DAN
un accroissement trop rapide , la présence de vers intestinaux, la menstruation diflicile, une chute sur la tète, etc. Un fait bien digne d’attention e’est que cette maladie ne se rencontre jamais dans les climats chauds, et que rien n’est moins raro au contraire dans les contrées tempérées. Les pays très froids en paraissent également exempts.
La danse de Saint-Guy s’annonce par un sentiment de fourmillement dans les membres ; il augmente peu a peu et so trouve remplacé par des mouvements convulsifs, qui devienuent de plus en plus sensibles; ils attaquent, pour l’ordinaire, la jambe et le pied du même côté ; si le jeune malade veut marcher, il traîne le membre ; dans l’état de repos le pied est agité et porté en divers sens; le bras du même côté éprouve aussi des convulsions en même temps, et il devient d’une agitation telle, que ce n’est qu’avec les plus grands eflorts que l’enfant peut parvenir à porter quelque chose à sa bouche; l'on voit souvent les muscles de la face et ceux qui servent à la déglutition participer aux convulsions; le sommeil n’est jamais parfaitement tranquille, les malades sont très mélancoliques, et chez les filles cette affection offre toutes les bizarreries que l’on observe dans l’hystérie. Les garçons ont plus de penchant aux mouvements.
La danse de Saint-Guy n’est pas, en général, une maladie grave, en ce sens qu’elle ne menace pas piochainementl existence; mais, par les inconvénients qui en résultent par la longueur et la difficulté que présente parfois le traitement, et'par la facilité avec laquelle la maladie reparaît sous l’iniluencc des moindres causes, elle devient une de ces affections qui lent le tourment de la médecine.
Dans ces derniers temps on s’est beaucoup occupé u traitement de la danse de Saint-Guy ; une foule
de innteni | us ou momslious uni Ole proposés, nous allons passer en revue ceux qui se recoinmandeit plus particulièrement en ce qu'ils conviennent daim la généralité des cas.
Les saignées générales ou locales au moyen des sangsues ou des ventouses scarifiées sont généralement avantageuses , elles conviennent surtout clics les sujets forts et pléthoriques; mais chez les enfants faibles et nerveux il ne faut les employer qu’avec la plus grande prudence , elles seraient alors plus nuisibles qu'utiles. Les hémorrhagies, les pertes de sang, la faiblesse peuvent en effet être rangées parmi les causes déterminantes de cette maladie. C.c ne sera donc que «laits les cas où il y a évidemment congestion du sang, surtout vers le cerveau, qu’ou aura recours aux émissions sanguines.
Les purgatifssont généralement beaucoup plus utiles. En Angleterre ils constituent même la base de la médication dirigée contre cette maladie, et l'on en ol— lient très souvent la guérison dans un triup^ fort court
Toutes les substances connues sous le nom d'antispasmodiques ont été employées conlro la danse de Saint-Guy , et toutes ont obtenu des succès plus ou moins nombreux.
Dans ces derniers temps les préparations de fer ont paru efficaces. La plus employée est le sous-carbon ale dont on peut porter d’emblée la dose h près de 30 grammes dans la journée. Ce moyen est l'un des plus énergiques et des plus innocents h la fois, «t l’on fera toujours bien d’y recourir avant de s’adresser à des médicaments plus dangereux.
Les bains froids oui été également beaucoup vantés, nous n'y avons cependant pas la même confiance: on ne peut d'ailleurs les employer que chez des individus qui offrent une certaine rtisistancc , et jkhi-
dant une température douce, on est obligé d'j ienoncer pendant l’hiver. Ils ont de plus l’inconvénient très grave de disposer aux inll animations de poitrine si l’on ne prend toutes les précautions convenables.
Les bains sulfureux nous paraissent plus avantageux ; ils doivent être .pris tous les jours et durer une heure. Souvent au bout de trois ou quatre jours on commence déjà à observer de l’amélioration dans l’état du malade, il faut les continuer jusqu’à la guérison.
Quel que soit le traitement que l’on suive, il faut bien se garder de négliger de remonter aux causes de la maladie, afin de les éloigner s’il est possible; souvent on y trouve des indices qui mettent sur la voie des moyens à employer. Une jeune fille voit ses règles se supprimer, elle est atteinte de la danse de Saint-Guy; Il suffira souvent de rappeler l'écoulement pour voir céder la maladie. On cherchera à éviter aux enfants les frayeurs, les contrariétés, les excès de travail, la fatigue corporelle, toutes causes qui peuvent ramener le désordre musculaire. Une nourriture substantielle et une certaine quantité de bon vin pur doivent être accordés aux malades, mais on proscrira l’usage du café et des liqueurs alcooliques.
Les exercices gymnastiques peuvent avoir de foris bons résultats en fortifiant la santé générale, ils donnent plus de ton aux parties et parconséqucnt diminuent la susceptibilité nerveuse. De plus, c’est une manière d’assujétir les mouvements à une espèce de système qui contrebalance avantageusement leur irrégularité. Les courses, le saut de la corda, les exercices plus compliqués de la gymnastique, tels qu’on les exécute dans les établissements spéciaux , sont ceux que l’on devra préférer. L’habitation d’un lieu bien aéré et dans une situation élevée est généralement très favorable
L>A. Il
DARTRES. — On désigne communément sous CS nom certaines inflammations chroniques de la peau, caractérisées par la formation- à la surface malade d’une substance inorganique, lamcllcusc, d’un blanc grisâtre, sèche, friable, plus ou moins épaisse et plus ou moins adhérente, nommée squammo Les auteurs en reconnaissent un grand nombre d’espèces : les um-ssout sèuhcs, les autres sont humides; elles sont stationnaires ou bien elles ont une tendance envahissante et se rapprochent alors de la nature des affections cancéreuses. Ces maladies peuvent être héréditaires, mais elles ne sont nullement contagieuses comme on persiste généralement à le croire. Leur traitement est assez difficile, parce qu'attaquées sans précaution , elles peuvent se porter sur une partie plus importante que celle qui était leur siège.
Les causes , sous l’influence bien positive desquelles surviennent les dartres, sont assez difficiles h saisir. Chez les enfants elles attaquent ordinairement le cuir chevelu et la face pour former la/cignr. ( Voir ce mot). L’Age mùr et surtout l’âge critique chez la femme les voient souvent se développer. Beaucoup plus communes dans les pays chauds que nulle autre part, elles trouvent des conditions pro- [ires à leur développement dans la malpropreté, la misère, une nourriture excitante, les passions tristes, les occupations sédentaires, l’abus des liqueurs alcooliques.
Si le sexe ne parait pas avoir une influence marquée sur la nature particulière des dartres, il ne semble pas en être de même dû tempérament, car on a remarqué que les individus à cheveux blancs ou roux et à peau blanche, étaient particuliérement sujets à la dartre fiarfuracée ou farineuse , et à la dartre squammeuse ou écailleuse ; les temocra-
ments sanguins sont plus exposés aux dartres inflammatoires à croûtes épaisses et verdâtres sur les membres , tandisque les bilieux et les melanco iques ont de préférence des dartres pustuleuses . comme celle qui survient à la face sous le nom de mentayre. (Voyez ce mot.)
Quelle que soit la cause des dartres, elles apparaissent le pl us ordinairement sans appareil intlammatoire bien marqué, et une fois établies elles ne sont accompagnées d’aucun mouvement lébrile , l'aucun trouble général , bien plus l’appétit est souvent augmenté d’une manière remarquable; la peau qui les environne conserve tous ses caractères physiques ; elles sont rarement douloureuses, mais seulement elles déterminent presque toujours une démangeaison insupportable qui se fait surtout sentir pendant la nuit. Enfin elles ont une marche et une durée très variables, disparaissent très souvent .dans un lieu pour paraître ailleurs, et occasionnent très souvent par leur disparition brusque des accidents qui se font le plus ordinairement sentir du cûté de la poitrine.
Quand les dartres sont récentes on les combat par un traitement antiphlogistique ou débilitant proportionné à la force, à l ige du sujet, a la violence et a l’étendue du mal , à l’état de la fièvre. Ainsi les boissons délayantes, les saignées générales ou locales, les sangsues près du siège du mal , les cataplasmes de fécule fraîche , les bains amidonés , le repos, 1 diète, ie régime lacté seront mis en usage et continués quelques jours. On se gardera bien d employer les pommades ou bains sulfureux tant que le caractère inllammaloire existera. Les dartres sont-elles passées à l’état chronique, on a d’abord recours aux lotions et aux gélatineux, bains aux purgatifs salins,