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cliet qui les fait secrètement résonner par le contact d'une roue tournant sur elle-même, suivant l'impulsion de la manivelle et du petit davier. Cet instrument, dont lorigine est très-ancienne, fut renouvelé vers le onzième siècle, époque à laquelle il eut une trèsgrande vogue. On l'appelait alors si/phonie, cifonie ou cifoine, et. plus tard, le père Joubert lui donna le nom de samhuca rotata. Il servait alors aux trouvères et aux ménestrels, mais aujourd'hui il a pris une toute autre destination. L'honneur de servir d'orchestre aux nocturnes représentations de la Pièce curieuse, dite Lanterne magique, est partagé par la vielle et l'orgue de Barbarie, digne couple, tout à la fois objet de la malédiction des oreilles délicates et la providence des pauvres Auvergnats.
VIELLEUR, VIELLEUSE, s. m. et f. — Celui ou celle qui joue de la vielle.
VILLANELLE, s. f. — Sorte de danse assez ancienne, en usage dans quelques campagnes. — Air de cette danse. — Morceau de musique dans le genre pastoral, qui rappelle celte sorte de danse.
VINE, VINA, s. f. — L'un des instruments à cordes les plus anciens et les plus répandus de toute l'Inde. Son invention est attribuée à Nareda. Une jeune fille jouant de cet instrument est représentée dans l'une des douze constellations du zodiaque indien. Il est bon de rappeler cette particularité, qui peut aider l'antiquaire dans ses recherches sur la vina et le mettre sur les traces de son origine. C'est un gros bambou de la longueur d'un mètre 9 centimètres, à chacune des extrémités duquel a été fixée une grosse gourde auprès de laquelle on a eu soin de ménager l'espace nécessaire, d'un côté pour le chevillier, et de l'autre pour le chevalet ou porte-cordes. Les
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gourdes ont 33 centimètres de diamètre. La vina est montée sur sept cordes en acier et en laiton.
VIOLE, s. f. — Instrument à cordes et à archet, très-ancien, car Philostrate, qui enseignait la musique à Athènes du temps de Néron, en fait une description assez détaillée sous le nom de lyre à archet. Les premières violes connues en France eurent d'abord cinq cordes, procédant de quinte en quinte, du do grave au mi; c'étaient des instruments à peu près de la dimension du violoncelle d'aujourd'hui. Mais par la suite on diminua son volume et on y ajouta une sixième corde , puis une septième , et enfin d'autres encore, selon le caprice des facteurs ou des musiciens; si bien qu'il nous reste encore des violes du quinzième ou seizième siècle ayant jusqu'à onze cordes et plus. La viole moderne, que nous appelons improprement alto, a été réduite au nombre de quatre cordes comme le violon, procédant de quinte en quinte, du do au la. Cet instrument sert de partie intermédiaire entre le violon et le violoncelle.
VIOLE, s. m. — Jeu d'orgue avec tuyaux à bouche. VIOLE (Basse de). — (Voy. Basse de Viole.) Viole bâtarde. — Espèce de viole très-ancienne; elle eut d'abord sept cordes et puis six.
VIOLE D'A.MOUR, s. /'. — Autre genre d'ancienne viole, plu>
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grande que la viole ordinaire et ayant un manche plus développé. Elle avait sept cordes : snl, clef de basse, do. sol, do, mi, sol , do, toutes dans l'accord parfait à'ut majeur, et plus tard sol, do, mi, la, ré, sol, do.
VIOLICEMBALO, s. m. — Espèce de clavecin organisé, inventé en 1609 par Jean Haydn de Nuremberg.
VIOLISTE, s. m. — Musicien qui joue de la viole ou de l'alto.
VIOLON, s. m. — Inslrument à cordes et à archet, le plus utile et le plus important de tous dans la symphonie, et sans lequel la symphonie n'existerait même pas. Il est monté sur quatre cordes, dont trois de boyau et une de soie recouverte en fil de métal, lesquelles font entendre à vide les notes suivantes : sol, ré, la, mi. Son étendue est de plus de quatre octaves; il soutient les voix, guide le chant et dirige l'orchestre, dont il est Tàme et le nerf.
L'origine du violon remonte au douzième siècle; mais, depuis ce temps-là, de si grands perfectionnements lui ont été apportés que le peuple indien, d'où il nous est venu en ligne directe, n'a plus rien à nous en réclamer, et, tel que nous le voyons aujourd'hui, nous ne pouvons guère attribuer l'honneur de son invention qu'aux Européens du seizième siècle. Quoi qu'il en soit, par l'étendue de son échelle, par l'élégance de sa forme, l'utilité de son emploi et la souveraine puissance de ses sons, il a été justement proclamé, dans le monde musicien, le roi de tous les instrnments.
Voici la liste, par ordre chronologi(jue, des plus célèbres facteurs de violons dont les noms et les instruments sont restés en grande réputation dans le monde artistique et industriel :
Gaspard de Saalo, de Brexia. Il ûorissait vers l'an 1.500.
Amati (Antoine), de Crémone. Vers l'an 1600.
Stradivarius (Antoine). Vers l'an 1700. 11 continua de fabriquer jusqu'en ITiO.
Stradivarius (François), de Crémone, fils du précédent. Vers 1742.
Bergonzi (Carie), de Crémone. Vers l'an 1735.
Guarnerius (Joseph), de Crémone. Vers l'an 174-5.
Bergonzi ( Rlichel-Angelo ) , fils de Carie , de Crémone. Vers l'an 1755.
Tous les instruments de ces facteurs célèbres sont ti'ès-recherchés
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par les amateurs, non-seuleraetit comme objets de curiosité rares, mais aussi comme ouvrages d'une perfection supérieure.
M. C. Jacquot, facteur de Nancy, établi depuis peu à Paris, en fait aujourd'liui des imitations remarquables, très-estimées parmi les artistes. Il a obtenu pour ces sortes de fabrications, aux diverses expositions qui se sont succédé, plusieurs prix et plusieurs médailles. Mais les plus anciens, les plus habiles facteurs de violons à Paris sont MM. Vuillaume, Tliibout, Bernardel etC'e.
Violon moderne. Violon en écaille de Lulli ; pièce rare.
Même pièce avec se incrustations en or.
Ces deux derniers modèles ont été pris dans la collection de M. Clapisson.
VIOLONARO, s. m. — C'est le nom que M. Castil-Blaze voudrait que l'on donnât au violonar monstre dit octo-basse de M. Vuillaume. Nous sommes assez bien disposé à approuver cette variante, par les motifs exprimés dans nos articles violonet et violonar, auxquels nous renvoyons le lecteur ainsi qu'au mot octo-basse, pour l'explication de l'instrument.
'VIOLON.\R, s. m. — C'est le nouveau nom que M. Castil-Blaze voudrait voir adopter pour la contre-basse , dont le terme distinctif est trop vague et que les instruments de cuivre se sont d'ailleurs appropriés depuis quelque temps. Cet instrument, aujourd'hui plus que jamais indispensable dans les orchestres symphoniques, est monté sur trois ou sur quatre cordes, mais en France le plus ordi-
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nairement sur trois. Sur trois cordes, il procède par quintes à partir du contre-sol grave [sol, ré, la); sur quatre , il rend à vide es notes suivantes : mi, la, ré, sol, qui montent de quarte en quarte. C'est surtout en .MIcuiagne et dans les orcliestres du Conservatoire de musique à Paris, que l'on fait usage du violonar à quatre cordes. (Voy. Ucto-b.vsse , Violonet.)
VIOLONAUISTE, s. m. — Musicien qui joue du violonar. (Voyez ce mot.)
V10L0Nx\RlUM, s. m. — (Voy. Violonaro et Octo-basse.)
VIOLONE, s. m. — Grande basse de viole. C'est le nom que l'on donnait autrefois ù un instrument à archet et à sept cordes, de grande dimension, lequel fut modifié depuis et qui est remplacé aujourd'hui par la contre -basse, autrement dite violonar. (Voyez ce dernier mot.)
VIOLONEAU, autrement dit CONTRALTO du violon, s. m. — Voici encore un nouveau-né dans la grande et illustre famille des violes. L'invention toute récente de cet instrument est due à M. Vuillaume, auteur de Vocto-basse autrement dite violonaro ou violonarium.
Cette nouvelle productit^n d'un des plus habiles luthiers de Paris répond à un besoin réel dont la réalisation remplit un vide entre l'alto-viole et le violoncelle, auquel une deuxième partie d'alto ne saurait suppléer.
La viole, qu'on appelle aujourd'hui improprement alto, est le seul des instruments à archet dont les dimensions n'ont jamais été fixées d'une manière bien exacte, ni par les luthiers anciens, ni par les modernes. C'est dans la seconde moitié du seizième siècle qu'il paraît avoir pris naissance. Les premières violes, nous l'avons dit, furent d'abord d'une très-grande dimension, et l'on en jouais comme on joue du violoncelle ; mais cette dimension a été depuit tellement réduite que le timbre et la sonorité de cet instrument se confondent aujourd'hui presque entièrement avec ceux du violon. Il s'agissait donc de trouver un véritable milieu, un centre réel qui pût servir de point ou de lien intermédiaire entre les extrémités de l'échelle vibrante. C'est ce qu'a essayé de faire M. Vuillaume , et tout porte à croire qu'il aura atteint son but.
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Les tentatives qu'on avait faites jusqu'à ce jour pour reproduire le timbre grave et sonore des anciennes grandes violes, ou s'en rapprocher un peu du moins, n'avaient pas été heureuses, et il n'en pouvait pas être autrement à cause de la longueur des cordes, qui ne se trouvaient po;nt en rapport avec l'accord de l'instrument. M. Vuillaume parait avoir aplani cette difficulté grande , par une combinaison dans les dimensions moyennes de Stradivarius qui , en réunissant les longueurs de cordes et de patron à l'avantage d'une capacité intérieure , suffisent pour produire un timbre grave et une belle sonorité tels que son nouvel instrument, comme partie intermédiaire, occupe mieux que jamais exactement sa place entre le violon et le violoncelle.
Le violoneau ou conti-alto-viole se joue de la même manière que Yalto d'aujourd'hui et rend à vide, sur ses quatre cordes, les mêmes notes que lui. ut, sol, ri, la. O'oy. Viole, "Violo>'et, Octo-Basse, VlOLONAB, etc.)
'VIOLONET, s. m. — C'est le nom d'un nouvel instrument à archet imaginé par M. Batanchon. Il tient le milieu entre la viole et le violoncelle. M. Castil-Blaze a plusieurs fois émis le vœu , assez judicieusement à notre avis, de voir désormais conserver les noms des instruments de musii|ue dans toute leur intégrité étymologique. Il a prouvé les inconvénients graves qui pouvaient résulter de leur déclassement et fait entrevoir la nécessité de les ranger scrupuleusement en famille. Selon lui les mois alto, quinte, contrebasse, etc., dans le domaine desquels les instruments de cuivre et