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SAIGNÉE

On désigne sous ce nom, une opération qui consiste à ouvrir uu vaisseau sanguin afin de donner issue à une certaine quantité de sang. Cette opération est si Souvent nécessaire et d’une exécution ordinairement si facile qu’il serait bien à désirer que tout le monde apprit à la pratiquer au besoin. En effet, n’avous-nous pas vu le roi Louis-Philippe donner lui-même l’exemple et sauver peut-être la vie d'un de ses domestiques en le saignant au moment où il venait de faire une chute assez grave. A Paris même, où les médecins fourmillent, il faut souvent plusieurs heures pour en rencontrer un, quand il arrivé un accident ; mais dans les campagnes, en mer et dans une fotdede circonstances le malade ou le blessé est souvent mort avant l’arrivée de l’homme de l’art et une simple saignée lui eût peut être conservé la vie.

Autrefois, l'ou pratiquait la saignée sur presque toutes les veines visibles, mais, de nos jours, on a , beaucoup simplifié ou restreint, et l’on n’ouvre plus guère que les veines du bras et du pied.

La saignée du bras est une des opérations qui se pratiquent le plus fréquemment, parce que les veines de cette région sont en général pins grosses, plus superficielles, plus visibles qu’ailleurs.

Ou entoure le bras au-dessus du coude avec une bande de toile ou de drap médiocrement serrée; quand les veines sont gonflées ou les trouve au pli du bras au nombre de quatre. La plus externe, après avoir rampé à la partie externe de l’avant-bras , se porte directement en dehors du bras; la plus interne louge également la partie interne de l’avant-bras, et s’élève en dedans du bras. La première de ces veines porte le

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nom de radiale, et ta deuxième celui de cubitale. Les deux veines moyennes du pli du bras naissent d'un tronc commun placé à la partie moyenne de l'avant-bras* tronc qui se divise un peu avant d'arriver an pli du bras, en deux branches, dont l'une se porte obliquement en haut et en dehors, pour se réunir à la partie inférieure du bras avec la veine radiale, tandis que l'autre se dirige en dedans pour se réunir de la même manière à la cubitale ; la branche externe porte le nom de >n liane céphalique, et l’interne, celui de médiane basilique. Cette dernière est ordinairement la plus grosse et la plus superficielle des veines du pli ilu bras; c’est par conséquent, celle qu’on serait le plus disposé à choisir pour pratiquer la saignée, c’est cependant celle qu'il faut éviter autant que possible. En elTct , dans la partie de son trajet où elle est le plus apparente , elle est accolée à l'artère principale du bras, et l'on serait , par conséquent, fort exposé à blesser cette artère au moment où la lancette ouvrirait la veine, ce qui produirait une hémorrhagie toujours fort grave et quelquefois même mortelle.

Pour le? antres vciues du pli du bras, il est à peu près, indifférent de choisir l'une ou l’autre d’entre elles .Ordinairement, elles ne sont en rapport avec aucun-artère, mais la veine médiane céphalique est celle qui fournit le plus de sang et qui est le mieux disposée pour sou écoulement. Les veines radiale et cubitale sont moins grosses, plus profondes et accompagnées de nerfs pins nombreux et plus volumineux, qu'on ne peut souvent éviter de blesser, toutes circonstances qui motivent cette préférence.

Quand la veine que l’on doit saigner est bien gonflée, on fait étendre le bras au malade de manière ù ce que la paume de la main soit appuyée sur la poitrine de l’opérateur, puis on fait quelques frictions de bas en haut sur sa surface extérieure et on recom-

mande au malade de serrer la main, afin que les vaisseaux soient plus saillants. Ensuite, on fixe le y»oucc d’une main sur la veina qu’on a choisie et des autres doigts on empoigne la partie postérieure de l’avant-bras dont on tend la peau en la tirant en arrière. De l'autre main, on prend la lancetu entre le pouce et l’indicateur, la chasse dirigée en haut et contre ce dernier doigt ; les trois autres doigts fixés sur l’avant-bras du malade servent de point d’appui pour opérer. On enfonce alors obliquement ialaucetle dans la veine et on la retire perpendiculairement en relevant la maiu , de manière que l’ouverture soit agrandie avec le tranchant antérieur de la pointe. On connaît que la lancette a pénétré dans la veine, par le sentiment d’une résistance vaincue- comme si l’on avait percé du canepin et par la sortie de quelques gouttes de sang.

Aussitôt après, on applique sur l’ouverture le pouce qui fixait la veine ; on pose la lancette, on prend un vase et on le présente directement au jet du sang. Pendant que le sang jaillit on soutient le bras, et si cela est nécessaire ou peut aider à l’écoulement du sang en recommandant au malade de tourner dans sa main quelque chose de rond, tel qu’un étui, un lancetier, etc.

Quand ou juge avoir tiré assez de sang, on ôte la ligature, on fléchit un peu l’avanl-bras et on tire la peau en dehors pour couvrir l’ouverture de la veine et arrêter le sang, puis on nettoie le bras avec uue éponge mouillée, ou essuie doucement la plaie et on pose dessus ‘une petite compresse de linge fin plié en carré et en plusieurs doubles, puis ensuite, on applique une bande que l’on roule quatre à cinq fois sur l’endroit et autour de la saignée, et dont on noue les deux bouts en dehors, puis enfin on on recommande au malade de tenir le membre à moitié fléchi et dans le repos, la

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paume de la main tournée vers la poitrine, pétulant vingt-quatre ou trente-six heures.

La saignée du pied se pratique, en général, au niveau des chevilles, soit en dedans, soit en dehors du membre. Cependant, comme la veine placée au devant de la cheville interne est la plus apparente, c’est elle que l’ou ouvre ordinairement. Pour la faire saillir davantage, on applique au bas de la jambe une ligature circulaire et l'on plonge le pied dans l’eau chaude pendant quelques minutes. Ensuite on ouvre la veine que l'on a choisie, comme daus la saiguée du bras ; puis aussitôt on replace la ’jamlse daus l’eau et on laisse couler le sang dont ou estime la quantité d’après la couleur de l’eau, la vitesse du jet, et le temps qui passe.

Quand on a tiré assez de sang, on désserre la ligature et on laisse encore un peu le pied dans l'eau, pour donner à la veine le temps de se dégorger, ensuite on essuie la jambe et le pied, puis on plat e une compresse sur la piqûre et ou la maintient au moyen de quelques tours d'uue bande, comme dans la saignée du bras.

Malgré toutes les précautions que nous venons d’indiquer, divers accidents peuvent être la suite d’une saignée, l’un des plus ordinaires est l’évanouissement de la personne que l’on saigne, accident, que l’on évite ordinairement eu la saignant couchée horizontalement et qui, du reste, réclame les mômes soins que les défa.llances ordinaires (Voyez Evawooissemeut).

Quelquefois il survient de la douleur à l'endroit de la saignée, de l'inflammation et même de la suppuration, il faut alors appliquer des cataplasmes de graine de lin et traiter scion les circonstances (V . les mois : Douleurs, IjsFLmiMATioxs et Abcès).

Le plus grave de lous les accidents est la piqûre df l’artère, ce que l’on recounait à la couleur très rouge

du sang et à sa manière de couler par saccades ou par jets correspondants au battements du cœur et non en nappe ou par bavure, comme dans la piqûre de la veine. A l’article IléuoRitnAGiE nous avons indiqué les suites et le traitement propre aux blessures des artères ( Voyez ce moi).

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