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GENÉVRIER OXYCÈDRE

blennorrhagie, le catarrhe vésical ; 2° comme diurétique, dans les maladies du cœur, l'ascite, l'anasarque et les autres hydropisies, les calculs, la gravelle; 3<» comme tonique, stomachique, dans la dyspnée atonique, les débilités de l'estomac, le scorbut. On se sert des fumigations de genièvre pour stimuler la peau dans les affections rhumatismales chroniques, les lumbago, courbature, œdème; on expose la partie souffrante à la fumée qui se dégage d'un fourneau où Ton brûle les baies, ou bien encore on imprègne de ces vapeurs des draps, des flanelles qu'on applique sur la partie malade. On se sert également des vapeurs pour masquer les mauvaises odeurs, dans les chambres des malades.

GENÉVRIER OXYCÈDRE. Juniperus oxycedrus L., J. ruf escens Link., J. major monspeliensium Lob. Cade, Cèdre piquant. Co-

NIFÈRES-CUPRESSINÉES.

Description. — Arbre dressé, présentant de nombreux rameaux obtusément anguleux. Feuilles persistantes, verticellées par 3, sessiles rapprochées, très étalées, raides, linéaires, insensiblement atténuées en pointe épineuse, creusées d'un double sillon en dessus et munies, en dessous, d'une carène aiguë. Fleurs (mai) : chatons mâles petits, ovoïdes, rapprochées sur les jeunes rameaux. Fruits axillaires, ordinairement plus courts que les feuilles, globuleux, rouges et luisants à la maturité, 2 ou 3 fois plus gros que ceux du genévrier, commun, contenant 3 osselets renflés à la base, comprimés à la partie supérieure, tronqués au sommet, avec une petite pointe au milieu, j.

Habitat — La région méditerranéenne ; il est commun dans la Provence, le Languedoc, le Roussillon, la Corse, en Espagne, dans le Levant.

Partie usitée. — L'huile empyreuma tique, désignée sous le nom d'huile de cade. On l'obtient en brûlant le bois d'oxycèdre, dans un fourneau, sans courant d'air. On recueille ainsi un liquide brunâtre, huileux, inflammable, d'une odeur résineuse, empyreumatique, très forte, d'une saveur acre, presque caustique, qui a été obtenu par suite d'une sorte de distillation per descensum. On substitue souvent à ce produit l'huile de goudron de pin, qui lui est inférieure en propriétés, et souvent encore l'huile de goudron de houille.

Action physiologique. — Quand on applique l'huile de cade sur les muqueuses saines, elle ne cause pas d'irritation,' si on l'applique, au contraire, sur des parties enflammées, elle produit une légère cuisson passagère; si les parties sont ulcérées, il se manifeste une cuisson plus forte, mais durant rarement au delà d'une demi-minute.

GENEVRIER SAVIMER

Usages. — L'huile de cade est employée en frictions , dans le traitement de la gale; elle est supérieure au goudron dans quelques affections de la peau, et a été préconisée, à l'extérieur, sous forme de frictions, dans les affections suivantes : favus , lupus , acné , eczéma, pityriasis, ichthyose, psoriasis, lichen-agrius; en onction sur les tempes, le front, les paupières, dans l'ophthalmie scrofuleuse des enfants. On Ta donnée à Tintérteur à la dose de 15 à 20 gouttes comme anthelminthique; on s'en est servi comme odontalgique , on en dépose une goutte dans la dent cariée.

GENÉVRIER SAVI- NIER. Juniperus sàbina L. Sabine, Savinier.CoNiFÈRES-CupRESsiNÉEs.

Description (flg. 144). — Arbre de 4 mètres environ, toujours vert, pyramidal, couvert d'une écorce un peu dure et rougeâtre. Tige dressée, à rameaux dressés, étalés, nombreux, très grêles. Feuilles opposées, petites, fort larges, non articulées, connées à leur base, imbriquées sur 4 rangs, écailleuses, ovales, aiguës, mais non épineuses, sans nervure saillante, munies sur le dos d'une vésicule résinifère, elliptiques, vertes ; les supérieures un peu lâches. Fleurs (mai-juin) dioïques, en chatons portés par de petits pédoncules recourbés et écailleux. Chatons mâles (A) : petits, ovoïdes, disposés latéralement le long des jeunes rameaux, munis d'écaillés verticillées (a), pédicellées, en bouclier, présentant 4 à 8 anthères à 1 loge. Chatons femelles (B) : globuleux, composés de 3 écailles convexes formant un ovaire avec un stigmate béant. Fruit simulant une baie, de la grosseur d'une noisette, charnu, d'un bleu noirâtre, porté par un pédoncule recourbé , ne contenant ordinairement qu'un seul osselet (b) par avortement des autres. 5* On en connaît deux variétés : A, la sabine à feuilles de cyprès, improprement appelée

Fig. 144. — Genévrier savinier.

3U GENÉVRIER SAVINIER

mâle ; B, la sabine à feuilles de tamaris (sabine commune, S. stérile), improprement nommée femelle.

Habitat. — Les hautes Alpes du Dauphiné, les Pyrénées, et surtout en Italie, le pays nommé Sabine, qui a donné son nom à la plante.

Culture. — On la cultive dans quelques jardins. Les soins à donner sont ceux que nous avons indiqués pour le genévrier commun.

Partie usitée. — Les sommités des rameaux. Leur odeur est forte, aromatique, térébinthacée , nauséabonde, pénétrante; leur saveur acre, amère, résineuse.

Composition chimique. — Les feuilles contiennent : résine, huile volatile/ acide gallique, chlorophylle, extractif, ligneux, sels calcaires. L'huile, CÎ0H16, est très fluide, incolore; son odeur et sa saveur rappellent celles de la plante ; elle se colore rapidement à l'air; elle est soluble dans Péther et l'alcool.

Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Poudre, 40 centigr. à 1 gr. 2° Infusé pour l'intérieur, pp. 1 à 8 : 1000. 3° Décocté ou infusé pour l'extérieur, pp. 20 : 1000. 4» Huile essentielle, 2 à 10 gouttes. 5° Teinture alcoolique, 4- gr. 6° Extrait, 50 centigr. à 1 gram. 7° Poudre escharotique avec poudre de sabine 1, alun calciné 2.

Action physiologique. — La poudre de sabine, en application sur les muqueuses et même sur la peau, détermine une vive inflammation, la vésication et même l'ulcération. A l'intérieur, elle produit tous les symptômes des médicaments irritants, une chaleur incommode dans l'estomac, des coliques violentes, d«s selles mélangées de sang, de la fièvre, l'augmentation des sécrétions salivaires, biliaires, rénales, de l'hématurie et quelquefois de la métrorrhagie. Les désordres qu'elle amène peuvent entraîner la mort. Son action emménagogue est incontestable, mais ses vertus abortives ne sont nullement démontrées d'une manière absolue, car, dans certains cas où la sabine a été administrée dans un but coupable, le produit de la conception n'a point été expulsé, ou bien Tavortement ne s'est produit qu'à la suite de terribles accidents mettant en danger la vie de la femme. Les opiacés, les narcotiques, les stupéfiants peuvent combattre l'irritation qu'elle fait naître.

Usages. — La sabine est un remède dangereux qu'il ne faut administrer qu'à petite dose et avec beaucoup de prudence. A l'intérieur, on l'a indiquée dans l'aménorrhée torpide des chlorotiques et dans les métrorrhagies en dehors de la grossesse. Ces deux applications, bien qu'en apparence contradictoires, n'ont rien d'illogique, si l'on songe que la stimulation produite par cet agent

GENTIANE JAUNE

peut tout aussi bien combattre l'inertie qui s'oppose à l'écoulement sanguin que le défaut de contraction qui, dans le deuxième cas, permet l'exagération de cet écoulement. Les autres applications, telles que son emploi dans la goutte chronique, le rhumatisme, Pischurie des femmes en couche, les fièvres intermittentes, la blennorrhagie chronique, sont moins sûres. Son usage comme vermifuge a donné quelques bons résultats. A l'extérieur, elle sert à. réprimer les bourgeons charnus et à déterger les ulcères chroniques.

GENTIANE JAUNE

Gentiana major lutea Bauh., 6r. lutea L.

Grande gentiane. Gentianacées.

Description ( fig .

145). — Racine perpendiculaire, un peu traçante , très longue , grosse comme l'avantbras, tortueuse, ramifiée, d'un brun noirâtre à l'extérieur, d'un jaune rougeâtre au dedans, charnue, spongieuse, ridée, garnie > d'aspérités annulaires. Tige haute de 10 à 15 décimètres, droite, simple, ferme , cylindrique , d'un vert tendre, légèrement glauque. Feuilles supérieures sessiles, opposées, confiées, ovales, arrondies à la base, pointues au sommet, entières, présentant 5-7 nervures longitudinales très saillantes, concaves à l'intérieur, convexes à l'extérieur, glabres, glauques; les inférieures très grandes, elliptiques, obtuses. Fleurs (mai) jaunes, assez grandes, pédonculées, nombreuses, fasciculées et comme verticillées dans les aisselles des feuilles supérieures, et formant une sorte de grappe très allongée à la partie supérieure de la tige. Calice membraneux, spathiforme, déjeté d'un côté et fendu longitudinalement pour laisser sortir la corolle, à 5 et quelquefois 4? dents courtes, subulées, inégales. Corolle monopétale, régulière et rotacée, divisée en 5 et quel-

Fig. 145. — Gentiane jaune.

316 GENTIANE JAUNE

quefois 4 ou 10 segments, profonds, lancéolés, aigus, parsemés de petits points d'un jaune très brillant. Étamines 5, et quelquefois 4, insérées sur le tube de la corolle, dressées ; filets d'un gris blanchâtre; anthères elliptiques, allongées, arrondies. Ovaire glabre, ovoïde, terminé en pointe, monoloculaire, à ovules nombreux. Style court; stigmates 2, petits, divergents. Fruit (capsule) ovoïde, à 4 angles arrondis, allongés, uniloculaire , terminé par le style persistant glabre. Graines nombreuses arrondies, très minces. ^ .

Habitat. — Elle croît de préférence dans les terrains calcaires et montagneux. On la trouve en France, surtout dans les Alpes, les Pyrénées, les Cévennes, le Puy-de-Dôme, la Côte-d'Or, les Vosges.

Culture. — On la cultive rarement dans les jardins, car le commerce la fournit en abondance; mais on peut la reproduire de graines ou d'œilletons, en ayant soin de la placer à mi-ombre et en terre franche.

Partie usitée. — La racine. Celle qu'on trouve dans le commerce vient de la Lorraine, de la Bourgogne et de la Suisse; elle est en morceaux de la grosseur du pouce et au delà, durs, cylindriques, ridés, d'une couleur brun foncé à l'extérieur, jaune à l'intérieur, d'odeur fort désagréable, de saveur amère, franche, très prononcée. On doit les choisir non cariées et médiocrement grosses.

Récolte, dessiccation. — On la récolte vers la deuxième année au plus tôt, après la chute des feuilles. On la monde, en évitant de la laver, et on la sèche à l'étuve.

Composition chimique. — Elle contient : gentiopicrine, principe odorant fugace, gentisin, glu, matière huileuse verddtre, ma» tière colorante fauve, lévulose, gomme, acide pectique, acide organique indéterminé. Le gentisin est la substance colorante de la gentiane ; il se présente en aiguilles très légères, feutrées, d'un jaune soufre très brillant* Il est insipide, inodore, peu soluble dans l'eau, plus soluble dans l'alcool à chaud qu'à froid. La gentiopicrine, G^H^O1*, est un corps neutre cristallisable qui donne à la racine sa saveur amère. La glu serait composée d'huile, de cire et de caoutchouc. Quant au gentianin, qu'indiquent d'anciennes analyses, c'est un mélange de gentisin et de matière grasse. Le sucre existe, dans cette racine, en assez grande quantité pour que par la fermentation et la distillation on puisse en retirer de l'alcool.

Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Poudre, 1 à 4 grain. 2° Infusion, pp. 5 : 1000. 3° Extrait, 2 à 4 gram. 4° Teinture, 2 à 8 gram. 5° Vin, 120 à 200 gram. 6° Sirop, 10 à 100 gram. Elle entre dans la composition de l'élixir de Peyrilhe, du remède antiarthritique du duc de Portland ; avec la camomille et l'écorce de chêne, elle fait partie du fébrifuge français.

GERMANDRÉE AQUATIQUE 317

Succédanés. — Plusieurs autres plantes du même genre peuvent la remplacer; telles sont la G. purpurine (G. purpurea L.), la G. ponctuée (G. punctata L.), la G. croisette (G. cruciata L.).

Action physiologique. — La racine fraîche peut produire des effets narcotiques, à cause de son principe odorant. Sèche, c'est un amer sans astringence qui augmente la sécrétion salivaire, stimule l'appétit. Sous son influence, la digestion est plus active, probablement à cause de l'afflux d'une plus grande quantité de suc gastriques, les selles deviennent plus régulières, la constipation diminue sans doute sous l'influence d'une hypersécrétion intestinale. La diarrhée s'arrête quand elle est due à de mauvaises digestions. A haute dose; elle peut occasionner du malaise, un sentiment de pesanteur à l'épigastre et même le vomissement. Le principe actif est éliminé par l'urine et la sueur, auxquelles cette plante communique sa saveur amère.

Usages. — La gentiane est considérée avec raison comme un de nos meilleurs toniques indigènes; on la prescrit dans les dyspepsies qui suivent les fièvres intermittentes et qui accompagnent les maladies nerveuses, la chlorose. Elle a été préconisée pour ranimer les forces digestives dans la goutte atonique ou pendant la convalescence des accès de goutte inflammatoire. Elle est utile dans l'anémie, la chlorose, le scorbut, la scrofule. Elle était très usitée comme antipériodique avant la découverte du quinquina. Il est certain qu'elle donne de bons résultats dans les fièvres saisonnières, mais elle est sans influence sur les fièvres palustres. On fait avec sa décoction des fomentations résolutives. Elle sert, comme l'éponge préparée, pour agrandir les trajets fistuleux et dilater certaines ouvertures, particulièrement le canal de l'urèthre des femmes atteintes de la pierre.

GERMANDRÉE AQUATIQUE. Teucrium scordium L. Scordium, Chamaras, Germandrée d'eau. Labiées-Ajugées.

Description. — Plante de 1-2 décimètres, amère, aromatique, dont l'odeur rappelle un peu celle de l'ail. Souche grêle, recouverte d'un duvet blanchâtre", rampante, émettant des jets munis d'appendices foliacés. Tiges herbacées, radicantes à la base, dressées, flexueuses, grisâtres, creuses, carrées, rameuses. Feuilles opposées, sessiles, ovales, oblongues, obtuses, dentées à leur courbure, molles, velues, d'un vert cendré. Fleurs (juin-août) lilas, purpurines ou blanches, placées par 2-3 à l'aisselle des feuilles supérieures. Galice campani forme , tubulé, à 5 dents acuminées. Corolle bilabiée,- à tube court, lèvre supérieure fort courte avec une échancrure d'où sortent les étamines, l'inférieure assez grande, étalée, à 3 lobes, le médian plus grand, échancré au sommet, les latéraux lancéolés.

318 GERMANDRÉE PETIT CHÊNE

Examines 4, didynames ; tilets inclinés, arqués. Ovaire supère à 4 lobes; style bifide au sommet; 2 stigmates. Achaines petits, bruns, ridés en réseau. ?f.

Habitat. — Elle est commune en France, dans les lieux humides, les fossés, au bord des ruisseaux et des étangs.

Culture. — Elle vient dans tous les sols. On la propage de graines, semées en place, et de bouture.

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