‹ Nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 63 sur 75 · L. Desnos · texte numérisé non relu

L. Desnos

600 CAVES (veines). AîtATOMlE.

CAVES (Veine»). — âkatmiie. — La masse entière du saogqii. Taorte et ses branches lancent dans l'organisme revient au cour p^ deux troncs veineux : ce sont les veines caves. L'une dite supérieure, thoracique (Chaussier), est l'aboutissant de toutes les veines de la tèe, du cou, des bras et des parois de la poitrine ; l'autre, dite ifrfénen^ ou abdominale, reçoit le sang de la moitié sous-diapbragmaAiqie di tronc^ des membres pelviens et de tous les viscères abdonnnain. b première étant en communication avec le système lymphatique et ck;lifère par l'intermédiaire des troncs brachio-céphaliques el des voes sous-clavières; la seconde servant de débouché au système porte,» peut déjà pressentir les différences capitales que doit offrir lésais dans chacune d'elles. Interposées au système veineux et aa <nr, elles représentent la portion terminale du cercle de la grande cireè' tion ; mais tandis que la vote de sortie du sang est unique, a m de retour est double, et l'aorte semble faire exception à la loi géoéni' d'après laquelle les grosses artères n'ont qu'une veine satellite. Vm^. à l'avance, Texception n'est qu'apparente; car l'étude du développeffier des veines caves nous les montre aboutissant primitivement à m Im unique, qui, subissant une dilatation progressive, contribue poora large part à la constitution de l'oreillette droite du cœur. Aamktf point de vue sommes-nous autorisé à dire que la véritable veine sait lite de l'aorte est l'oreillette droite elle-même.

Veine cave ftapêrlenre. — Un tronc de 7 à 8 centimètres^ long, situé en arrière du sternum, commençant à la hauteur du ctrtib de la première côte et se terminant à la partie supérieure de YwéM droite, représente la veine cave supérieure. Elle résulte de la fusiooè deux troncs brachio-céphaliques veineux ; mais il est à remarquer ^ son volume est moindre que celui de ses branches d'origine, circomtion propre à accélérer le cours du sang dans sa cavité. Sa direction, Tertim dans sa partie supérieure, devient un peu oblique dans sa portion tef» nale. Plongée tout d'abord dans le tissu cellulaire du médiastin, av* rière du sternum, dont la sépare le thymus chez le foBtus et le nouve»« en avant de la trachée et des ganglions^ qui l'entourent, à gaucbe<ieb plèvre et du poumon droit, à droite de la crosse de l'aorte, elle rentofltr le péricarde, vers le milieu de son trajet ou un peu plus bas, s'eoloirt dans la moitié ou les deux tiers antérieurs de sa circonférence, i^^^ gaine incomplète que lui fournit le feuillet séreux de cette membnnet se renforce d'une expansion que lui envoie la coucIm fibreuse, li ^ rapports ont changé; l'aorte occupe toujours son côté gauche, mm a arrière la branche droite de l'artère pulmonaire et la veine pulmoMirt droite supérieure la séparent de la bronche droite. Enfin, elle « ou^n dans l'oreillette par un orifice circulaire de 18 à 27 millimèlres, pr*# parfois d'une dilatation ampullaire, dépourvu de valvules et dirigé en l* et en arrière. Cette ouverture est limitée du côté de la cavité de IW* lette par deux brides musculaires, dont l'une, située à sa gaucbe, sèpi^ la portion fasciculée de la paroi de la portion non fasciculée.

CAVES (veines). -** ARATOMIB. 601

Veines coUaténUes. — La veine azygos est la priacipale ; elle 8e jette géaéralement dans la veine cave au-dessus du péricarde {voy, Azygos). Plus haut, le plus souvent au point de réunion des deux troncs brachiocéphaliques, se voient la veine thyroïdienne inférieure droite, la veine mammaiire ûiMme du même côté, et les veines péncardiques, médiastines, thymiques, diaphragmatiques supérieures droites. Pour Tétude détaillée' de ces branches, nous renvoyons aux chapitres qui les concernent.

Akmialics. — Dans les cas d'inversion complète des organes, la veine caie supérieure participe à la transposition générale de toutes les parties du corps. Meckel, Bohemer, Nieraeyer, Velpeau, Chassaignac, ont vu la veine cave supérieure double; dans presque tous les cas la veine gauche s'ouvrait à la partie postérieure de Toreillette droite, après avoir suivi le ^»Uo9 aurieulo-ventriculaire gauche, depuis Taorte, en avant de laquelle elle était primitivement située, jusqu'à son embouchure. Dans un cas de du(>licité signalé par Weese, la veine gauche s'ouvrait dans Toreillette gauche. Nous verrons plus tard que Thistoire du développement rend compte d'un certain nombre de ces vices de conformation.

ir#Uie cawe InMrlewre. -^ Plus importante par son volume et par l'étendue de ses connexions anatoroiques et physiologiques, la veine cave inférieure s'étend des deux veines iliaques primitives, auxquelles elle £ait suite, à Toreillette droite. L'articulation de la quatrième vertèbre^des lombes avec la cinquième marque sa limite inférieure; en haut, elle s'arréle juste au-dessus du diaphragme. Deux courants sanguins, provenant tous deux d'organes glandulaires de la plus haute importance, se réunissent à celui des membres pelviens et du bassin ; mais le mélange n*a lieu que successivement pour chacun, et ces deux confluents sont indiqu es sur la veine cave par deux renflements considérables, l'un situé au-dessus des veines rénales, l'autre au-dessus des veines sus-hépatiques, immédiatement au-dessous du diaphragme et le plus près possible du coeur, de sorte que le sang du système porte n'a qu'une très-petite distance à parcourir avant d'arriver au poumon où l'attendent de nouvelles transformations. D'abord verticale, située en avant de la colonne vertébrale, à droite et un peu en arrière de l'aorte, elle se place successivement de bas en haut, derrière le péritoine, la troisième portion du duodénum, la tête du pancréas, la veine porte et le canal cholédoque, l'hiatus de Winslow et la face inférieure du foie. Un peu écartée de l'aorte en ce point, couchée sur le pilier droit du diaphragme, elle se loge dans le silloâ^ parfois converti en canal, que lui offre la face inférieure du foie, et parvient au muscle. Elle traverse le centre phrénique par une ouverture du foliole droit, limitée par des fibres aponévrotiques entrecoupées à angle droit, auxquelles elle adhère intimement. Puis, elle se courbe brusquement au-dessus de la face supérieure du muscle et s'ouvre immédiatement à la face postérieure de l'oreillette droite ; le péricarde Tentoure en ce point d'un anneau presque complet; le feuillet fibreux se prolonge sur elle comme sur la veine cave supérieure.

Veines collatérales, — Nous avons signalé les veines sus-hépatiques

602 CAVES (VEIRES). — ANATOMIE.

et les rénales. Nous ajouterons seulement que les premières forment deux groupes : les unes, petites, se rendent à la veine cave dans tonte l'étendue de ses rapports avec le foie; les autres, très-volumineuses e( généralement au nombre de deux, ont leur embouchure immédiatement au-dessous du diaphragme. Quant aux rénales, elles se réunissent à la veine cave vers sa partie moyenne. Les autres collatérales sont les Teines lombaires, les capsulaires moyennes, les diaphragmatiques inférienres, les testiculaires et les utéro-ovariennes. Presque toutes sont perpeediculaires au tronc qui les reçoit, excepté les deux dernières qui s'y jetlnità angle aigu; souvent la testiculaire ou Tutéro-ovarienne gauche se rend à la rénale, circonstance qui a été invoquée par Morgagni et A. Cooper pour expliquer la plus grande fréquence du varicocèle de ce côté.

Anastomose. — Il nous reste à signaler les anastomoses entre la Teine cave et Tazygos, étudiées dans toutes leurs variétés à l'article Aztgos, et les communications que Cl. Bernard a observées, chez le cheval et chez plusieurs mammifères, entre la veine porte et la veine cave inférieure.

D'après ce physiologiste, un certain nombre de branches de petit calibre, parties de la veine porte, traversefiaient la substance hépatique intermédiaire à ce vaisseau et à la veine cave intérieure, et s'ouvriraient dans celle-ci par des orifices parfaitement nets, après avoir rampé quel-

FiG. 158. — Portion d'un foie de cheval, vu par sa lace inicrieure, pour monlrer une nouvelle espèce de communications vasculaires direcles qui existent entre la veine porte hépatique et la veine cave inférieure, au moment de sa pénciralion danslefoic — V P, Tronc de la veine porle hépali'que. — V C, Tronc de la veine cave inférieure, s'élargissant et présentant une struaure musculaire très-prononcée dans toute sa portion hépatique. — A, Branche de la veine porte hépatique se détachant de son tcooc et allant se ramifier sur la face externe de la veine cave inférieure, à la manière des vasa vasorumf mais offrant cette singulière disposition, que la plupart des rameaux. au lieu de se terminer en capillaires, pénètrent brusquement en a a' a" dais U ctnlé de la veine cave intérieure, s'insinuant entre les fibres musculaires qui constituent sa paroi, et établissant ainsi une communication entre le sang de la veine cave inférieure et celui de la veine porte hépatique.

CAVES (VEIMES). — AHATOMIE. 605

que temps dans Tépaisseur de ses parois, comme des vasa vasorum. La &gure 158 donnera une bonne idée de cette disposition.

Chez d'autres mammifères, ces anastomoses, au lieu de s'ouvrir directement* dans la veine cave, comme chez le cheval, se rendent aux veines sus-hépatiques, avant leur sortie du foie ; enfin, chez Thomme, elles seraient représentées, d'après Cl. Bernard, par des rameaux de la veine porte, qui, au lieu de se ramifier dans les lobules du foie, se rendraient directement aux branches des veines hépatiques, qui en émergent ou serpentent entre eux. Nous verrons plus loin le rôle supposé de cette circulation spéciale.

ANOMALIES. — Ponsot a constaté sur un chien l'absence de la veine cave inférieure; elle était suppléée par Tazygos énormément dilatée. Nous ayons signalé les anomalies par inversion ; Chassaignac a vu un cas de transposition incomplète, qui portait entre autres organes sur la veine cave inférieure, et J. Cruveilhier Ta rencontrée une fois à gauche de l'aorte sans qu'il y eût sur le même sujet aucune autre anomalie de position.

Les faits de veine cave double ne manquent pas dans la science. Nous noterons ceux qu'ont rapportés Jagorski, J. Cruveilhier, Wilde, Leudet et Lagneau. Bans tous on peut reconnaître une réunion tardive des deux veines iliaques primitives et, selon que l'anomalie est plus ou moins profonde, la jonction se fait plus ou moins haut. J. Cruveilhier rapporte une disposition anomale très-remarquable; la veine cave traversait l'orifice aortique du diaphragme, suivait la colonne vertébrale jusqu'à la partie supérieure de la poitrine, recevait l'azygos et les troncs brachiocéphaliques, et décrivait une courbure analogue à celle de l'aorte pour aller à l'oreillette droite; en un mol, elle allait rejoindre la veine cave supérieure pour former avec elle un tronc commun. Quant aux veines sus-hépatiques, elles se rendaient séparément à l'oreillette droite. Enfin Morgagni a vu les veines sus-hépatiques s'ouvrir dans la portion péricardique de la veine cave inférieure; Abernethy, Lawrence, Huber ont trouvé la veine porte s'y jetant directement sans passer par le foie ; l'abouchement des veines sus-hépatiques dans l'oreillette gauche a été mentionné par Breschet et une disposition semblable de l'orifice de la veine cave est relatée par Ring.

Caractères communs av>x deux veines caves. — Des caractères communs rapprochent ces deux vaisseaux ; en premier lieu certaines particularités de structure, en second lieu l'absence de valvules. Tous deux sont remarquables par la grande épaisseur de leur tunique interne, par le développement assez considérable de la tunique moyenne, excepté dans la portion de la veine cave inférieure qui est en rapport avec le foie, où elle semble faire défaut ; en outre, la tunique adventice est pourvue de faisceaux longitudinaux, qui se prolongent jusqu'à la clavicule, sur la veine cave supérieure, et jusqu'au diaphragme, et même beaucoup plus bas chez certains animaux, d'après Cl. Bernard, sur la veine cave inférieure. Ce dernier vaisseau reçoit, d'après Salter, des rameaux d'un ganglion du grand sympathique, situé au-dessous du diaphragme.

6M CAVES (vKiHEs). — PHYSIOLOGIE (oéveloppemeut).

Les valvules manquent entièrement dans les veiiœs caves. On ne peut donner ce nom aux deux replis qui limitent Torifice cardiaque de ta -veine supérieure ; quant au sphincter qui Tentoure, il est incapable par sa contraction de s'opposer au reflux du sang. '

L'embouchure de la veine cave inférieure est munie à sa partie déchre d'un repli, dont le bord libre flotte dans Toreillette, et dont la facepostéro-supérieure se continue avec la paroi veineuse; c'est la valTule d'iostachi; mais nous ne trouvons pas davantage dans cette dispositioaiDatomique les caractères d'une véritable valvule.

La veine cave inférieure n'est donc pas plus à Tabri du reflux da m> dans sa cavité.

Il n'existe, dans l'intérieur de celle-ci, aucun repli valvulaire, au moins chez Phomme; c'est seulement chez le cheval et quelques autres amiBni que Ton trouve deux valvules au-dessous de l'embouchure desveiiKs rénales. Les orifices des veines sus-hépatiques en sont presque toajoois dépourvus, excepté chez le fœtus, tandis que ceux des veines rénales en présentent assez souvent, d'après M"" Donnell.

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