‹ Nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 62 sur 75 · L. Gubian · texte numérisé non relu

L. Gubian

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Chaule^ Sarazi>.

CAUTERETS. — (llaules-Py rénées, arrond. d'Argelès), à 8761 mètres de Paris, — Chemin de fer de Paris à Bordeaux et Tiri^

V30 kilomètres. — De Tarbes à Cauterets, route de poste, 46 kilomètres. — Altitude : 932 mètres. — Cauterets est, après Bagnères et Gastein, le poste thermo-minéral le plus élevé de l'Europe (Rotureau). — Température : de i6**,7 à 37*',2 centigrades. — Eaux sulfurées sodiques.

Des sources nombreuses, dont la température, la richesse en principes iiul&ireux, Talcalinité et les applications thérapeutiques sont très-variées, assurent à Cauterets un rang important parmi les stations thermales des Pyrénées.

Gigot-Soard insiste sur ce fait qu'il ne faudrait pas conclure de l'altitude de Cauterets aux qualités de son climat. Bien qu'elle soit fort élevée, cette station jouit d'un climat tonique et remontant, mais non aussi excitant que certaines localités pyrénéennes situées à une hauteur moins considérable. Il classe même le climat de Cauterets au nombre des climats sédatifs. Ses qualités toniques devraient être attribuées à la douceur et aux variations de la température, ainsi qu'à la légèreté et à l'extrême pureté de l'air. Celui-ci est léger par suite de Taltitude, et sa pureté provient de la déclivité du sol, qui, en facilitant TécoulemeiH des eaux, empêche la formation des miasmes, tandis qu'une végétation luxuriante sature l'atmosphère de principes balsamiques.

Quant à l'action plutôt sédative qu'excitante du climat de Cauterets sur les appareils nerveux et respiratoires, elle résulterait de la situation et des conditions hypsographiques de la vallée, dans laquelle les couches inférieures de l'atmosphère sont à peu près stagnantes.

Les sources, au nombre de vingt et une, dont le débit total ne s'clève pas à moins de 1,345,477 litres par vingt-quatre heures (J. François), sont :

César {iS\i); les Espagnols (48%2); Pauze-Vieux (iZ^); Rocher {Z9'); Rievmiset (16",7); Bruzaud (59*,2); la célèbre source de la RM- Hère qui comprend la Source chaude (38**) et les Sources tempérées du Sud (37%5) et du Nord; le Pré (48°); le Petit-Saint-Sauveur (W); Mauhourat (50''); les Yeux (31*); les sources des Œufs^ dont le groupe renferme les sources : Â ou deuxième Mauhourat en bas (51^,5) ; B ou de la Galerie (53%6); C ou de la Cascade (53%2); D ou Supérieure (51«);'E^ou du Rocher (48**,8); F ou du Gave (57%28); les sources du BoiSj chattde (43%5) et tempérée (33%7).

Le degré de minéralisation totale de chacune de ces différentes sources oscille entre 0*',219 {source chaude de la Raillière) et 0*',307 (source F des Œufs); celui de leur sulfuration entre 0,023 (Césars^ Espagnols) et O«',005 milligr. (source tempérée du Bois). Les sources de la Raillière renferment 0*', 017 de sulfure de sodium.

Presque toutes représentent des eaux sulfurées. Toutefois Bruzaud est une eau à peu près désulfurée et Rieumiset une eau à peine sulfureuse, dont les propriétés ne s'éloignent guère de celles de l'eau commune; circonstance qui la rend précieuse dans une localité si riche d'ailleurs en sources sulfurées, et dans laquelle les résultats mêmes du traitement peuvent, à un moment donné, réclamer l'usage d'une eau indifférente.

ROUV. MGT. MI^D. ET CO». ?I. — 58

594 CAlTEnETS.

Le tableau suivant, emprunté à Gigot-Suard et traté d'après ks rech-f. 4îhe8 de Filhol et de Réveil, indiquera sous un coup d'œil d'en*Bti; Jes proportions des principes contenus dans les sources de CauteneU.

Les diverses sources que nous venons de passer en r^vue se difisdi il^après leurs conditions topographiques, en trois groupes quisooLk groupe de Test, le groupe de Touest ou du centie et le groupe du sod.

Le groupe de Test, que quelques auteurs désignent sous le omd jr groupe du nord, se compose des sources de César ^ des Espagnol? i Pau/ie-Vieux^ de Bruzaud, du Rocher et de Rieimiset. On peut y ajontg la Sulfureuse-Nouvelle j appelée aussi source tempérée des Espa^n*i, Pauze-Tempérée^ qui n'a pas encore été analysée (Gigot-Suard) et ç* pour cette raison nous n'avons pas fait figurer dans notre préccdeo*: ^numération.

Ces sources sont situées à une assez grande élévation sur le Dancdcb montagne de Perraute ou du Pic-des-Bains. Toutes naissent de lemm^ :schisteux et calcaires, mélangés parfois de schistes siliceux et injectè^if jroches de transition métamorphique.

Les sources du groupe de l'ouest ou du centre, qui ne sont représenter que par celles de la Raillière (source chaude^ source tempérée du s^i t source tempérée du nord)^ jaillissent à ta base delà montagne de Pc}u^^ à un kilomètre de la ville, en ligne directe; à deux kilomètres, par'> route impériale. Elles sortent, de même que celles du sud, d'une rorii granitique, dans laquelle le feldspath de soude paraît dominer. Peut-ètr cette différence dans Torigine des sources de ces deux groupes, compam à celle des sources du groupe de l'est qui naissent de terrains schistes, peut-elle être invoquée pour expliquer des différences dans les effets itrapeutiques.

Après avoir passé sur le pont de Benquès^ et en longeant la rive droit» du gave qui traverse la vallée de Cauterets, on rencontre plusieurs soum^ échelonnées sur les flancs d'une montagne appelée le Tue ou Houm'i^ lie sont le Petit-Saint-Sauveur, le Pré, Mauhourut les Yeux^ les ÛEwf^ et le Bois. Elles forment le groupe du sud.

ftrès des sources de ces trois groupes ont été construits de nombreic établissements, d'importances diverses.

Pour le groupe de l'est existent quatre établissements : les Therma. ou Grand-Établissement y Établissement de la ville, alimenté par l'eau d^ César et des Espagnols; V Établissement de Bruzaud, VÉtablissmenià Rocher et de Rieumiset, V Établissement de Pauze-Vieux, VÈiablissfim' de Pauze-Nouveau, fort important à cause de sa proximité des griffoo? de César, qui fournissent Peau nécessaire à son exploitation.

Pour le groupe du centre un seul établissement, celui de la Radlièrf-

Les sources du sud fournissent aux établissements du PetU-Soinl' Sauvenr, du Pré et du Bois.

A l'Etablissement de la ville on trouve les buvettes alimeatées par €ésar et les Espagnols.

La buvette de l'Établissement du Rocher et Rieumiset, reçoit rcautb

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Rocher; celle de rétablissement de Pauze-Vieux^Vedin de lasoorcc4 ce nom.

La buvette du Pavillon^ située au-dessus de VÈtablissement de Pak^. Vieux ^ puise son eau aux sources de César et de Pauze-Vieux.fjdkk: l'établissement de Pauze-Nouveau fournit de Tcau de César.

La buvette de César ou de la Galerie^ plus rapprochée que cdleè? Thermes des griffons de César ^ est principalement utilisée pour TemUi. teillage de Teau destinée à Texportation. La composition 'chimique ^ deux buvettes ne présente pas, du reste, une différence aussi tmàr rable qu*on serait tenté de le croire de prime abord. Ainsi la sulTontii est de 0«^',023 par litre à la buvette de la Galerie, et de 0«%022 à ci des Thermes.

La Buvette de la Raillière reçoit Teau de la Sowxe chaude.

En quittant la Raillière^ et en suivant la route du Marcadaon^ on arrm bientôt au pont de BenquèSj à l'extrémité duquel radniinistralioD a b' élever provisoirement, jusqu'à ce que le nouvel établissement do M soit construit, une baraque en planches qui renferme une buvette alimentée par la source de Mauhourat et celle des Œufs (Gigot-Suard).

On boit aussi Teau de Mauhourat à la grotte qui lui donne nai%aDee,t 60 mètres plus loin que l'établissement du Pré^ dont la source fooict également aux besoins d'une buvette.

Il résulte des recherches de Gigot-Suard et de Broca phannadeo^ Cauterets, que l'eau de la Raillière^ de César^ des Espagnols et du h présente une sulfuration presque identique aux buvettes et aux griBitt* Maulwurat et les Œufs n'ont perdu que deux milligr. par litre de lev principe sulfureux à la buvette du pont de BenquèSy tandis que Paui- Vieux et le Rocher sont altérées, la première d'un tiers et la seconde ér moitié. Les mêmes auteurs ont constaté qu'au robinet des baignoires, b sources de Cauterets ont perdu de leur principe sulfureux dans les p portions suivantes : César plus de la moitié; — les Espagnols aulaol- Pauze-Vieux autant ; — Pauze-Nauveau (filet détourné de César)^ un pa plus d'un tiers ; — la Raillièrey pour sa source chaude un dix-ecptiè» seulement, pour sa source tempérée du sud plus d'un tiers; — le Pff un tiers; — le Petit-Saint-Sauveur (source tempérée) ^fvès des deuitiefs le Bois (source chaude), presque un tiers; (source tempérée) , un peopte de la moitié,

La Raillière, le Bois, le Pré et Pauze-Nouveau sont donc les soor» les mieux conservées au robinet des baignoires. Viennent ensuite fe Espagnols, César, Pauze-Vieux, et en troisième lieu le Rodur d le Petit'Saint'Sauveur. Par conséquent, c'est dans cet ordre que leshii» doivent être classés d'après leur richesse en principes sulfureux.

Il est remarquable, toutefois, que Teau minérale chauffée (59* oh if du Petit'Saint'Sauveur est plus sulfureuse que l'eau naturelle lempé* (50° ou 52**) qui vient d'un réservoir spécial.

Ce phénomène, fort singulier, au premier abord, a exercé lasafaa|ê des chimistes. «Diverses interprétations ont été proposées pour Tcip'''

qu«r, dit Réveil. Filhol rattribue à la concentration de l'eau, qui, d'ailleurs, est assez fortement alcaline. Dans nos expériences Télévation de la température ne peut pas être invoquée, puisque nous avons eu le soin de la ramener à 20°. On peut donc admettre Topinion émise par Filhol, que nous venons de mentionner; il serait possible aussi que rélévation de température eût transformé une portion des silicates insolubles, qui absorbent peu d'iode, en silicates solubles qui en absorbent davantage. Dans tous les cas, ce fait démontre une fois de plus l'importance qu'il y a, dans les analyses sulfurométriques, à faire usage du chlorure de baryum, dans le but d'éliminer les carbonates et les silicates qui absorbent Tiode, et peuvent devenir ainsi la cause d'erreurs très-grandes.»

Jules Lefort a établi, par des expériences comparatives, que tandis que les eaux sulfurées calciques, comme celle d'Enghien, s'altèrent facilement par l'action de la lumière, les eaux sulfurées sodiques, au contraire, parmi lesquelles nous trouvons les eaux de Cauterets (César), à côté de celles de Labassère et des Eaux-Bonnes, ne subissent, sous cette influence, aucune décomposition, ou au moins des altérations peu importantes.

Cent cinquante baignoires, réparties dans les divers établissements, servent aux bains généraux et aux demi-bains, qui tiennent une grande place dans la pratique de Cauterets; des douches ascendantes ou descendantes, froides, chaudes, tempérées, écossaises, d'une grande variété de pression, de forme et de diamètre ; des bains de siège et des bains de jambes à eau courante, une salle de pulvérisation et une salle d'inhalation, un gargarisoir, un système complet d'étuves sèches et humides, des cabinets spéciaux pour le massage, et une vaste piscine natatoire à eau sulfureuse courante, dans rétablissement des (Èufs, actuellement en construction, telles sont, avec des buvettes multipliées, les ressources nombreuses qu'oflre, à la pratique médicale, la station de Cauterets. Ses installations balnéaires sont pourtant passibles de plus d'une objection. Gigot-Suard nous apprend que la compagnie à laquelle l'exploitation de§ eaux a été concédée pour une période de trente ans, à partir du V janvier 1866, se propose de réaliser, sous ce rapport, d'importantes améliorations.

II ressort des études de Buron, aussi bien que des recherches suivies de Gigot-Suard, que les effets physiologiques des eaux de Cauterets se résument, en définitive, en une action excitante sur les divers systèmes de l'organisme, action commune à un très-grand nombre d'eaux sulfureuses.

Les fonctions digestives sont stimulées. La digestibilité de Teau des différentes sources parait être en rapport avec leur thermalité : ainsi celte des Œufs, de Mauhourat, de César^ des Espagnols, du Pré est plus facilement digérée que celle de Pauze-Vieux, de la RaUlière et du Rocher.

La stimulation des voies digestives se traduit spécialement, dans un certain nombre de cas, par des phénomènes congestifs, qui affectent surtout les deux extrémités du tube gastro-intestinal : ainsi les gencives deviennent parfois rouges et tuméfiées, mais c*est principalement à l'isthme du gosier et au pharynx que le mouvement fluxionnaire est

manifeste. On remarque alors, dès les premiers jours de remploi des eaux, une injection plus ou moins prononcée des amygdales, do pham et de la luette, qui est quelquefois violacée, oedémateuse et pendante, m sensation de chaleur qui gêne la déglutition et provoque la toux. Cette angine sulfureuse coïncide, d'ordinaire, avec le début du traitement. Elle est bénigne et passagère, et ne contre-indique pas, en général, la tuànuation de Tusage des eaux.

A Tanus il survient souvent, an bout d'un certain temps, une irritatiai qui S'exprime par des douleurs plus ou moins vives, avec resserremot spasmodique du sphincter, quelquefois des épreintes ou une fliuigi hémorrhoîdaire (Gigot-Suard).

La respiration devient plus active ; des mouvements congestifs se t«t vers le larynx, les bronches, le poumon. Ils peuvent être portés aaa loin pour donner lieu à des hémorrhagies, et constituer ces grippes îim hémoptysies ihei^males étudiées par Pidoux (voy. Bonnes (Eaux-) et Eaq

MINÊBÂLES).

Les fonctions de nutrition s'accomplissent avec plus d'énergie (Barmi Celles des reins et des téguments, en rapports intimes avec les précédentes, augmentent d'énergie, ainsi que le prouve l'abondance plus considénUr de la sécrétion urinaire, et l'élévation de la calorification de la pei ' démontrée par les résultats thermométriques de Gigot-Suard, en l'abseKr d'intervention de tout traitement externe.

La circulation subit une influence analogue à celle de ces ikwn systèmes. Cependant, en ce qui concerne du moins les sources dont h température se rapproche de celle du corps (la RaUlière et le Rockeru i se produit d'abord une sédation du pouls, à laquelle succède unepérioiie d'excitation.

L'ingestion de l'eau des sources de César ^ des Espagnols, de Maukct rat^ des Œufs et du Pré, provoque d'abord une période de réacliori, qui dure un demi-heure au plus, puis une période de sédation, et eoiii une période de réaction (Gigot-Suard).

L'auteur que nous venons de citer a fait de nombreuses expériences sff les propriétés électriques des eaux de Cauterels. Qu'il nous suffise * dire que, de même que Lambron, à Luchon, il a reconnu que les eauî(k Cauterets présentaient un excès d'électricité positive dans leurs couchei superficielles, soumises à des transformations chimiques, iDcessaote^ sous l'influence de l'air, et un excès d'électricité négative dans leuR couches profondes moins altérées. La signification des résultats obteov par lui et l'interprétation du rôle de l'électricité des eaux minérales diff la thérapeutique thermale, trouveront leur place à l'art. Eaux suxérai».

Les applications pratiques des eaux de Cauterets ne sortent gtièrc èê cercle de celles d'une station sulfureuse, heureusement servie par 1^ constitution chimique, la température et l'abondance de ses sources. Aussi voit-on figurer parmi les maladies qu'on y traite, la plupart (k celles qui rentrent dans le cadre des affections afférentes à la médication sulfureuse. Et iei viennent se ranger le lymphatisme, la scrofule dai^

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certaines Je ses manifesUtions, et surtout dans ses déterminations cutanées, les aiïections dartreuses et notamment l'eczéma, autant toutefois que cette dernière maladie est justiciable des eaux sulfureuses (voy. EcxÉHÂ et Eaux MunÊRALEs); le rhumatisme, la syphilis, lorsque les^ eaux sulfureuses lui sont applicables (voy. Eauxm^érales et Syphilis).

Quelques sources sont en possession d'une notoriété pour leur appropriation spéciale à certaines maladies.

La RaUlière^ par exemple, jouit, dans le traitement des maladies des voies respiratoires, d'une célébrité méritée en ce qui concerne Tangine glanduleuse {voy. ce mot, t. II), le catarrhe chronique du larynx et des bronches. Quoique excitante encore, son eau est considérée pourtant comme moins énergique que les Eaux-Bonnes et convenant mieux aux. personnes un peu pléthoriques (Drouhet).

En ce qui concerne le traitement de la phthisie, rien n'autorise à les placer à un rang plus élevé que beaucoup d'autres eaux sulfureuses, telles que les Eaux-Bonnes, Amélie, Allevard. (Sur le traitement de la phthisie^ par les eaux minérales, voy. Eaux banérales.)

Près de quelques sources, d'une minéralisation peu considérable, et notamment près de celle du Petit-Samt-Sauveur^ dont on ferait volontiers une rivale des eaux de Saint-Sauveur, on traite avec avantage les affections utérines qui ressortissent à la médication thermale.

L'eau de Mauhourat agit favorablement chez les sujets dont l'état réclame une eau sulfureuse et dont les fonctions digcstives sont dérangées ; mais il reste à déterminer s'il y a lieu de voir dans l'usage de cette source une médication spéciale de la dyspepsie.

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