‹ Nouveau dictionnaire des plantes médicinalesChapitre 110 sur 226 · Partie usitée. — Le rhizome, improprement appelé racine · texte numérisé non relu

Partie usitée. — Le rhizome, improprement appelé racine

Récolte. — Après avoir arraché les rhizomes, on les nettoie, on les bat pour les dépouiller de leur épiderme, on les débarrasse de leur chevelu, du reste des feuilles ou écailles, on les rassemble en petites bottes et on les fait sécher. En vieillissant, la racine de chiendent devient très ligneuse ; elle est sujette à être mangée par les vers ; aussi faut-il la renouveler souvent, ou mieux encore l'employer fraîche.

Composition chimique. — La racine de chiendent contient : sucre de fruit déviant à gauche, un sucre différent, du sucre de canne et déviant à droite, gomme de nature particulière, substances azotées, triticine. Par la fermentation et la distillation, elle donne de l'alcool.

Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Décoction, pp. 20 à 30 : 1000; on l'additionne, le plus souvent, de miel, d'oxymel. 2° Extrait, 30 à 60 gr., en bols, pilules. 3° Suc exprimé de jeunes feuilles et de la tige, 30 à 100 grammes.

Usages. — Le chiendent passe pour délayant, rafraîchissant, antiphlogistique et diurétique; cette dernière propriété, quoique admise depuis longtemps, est fort problématique. Quoi qu'il en soit, on l'emploie dans les maladies du. foie, la jaunisse, les calculs biliaires, les coliques néphrétiques, l'inflammation des reins et de la vessie. Les chiens et les chats mangent les jeunes feuilles pour se faire vomir et se purger.

Une autre espèce de chiendent, le C. pied de poule, Gros chiendent (Cynodon dactylum Rien., Panicum dactylum L.), est très usité en Allemagne ; il contient une plus grande quantité de sucre que le petit chiendent.

FUMETERRE OFFICINALE. Fumaria offlcinalis L. Fiel de terre.

FUMARIACÉES.

Description. — Plante de 2-8 décimètres, inodore, exhalant quand on l'écrase une odeur herbacée, de saveur amère augmentant par la dessiccation. Racines blanches, fibreuses, allongées.

Tige grêle, anguleuse, couchée, s'accrochant quelquefois par les pétioles recourbés, rameuse, à branches diffuses, glabre, glauque. Feuilles alternes, pétiolées, bipennatiséquées, à segments planes, oblongs, linéaires, aigus, obtus ou mucronés, d'un vert glauque ou cendré, glabres. Fleurs (flg. 136, A) (mai-octobre) d'un blanc rou-

Fig. 136. — Fumeterre officinale L. — A, fleur sur son pédoncule et accompagnée de sa bractée b; », calice; ce', corolle. — B, un sépale isolé. — C, D, E, pétales isolés pour montrer la configuration de chacun d'eux.

geâtre, tachetées de pourpre au sommet, nombreuses, petites, disposées en grappes terminales lâches, munies chacune d'une bractée membraneuse (6), blanchâtre. Galice (s) à 2 sépales B, lancéolés, abords érodés, n'atteignant pas la moitié de la corolle. Celle-ci oblongue, irrégulière, à 4 pétales inégaux (ce1) dont 2 .

internes latéraux D Flfa* lumeTer^offi!

symétri- cui*te.

ques aux sépales, deux externes ; un

supérieur ou postérieur (c) isolé et vu

de face en C, éperonné; un inférieur

Fig. 137. — organes reproducteurs ou antérieur (c') qu'on voit isolé en

de la fumeterre officinale. E et qui se rétrécit brusquement en

onglet à la base. Étamines 6 (flg. 137),

hypogynes, réunies en 2 faisceaux portant chacun trois anthères,

celle du milieu à 2 loges, les 2 latérales uniloculaires. Ovaire

(ov) supère, comprimé, uniloculaire ; style (si) filiforme, arqué, caduc, terminé par un stigmate (sg) bilobé. Fruit (fig. 138) petit, à peu près globuleux, finalement sec et renfermant une seule graine. ®.

Habitat. — La fumeterre paraît originaire de l'Orient ; elle est devenue très commune dans les champs, les vignes, les jardins.

Culture. — On sème les graines au printemps et en place; elle se ressème d'elle-même.

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