ENFANCE
L’enfant , dans le sein de sa mère, (loltait dans un liquide d'une température douce et toujours uniforme; ;t sa naissance il passe dans un milieu bien different où il est frappé par l’air et la lumière. Ces fluides, par leur action sur la peau et les autres organes des sens externes, forcent en quelque sorte, la machine humaine à sortir de l’état d'inertie où elle s’est tenue jusqu’ici, c’est alors que la véritable vie commence.
À peiue l’enfant est-il né qu’il pousse des cris , ce n’est pas la douleur qui les excite comme on pourrait le croire, mais bien le besoin de respirer; scs poumons, jusque-lh refoulés dans uo coin de la poitriue, se dilatent alors et remplissent toute cette cavité.
Avec la respiration qui ne doit cesser qu’à la mort, commencent encore d’autres phénomènes de la vie. Aiusi, pour la première fois, l’enfant éprouve le besoin de prendre de la nourriture, et pour la première fois aussi , 1rs excréments sont chassés des iulestius et les urines de la vessie.
La plupart des animaux viennent au monde les jeux fermés, et restent dans cet état quelques jours après leur naissance; l'eniant , au contraire , naît les jeux ouverts, mais ils sont lises et ternes, ne s’arrêtent sur aucun objet et ne distinguent rien. Les autres sens ne sont guère plus avancés que celui de la vue , et ce n’est qu’au bout de quarante jours que l’enfant commence à voir, entendre, rire ou pleurer : jusquo-là, les cris qu’il pousse ne sont que des vagissements sans larmes,
La longueur ordinaire d’un enfant à terme est de quarante a cinquante centimètres, -son poids varie entre trois à cinq kilogrammes. Son accroissement a été prodigieux durant le temps qu'il a passé dans le sein de sa mère; car il n’était, dans le principe, qu’une
INTRODUCTION
bulbe presque imperceptible. 8a télé est plus volurm. lieuse que les autres parties, et cette disproportion ne disparaît qu’après la première enfance.
La peau de l’enfant qui vient de naître est rougeâtre et enduite d’une subsiance blanche, grasse et onctueuse, qu’on enlève avec des lotions d'eau tiède: La forme du corps et des membres n’est pas encore prononcée; toutes les parties sont gonflées et n’arrivent à 1 étal normal qu’à mesure que l’accroissement fait des progrès.
Le premier lait de la mère , appelé colostrum , purge l’enfant et lui fait rendre le méconium , qui est un excrément noir, visqueux et ressemblant à la poix. 11 n’a d’abord besoin que d’une petite quantité de nourriture qui doit être répétée fréquemment et augmentée graduellement.
Les enfants nouveaux-nés dorment nuit et jour; ils semblent n’ètre éveillés que par la douleur ou par le besoin de prendre de la nourriture.
La première dentition commence ordinairement au septième mois, vingt dents, nommées dents de lait , viennent successivement et dans l’espace des deux ou trois premières années, garnir les deux mâchoires. A sept ans environ, elles tombent, chassées par les dents définitives qui les remplacent immédiatement.
Pendant ce temps, l'enfant s’est développé rapidement au physique et au moral. A un an, il a commencé à bégayer et à se tenir sur ses jambes ; puis les forces allant toujours en croissant , bientôt sont survenus l’amour de l’exercice et des jeux , l’étourderie, l'inconstance, la témérité, l’irascibilité, plus tard, le discernement du bien et du mal et cette heureuse mémoire, partage ordinaire de l’enfance et de la puberté.
Les maladies qui menacent l’enfance sont fréquentes et dangereuses. Un quart des enfants qui naissent meurent pendant la première année de leur existence .
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INTRODUCTIO!"
un assez grand nombre par asphyxie et pendant le travail de l’accouchement. Divers catarrhes, l'œdème, l'endurcissement du tissu cellulaire, des maux d’yeux purulents, lesmaladies éruptives, etc., contribuent aussi à cette mortalité. Pendaut celte première anuée et les suivantes, le travail de la dentition est une sourre de dangers pour l'enfant , qu'emportent quelquefois en peu d'heures des convulsions et diverses affections cérébrales. Depuis deux ans jusqu'à sept, il est surtout exposé aux attaques du croup, dont la marche insidieuse doit tenir sans cesse éveillée l'attention des |>arents. Les autres affections de l'enfance sont surtout le carreau, les scrofules, diverses maladies des os , l'épilepsie, la danse de Saint-Guy, la gourme, la teigne, la petite vérole et la rougeole. Durant les premières années de la vie, la mortalité est considérable, et un tiers des enfants n’atteigneut pas l’âge de deux ans ; mais elle diminue ensuite, et dix ans est l'époque de la vie où il meurt le moins de persoiiues.