‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 40. supplChapitre 41 sur 531 · I. Préparalion de la résine de thapsia (Codex · texte numérisé non relu

I. Préparalion de la résine de thapsia (Codex

Ecorce de racine de thapsia incisée . Q. v.

Alcool à 90“ G . Q. s.

Lavez l’écorce à l’eau tiède| faites-la sécher; pulvérisez grossièrement; faites-la digérer avec deux fois son poids d’alcool au bain-marie couvert; passez; renouvelez deux fois ce traitement; exprimez; réunissez les alcoolés; retirez l’alcool par distillation au bain-marie; lavez à l’eau chaude la résine impure ainsi obtenue; faites évaporer l’eau au bainmarie.

IL Préparation du sparadrap ou emplâtre de thapsia (Codex, 1884) :

Cire jaune . . . 84 parties

Colophane . —

l’oix blanche. . . .

Térébenthine cuite.

[Supplément]

THAPSIA. - EMPLOI THÉRAPEUTIQUE.

Térébenthine du mélèze . 10 parties

Faitrs fondre les cinq premières substances; passez; continuez de chaulfer doucement; ajoutez la glycérine, le miel et la résine de thapsia; mêlez; étendez sur des bandes de toile colorée, afin de ne pas risquer de confondre ce .«paradrap révulsif avec les sparadraps agglulinatifs.

Le sparadrap préparé par Reboulleau est d’une belle couleur jaune, luisant et très adhésif.

Leperdriel prépare un taffetas à la résine de thapsia qui jouit des mêmes propriétés.

On peut aujsi préparer extemporanément un emplâtre rubéfiant à l’aide d'une solution de résine de thapsia, 5 grammes, dans 10 grammes d’alcool (Slan. Martin).

Eîiplo! ïhérapedtiqüe. — L’application externe de la résine de thapsia et des préparations dont elle forme la base provoque une éruption qui reste d’abord localisée aux points de contact, et qui se montre avec une rapidité et une intensité variables non-seulement avec les susce()tibilités individuelles, mais aussi avec l’état de conservation et les qualités de la substance employée; tantôt après 24 et 56 heures le malade ne ressent qu’un jrurit léger et ne présente qn’une éruption peu marquée; tantôt au bout de 15 à 20 heures les symptômes d’irritation cutanée sont tièsintenses.

Celte éruption a les caractères morphologiques de celle que produit l’huile de croton tiglium (t. X, 312), dont elle diffère seulement par l’uniformité et la régularité de l’éruption dont toutes les pustules sont semblables ; par le nombre considérable de ces pustules ; par la rapidité avec laquelle le pus apparaît dans les vésicules (Trousseau et Pidoux).

11 n’est pas rare de voir ces vésicules, au lieu de rester limitées à la région couverte par l’emplâtre, s’étendre plus ou moins loin en gardant les mêmes caractères, soit par transport de la résine par les mains ou les vêtements du malade, soit par le contact d’une huile volatile mise en liberté par la chaleur de la peau. Parfois l’extension se fait jusqu’à la face : alors les paupières sont le siège d’un œdème extrêmement intense; les parties atteintes sont rouge violacé, couvertes de petites vésicules qui différencient celte éruption de l’érysipèle. 11 est remarquable que le cuir chevelu et les parties couvertes par la barbe restent toujours indemnes (Tournadre).

Dorvault a signalé des signes d'irritation du côté de la peau et des muqueuses exposées à Pair chez les ouvriers qui retirent la résine des racines et travaillent à la fabrication des emplâtres : altérations douloureuses aux mains, à la face, coryza, angine, hyperémie de la conjonctive, etc.

Le D'' Nisseron (de Mont-de-Marsan) rapporte l’histoire d’une malade qui aurait eu des accidents inflammatoires assez intenses du côté de

[Sdfpléhest] thermocautère. — description de l’appareil. l’appareil urinaire à la suile de l’application d’un emplâtre de thapsia sur la poitrine : ce fait semble établir la possibilité de l’absorption du principe actif par la peau et son élimination par les reins avec production, pendant l’élimination, d’une pblogose rappelant le canlliaridisme réno-vésical.

En somme, la résine de thapsia, pouvant successivement produire la rougeur, la vésiculation et même la vésication véritable, constitue un moyen révulsif d’une grande intensilé, d’un emploi beaucoup plus commode que l’huile de croton, dont elle partage les indications pour l’usage externe (t. X, p. 514).

Babtis (Stan.), Le T., son anal, chiin., son act. tliérap. {Bull. g^n. de thérap., 1868, t. LXXV, p. 171). — Kisseron, Applicat. de tafîelas de T. ayant délerm. une cy.4ite aipr. (Un. méd.. 1870, p. 35). — Tobrsadke, Des érupt. à la face conséc. à l’applic. des emplatr. de T. s. le devant de la poitrine, th. de Paris, 1879, n” 232.

Ch. D’Ivors.

THERMOCAUTÈRE. — Il y a dix ans que le D'' Paquelin fit sa première communication au sujet « d’un nouveau cautère instantané et permanent fonctionnant avec l’essence minérale » qu’il venait d’inventer,, et qui, d’ajirès lui, devait trouver son application dans toute opération pratiquée avec l’aide du feu. L’expérience a pleinement confirmé les prévisions de l’inventeur, et aujourd’hui le fer rouge et le galvanocautèresont dans un très-grand nombre de cas remplacés par le thermocautère,, dont les principaux avantages sont la rapidité avec laquelle on obtient, on entretient et on modifie à son gré la chaleur nécessaire; la multiplicité des services que peut rendre l’instrument dont la partie cautérisante revêt des formes extrêmement variables; la facilité avec laquelle on se procure la substance combustible et le bas prix de cette substance; enfin le volume restreint qu’occupe l’appareil dans sa totalité (fig. 71).

Description DE l’appareil. — La construction du therrnocaulère repose sur ce principe que le platine (et les métaux du même ordre) a la propriété, une fois porté à un certain degré de chaleur, de devenir immédiatement incandescent au contact d’un mélange gazeux formé d’air et de certaines vapeurs hydrocarbonées, telles que l’hydrogène, le gaz, d’éclairage, le pétrole, etc., et de maintenir celte incandescence- durant tout le temps que dure le contact : il est donc juste de dire que le cautère construit d’après ce principe est à la fois instantané et permanent.

Le thermocautère se compose de trois pièces principales, reliées entre elles par deux tubes de caoutchouc : un [oyer de combustion ou partie cautérisante; un récipient à hydrocarbure volatil; une soufflerie qui amène l’air extérieur au contact des vapeurs dans le récipient, — et d’une pièce accessoire qui n’est autre qu’une lampe à alcool.

Le foyer de combustion, qui constitue le cautère proprement dit, consiste essentiellement en une chambre de platine à grande surface sous un petit volume, faite d’une feuille de ce métal sans soudure; cette chambre, qui par sa face externe est la partie cautérisante de l’instrument, peut.

496 THERMOCAUTÈRE. — précaütioks et makière de s’es servir. [Suppl.] en affectant les formes les plus variées, se plier à tous les besoins de la chirurgie : lame de couteau ou de ciseau, fer de lance, flèche, pointe à ignipuncture, boule, olive, cône, etc. (fig- 72 à 81). Deux tubes concentriques y sont annexés : l’un central, qui plonge dans son intérieur, est destiné à l’apport du mélange d’air et de vapeurs hydrocarbonées; l’autre externe, qui est soudé a son pourtour par une de ses extrémités, sert de voie de dégagement aux produits de la combustion à l’aide d’orifices ménagés à l’autre extrémité. Le tube externe livre passage, par son extrémité libre, au tube interne, qu’un pas de vis terminal permet de fixer sur un manche fait en bois canaliculé pour que l’opérateur l’ait facilement et sûrement en main.

Fig. ,71. — Boite contenant le thermocautère.

Le récipient à hydrocarbure est un flacon de verre portant à son col un crochet, mousse qui permet de le suspendre à une boutonnière, au rebord d’une poche, au cordon d’un tablier d’opération, etc., de sorte qu’il laisse complètement libres les mains de l’opérateur et ne peut en aucun cas se renverser. Le flacon est fermé par un bouchon en caoutchouc, lequel est traversé à son centre par deux tubes métalliques adaptés d’autre part à deux tubes de caoutchouc : l’un des tubes reçoit de l’air atmosphérique de la soufflerie à laquelle il fait suite; l’autre, communiquant avec le foyer de combustion, y apporte l’air qui s’est saturé de vapeurs hydrocarbonées dans le flacon. L’hydrocarbure généralement employé, et donnant les meilleurs résultats, est l’essence minérale du commerce.

Quant à la soufflene, c’est une poire de Richardson ordinaire.

Manière de se servir du thermocautère et précautions NÉCEsrAiREs a son FONCTioNKEMENT. — Le fonctionnement du thermocautère es; des plus

[SopPL.J THERMOCAUTÈRE. — précadtioks et manière de s’en servir. kSil simples, mais nécessite quelques précautions qu’il suffit de connaître pour arriver à un maniement rationnel de l’appareil (fig. 82).

Il est nécessaire de porter d’abord le platine à un degré de chaleur suffisant, ce qu’on fait en plongeant le foyer de combustion dans la partie blanche de la flamme de la lampe à alcool : au bout d’une demiminute environ, on commence à presser sur la poire de caoutchouc, tout en maintenant le cautère dans la flamme, et on répète les pressions et détentes alternatives par petites saccades, en mettant entre elles un intervalle de plus en plus court. L’air ainsi chassé dans le récipient arrive au contact de l’essence minérale, s’y mélange de vapeurs, et ainsi saturé arrive au niveau du platine, où il brûle sans flamme. L’incandescence du cautère s’annonce par une sorte de bruissement : on n’a plus alors pour la maintenir qu’à insuffler l’air par la soufflerie. Suivant qu’on imprime à celle-ci un mouvement plus ou moins rapide, que par conséquent le mélange gazeux arrive en plus ou moins grande abondance au foyer de combustion, la température de celui-ci sera plus ou moins élevée : la chaleur peut donc être aussi rapidement modérée ou accélérée que produite, et l’opérateur peut à son gré parcourir toute la gamme des températures depuis le rouge sombre jusqu’au rouge blanc, et réciproquement. Cette chaleur paraît même s’emmagasiner en quelque sorte dans l’instrument puisqu’on peut cesser les insufflations pendant près d’une demiminute sans que le cautère s’éteigne : du moins, au bout de ce temps, quelques poussées d’air suffisent à le raviver immédiatement. Un autre avantage du calorique ainsi engendré est le'peu de rayonnement dont il est doué, ce qui est précieux pour les aides comme pour l’opérateur : on peut avec cet instrument se brûler les poils de la main sans presque que la chaleur soit perçue (de Saint-Germain), De plus, le foyer de combustion peut traverser les liquides et les tissus organiques sans perdre sensible-

498 THEUMOCAUTÈRE. — précaotioxs et makière de s’en servir. [Sdppl.] ment de son activité, laquelle serait au besoin facilement entretenue à l’aide de quelques insufflations. Enfin l’instrument fournit d’un trait, avec une provision de 200 grammes du liquide qui donne les vapeurs hydrocarbonées, un minimum de 5 heures de travail ; c’est-à-dire qu’il suffit aux plus longues opérations.

Fig. 76 et 77. — Cautère cylindrique conique. — Petit couteau.

Paquelin indique encore les précautions suivantes. La quantité d’essence minérale contenue dans le récipient ne doit occuper au maximum que la moitié de son volume : sans quoi l’apport d’air par la soufflerie serait gêné, sinon interrompu; mieux vaut renouveler la provision du réservoir chaque fois qu’on s’est servi de l’instrument. Le liquide ne doit pas être exposé à l’action des rayons solaires : l’incandescence du cautère ne se produirait pas. Elle serait également retardée si, au moment d’amorcer l’appareil, on faisait jouer l’insufflateur avant que le foyer de combustion ait acquis un degré de chaleur suffisant, ce qui survient, avons-nous dit, au bout de 30 secondes environ. De même encore le cautère rougirait difficilement et pourrait même s’éteindre si on négligeait de maintenir l’essence à une température de 10 à 20" centigrades pendant tout le temps du fonctionnement de l’instrument, parce qu’alors la quantité de vapeurs combustibles parvenant au platine serait insuffisante : cette température est d’ailleurs facilement obtenue en appliquant la main autour du flacon ou en plaçant celui-ci dans la poche d’un vêtement porté par l’opérateur. Le bouchon du flacon à essence doit être solidement maiHlenu pendant l’opération, avec le doigt au besoin : il arrive parfois qu’il saute en cédant à la pression de l’air envoyé par la soufflerie.

[Supplément] THERMOCAUTÈRE. - INDICATIONS DE l’eMPLOI DD T.

Pour conserver l’instrument à l’abri de tout dérangement important, il faut éviter de le porter jamais au rouge blanc lumineux, qui pourrait faire fondre le tube central. Dans le même but, il faut après chaque opération, avant de laisser éteindre le cautère, le porter au rouge vif, puis séparer brusquement le manche du tube auquel il est adapté, alors que le platine est en pleine incandescence ; on brûle ainsi les particules de carbone qui se déposent sur les parois de la chambre de platine, surtout quand le cautère est peu chauffé, et qui nuiraient au fonctionnement ultérieur. Le cautère ne doit pas être plongé dans l’eau pour le refroidir : il se ferait une trempe du platine qui diminuerait son pouvoir condensant vis-à-vis de la chaleur. L’instrument étant refroidi à l’air libre, ou se contente d’en frotter l’extrémité métallique avec un linge mouillé, pour la débarrasser des sels dont elle s’est incrustée en traversant les tissus organiques.

Enfin, si l’on opère sur une région vasculaire, Paquelin recommande avec raison de maintenir la température au rouge sombre ; c’est celle du reste qui convient pour le plus grand nombre d’opérations : les tissus sont alors coupés assez lentement pour que l’effet de la cautérisation se produise en même temps que la section et qu’on n’ait pas à craindre d’hémorragie; le rouge blanc, au contraire, ouvre les vaisseaux si rapidement que le sang peut s’en échapper comme par l’action de l’instrument tranchant. Dans les mêmes cas, il faut éviter d’exercer des tractions sur les vaisseaux, chercher plutôt à en aplatir les parois en exerçant une compression sur leur trajet, agir lentement, à petits coups, par saccades, en hachant pour ainsi dire, et en laissant l’instrument le moins longtemps possible en contact avec les tissus. De cette façon on évitera autant que possible l’hémorragie, on préviendra toujours celle des petits vaisseaux, mais on ne peut prétendre empêcher constamment tout écoulement sanguin.

Fig. 80 et 81. — Ciseaux droits et courbés.

Indications de l’emploi du thermocautère. — Presque toutes les opérations précédemment faites avec le bistouri ou par la cautérisation avec le cautère actuel et le galvano-cautère pouvant à la rigueur être accora-

500 THERMOCAUTÈRE. — indications de l’ehploi d-j t. [Sopplémest] plies à l’aide du thermocautère, les cas où il peut être employé sont innombrables, et leur énumération serait aussi longue que fastidieuse. Aussi, après avoir renvoyé le lecteur aux articles Caotébisation (t. VI, p. 583) et Électricité (t. XII, p. 544), dans lesquels Sarrazin et de Saint- Germain ont fait connaître les opérations qui se pratiquent au moyen de la chaleur actuelle et galvanique, nous bornerons-nous à signaler les circonstances où il est particulièrement indiqué d’avoir recours au thermocautère, et ceux où il a paru inférieur aux autres modes d’intervention.

Ce serait, en effet, pousser l’enthousiasme un peu loin que de l’employer partout et toujours. Il est d’abord deux buts qu’il ne peut atteindre ; remplacer l’anse coupante que constitue un fil de platine rougi et qui est parfois indispensable ; fournir les températures considérables que maintiennent les piles puissantes, et qui, il faut le dire, sont d’un usage thérapeutique assez restreint.

Une question très-intéressante se rapporte au mode de réunion qu’il est possible d’imposer aux solutions de continuité faites par le thermocautère; en d’autres termes, ces plaies opératoires peuvent-elles, ou non, être réunies par première intention? Il est évident, a priori, que l’instrument agissant par la température élevée que son contact détermine, provoquant en d’autres termes la mortification, si limitée qu’elle soit, des tissus qu’il touche, ce n’est pas à lui qu’il faudra s’adresser en général lorsqu’il sera possible de tenter la réunion immédiate. Cependant si l’on remarque que le thermocautère, lorsqu’il est bien manié, laisse une surface de cautérisation très-superficielle; que l’escarre formée, peu profonde et rapidement éliminée, laisse après elle une place rouge, bien unie, d’une vitalité telle qu’elle s’unit comme une plaie récemment avivée à une surface semblable à laquelle elle est accolée, et que Verneuil a pu l’utiliser pour obtenir la réunion immédiate secondaire dans le traitement de la fistule vésico-vaginale, on comprendra que la réunion par première

[Süpplémekt] thermocautère. — ikdicatioks de l’emploi dd t. 501 intention peut encore être tentée après l’emploi du cautère de Paquelin. D’ailleurs Reclus a cité un certain nombre de faits favorables à cette opinion, et des observations plus récentes ont montré que les tissus ainsi divisés peuvent se réunir immédiatement à condition qu’ils ne soient pas intéressés dans une trop grande épaisseur et que la méthode antiseptique soit rigoureusement appliquée pendant et après l’opération.

Lorsqu’au contraire on désire éviter la réunion immédiate, lorsqu’on veut surtout cautériser une surface en même temps qu’on l’incise, le thermocautère est excellent : l’effet est alors hémostatique autant que destructeur. C’est ce qui explique sa supériorité dans les opérations pratiquées sur la région ano-rectale, dans les bourrelets hémorroïdaires qui sont écrasés en même temps que cautérisés à l’aide des ciseaux mousses du thermocautère; dans la fistule à l’anus, où le couteau Je l’instrument agit rapidement, sans hémorragie primitive ni secondaire, en détruisant les callosités et les décollements, en mettant la plaie à l’abri de l’air avant le bourgeonnement, ce qui éloigne les dangers d’érysipèle et d’infection purulente (Farcy).

A l’aide du thermocautère, on pratique la cautérisation destructive, hémostatique et révulsive. Rien de plus commode que cet instrument pour agir rapidement sur les plaies virulentes et venimeuses, pour ouvrir les abcès profonds (périnéphrétiques, du foie, etc.), pour enlever les tumeurs vasculaires ou dans une région très-riche en vaisseaux, pour pratiquer les pointes ou les raies de feu si employées de nos jours à titre de révulsif au niveau d’un poumon tuberculeux et congestionné ou d’une articulation chroniquement enflammée, pour traiter l’entropion suivant la méthode de la cautérisation ignée, etc.

On a été plus loin encore, Th. Anger et Yerneuil ont pratiqué la taille à l’aide du thermocautère ; mais Guyon fait observer avec raison que, s’il est bon pour faciliter la recherche de l’urètre et découvrir le canal, il doit être remplacé par le bistouri après ce premier temps, qui précisément expose le moins à l’hémorragie et à l’infiltration urineuse qu’on a en vue d’arrêter.

Dubreuil s’en est même servi pour pratiquer une amputation de cuisse : il est évident qu’une pareille méthode n’aura qu’un emploi tout à fait exceptionnel, indiqué seulement par l’état complètement exsangue du sujet, et qu’en général le couteau sera préférable. L’empyème faite à l’aide du thermo-cautère est une opération longue, douloureuse, à laquelle en somme il faut renoncer (Féréol, Tillaux, Yerneuil).

Reste la question de la trachéotomie, qui est loin d’être tranchée. Les partisans de l’emploi du thermocautère dans cette opération (Mauriac, Poinsot, Yerneuil, Krishaber, etc.) lui reconnaissent comme avantages la rapidité de l’exécution, l’absence d’hémorragie, la possibilité de se passer d’aides. Tillaux lui reproche de ne pas plus mettre à l’abri de l’écoulement sanguin que le bistouri chez les sujets dont les plexus veineux précervicaux sont très-développés, disposition qu’on ne peut connaître d’avance; Desprès craint la formation d’escarres considérables.

502 THERMOCAUTÈRE. — indications de l’emploi do t. [Supplément] susceptibles d’entraîner le rétrécissement de la trachée : il faudrait alors borner l’emploi du thermocautère à la section des parties molles et recourir au bistouri pour celle des anneaux cartilagineux. Il est certain que le cautère de Paquelin diminue la fréquence des hémorragies, mais expose à une brûlure plus ou moins étendue : aussi semble-t-il prudent de l’employer seulement chez l’adulte, et de conserver l’usage du bistouri chez les enfants en raison de l’étroitesse naturelle de la trachée dans le jeune âge.

Paquelin, S. un nouT. cautère instantané et perman. fbnctionn. avec l’ess. minér. [Bull. gén. de thérap., 1876, t. XC, p. 433). — Mauriac et Poissor, Gaz. méd. de Bordeaux, 20 sept. 1876. — Bull, de la Soc.de chir., 1876, 1877, 1878, 1879, 1882. — Gaïe, Trait, de l’entrop. p. le T., th. de Paris, 1878, n» 162. — Farcy (E.), Des avant, de l’empl. du T. d. le trait, desüst. à l’anus, th. de Paris, 1880. — Saratier, Trait, des scrofulid. cutan. p. le T., th. de Paris, 1882. — Encycl. intern. de chir., publiée sous la direction de J. Ashhurst, 1884, t. II, p. 55 et 194.

Page 1