en contact avec cette substance, et ont manifesté la même anesthésie que la conjonctive.
CmMiE. — Un kilogramme de feuilles de coca donne en moyenne 1 à 2 grammes de cocaïne. Des nombreux procédés qui ont été proposés pour l’extraction de cette substance à l’état de pureté nous citerons seulement, d’après P. Vigier, celui qu’a fait connaître un pharmacien de Lima. Les feuilles, après avoir macéré pendant deux jours dans une solution de carbonate de soude, sont séchées rapidement à une douce chaleur et lessivées dans un appareil à déplacement avec l’huile légère de pétrole, qui s’empare de l’alcaloïde mis en liberté par la solution alcaline : en agissant avec de l’eau acidulée par d’acide chlorhydrique, on obtient une solution de chlorhydrate de cocaïne qui se sépare du pétrole par différence de densité, et qui, décantée et précipitée par le carbonate de soude, laisse déposer la cocaïne, qu’il suffit de laver et de sécher. Pour la conserver pure, il convient d’en faire dissoudre 1 gramme dans 10 grammes d’eau additionnée de 8 gouttes d’acide chlorhydrique pur, et de filtrer la solution.
La cocaïne a pour formule : C®*H-‘AzO®. Elle cristallise en prismes rhomboïdaux, incolores, inodores, un peu amers, très-peu solubles dans l’eau froide (1 partie se dissout dans 704 parties d’eau à 12'’), plus solubles dans l’eau bouillante, assez solubles dans l’alcool, très-solubles dans l’éther, fusibles à 90", non volatils. Sa réaction est fortement alcaline. En présence de l’acide chlorhydrique concentré, elle se dé-
[SdpplémentJ cocaïne. — pharmacodynamique. 151
double, à chaud, en ecgonine, acide benzoïque et alcool méthylique.
Elle sature bien les acides, et donne avec eux des sels solubles dans l’eau, difficilement cristallisables (sulfate, acétate, bromhydrate, etc.), à ■l’exception du chlorhydrate, qui cristallise facilement, et que sa solubilité fait employer de préférence à la cocaïne en nature. Ce sel est en •cristaux très-fins, en forme d’aignilles rhomboédriques, d’odeur aromatique, de saveur légèrement amère, solubles dans 4 parties d’eau. Dans cette solution les alcalis caustiques donnent un précipité blanc, soluble dans un excès d’ammoniaque, dans l’alcool et dans l’étber, peu soluble dans l’eau ; le chlorure d’or, un précipité floconneux jaune clair, soluble dans l’eau chaude et dans l’alcool ; la solution d’iode iodurée, un précipité rouge brun ; l’acide picrique, un précipité jaune soufre floconneux ■(Niemann).
En plus de la substance dont il vient d’être parlé, et qui est la cocaïne proprement dite, la feuille de coca contient, d’après Duquesnel, deux autres principes jouant le rôle d’alcaloïdes ; l’un, dit cocaïne neutre parce qu’il n’a pas d’action sur le tournesol, est cristallisable, peu soluble dans l’eau, et paraît donner avec les acides des sels cristallisables ; l’autre, cocaïne liquide, est un produit sirupeux, miscible à l’eau, à réaction alcaline très-énergique, presque caustique, saturant bien les acides. Ces deux principes n’ont pas encore reçu d’applications pratiques.
PHABiacoDTNAMiQüE. — I. Elffets locaux. — A. C’est son action sur Vœil qui a été l’origine de la fortune de la cocaïne ; ce sont les expériences faites par Éôller à ce sujet que nous devons d’abord faire connaître.
Instillant dans l’œil d’un lapin ou d’un chien quelques gouttes d’une solution de chlorhydrate de cocaïne à 5 0/0, Kôller vit l’animal cligner des yeux, puis les rouvrir fortement : à ce moment, le regard était fixe, les mouvements réflexes de l’œil et la sensibilité de la conjonctive et de la cornée étaient abolis au point que l’attouchement,, la piqûre, le pincement, la cautérisation, l’électrisation de ces membranes, ne déterminaient aucune réaction, comme si ces irritations n’étaient pas senties.
Mêmes résultats sur l’homme. L’instillation de cette solution dans un •œil sain détermine d’abord une légère sensation de brûlure qui dure une minute ou une minute et demie, et fait tenir l’œil fermé : lorsque les paupières se rouvrent, elles présentent rapidement un écartement plus considérable qu’à l’état normal, qui donne à la physionomie un aspect étrange. Peu à peu, la sensibilité des membranes superficielles de l’œil diminue, puis disparaît ; les mouvements réflexes de l’organe cessent d’exister, la conjonctive et la cornée sont insensibles à toute action des instruments, dont le contact seul peut encore être perçu ; mais le pincement ou la section de l’iris, la section des muscles de l’œil, en un mot, les traumatismes portant sur les parties profondes, restent douloureux, à moins qu’on n’ait le soin de renouveler les instillations toutes les 2 à 3 minutes à mesure qu’on avance vers ces parties : Kôller a, en effet,
COCAÏNE. - PHARMACODYNAMIQUE. [SUPPLÉMENT]
remarqué que l’action anesthésique se fait sentir principalement au point (l’application de la solution, mais est cumulative, c’est-à-dire que les instillations successives donnent une anesthésie de plus en plus complète. Cette action dure 10 minutes avec une seule instillation de la solution à 5 0/0 ; en répétant les doses, elle peut être prolongée pendant 20 à 50 minutes.
Pendant ce temps la pupille s’est dilatée, ce qui rend moins nette la vision des objets rapprochés : la dilatation cocaïque est moins prononcée que la dilatation atropique, mais elle a sur celle-ci l’avantage de disparaître complètement en 6 à 8 heures ; elle peut du reste être augmentée par l’addition de quelques gouttes d’une solution d’atropine. Elle disparaît très-vite sous l’influence de l’ésérine, et la pupille se contracte alors davantage que sans instillation préalable de cocaïne (Wecker).
Enfin Kœnigstein a signalé, dans le même temps, une pâleur trèsmarquée de la conjonctive, pâleur qu’il a constatée également dans le poumon, le foie et l’intestin, sur des grenouilles, et qui est due à l’anémie momentanée de ces organes, par contraction de leurs vaisseaux.
En résumé, insensibilité des parties de l’œil avec lesquelles elle est en contact, dilatation de la pupille, pâleur de la conjonctive : tels sont les phénomènes oculaires produits par la cocaïne. Ils ont été observés, après les médecins autrichiens, par Panas, Terrier, Abadie, etc., en France.
B. Les muqueuses des voies digestives et respiratoires sont également anesthésiées et analgésiées par le contact de la cocaïne.
Il y a longtemps que Ch. Fauvel et Coupard utilisaient l’action semblable de la coca contre les affections douloureuses du larynx et du pharynx, lorsque Jellinck, Schrôtter, etc., eurent l’idée de recourir à la cocaïne pour abolir la sensibilité et les mouvements réflexes de ces organes.
Lorsqu’on badigeonne la muqueuse buccale avec la solution à 5 0/0 de chlorhydrate de cocaïne, les sensibilités générale et spéciale (gustative) des parties touchées sont d’abord diminuées, puis passagèrement abolies; les sensations de contact même disparaissent.
11 en est de même pour les surfaces pharyngo-laryngées, mais ici les solutions à 10 et 20 0/0 sont nécessaires. Après un badigeonnage de ces surfaces avec une pareille solution, les sensations de tact, de température, de goût, sont moins prononcées au bout d’une minute ou une minute et demie, puis elles sont absolument perdues pour un certain temps, pendant lequel les mouvements réflexes des mêmes parties sont abolis, toute excitation venant des agents extérieurs cessant d’être perçue. En répétant le badigeonnage de 2 en 2 minutes, on obtient une anesthésie complète qui dure de 5 à 10 minutes, et qui peut être prolongée au delà de ce terme, en cas d’opération, en renouvelant le contact de l’agent anesthésique toutes les 5 minutes, ce qui d’ailleurs ne présente aucun inconvénient.
Bosworth, W. Ch. Jarvis, ont montré que la pituitaire, comme la
I Sopplémisnt] cocaïne. — effets généraüx. 153
conjonctive et la muqueuse buccale, perd ses sensibilités générale et spéciale (olfactive), en même temps que la contraction presque instantanée de ses vaisseaux la fait immédiatement pâlir.
Enfin Vœsophage, Vanus, l’urèthre, la vulve, le vagin, le col de l’utérus, les cavités de l’oreille, tous les tissus, en un mot, qui, par badigeonnages ou injections, ont pu être imprégnés de la solution de cocaïne, ont perdu temporairement leur sensibilité, et l’action analgésiante, toujours plus prononcée au point de contact du liquide, s’est manifestée à un degré appréciable dans une zone excentrique peu étendue (Hepburn). Citons encore la peau qui, après l’application de la solution à 2 0/0 sur le membre postérieur d’une grenouille, a manifesté une anesthésie aussi complète que la muqueuse buccale après badigeonnage (Biggs); les plaies (Beugnier-Corbeau), la dure-mèj'e (Fr. Franck), sur lesquelles l’effet de contact a été le même.
II. Effets généraux. — Les deux phénomènes les plus remarquables de l’action diffusée de la cocaïne, consécutivement aux injections hypodermiques, sont r hyperexcitabilité neuro-musculaire excessive et une analgésie générale très-prononcée (Laborde).
Celle-ci avait été constatée par Hughes Bennett en 1875 ; Van Aurep avait signalé en outre (1880), chez le chien, une sorte de folie joyeuse : ces notions ont été confirmées et complétées par les expériences de Coupard et Bordereau sur le cobaye ; de Laborde, sur le chien ; de Grasset, sur le singe ; de. Vulpian, de Biggs, sur la grenouille, et par les observations cliniques de Morselli et Buccola, de Dujardin-Beaumetz, de Gouguenheim, etc.
L’injection sous-entanée de la solution de chlorhydrate de cocaïne, à dose physiologique, détermine une accélération des mouvements respiratoires, bientôt accompagnée de leur irrégularité ; une augmentation de fréquence du pouls et un accroissement de la tension sanguine dans les vaisseaux (immédiat, d’après Laborde, précédé d’un abaissement de cette tension, suivant Vulpian) ; une élévation constante de la température, qui, coïncidant avec une déperdition plus grande de calorique, implique une production de chaleur exagérée (Ch. Richet) ; une notable augmentation de la quantité de salive sécrétée, alors que les autres sécrétions, bile et urine, restent au chiffre normal (Laborde).
Les troubles dynamiques du système nerveux constituent la partie la plus intéressante de Faction de la cocaïne. Quelques minutes après l’injection paraît d’abord une phase d’excitation caractérisée par une tendance au mouvement et par les accidents convulsifs qui, si la dose injectée est forte, prennent le caractère épileptiforme. C’est ce qu’ont observé Coupard et Bordereau chez un cobaye qui, après une injection de 3 centigrammes de substance active, eut des convulsions généralisées, à prédominance clonique, avec opisthotonos, et revenant par accès. Grasset a constaté de violentes attaques convulsives chez le singe (l’hyperthermie ne serait pas constante chez cet animal, d’après le même observateur, qui a noté en outre que le chloral est antagoniste de la cocaïne au point
154 COCAÏNE. — EFFETS généradx. [Supplémest]
de vue thermique comme au point de vue excito-moteur, tandis que i’antipyrine n’entraverait pas l’élévation de la température). Enfin Laborde a constaté chez le chien une impulsion motrice irrésistible : l’animal piétine sur place, tourne sur lui-même, marche en tous sens, bien que l’intelligence soit parfaitement conservée.
Puis vient une phase de dépression motrice, dont le degré varie suivant la dose injectée. Tantôt il y a seulement de la parésie, de l’affaiblissement des extrémités, surtout marqué dans le train postérieur, et disparaissant en 1 ou 2 heures ; tantôt l’immobilité est complète, les réflexes sont diminués ou abolis : cependant une forte excitation peut suspendre momentanément cette paralysie, mais provoque alors de nouvelles convulsions toniques. Enfin une dose mortelle provoque l’arrêt du cœur en diastole. Donc l’irritabilité réflexe de la moelle épinière, primitivement augmentée, est ensuite diminuée; cette diminution survient d’autant plus vite, dure d’autant plus longtemps, que la dose injectée est plus forte.
En même temps qu’elles provoquent ces phénomènes d’excitation et de dépression successives dans la sphère de la motricité, les injections intra-veineuses ou sous-cutanées déterminent un degré notable d’anal- -gésie générale, surtout marquée aux extrémités des membres, et pouvant s’étendre aux muqueuses buccale, nasale et pharyngée : mais, bien •qu’il y ait une dilatation pupillaire évidente, la muqueuse oculaire n’est pas influencée d’une manière appréciable, l’instillation dans l’œil pouvant .seule anesthésier cet organe (Laborde) .
De ce qui précède il résulte que, comme tous les médicaments actifs, la cocaïne doit être maniée avec une extrême prudence. Laborde et Thorens ont observé chez certains sujets, après une période de surexcitation du système nerveux, une phase de prostration, avec vertiges, faiblesse générale, qiâleur de la face, état nauséeux, sueurs froides, tendance à la syncope.
La syncope a été observée chez quatre malades parDujardin-Beaumetz à la suite des injections sous-cutanées ; un cinquième sujet a manifesté de l’excitation cérébrale, avec idées de grandeur. G. Paul a constaté chez des femmes, atteintes de névralgies et traitées par le même moyen, un énervement qui a revêtu parfois le caractère d’une attaque d’hystérie. Ces phénomènes sont d’ailleurs passagers et ne sauraient imposer une proscription absolue des injections sous-cutanées de cocaïne, qui paraissent appeler à rendre des services : mais ils engagent à débuter par de petites doses et à surveiller attentivement l’état de la circulation et des fonctions du système nerveux.
III. Mode d’action. — D’après Charpentier, la cocaïne exercerait sur la levure, sur les graines, sur certains infusoires à chlorophylle, une action suspensive des fonctions vitales, suspendrait l’activité de tous les éléments avec lesquels elle est en contact : d’où il conclut « qu’elle est anesthésique au sens où l’entendait Cl. Bernard. »
Cette assimilation de la cocaïne aux anesthésiques généraux est contre-
[SdppléjiektJ cocaïne. — mode d’action, emploi thérapeutiqde. 1D5 dite par la plupart des physiologistes : par Laborde, d’après lequel elle n’enlève la sensibilité aux tissus que par une action chimique locale ; par Dubois, qui assimilé son action sur les fermentations à celle des autres alcaloïdes, et qui remarque avec raison que, loin de favoriser les effets du chloroforme, elle les atténue plutôt; par Arloing, qui établit entre elle et la strychnine une certaine analogie fondée sur l’anesthésie locale qu’elle produit en arrivant au contact des terminaisons nerveuses, et sur les convulsions généralisées qui suivent sa diffusion dans l’économie.
L’opinion qui nous paraît la plus probable est celle qui rapporte les effets de la cocaïne à une action directe sur les extrémités périphériques des nerfs, amenant, en même temps que l’insensibilité, un spasme des vaisseaux sanguins, qui détermine une anémie plus ou moins étendue. Ainsi s’expliqueraient la pâleur de la conjonctive et la dilatation concomitante de la fente palpébrale, par action directe sur le grand sympathique (Kœnigstein). Les troubles nerveux consécutifs aux injections souscutanées pourraient d’autant plus facilement être rapportés à une anémie momentanée du cerveau, qu’ils se sont toujours montrés chez les individus qui avaient reçu l’injection dans la station verticale, et jamais chez ceux qui étaient couchés au moment où elle était faite (Dujardin-Beaumetz) .
Emploi thérapeutique. — I. Dans la thérapeutique oculaire, la cocaïne peut être employée : comme anesthésique dans les opérations qui se pratiquent sur l’œil; comme analgésique dans les affections douloureuses de cet organe.
Ainsi que le rappelle Panas, l’anesthésie générale employée aux opérations sur le globe de l’œil a toujours des inconvénients, marqués surtout dans l’extraction de la cataracte, où l’excitation et les vomissements souvent provoqués par le chloroforme nuisent au succès de l’opération : au contraire l’anesthésie locale déterminée par l’instillation de la solution de cocaïne, tout en restant aussi efficace, est inoffensive.
Le contact de quelques gouttes du liquide, répété deux ou trois fois, permet de commencer l’opération au bout de cinq minutes et de la mener à bonne fin sans que l’individu le plus timoré fasse le moindre mouvement. Là section de l’iris seule reste douloureuse, en cas de cataracte comme dans toute autre circonstance (Panas, Abadie, Terrier). Cependant on parvient à supprimer la douleur de l’iridectomie et de l’iridotomie, en instillant la solution cinq à six fois dans l’espace- d’un quart d’heure, et en renouvelant le contact au moment de l’ouverture de la chambre antérieure.
De même, en renouvelant les instillations plusieurs fois pendant l’opération, on peut pratiquer la ténotomie des mi|scles de l’œil, en cas de strabisme, sans que le patient manifeste de douleur (Abadie) : même en négligeant cette précaution, on aurait encore l’avantage, en se bornant aux instillations faites avant l’opération, d’en exécuter les premiers temps (fixation du globe oculaire, section de la conjonctive), sans mouvements
156 COCAÏNE. — EMPLOI thérapedtique. [Supplément]
intempestifs de l’œil : la section des tendons seule causerait une douleur passagère.
Par cette méthode des contacts successifs avec les parties qu’on va attaquer, l’énucléation du globe de l’œil a pu être pratiquée sans douleur (Kœnigstein).
La conjonctive et la cornée sont d’emblée anesthésiées par la cocaïne. Aussi toute opération faite sur ces membranes reste-t-elle indolore par un instillation préalable : extraction de corps étrangers, opération du ptérygion (Nicaise), abrasion de plaques épithéliales (Terrier) et de petites tumeurs, cautérisation ignée ou paracentèse de la cornée, débridement des points lacrymaux, etc.
Comme analgésique, la cocaïne a été employée avec succès contre le spasme des paupières, contre la photophobie, contre le zona oculaire (Kœnigstein). Son action serait moindre, d’après Panas, quand l’œil est enflammé : cependant Terrier, Abadie, etc., l’ont souvent vue calmer les douleurs de la conjonctivite, de la kératite, de l’iritis simple ou syphilitique, de l’irido-choroïdite ; Kôller et Kœnigstein citent des observations analogues. Toutefois l’analgésie, comme l’anesthésie, serait fort incomplète quand l’inflammation de la cornée date de plusieurs mois (Terrier).
Enfin l’action mydriatique de la cocaïne, moins durable que celle de l’atropine, peut être mise à profit pour l’exploration du fond de l’œil.
II. La cocaïne peut également être employée comme anesthésique et analgésique dans les affections de la muqueuse buccale.
L’art dentaire l’a mise à contribution pour l’extraction, la cautérisation, l’insensibilisation des dents (Dunoyer, Brasseur, Michaëls, Weld, H. Shears), soit qu’on badigeonne les gencives au niveau de la dent à enlever, soit qu’on injecte dans sa cavité quelques gouttes de la solution ; l’anesthésie n’a pas toujours été complète, mais la diminution de la douleur suffit à autoriser de nouvelles expériences.
J.Wolf (de Berlin), dans une opération de staphylorrhaphie, badigeonna les bords de la solution de continuité avec la solution de cocaïne, et obtint, paraît-il, une insensibilité absolue.
Larmoyez rapporte l’observation d’une amygdalotomie exécutée sans aucune douleur, dans le service de Millard, après quatre badigeonnages faits de cinq en cinq minutes. Le même moyen permet de cautériser les amygdales au thermo-cautère, et calme les souffrances des amygdalites aiguës.
III. La muqueuse du pharynx et du larynx., après badigeonnage avec la solution alcoolique à 10 ou 20 pour 100, est anesthésiée au point que le contact des instruments ne détermine aucun mouvement réflexe de ces organes. Le badigeonnage des parties constituantes de l’isthme du gosier et de la paroi postérieure du pharynx permet l’application du miroir laryngoscopique ; si on y joint l’attouchement du vestibule du larynx, on peut cautériser cet organe, le débarrasser d’une tumeur ou d’un corps étranger, etc. (Jellinck, Schrôtter). L’action analgésique se fait également
[Süpi'lémemt] cocaïne. — emploi thérapeutique. 157
sentir en cas d’ulcérations tuberculeuses ou cancéreuses du larynx : ces pertes de substance, qui gênent la déglutition, et par suite la nutrition,sont insensibilisées par rattouchement avec la solution de cocaïne, fait un peu avant le repas. L’attouchement du fond de la gorge fait aussi cesser les vomissements qui suivent les repas chez les tuberculeux (Colombe) : mieux vaut, dans ce cas, faire le badigeonnage dès que le malade a fini de manger, et non quand il se met à table (Moutard- Martin).
C. Paul, pour faire cesser l’hyperesthésie pharyngée que présentait un malade atteint de grandie, et qui était telle que le pinceau était difficilement supporté, eut recours à des pulvérisations de la solution au 50®. Le résultat fut très-favorable.
Enfin, pour terminer ce qui a trait à l’efficacité de la cocaïne sur les vomissements et sur l'excitabilité exagérée des voies digestives, nous citerons les succès obtenus par le D" Holz chez une femme enceinte atteinte de vamissements incoercibles (par l’ingestion de dix gouttes de la solution à 3 pour 100), et par Damaschino dans un cas d’œsophagisme.
IV. Les inflammations de la pituitaire et les opérations pratiquées dans les fosses nasales sont rendues moins douloureuses par les badigeonnages à la cocaïne. L’ablation des productions pathologiques, telles que les polypes, les cautérisations, le cathétérisme, se font sans douleur (Bosworth, Jarvis) : des applications répétées sont nécessaires pour l’extraction des néoplasmes profondément situés. D’autre part, le coryza aigu est amélioré. G. Paul a guéri un coryza tuberculeux par l’emploi simultané de la solution alcoolique dans les fosses nasales, et d’un topique composé de cocaïne, d’huile et de jaune d’œuf, appliqué sur les croûtes des narines.
Peut-être l’épistaxis serait-elle justiciable de la cocaïne, en raison de l’anémie immédiate que celle-ci produit sur la muqueuse (Bosworth).
V. Baratoux, Weber-Liel (d’iéna), Zanfal (de Prague), ont employé la cocaïne dans les affections de Vappareil auditif.
Pour opérer dans le conduit auditif externe (ouverture d’abcès, ablation de polypes), un badigeonnage ou une pulvérisation de la solution au vingtième suffit. Lorsque l’opération doit porter sur la caisse du tympan, au badigeonnage de la membrane prMqué par le conduit auditif il faut joindre une action directe sûr'la cavité intéressée, action qu’on obtient en faisant pénétrer dans la trompe d’Eustache un cathéter dans lequel on introduit une sonde fine qui sert à pousser dans la caisse une injection du même liquide : alors on peut pratiquer sans douleur l’incision de la membrane tympanique, la section du muscle tenseur ou du marteau, etc.
La cocaïne diminue les douleurs de l’otite moyenne. Dans une otalgie consécutive à une inflammation de la caisse du tympan, H. Reder obtint un soulagement en un quart d’heure, en engageant le malade à se pulvériser la solution dans la bouche, et à chasser les vapeurs dans la trompe
loS COCAÏNE. - EMPLOI THÉRAPEDTIQÜE. [SüPPLÉMESt|
à l’aide du procédé de Valsalya, en même temps que des pulvérisations étaient faites dans le conduit auditif.