Partie usitée. — La plante fleurie
Récolte, dessiccation. — On la récolte pendant la floraison. Par la dessiccation, elle perd, en grande partie, son odeur alliacée; on doit la rejeter quand cette odeur a disparu. Celle du Midi parait avoir plus d'efficacité que celle du Nord.
Composition chimique. — On y a signalé la présence d'un principe actif d'une grande amertume, la scordinine, qui est une substance jaune, aromatique, insoluble dans les alcalis et l'alcool, soluble dans l'eau froide, communiquant à l'eau bouillante une saveur très amère.
Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Infusion, pp. 30 à 60: 1000. 2° Suc, 15 à 60 gram. On préparait jadis une eau distillée, ,un sirop, un extrait, une teinture, inusités aujourd'hui. Elle fait partie de l'électuaire diasoordium auquel elle a donné son nom.
Usages. — Elle est tonique et stimulante à la manière des autres Labiées. On la prescrit dans l'atonie digestive, la faiblesse générale, comme carminative, diurétique, anthelminthique, aotiscorbutique ; on l'a également vantée dans les dyscrasies et les cachexies. On s'en sert, à l'extérieur, sous forme de lotions, de cataplasmes, de poudre sur les ulcères sanieux, la gangrène.
GERMANDRÉE PETIT CHÊNE. Teucrium chamœdrys L. Germandrée chamaedrys, G. officinale. Labiées-Ajugées.
Description (flg. 146). — Plante de 1-2 décimètres. Souche grêle, rampante, rameuse, émettant des stolons jaunes et filiformes. Tiges membraneuses, ligneuses à la base, couchées, presque cylindriques, pubescentes, à rameaux nombreux, étalés, puis dressés. Feuilles opposées, courtement pétiolées, petites, ovales, crénelées sur le bord, obtuses, coriaces, luisantes en dessus, d'un vert pâle et mat en dessous. Fleurs (juin-septembre) d'un rose foncé, géminées et ternées à l'aisselle des feuilles supérieures, formant une grappe feuillée, assez dense, unilatérale, oblongue et un peu allongée. Les feuilles florales supérieures, soutenues par des pédoncules courts, sont à peine dentées ou entières, plus courtes que les fleurs et colorées d'une teinte rougeâtre. Calice légèrement velu, souvent purpurin, un peu bossu à la base, comme à 2 lèvres : la supérieure à une dent, un peu redressée; l'inférieure à 4 dents plus petites
GERMANDRÉE PETIT CHÊNE
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ligues. Corolle purpurine, à tube un peu comprimé, redressé subiement; lèvre supérieure très courte, profondément fendue, formant leux languettes subulées, redressées; lèvre inférieure pendante, à I lobes, les deux latéraux fort petits, ovales, aigus, le moyen ou nférieur très grand, dilaté, arrondi et un peu concave. Étamines4, (idynames, sortant ainsi que le style par l'échancrure de la lèvre supérieure; filets grêles, subulés, très saillants, glabres, coudés au ommet. Anthères ovoïdes, réniformes. Ovaire surmonté d'un style impie; stigmate bifide. Le fruit est formé de 4 achaines petits, iruns, papilleux au sommet, entourés par le calice persistant. ?f.
Habitat. — On la trouve sur le bord des bois et les coteaux calaires de toute la France.
Culture. — Elle est d'une culture facile et ne réclame pas d'arosage. On la multiplie au commencement du printemps ou en au- >mne, par la séparation des pieds, ou en semant la graine sur deieil les couches; on la repique ensuite en pleine terre; elle s'acommode de tous les terrains.
Partie usitée. — La plante fleue. Sa saveur est franchement mère, son odeur peu proponcée.
Récolte. — On la recueille au lois de juin. Il faut choisir la tante courte, munie de beaucoup 3 feuilles ; elle conserve son amerime et même sa couleur verte iiand la dessiccation a été faite rec soin.
Composition chimique. — Elle mtient : huile volatile , principe ner. Ce dernier corps, assez mal îflni, est jaune brunâtre, d'un pect résineux, cristallin, faibleent alcalin, très amer, insoluble ins l'eau, soluble dans l'alcool et ither à la température ordinaire.
Formes pharmaceutiques, closes. — 1° Infusion, pp. 10 » i : 1000. 2° Poudre, 2 à 4. gr. 3<> Extrait, 2 à 4. gr. -4° Eau dislée, 60 à 120 grammes.
Usages. — C'est un amer aromatique, dans lequel le principe îer l'emporte sur le principe aromatique. Les usages sont ceux s substances toniques et stimulantes. Ses propriétés, très vantées trefois, sont presque tombées dans l'oubli, et peut-être à tort; anmoins elle trouve encore de nos jours des applications dans les
Fig. 146. — Germandrée.
GINGEMBRE OFFICINAL
catarrhes muqueux, la bronchite chronique; on la prescrit comme tonique dans les dyspepsies, la scrofule, le scorbut; pour relever les forces digestives dans la convalescence des fièvres muqueuses; c'est un léger fébrifuge, et jadis elle était usitée comme antigoutteuse.
GINGEMBRE OFFICINAL. Zingiber officinale Rose, Amomum zingiber L. Amomacées.
Description (fig. 147). — Rhizome tuberculeux, articulé, gros
comme le doigt, coriace, pùle ou jaunâtre à l'extérieur, blanc ou rougeaire à fintérieur, émettant 3-4 tiges annuelles de 3-10 décïm,, stériles, simples, cylînd ri qu es , co n tenues dans les gaines des feuilles.
Celles-ci alternes, distiques, longues, lancéolées, ensi formes, terminées intérieurement par une longue gaine fendue, glabrea, à nervure médiane saillante,
Fig. 147. — Gingembre.
Fig. 148. — Gingembre gris.
à nervures latérales fines et obliques. Fleurs jaunâtres, portées par des hampes écailleuses, de 3 décimètres de long, naissant immédiatement du rhizome, et disposées en épis ovales, recouverts d'écaillés membraneuses, vertes, puis jaunâtres; chaque écaille florale renferme deux fleurs qui se succèdent Tune à l'autre. Calice extérieur à 3 divisions courtes, l'intérieur tubuleux à 3 divisions irrégulières. Le labelle, ou division interne et inférieure du calice, est pourpre, varié de brun ou de jaune. Étamine 1, à anthère bilo-
GINGEMBRE OFFICINAL 821
bée. Style 1, grêle, terminé par un stigmate concave. Ovaire à 3 loges. Fruit (capsule) ovale, triangulaire, un peu coriace, triloculaire, Couvrant en 3 valves; graines irrégulières noirâtres, d'odeur agréable, de saveur aromatique amère. ^ .
Habitat. — Croît naturellement dans les Indes orientales, surtout dans les environs de Zingi ou Gingi, d'où vraisemblablement dérive le nom de gingiber ou zingiber. 11 croît aussi au Malabar, à Ceylan, à Amboine, en Chine.
Culture. — On le cultive au Mexique, à Cayenne, aux Antilles et surtout à la Jamaïque. On le reproduit à l'aide de tronçons de rhizome qu'on plante dans une terre fraîche, substantielle et bien ameublie. En Europe, on ne peut élever le gingembre qu'en serres chaudes.
Partie usitée. — Le rhizome. On en connaît deux variétés commerciales : 1° Le gingembre gris ou noir ou cortiqué (flg. 148). C'est le plus usité. 11 est en morceaux de 2 à 3 centim. de long, tuberculeux, géniculés, plats, ridés, marqués d'anneaux peu apparents, gris à l'extérieur, jaunâtres à l'intérieur, d'odeur et de saveur camphrées, aromatiques, agréables. Il faut le choisir dur, pesant, compact, non piqué des vers. 2° Le gingembre blanc ou décortiqué. 11 vient surtout de la Jamaïque ; il est en morceaux plus grêles , plus plats et plus ramifiés que le gris (fig. 149) ; sa couleur est blanche,
Fig. 149. — Gingembre blanc.
ar il a été décortiqué avant la dessiccation ; son odeur est moins rononcée, moins aromatique, mais sa saveur est plus forte et plus rûiante.
Composition chimique. — Le gingembre contient : résine molle, ws-résine, huile volatile, extractif, gomme, amidon, matière azotée. a résine molle est le principe actif. L'huile volatile est jaune, de