Partie usitée. — Les figues
Récolte, dessiccation. — On les recuille dès qu'elles sont mûres, et on les dessèche en les exposant, sur des claies, à l'action des rayons solaires, à la chaleur du four ou d'une étuve. On en distingue trois variétés commerciales : 1° les jaunes ou figues grasses; 2° les blanches ou marseillaises; 3° les violettes ou médicinales. Les figues sèches médicinales appartiennent à la variété connue, en Provence, sous le nom de mouissone. Il faut les choisir grosses, pesantes, sèches, nouvelles, sans odeur, sucrées, recouvertes d'une peau fine et tendre.
Usages. — La figue est adoucissante, laxative ; elle compte au nombre des quatre fruits pectoraux. La décoction (15 à 60 gram. pour 500 d'eau) est une boisson employée contre les rhumes opiniâtres ; bouillie avec du lait, on en fait des gargarismes qui sont usités dans les irritations de la gorge et dans les fluxions des gencives. On applique la moitié d'une figue sur les abcès des gencives, c'est le seul cataplasme possible. On a proposé un café de figue que l'on obtient en torréfiant le fruit, et dont l'infusion a été vantée dans la pneumonie aiguë, les catarrhes, la bronchite, la coqueluche. On prépare avec les figues sèches ou fraîches des cataplasmes
288 FOUGERE MALE
émollients pour les tumeurs douloureuses ou enflammées. Le sac laiteux du figuier est caustique, il peut servir à détruire les verrues et les cors; il est purgatif à l'intérieur et fait cailler le lait. Les feuilles rudes servent à frotter la surface des hémorrhoïdes pour les faire saigner, elles possèdent la propriété d'attendrir la viande quand on l'en recouvre.
FOUGÈRE MALE. Polystichum filix mas Roth., Aspidium filix mas Sw., Polypodium filix mas L., Nephràdium filix mas Rien. Fougères. *
Description (flg. 427). — Rhizome horizontal, montrant des tubercules allongés constitués par la base persistante des anciennes feuilles et, dans les intervalles de ces tubercules, des lames laciniées, rousses, entremêlées de racines noirâtres. La partie antérieure porte des feuilles non étalées et roulées, en crosse. Feuilles (frondes) grandes, longues de 5-10 décimètres, ovales, lancéolées, à pétioles courts d'un brun foncé, couverts de poils scarieux et à pinnules très longues rapprochées les unes des autres, profondément pennatifldes, à divisions dentées, obtuses, confluentes par la base et inclinées vers le sommet de la pinnule. A la face inférieure des frondes, on remarque des corps réniformes ou sores disposés en séries parallèles de chaque côté du pétiole, dirigeant leur partie concave vers l'axe secondaire de la fronde. Chaque sore (flg. 128, A) est formé d'une indusie (i) membraneuse qui n'est qu'un prolongement de l'épiderme soulevé en cet endroit et servant d'organe de protection ; un pédicule étroit, correspondant à l'échancrure, le fixe à la feuille. Sous l'indusie se trouvent de nombreux sporanges (c) lenticulaires, attachés en un même point sur une nervure et constitués par des cellules (flg. 128, B) dont les unes (a) forment un anneau incomplet, tandis que les autres c, à parois minces et fragiles, constituent les parois de cette espèce de capsule qui contient les spores. A la maturité, l'anneau se redresse, déchire la paroi, et les spores s'échappent. ^ .
Habitat . — Elle est fréquente dans les buissons, les haies, les lieux ombragés et humides.
Culture. — D'ordinaire, on ne la cultive pas; mais, si on désirait l'avoir à sa disposition, on replanterait de jeunes pieds dans une terre très substantielle, franche, abritée du soleil. Elle n'exige aucun soin et se multiplie d'elle-même.
Parties usitées. — Le rhizome et les bourgeons foliacés.
Récolte. — On récolte les rhizomes en hiver ; on doit les choisir de couleur verte ; ceux dont la teinte est pâle sont peu efficaces. 11 faut les renouveler souvent, car, avec le temps, ils perdent l'huile essentielle qu'ils contiennent et qui contribue puissamment à
FOUGÈRE MALE ggO,
\ thérapeutiques. Les rhizomes frais paraissent d'ailleurs plus actifs que ceux qui ont été desséchés. On les trouve, dans le commerce, en fragments de 15 à 20 centimètres, gros comme le pouce, irréguliers, noueux, écailleux, noirs à l'extérieur, formés d'un parenchyme central d'un vert clair, entouré d'un cercle irrégulier de faisceaux vasculaires fibreux. Leur odeur est désa gréable, leur saveur amère, un peu astringente. Les bourgeons se récoltent au printemps au moment où ils commencent à se dérouler.
Composition chimique. — Les rhizomes contiennent : filicine, huile volatile, matière grasse, acides gailigue , tannigue , acétigue ; sucre incristallisable, amidon, matière albuminoïde, ligneux. L'acide filicique, Cl8H«0*o, corps assez incomplètement étudié, est insoluble dans l'eau, mais soluble dans l'éther et dans l'alcool. C'est au mélange d'acide fllicique, de matière grasse et d'huile volatile, qu'il faut attribuer les propriétés de la plante. Les bourgeons
ig. 127. — Fougère mâle. Fig. 188. — Portion d'une feuille de fougère.
irment un mélange de matière grasse, d'huile volatile et de ré» dans lequel résident les propriétés thérapeutiques.