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Maranla de l'Inde

Le Maranta indica Tus. fournit également de l'arrow-root. Cette plante (fig. 140) ne diffère du M. arundinacea que par ses racines produisant des jets charnus, longs, cylindriques, couverts d'écaillés triangulaires et rampant sous terre avant que l'extrémité en sorte ppur produire de nouvelles tiges (Descourtis).

Le Canna coccinea Mill. donne la variété d'arrow-root connue sous le nom d'A. de Tolomane. Ses grains sont très gros et elliptiques.

GARCINIE MORELLIERE

Le Curcuma angustifolia Rox. fournit l'A. de Travancore ou de l'Inde, dont les grains sont sans hile et sans couches concentriques. L'A. de Taïti se prépare avec le Tacca pinnatifida L. (Aroïdées). Nous citerons encore, parmi les plantes donnant des produits analogues, leJatrophaManihot (Euphorbiacées) et Y Arum maculatum (Aroïdées).

GALRANUM. — Voy. Férule frutescente.

GARCINIE MORELLIERE. Gardnia morella Desr., Hebradendron cambogioïdes Grah., Stalagmites cambogioïdes Mur. et Moon., Mangostana morella Gœrt. Guttifères (Clusiacées).

Description (flg. 141). — Arbre dioïque, de médiocre grandeur. Feuilles opposées, pétiolées, entières, obovales, allongées, acuminées au sommet, vertes, coriaces, luisantes, à nombreuses nervures secondaires, fines, pennées et parallèles. Fleurs mâles d'un bleu rosé, disposées à Faisselle des feuilles en faisceaux de 3-5, presque sessiles (variété sessilis) ou pédonculées (variété pedicellata). Calice à 4 sépales libres. Corolle à 4 pétales également libres. Étamines 30-40, cohérentes par la base des filets, insérées sur un réceptacle hémisphérique; anthère terminale en forme de tête arrondie s'ouvrant par un opercule (a) plus large qu'elle. Pas de rudiment de pistil. Fleurs femelles, sessiles, solitaires à Taisselle des feuilles, un peu plus grosses que les mâles. Calice et corolle comme dans les fleurs mâles, calice persistant, corolle caduque. Étamines 20-30 , stériles , à filets cohérents et formant une couronne autour de la base de l'ovaire ; celui-ci globuleux, à 4 loges uniovulées; style court ; stigmate à 4 lobes ouverts et persistants. Fruit (baie) globuleux, glabre, du volume d'une grosse cerise, couronné par les lobes du

stigmate, accompagné par le calice persistant, à 4 loges monospèrmes. Graines oblongues, un peu aplaties. J.

Fig. 141, — Garcinie morellière ; a, opercule.

306 GARCINIE MORELLIÈRE

Habitat. — Cet arbre est originaire du Cambodge, de Siam et du sud de la Cochinchine.

Partie usitée. — La gomme-résine qui s'écoule de l'arbre et qui est connue sous le nom de gomme-gutte. Lorsque l'arbre est en pleine végétation, on brise les feuilles et les jeunes rameaux et l'on recueille dans des noix de cocos, ou dans des cornets formés de feuilles enroulées, le suc jaunâtre qui s'écoule, goutte à goutte, des blessures. C'est à cela qu'est dû le nom de gutte que porte le produit. On rassemble dans des vases d'argile le suc ainsi obtenu, on l'épaissit au soleil, on le purifie, puis on le coule dans des moules de bambou ou bien on en forme des masses irrégulières enveloppées de feuilles. De là deux formes commerciales : 1° Gommegutte en bâtons (en canons ou en cylindres). Elle est cylindrique, de 3-5 centim. de diamètre, sur 20-30 centim. de long, présentant à la surface des bâtons les débris du bambou qui a servi à recevoir le suc. Ces cylindres sont friables, d'un jaune orangé, tirant un peu sur le fauve; leur cassure est conchoïdale, leur odeur nulle; leur saveur, très peu prononcée d'abord, devient acre et finit par prendre à la gorge; quand on en tient, pendant un instant, un fragment dans la bouche, la salive devient jaune et lactescente. Cette gomme-gutte est presque entièrement soluble dans l'alcool; elle donne aisément, avec l'eau, une émulsion d'un beau jaune. CPest la gomme-gutte officinale. Les cylindres se soudent quelquefois et forment des masses irrégulières. 2° Gomme-gutte en masses ou en gâteaux. Cette variété est en masses informes pesant 1000 à 1500 gram.; elle est moins pure, moins homogène que la précédente.

Toute la gomme-gutte qui arrive en Europe provient de Siam; celle de Ceylan, d'après Christison, n'existe pas dans le commerce européen. Le Garcinia cambogia Desr. (Mangostana cambogia Gaertrner) fournit une gomme-gutte inférieure à celles déjà signalées.

Composition chimique. — La gomme-gutte contient : résine, gomme soluble ou arabine, eau. La résine (acide cambogique), C*°H«08, est d'un jaune orangé, insipide, inodore, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, formant des sels avec les alcalis; c'est le principe actif de la gomme-gutte, il purge à la dose de 25 centigrammes.

Formes pharmaceutiques, doses. — On administre la gommegutte en pilules, à la dose de 10-20 centigr. comme laxatif et à celle de 50 centigr. et au delà comme purgatif puissant, seule ou associée au savon médicinal. Le plus ordinairement, on l'unit à cPautres purgatifs, tels que l'aloès, le jalap, la rhubarbe. Elle entre dans la composition des pilules écossaises ou d'Anderson, de Bontius, de Morisson.

GAYAC OFFICINAL 307

Action physiologique. — C'est un purgatif drastique. A la dose de 1 à 2 décigr., elle irrite peu le tube intestinal, et son action se borne à produire des selles séreuses; mais, à forte dose, elle détermine des nausées, des vomissements, des coliques, une augmentation dans la sécrétion urinaire, un état congestif des organes pelviens, une dépression du système vasculaire. Le ventre devient sensible à la pression, les extrémités se refroidissent, et enfin on constate un état syncopal qui peut précéder la mort. En résumé, une action plus ou moins drastique, des effets diurétiques, une aptitude à congestionner l'utérus et l'extrémité inférieure de l'intestin.

Usages. — La gomme-gutte est employée quand il y a lieu d'obtenir une forte purgation. Ses propriétés hydragogues la font utiliser dans plusieurs hydropisies, par exemple, dans celles qui dépendent de la maladie de Bright. La dérivation qu'elle exerce sur la muqueuse intestinale est mise à profit dans le catarrhe pulmonaire, la paralysie, l'asthme. On la prescrit dans la constipation habituelle, pour développer les hémorrhoïdes , et provoquer les règles chez les femmes atteintes d'aménorrhée torpide et dont les digestions sont languissantes. Elle' est vermifuge et fait partie du remède de Mme Nouffer contre le tœnia.

GAROU. — Voy. Baphné Garou.

GAYAC OFFICINAL. Guajacum officinale L. Rutacées-Zygo-

PHYLLÉES.

Description (fig. 142). — Arbre très élevé, à tige tortueuse se développant lentement, mais pouvant acquérir plus d'un mètre de diamètre; rameaux souvent dichotomes, couverts d'un épiderme grisâtre et rugueux. Feuilles opposées, pinnées, sans impaires à 2-3, rarement 4 paires de folioles sessiles, ovales ou obovées, obtuses, quelquefois obliquement émarginées, entières, glabres, fermes, d'un vert clair, les inférieures plus petites et arrondies. Fleurs 8-10, bleues, pédon culées, formant des espèces d'ombelle au sommet des rameaux. Calice à 6 lobes, profonds, obtus, inégaux. Corolle à 5 pétales étalés, obovales, obtus, onguiculés. Étamines 10, dressées, à filets un peu élargis à la base. Anthères ovoïdes, jaunes. Pistil plus court que les étamines. Ovaire stipité, ovoïde, comprimé, glabre ; style court et pointu ; stigmate simple. Fruit (capsule) charnu, offrant 2 à 5 angles saillants, comprimé, tronqué au sommet avec une petite pointe courbée, d'un jaune rougeâtre, à 2 loges, par avortement. Graine suspendue à l'angle interne, ovoïde, dure. 5

Habitat. — La Jamaïque, Saint-Domingue, Cuba, la Nouvelle- Providence.

Culture. — Le gayac est peu cultivé dans son pays natal. En

GAYAC OFFICINAL

Europe, il ne végète que dans les serres chaudes ; on le reproduit, mais avec difficulté, à Paide de boutures étouffées.

Parties usitées. — Le bois et la résine.

Bois. — On rapporte en France, en bûches assez volumineuses, assez droites, quelquefois recouvertes d'une écorce mince, un peu luisante, légère, résineuse, d'un vert cendré avec des taches plus foncées. Il est résineux, très dur, très compact, pesant spécifique-

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Fig. 142. — Gayac officinal.

ment 1,33. L'aubier est jaune de buis, le bois d'un brun verdàtre. Inodore à froid, il exhale quand on le frotte ou qu'on le râpe une odeur aromatique; sa poussière fait éternuer; sa saveur est amèrc, acre, resserre la gorge. La ràpure, qui est l'état sous lequel on l'emploie, est jaunâtre, elle verdit lentement par l'action de l'air et de la lumière. Ce changement de couleur se manifeste immédiatement sous l'influence des vapeurs intenses, de l'eau de chlore et des hypochlorites alcalins.

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Composition chimique. — Le bois de gayac contient : résine, extractif amer et piquant, extractif muqueux, sels, matières colorantes.

Résine. — Elle exsude naturellement du tronc par des crevasses accidentelles, mais on l'obtient en plus grande quantité soit par des incisions que Ton pratique sur la tige de l'arbre vivant, soit en perçant un trou suivant Taxe des bûches et chauffant l'autre extrémité, ou bien encore en épuisant par l'alcool les copeaux de gayac provenant des ateliers de tourneurs; elle se présente en masses considérables, dures, cassantes, d'un brun verdâtre ou rougeâtre. Sa cassure est brillante, conchoïde ; son odeur balsamique faible ; sa saveur âpre. Elle est soluble dans l'alcool, peu soluble dans Téther, encore moins dans les huiles volatiles. Elle est formée de : acide gayaconique, acide résino-gayacique, résine p, gomme, substances minérales, acide guajacique, matière colorante (Hadelich).

Formes pharmaceutiques, doses. — A. Bois. 1° Tisane par décoction, pp. 50 : 1000. 2« Poudre, 2 à 4 gram. 3° Teinture alcoolique, 2 à 8 gram. 4° Extrait, 1 à 2 gram. On prépare aussi un sirop. — p. Résine. On l'administre à la dose de 45 centigr. à 4 gram. par jour, sous forme de pilules, de poudre, d'émulsion, de savon. Succédanés : le gayac à feuilles de lentisque (Gf. sanctum L.), le G. douteux (6f. dubium Forst.), le guayacan (Gf. arboreum DC). Action physiologique. — Le gayac à petite dose est un stimulant analogue aux balsamiques ; il active la circulation, augmente la chaleur animale. A haute dose, il produit une sensation de chaleur dans la gorge et dans l'estomac, des nausées, des vomissements, des selles diarrhéiques et souvent de la salivation, une augmentation dans la diurèse. 11 active également la transpiration, mais cet effet ne se manifeste qu'à l'aide des boissons chaudes et d'une température ambiante suffisamment élevée. On lui attribue une stimulation particulière sur les organes pelviens. La résine produit les effets du bois en les amplifiant.

Usages. — Ce n'est point un spécifique de la syphilis, comme onl'a cru pendant longtemps; bien qu'il soit encore aujourd'hui le plus renommé des bois sudoriflques, il ne peut être considéré que comme un adjuvant utile; néanmoins il est encore usité dans les affections de la peau, le rhumatisme, la goutte, l'asthme, les affections vénériennes anciennes et rebelles, la scrofule, le catarrhe pulmonaire Chronique. On le prescrit comme stimulant dans les dysménorrhées douloureuses et l'aménorrhée. La teinture dite eau-de-vie de gayac est employée comme dentifrice.

GELSÉMINE LUISANTE. Gelsemium nitidum. — Voy. Jasmin brillant

GENEVRIER COMMUN

GEXÉVJUER COMMUA. Juniperus communis L., J. vulgaris Bau h. Genièvre. Conifères-Cupressinées.

Description (flg. 143). — Arbre de 5-7 mètres, dont le tronc

peut acquérir 20 à 30 cent, de diamètre ; mais, dans le nord de l'Europe, ce n'est qu'un arbrisseau de 2 à 3 mètres, dressé, très rameux , couvert d'une écorce rude et d'un brun rougreâtre, à rameaux alternes, anguleux, diffus. Feuilles articulées à la base, glaucescentes, persistantes, verticillées par 3, rapprochées et même imbriquées sur les jeunes rameaux, sessiles, étalées, linéaires, insensiblement atténuées en une pointe épineuse , canaliculées en dessus, carénées sur le dos, à 3 nervures, dont les latérales sont marginales . Fleurs (avril) dioïques, disposées en ^^0^ y£ $ \J Pe^ts chatons axillaires

et solitaires. Chatons males (B) : petits, oblongs, solitaires, axillaires, rapprochés vers le sommet des rameaux, munis d'écaillés pédicellées, verticillées, élargies au sommet en forme de bouclier (C). Sur le bord inférieur de chaque écaille, 3-6 loges d'anthères s'ouvrant en long. Chatons femelles (A) : petits, verdâtres, portés sur un pédoncule écailleux dont les écailles supérieures, raprochées et en partie soudées, forment un involucre urcéolé (D), contenant 3 ovules prolongés en un tube ouvert au sommet. Fruit : les écailles supérieures, s'accroissant et devenant charnues, se soudent complètement et forment une baie (E) qui renferme trois graines anguleuses, osseuses. Cette baie, verte d'abord, puis noirâtre, couverte d'une poussière résineuse, reste deux années à mûrir ; sa pulpe est très succulente, son

Fig. 143. — Genévrier commun.

odeur aromatique, sa saveur amère, résineuse, un peu sucrée. 5.

Habitat. — Il est assez commun dans les bois, sur les coteaux secs et arides de presque toute la France.

Culture. — On peut le cultiver en pleine terre dans toutes les expositions. On sème les graines en place, aussitôt leur maturité; elles lèvent au printemps suivant. Une terre légère, sans engrais, exposée au levant, est très convenable. On peut aussi le multiplier à l'aide de boutures faites à l'ombre pendant l'été.

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