COL
CODA , s. m. — Queue. C'est une espèce de période finale que l'on place à la fin de certains morceaux de musique instrumentale, et principalement des airs variés, afin de les terminer d'une manière plus décisive et plus éclatante.
COLACHON, s. m. — Sorte de mandoline à long manche , très en vogue dans certaines contrées de l'Italie. Cet instrument a six cordes comme la guitare, et l'on en joue, soit avec les doigts, soit avec une plume taillée en forme de cure-dent.
Le modèle qui suit a été pris sur un original qui figure dans la collection de M. Clapisson.
COL-ARCO ou CON L'ARCO , avec l'archet.— Indication pour la musique de violon, viole, violoncelle, contre -basse, etc., qui signifie qu'après avoir pincé les cordes avec le pouce de la main droite, il faut reprendre l'archet et filer les sons. (Voy. Signes.)
COLISON, s. ?«. — Instrument de percussion et à cordes de boyaux que l'on fait vibrer au moyen de petites baguettes en bois dur. Il a été inventé en Pologne vers le commencement du dixhuitième siècle.
COLISSONCINI ou COLOCONCINI, s. ?n. — Espèce de mandoline à très-long manche et à deux cordes, dont on se servait encore au dernier siècle dans le royaume de Naples. C'est l'origine du colachon qui n'en est qu'un perfectionnement. (Voy. CoLAcnoN et la figure qui l'accompagne.)
COLLECTE, s. /". — Sorte d'oraison que le prêtre officiant chante à la messe avant l'épître.
COLOPHANE , s. f. — On appelle ainsi un résidu de la résine distillée et qui sert à frotter les crins des archets de certains instruments à cordes, tels que violons, violoncelles, etc. La colophane a pris son nom de la ville de Colophone , en lonie , où elle a été fabriquée pour la preniière fois.
COLORIÉ , E , adj. — Quelques personnes employent ce terme dans le langage musical. Elles appellent musique coloi'iée celle que le compositeur s'est efforcé de varier dans ses effets, dans son expression et dans ses nuances.
COLORIS, s. m. — Degré d'expression que le chanteur doit imprimer à sa voix selon les sentiments imposés par la situation.
COMiMA, s. m. — C'est le plus petit des intervalles sensibles. Il fut imaginé eu 32i avant Jésus-Christ, par Aristoxcne de Tarente, disciple d'Aristote. Les musiciens ont appelé improprement le comwa quart de ton ; il n'y a pas de rapport aussi simple entre le ton et le
comma. Ainsi le ton majeur vaut en commas majeurs 9,481
et le ton mineur 8,481
Lecomma est en réalité la différence qui existe entre le ton majeur et le ton mineur. On peut voir dans ce Dictionnaire, au mot intei-valle, que la valeur de celui-ci n'est pas autre chose que le rapport qui existe entre le nombre de vibrations correspondant à deux tons donnés. Or, la différence entre deux intervalles s'obtient en divisant la fraction qui représente le plus grand par celle qui représente le plus petit. Ainsi, par exemple :
9/8 qui est le rapport du ton majeur divisé par 10/9, qui est le rapport du ton mineur, égale 81/80, qui est le rapport du comma.
Rameau, dans son Traité (Tharmonie, arrive au comma d'une autre manière. Si nous montons de douzième en douzième à partir de y ut , nous aurons les notes suivantes :
Ut, sol, ré, la, mi, représentées par les nombres 1,3,9,27,81.
Si nous montons d'abord d'une dixième à partir d'ut, ce qui nous donnera «if, mi; puis de quatre octaves à partir de ce mi, nous aurons :
ut, mi, mi, mi , mi , mi, 1, 5, 10, 20, 40, 80.
Dans les deux cas, nous aurons monté de quarante-huit degrés. La première marche nous conduira à un 7ni, représenté par. . . 81
La deuxième 80
Or, la diilérence entre les deux mi est le comma majeur.
On distingue aussi deux autres conimas . le comma maxime ou comma de Pythagore.
C'est l'excès du si | obtenu en prenant la douzième quinte A'ut sur Vut naturel, obtenu en prenant la septième octave de Vut qui a servi de point de départ dans la marche précédente ;
Et enfin le comma mineur : celui-ci est égal à :
C'est l'excès du demi-ton majeur sur le ton mineur.
Quelques musiciens appellent ces comnias: comma syntonique et comma diatonique.
COMACHIOS. — Sorte de nome pour les flûtes chez les anciens Grecs.
CÛME SOPRA. — Comme ci-dessus.
COMES. — Echo, redite ou répétition d'un thème de fugue exprimé dans un autre ton.
COMIQUE , s. m. — Le comique est cette partie de la mélodie d'un opéra ou d'une scène lyrique dans lesquels le compositeur a pris à tâche d'exprimer par certaines tournures musicales gaies , vives et animées, les passions les plus intimes et les plus populaires de la vie humaine. — Adj. des deux genres. — Gqmtc comique , scène comique , opéra comique. Grétry , l'un des plus féconds de nos compositeurs dramatiques, peut être cité comme modèle dans l'art difficile de grimer la musique.
COiMIQUE, adj. des deux genres. — Plaisant , qui prête à rire, etc. — Chanson comique, genre de chanson ou de chansonnette qui est en très-grande vogue depuis quelque temps. Exciter le rire et disposer l'auditeur à la bienveillance en provoquant sa bonne humeur , tel a été sans doute le but de ceux qui ont mis les premiers à la mode dans nos concerts ce genre de musique grotesque, genre auquel l'ItaUe a donné naissance. Ce sont le plus ordinairement des
pières mêlées de scènes drolatiques , de chants parlés et même de simples récits sans vocalisation. Il n'y a guère plus aujourd'hui à Paris de concert ou de matinée musicale qui ne soient joyeusement couronnés d'un ou plusieurs de ces morceaux, dont M. Levassor est un des plus habiles interprètes.
COMIR, s. m. — Les comirs étaient autrefois dans certaines contrées méridionales, et notamment en Provence, des chanteurs comiques, des histrions , qui débitaient dans les villes la musique des troubadours.
COMMISSURE, s. /'., de commissura. — Mot latin qu'on employait autrefois en musique pour exprimer certaine union harmonique de sons.
COMODO. — Commodément, avec aisance. (Voy. MomT:MENT.)
COMPENSATEUR, s. m. — C'est un mécanisme au mojen duquel, en tournant un petit bouton qui allonge spontanément les coulisses des pistons dans certains instruments de cuivre , on les met aussitôt d'accord avec le ton dans lequel on veut jouer. Ce nouveau système donne àl'e.xécutant le moins expérimenté la faculté de jouer de son instrument avec le plus de justesse qu'il est possible. On en doit le perfectionnement à Jl. Gautrot.
C0MPL.\1XTE , s. f. — Sorte de chanson ou romance populaire d'un genre pathétique. Son sujet est ordinairement le récit de quelque histoire lamentable , et son caractère doit être simple et naïf.
COMPLÉMENT, s. m. — Le complément d'un intervalle est l'intervalle qui lui manque pour arriver à l'octave. Ainsi, par exemple , la tierce peut être le complément de la sixte ; la quarte de la quinte, etc.
COMPLIES , subs. fem. pi. — La dernière des sept heures canoniales, dont les prières se chantent après vêpres, dans l'église romaine.
COMPONIUM, s. m. — Instrument dont le mécanisme, par une combinaison admirable dont les secrets sont morts avec son auteur, improvisait des variations inépuisables, au dire de Catel lui-même, qui en fit dans le temps son rapport à l'Institut. Ce mccani.sme était appliqué à un orgue d'une remarquable beauté. L'inventeur de ce
singulier instrument, qui le fit connaître vers 1820, est un mécanicien liollandais nommé Vinkel.
COMPOSÉ, E, odj. — Ce mot a plusieurs applications en musique. On appelle intervalles composés : l» ceux qui peuvent être divisés en plusieurs moindres intervalles. Ainsi, par exemple, la quinte est composée de deux tierces , la tierce de deux secondes, etc.; 2° ceux qui passent l'étendue de l'octave, tels que la neuvième , la dixième , la douzième, etc., etc.; 3° on appelle aussi quelqueibis mesures composées celles qui sont marquées par plusieurs chiffres, mais que l'on nomme aussi plus judicieusement mesures divisées. (Voy. ce mot.)
COMPOSÉ (CuANT.) — (Voy. CuANT figuré.)
COMPOSER, îj. a. — Imaginer, créer de la musique nouvelle pour tel ou tel instrument, ou pour plusieurs instriunents réunis, appliquer de la nouvelle musique à telles ou telles paroles données. (Voyez ci-après Coaipositeuh , etc.)
COMPOSITEUR, s. m. — Musicien qui compose de la musique, selon les règles de l'harmonie et du contrepoint. On peut les diviser en plusieurs classes de genres bien différents , qui sont : 1» les co7npositeurs dramatiques, c'est-à-dire ceux qui travaillent pour l'opéra; 2° les symphonistes, ou ceux qui composent des symphonies; 3° ceux qui ne composent que des trios, des quatuors, des quintetti, etc., etc., et que nous appellerons instrumentalistes ; k-" les théoriciens ou rfî'f/f/c^e'ci'ens, c'est-à-dire ceux qui composent des méthodes , des solfèges ou autres traités concernant l'enseignement de la musique ; 5° les compositeurs de musique de bal et de danse, que nous appellerons cAore^rrtyjfti's^es; et enfin les romanciers , mélodiciens, chansonniers, c'est-à-dire ceux qui composent des romances , des mélodies, des chansons, etc., etc. (Voy. Musique.)
COMPOSITION, s. f. — L'art du compositeur ou son œuvre luimême. Ce mot, parmi les artistes musiciens , est souvent employé comme synonyme de musique. (Voy. Compositeur, Génie, Harmonie, Contre-Point, etc.)
CON-BRIO. — Avec vivacité , bonne grâce, force et éclat. (Voyez Mouvement.)
CONCERT, s. m. — On appelle ainsi toute réunion de musiciens,
artistes ou amateurs , appelée à exécuter des morceaux de musique vocale ou instrumentale, tels que des ouvertures et des symphonies, des concertos, des duos, des trios , des chœurs, avec accompagnement de piano ou d'orchestre. Le choix de ces morceaux , le bon goût des exécutants, un habile chef pour diriger les chanteurs et les instrumentistes , appelés à faire de toutes ces parties réunies un ensemble plus ou moins parfait, telles sont les conditions indispensables à observer pour arriver au but qu'on se propose d'atteindre dans ces sortes de réunions; car elles ne souffrent pas la médiocrité, et la pire chose au monde, après un concert d'amateurs, c'est un mauvais concert. — En Italie, un concert se nomme Academia.
CONCERT SPIRITUEL. — Celui où l'on n'exécute que des motets , des oratorios et des morceaux de musique d'église ; mais où la musique d'opéra, dite musique profane, est exclue rigoureusement.
CONCERTANT , E , adj. — Ce mot s'emploie adjectivement dans certaines spécialités de musique où deux ou plusieurs instrumentistes exécutent alternativement le chant , les solo et les traits. Duo concertant , symphonie concertante.
CONCERTE , E, adj. — Qui se chante avec accompagnement de l'orchestre. Un psaume concerté , une messe concertée.
CONCERTER , v. a. et n. — Vieux mot qui signifiait autrefois faire sa partie dans un concert. Il veut dire encore quelquefois aujourd'hui , répéter un morceau de musique pour se préparer à l'exécuter.
CONCERTINA ou CONCERTINE, s. /•. — Instrument à anches libres et à clavier, de la famille des accordéons. On en trouve de très-bonnes chez MM. Alexandre et fils, et chez M. J. Jaulin.
CONCERTINISTE , s. m. — Musicien qui joue de la concertine.
CONCERTINO , s. m.— Petit concerto. — On donne aussi ce nom en Italie, à la partie du premier violon destinée au chef d'orchestre , dans laquelle se trouvent marqués tous les passages obligés des instruments.
CONCERTISTE. — subs. des deux genres. — Celui ou celle qui joue ou qui chante dans un concert.
CONCERTO , s. m. — Mot italien francisé. On appelle concerto
7i • CON
une sorte de pièce de musique composée pour tel ou tel instrument, et destinée à être exécutée par un seul musicien principal que tout le reste de l'orchestre accompagne, sotto voce ; ces sortes d'exécutions exigent beaucoup de talent et sont ennemies de la médiocrité. On dit au pluriel des concertos. (Voy. Franciser.)
CONGOUDANT , s. m. — Nom que l'on donnait autrefois au genre de voix que l'on appelle aujourd'hui baryton. C'était la partie vocale qui tenait l'intermédiaire entre la basse et la taille ou ténor, et qui les réunissait même quelquefois toutes deux.
CONCOURS , s. m. — On appelle concours musical cette sorte de tournoi spirituel où les jeunes artistes musiciens, instrumentistes ou compositeurs, viennent lutter de science , de verve ou de talent , à l'effet d'établir leur supériorité musicale, soit dans l'exécution, soit dans la composition. \S Annvaire musical, revue annuelle de la musique, a ouvert plusieurs concours de ce genre. — C'est aussi une réunion de connaisseurs jurés dans laquelle une place vacante, soit dans un théâtre, soit dans une académie, est mise aux voix après .l'essai des concurrents.
CONDUIT, s. m. — C'est dans l'orgue le tube conducteur à l'aide duquel le vent passe des soufllets dans les sommiers.
CONDUITE , s. f. — Conduite se dit en musique de cet ordre , de cette direction et de cet enchaînement qu'il faut savoir établir dans la disposition d'une composition musicale. C'est l'art de lier, de coordonner et d'agencer une idée principale avec les idées accessoires qui en dérivent, de telle sorte que toutes ces parties réunies ensemble avec art , constituent un tout identique et homogène. (Voy. Unité.)
CON ESPRESSIONE. — Avec expression. (Voy. Mouvement.)
CON GUSTO. — Avec goût. (Voy. Mouvement.)
CONFITEBOR TlBl DOMINE. — Psaume. On en distingue quatre , écrits en quatre tons différents, savoir : le premier qui se chante le dimanche a vêpres; le second le jour de la circoncision; le troisième le jour de l'ascension ; et le quatrième aux vêpres des morts.
CONJOINT , E , adj. — Degré conjoint, intervalle conjoint. En musique, on donne ce nom aux notes qui se suivent immédiate-
ment dans l'échelle diatonique, par opposition au mot disjoint qui s'applique à celles séparées entre elles par des intervalles plus ou moins éloignés, tels que la tierce, la quarte, la quinte, la sixte.
Dans la musique des Grecs, ce mot s'applique aussi au système de leurs tétracordes, qui se divisaient eu deux catégories, les conjoints et les disjoints. Quand deux tétracordes successifs étaient disposés de telle manière que le son le plus aigu du premier était le même que le son le plus grave du second, comme les deux suivants :
si ut ré mi fa sol la
On les appelait tétracordes conjoints; mais quand le son le plus aigu du premier différait du son le plus grave du second : mi fa sol la si ut ré mi
on les nommait alors disjoints.
CONQUE, s. f. — Coquille en spirale qui, suivant la mythologie, servait de trompette aux tritons.
CONSERVATOIRE, s. m. — C'est le nom que l'on donne aux grandes écoles spéciales de musique, parce que ces sortes d'établissements publics sont destinés à propager et à conserver l'art dans sa théorie et dans sa pratique.
Le Conservatoire de musique de Paris ne date que de 1789, époque de réforme et de transformation en toutes choses. Quelques années auparavant, en 178i, le baron de Breteuil avait établi, aux Menus- Plaisirs, V Ecole royale de chant et de déclamation , destinée à former des élèves pour le Grand-Opera, qui antérieurement et jusqu'à cette époque avait recruté ses chanteurs dans les maîtrises des cathédrales. Gossec, Rléhul et Chérubin! furent les premiers chefs de cet établissement, qui a rendu les plus grands services à l'art et formé, sous les divers maîtres qui l'ont dirigé depuis, une multitude d'excellents chanteurs et d'habiles instrumentistes. Le Conserva- ^ taire impérial de musique et de déclamation a son siège à Paris, rue du Faubourg-Poissonnière, 15. Il compte aujourd'hui plus de 400 élèves. C'est M. Auber qui en est le directeur.
CONSONNANCE, s. f. — Dans son acception la plus étendue,
ce mot représente l'accord de deux ou plusieurs sons dont l'union plaît à l'oreille. — Dans une acception moins générale, mais plus théorique, il s'applique à tout intervalle consonnant. Les intervalles consonnants sont la tierce, la quinte, la sixte et l'octave. Les intervalles dissonnants sont la seconde et la septième. Quant à la quarte, comme elle n'est qu'un renversement de la quinte, elle devrait être considérée comme consonnancc ; mais son effet étant beaucoup moins agréable que celui de la quinte, il vaut mieux la classer parmi les dissonuances. Il y a deux sortes de consonnances , les parfaites et les imparfaites. Les consonnances parfaites sont celles dont l'intervalle ne varie point, telles que la quinte et l'octave ; les consonnances imparfaites, celles qui peuvent être modiliées et devenir majeures ou mineures, telles que la tierce et la sixte. (Voy. Accord.)
CONSONNANT, E, adj. — On appelle intervalle consonnant, accord consonnant ceux qui ne produisent que des consonnances ou ne sont composés que de consonnances. (Voy. Consonnance.)
CONSONNANTE, s. f. — Instrument qui tient du clavecin et de la harpe. C'est la table d'harmonie du clavecin posée verticalement sur un piédestal et pincée avec les doigts. Cet instrument, dont on attribue l'invention à l'abbé Dumont, n'est plus d'usage aujourd'hui : il avait quelque rapport avec \e psalterion. (Voyez ce mot.)
CONSTANT ACGUKD (Piano a). —(Voyez Contre-tirage).
CONTRAIRE, adj. — En termes de contrepoint, les mouvements contraires sont ceux par lesquels une partie suit une marche ascendante, tandis que l'autre descend, et vice versa, |)ar opposition aux mouvements directs, dans lesquels les parties harmoniques montent ou descendent également.
CONTRALTO, s. m. — Voix de femme ou de castrat, intermédiaire entre le soprano ou voix aiguë de femme, et le ténor ou voix aicuë d'homme.
CONTRASTE, s. m. — Tout le charme et toute l'expression de la musique consiste dans l'emploi des contrastes, c'est-à-dire du rapprochement ménagé avec art des forte et des piano.
CONTRE-BASSE, s. f., autrement dit VIOLONAR , s. m.— Grosse basse des \iolons, dont les notes exécutées sur la clef de fa, comme au violoncelle, sonnent l'octave au-dessous de celui-ci. Elle n'a que trois cordes, qui procèdent par quinte à partir du sol grave.
(\^0y. VlOLONAR.)
CONTRE-BASSE en cuivrs ou BASSE-MONSTRE. — Un des plus graves et des plus volumineux de tous les instruments de cuivre qui aient pu jusqu'à ce jour être adoptés pour la musique militaire. Le modèle suivant n'en est qu'une réduction et n'est rapporté ici que pour en indiquer la forme. C'est M. Besson, facteur d'instruments de cuivre à Paris, qui en est l'inventeur. Le même facteur a fait aussi. pour l'Exposition universelle de 1855. une pièce de ce genre qui surpasse en granileur toutes ses aînées. (Voy. Tromboton.\.ui.)
CONTRE-BASSON, s. m. — Instrument en cuivre à quinze clefs et à anche, avec pavillon évasé. 11 sonne l'octave inférieure du basson. On le trouve à Paris, chez Schubert, successeur de Adler, facteur d'instruments à vent.
CONTRE-CHANT, s. m. — (Voy. Contrepoint.) CONTREDANSE, s. f. [country-dances). — L'étymologie de ce mot est anglaise. C'est le tutti de la danse, c'est-à-dire la danse à huit, à seize et quelquefois même à trente-deux personnes, et qui, depuis un demi-siècle environ qu'elle nous est venue d'Angleterre pour détrôner le menuet et autres pas de caractère qu'on dansait alors, est encore en grande vogue aujourd'hui dans les bals et dans
les salons français. Elle se note à 2,4 ou à 6/8 et se divise en deux reprises de huit mesures chacune. Cette danse est le plus souvent composce de quatre figures ainsi désignées : le pantalon, Yété, la (rénisse et la pastourelle, suivies de galops, rondes, etc. On l'appelle aussi et plus communément quadrille.
CONTRE- PARTIE, s. f. — Partie de musique opposée à une autre , ou plus particulièrement chacune des deux parties séparées d'un duo.
CONTREPOINT, s. m. — On donne ce nom à la science de la composition musicale, autrement dite harmonie. L'étymologie de ce mot vient de ce qu'autrefois les notes ou signes des sons étaient de simples points, et qu'en écrivant plusieurs parties ces points étaient placés l'un sur l'autre ou l'un contre l'autre.
On distingue plusieurs sortes de contrepoints principaux, lesquels se subdivisent encore entre eux. Les deux contrepoints principaux sont : — 1° le contrepoint simple ou syllabiqite, lequel n'est autre chose que le faux-bourdon (voyez ce mot); — 2° le contrepoint double, e'est-à-dire celui dont les deux parties principales, celle du chant et celle de la basse, peuvent se renverser réciproquement.
CONTREPGINTISTE, subst. des deux genres. — Celui ou celle qui s'exerce dans la science du contrepoint. (Voyez ce mot.)
CONTRE- SENS, s. m. — On commet un contre-sens en musique, soit dans la composition, soit dans l'exécution, toutes les fois que l'on émet ou que Ion exprime une pensée contraire à celle qui doit être rendue en réalité.
CONTRE -SUJET, s. m, — Partie de la fugue qui vient après le sujet et qui par conséquent se chante avec la réponse. (Voy. Fugue.)
CONTRE-TEMPS, s. m (Mesure a). — On appelle ainsi, en musique, la mesure dans laquelle on pose sur le temps faible et où l'on glisse sur le temps fort. — Air à contre-temps , passage a. conti'e-temps , ceux dans lesquels les cadences sont préparées sur le frappé de la mesure et effectuées sur le levé.
CONTRE -TIRAGE, s. m. — Nouveau système, applicable aux pianos à cordes verticales et demi -obliques, au moyen duquel l'instrument tient l'accord un an et plus au ton du diapason. Plu-
sieurs facteurs en renom, MM. Montai, Domeny, Colin et autres, se disputent l'honneur de ce procédé utile et ingénieux qu'ils appliquent de diverses manières et qui a même valu aux deux premiers l'approbation de plusieurs jurys d'examen et la médaille d'or. Toutefois, quelques facteurs prétendent (et ceux que nous venons de nommer n'en disconviennent même pas) que la première pensée de ce procédé est due à un simple ouvrier noumié Baquier. Il faut rendre ici à chacun ce qui lui est dû et surtout ne pas oublier, même dans son obscurité, le talent modeste qui s'efface. Du reste, diverses combinaisons dans le même but ont été tentées avant et après celle-ci par M. Érard et par d'autres lactcurs que nous pourrions nommer à cette occasion si la matière n'avait pas déjà élé épuisée ailleurs. Toutefois l'on pourrait encore citer le nouveau système d'attache de cordes par M. Limonaire, lequel est un des plus invariables contre la détension, et celui d'un ingénieur-mécanicien très-connn, M. Laborde , qui, dans son piano à constant accord, s'applique à attacher l'extrémité supérieure de chaque corde, non à une cheville fixe, ainsi que cela se pratique ordinairement, mais au petit bras d'un levier dont les deux bras sont dans le rapport de 15 à 1. Le grand bras de ce levier est adapté à un ressort en hélice en fil de fer ou de laiton, lequel à son tour est attaché à un point fixe placé vers la base de la face postérieure de l'instrument. Il résulte de cette combinaison que lorsque la corde du piano s'allonge, soit par l'élévation de la température, soit par le choc réitéré des marteaux , le ressort se raccourcit et vient compenser la perte de tension que la corde a subie par l'une des causes ci-dessus indiquées.
COPIER, V. a. — Copier un morceau de musique, c'est le transcrire sur du papier réglé, avec toutes les notes, toutes les marques et toutes les figures que porte le modèle.
COPISTE, s. m. — Celui dont la profession est de copier la musique. On l'appelait autrefois noteur. ;
CORPS , s. m. — (Voy. Corps de rechange.)
COR, s. m. — Instrument à vent et de cuivre, formé d'un long tube arrondi, sans autres ouvertures que l'enibouchure et un pavillon trcs-évasé, par lequel la main droite, selon sa position, forme
les divers tons de la gamme et leurs accessoires. On l'appelle aussi cor de chasse. (Voy. TRxVNSPOSIteur )
COR ANGLAIS , s. m. — Instrument à vent de la famille du hautbois; il a la forme d'une clarinette recourbée. Il tut inventé dans le dernier siècle par Joseph Ferlendès, de Bergame. 11 sonne à la quinte du hautboi>, et l'on s'en sert à l'orchestre, principalement dans les solo, lorsqu'il faut exprimer certains passages tendres et mélancoliques.
COR DE CHASSE. — (Voy. Cor.)
CORDE, s. /. — Les cordes de la lyre des Grecs furent d'abord fabriquées en fils de lin dont on attribue l'invention à Linus, qui inventa aussi, dit-on, l'art de filer les boyaux des animaux pour en former des cordes d'instruments. — Aujourd'hui les cordes des instruments de musique, tels que le violon, le violoncelle, la harpe, le piano, la guitare et autres, sont de trois espèces différentes, selon les notes qu'elles doivent représenter ou les différentes tables d'harmonie auxquelles on les applique. Les sons qu'elles produisent sont plus ou moins graves en raison de leur longueur, de leur diamètre et de leur tension. Pour les instruments à manche et pour la harpe, elles sont en boyau ou en soie filée recouverte d'un léger fil de métal; pour le piano, le clavecin, le tympanon et autres, elles sont de laiton ou d'acier. Quelques facteurs se sont appliqués à perfec- Monner la fabrication de celles-ci. De ce nombre on peut citer M. J. Devaquet, inventeur breveté des cordes dites galvanisées 'noxidables à l'air. — On appelle aussi cordes les différents tons ou différentes notes de la voix humaine ou de l'échelle musicale.
COR DE BASSET, s. m. — Instrument de cuivre qui unit à la douceur de ses sons quelque chose de sombre et de mélancolique. Il a la forme d'une clarinette recourbée , et son doigter est à peu près le même. C'est une espèce de cor anglais. (Voyez ce mot.)
CORDE MOBILE, s. f. — Les Grecs appelaient cordes mobiles les deux cordes moyennes de leur tétracorde, parce qu'elles s'accordaient différemment, selon les genres ou modes.
CORDE SONORE, s. f. —Toute corde tendue, si elle est sonore, peut dans ses vibrations produire tous les tons qui constituent l'accord parfait fondamental.
CORDE STABLE ,s.f. — Les Grecs appelaient cordes stables les deux cordes extrêmes de leur tétracorde dont le ton ne changeait jamais, lis les appelaient ainsi en opposition des deux cordrs moyennes qui pouvaient s'accorder différemment.
COR D'HARMONIE, s. m. — Nouveau cor à piston tout nouvellement perfectionné pour la musique militaire. (Voy. Transpositeur.)
CORDIER, s. m. — Espèce de petite queue en bois à laquelle les cordes du violon, du violoncelle, etc., sont attachées près du chevalet.
CORDOMÈTRE, s. m. — Petite machine en cuivre qui sert à mesurer la grosseur des cordes afin de maintenir l'accord d'un instrument dans un degré égal de force et de sonorité.
CORNE , s. f. — Les premiers instruments de musique furent des cornes de bœuf ou d'autres animaux.
CORNE DE SIGNAL, s. f. — Espèce de cornet en cuivre i l'usage des chemins de fer.
CORNEMUSE, s. f. — Instrument champêtre dont se servent les' bergers de certaines mont;ignes. On en tire des sons aigres et nazillards à l'aide de trois chalumeaux adaptés à une outre remplie de vent. L'un de ces chalumeaux ne fait entendre qu'une note, dite bourdon, c'est celle de la basse ; l'autre, nommé petit bom-don, fait entendre ia dominante, et le troisième est percé de trois trous, à l'aide desquels on peut moduler quelques airs. Cet instrument s'appelle aussi musette. Les Romains d'autrefois l'appelaient utricularium ou tibia utricularis.
CORNET, s.m.— F.'un des plus anciens de tous les instruments de musique. Il est fait en corne et percé de plusieurs trous.
DOUnLE LOBSEr.
VALINGA nUSSE.
CORNET A BOCAL , «. m. — Sorte de petit serpent avec six trous et une clef. (Voy. Basse de cornet.)
CORNET ACOUSTIQUE, s. m. — Instrument qui donne la faculté de l'ouïe aux personnes chez lesquelles l'organe auditif est aiïaibli.
CORNET A PISTONS, s. ?w.- Nouvel instrument destiné à remplacer avantageusement la trompette, dans les notes aiguës et dans les passages chromatiques que lui facilite le mécanisme de ses clefs. Il est devenu aujourd'hui indispensable à l'orchestre , et plus précieux encore dans les musiques militaires. Ce perfectionnement, l'un des plus importants de ceux que l'industrie et la science instrumentale ait à signaler, est dû à Stolzel, né à Scheibenberg, en Saxe, le 17 septembre 1773. Spontini, directeur général de la musique du roi de Prusse, l'introduisit en France en 1826. Toutefois, malgré la puissante recommandation de l'illustre auteur de la Vestale, cette intéressante importation n'eut pas d'abord en France la vogue et le succès auxquels elle devait s'attendre, et son entier développement n'eut lieu que quelques années après, grâce aux soins intelligenls d'un habile facteur. M. Antoine llalarv, qui acheva d'en
po|iiilnrisci' l'usage sous riiispiralion et d'après le nouveau système de M. Meifred, professeur de cor à pistons au Conservatoire.
CORNET DE RÉCIT, CORNET D'ÉCHO, jeux d'orgues.
CORNET MODÉRATEUR. (Voy. Modérateur.)
CORNET TROMPE, s. m. —Nouvelle trompette inventée par M. Sax.
CORNETTO-BASSETTO. — Sorte de elarinette anglaise avec pavillon en cuivre, ayant quelque rapport avec le cor anglais. C'est le nom italien du cor de basset. (Voyez ce niol.)
CORNISTE , s. des deux yenres. — Celui ou celle qui joue du cor.
CORNO BASSO , s. m. — Instrument en cuivre à six trous, avec clefs, ayant la forme du basson. On en fait aussi en ébène.
CORPS DE MUSIQUE , s. m. — Il se dit surtout pour les harmonies militaires, musiques de ville ou autres compagnies de musiciens qui se bornent aux instruments à vent. Les autres corps de musiciens instrumentistes oii il entre des instruments à cordes, prennent le nom d'orchestre. (Voy. ce mot.)
CORPS DE VOIX , s. m. — On appelle ainsi le degré de force et d'étendue où peut atteindre une voix.
CORPS D'HARMONIE, s. m. — C'est amsi qu'on appelle quelquefois un accord complet, tel que l'accord parfait , l'accord de septième, etc., etc.
CORPS DE RECHANGE, s. >«.— Pièces que l'on ^Imngc dans quelques instruments à vent pour en élever ou baisser le ton, (Voy.
RF,C(IAN(iE.)