‹ Nouveau dictionnaire des plantes médicinalesChapitre 118 sur 226 · HOUX MATÉ · texte numérisé non relu

HOUX MATÉ

un tonique aromatique légèrement astringent; à haute dose, elle détermine de la chaleur à l'épigastre, des nausées, des vomissements, la soif, de l'engourdissement, mais jamais elle ne produit de vertiges, de la céphalalgie. Ces manifestations, en effet, appartiennent à l'huile volatile, que Ton rencontre en trop petite quantité dans le houblon pour que son action puisse entrer en ligne de compte dans l'action de ce médicament. Néanmoins, comme elle est essentiellement stupéfiante, ses vapeurs, venant à s'accumuler dans un espace limité, dans les magasins de houblon, par exemple, pourront exercer l'action qui leur est propre sur les individus qui font un séjour prolongé dans ces magasins. Lorsque le lupulin est ingéré à dose modérée, 5 décigrammes à 2 grammes, il révèle des propriétés stomachiques, sédatives, anaphrodisiaques, que l'on met souvent à contribution.

Usages. — Le houblon est employé à l'intérieur comme stomachique et tonique dans la dyspepsie atonique, le carcinome stomacal ; il apaîse, dans ce cas, les douleurs lancinantes et favorise la digestion. On l'administre également dans le lymphatisme, la scrofule, le scorbut. On prescrit le houblon et surtout le lupulin pour suspendre les érections et les pollutions nocturnes; ce dernier est également très utile dans les maladies où les érections sont accompagnées de douleurs très vives, comme dans les blennorrhagies et les plaies de la verge. Le houblon est également usité en applications toniques comme résolutif et fondant des gonflements douloureux, comme calmant des ulcères cancéreux. On substitue quelquefois des oreillers remplis de cônes de houblon aux oreillers de plume, chez les sujets tourmentés d'insomnie et qui ne peuvent supporter, les opiacés. Les jeunes pousses sont regardées comme antiscorbutiques ; les racines passent pour diurétiques.

HOUX HÂTÉ, llex mat§ A. S. H., Ilex paraguensis Lamb. Herbe de Paraguay, Thé du Paraguay ou des jésuites, Arvore do mate ou du Gongouha. Ilicinées.

Description. — Arbre à rameaux touffus. Feuilles alternes, presque sessiles, grandes, cunéiformes, ovales ou ovales-lancéolées, oblongues, un peu obtuses, à dents de scie écartées, coriaces, luisantes. Fleurs blanches, disposées en cymes corymbiformes serrées, à, l'aisselle des feuilles de la partie moyenne des rameaux. Calice à 4 sépales arrondis, concaves. Corolle à 4 pétales arrondis. Étamines 4, à filets courts. Ovaire à 4 loges uniovulées; stigmate sessile, quadrilobé. Fruit (baie) rougeâtre, de la grosseur d'un grain de poivre, pédicule ; paraissant à côtes quand il est sec, à noyau veiné. Ces fruits sont réunis par bouquets axillaires. 5*

Habitai. — Croît spontanément entre 29a et 32* de latitude sud,

836 BCMJX MATE

dans les forêts du Paraguay, au Brésil et dans diverses provinces

de la Confédération argentine.

Culture. — H n'est cultivé en Europe qu'en serre chaude, en vases remplis d'un mélange de terre de bruyère et de terre franche. Partie» usitées. — Les feuilles et les extrémités des rameaux. On connaît ce mélange sous le nom de maté. Ce produit est consommé en grande quantité dans les États de l'Amérique du Sud; il est encore rare dans le commerce français.

Récolte. — On abat les branches, on les dépouille de leurs rameaux, et ceux-ci, munis de leurs feuilles et souvent de leurs petites baies, sont placés sur un espace de six pieds carrés environ. On allume du feu dans le voisinage, de manière à leur faire subir une première torréfaction. Il se sépare ainsi des feuilles et des ramuscules que l'on soumet à une deuxième torréfaction plus énergique sur des claies d'osier ; sous l'influence de cette torréfaction, il se développe un principe aromatique particulier. On réduit alors le tout en poudre grossière que l'on enferme dans des peaux de bœuf encore fraîches. Ces ballots, séchés au soleil, deviennent aussi durs que la pierre; on en forme alors des colis de 200 à 250 livres. Composition chimique. — Le maté contient 0,45 pour 400 de caféine et 20,88 d'acide cafétannique, sans trace d'huile essentielle.

Mode d'administration. — Dans l'Amérique du Sud, l'infusion du maté constitue une boisson alimentaire qui paraît jouer, dans les relations, le même rôle que le café en Orient. L'eau distillée a une saveur qui rappelle celle de la menthe poivrée.

Action physiologique. — Cette infusion exerce sur l'estomac une action spéciale, irritante, qu'ii est difficile de définir; les personnes qui n'y sont pas habituées éprouvent un sentiment de faiblesse et de douleur, et il n'y a que quelques estomacs privilégiés qui puissent en supporter aisément l'usage après le repas, car elle trouble la digestion ; avant le repas, elle émousse l'appétit. Elle active chez quelques personnes les mouvement péri stal tiques de l'intestin et par suite combat la constipation. Elle surexcite le système nerveux et spécialement les facultés intellectuelles, plus vivement que le café et le thé. Elle diminue la tension artérielle, dilate les artérioles cutanées, augmente la transpiration, même quand on l'ingère à la température de l'air ambiant. C'est un alimentent d'épargne ou antidéperditeur ; son action se traduit : 4° par une moindre élimination d'urée par l'urine; 2° par la diminution de l'acide carbonique dans les produits de la pneumatose ; 3° par un abaissement dans la calorification ; mais comme énergie d'effet, H est inférieur à l'alcool, au thé et à la coca.

HYSSOPE OFFICINALE 337

Usages. — H n'a guère été employé jusqu'à présent comme agent médicamenteux. Il est néanmoins probable qu'il peut remplir toutes les indications du thé. Pourtant, il est douteux que, cause de sa saveur amère et astringente, il s'introduise dans nos habitudes. Toutefois, comme aliment antidéperditeur, il est appelé à rendre des services à tous ceux que les nécessités du service maritime, les intérêts scientifiques ou commerciaux appellent à vivre dans les pays dont il est originaire.

HYSSOPE OFFICINALE. Hyssopus officinalis L., H. vulgaris- Dod. Labiées-Saturéinées. Y<x<x&>tcoç, nom grec de la plante*

Description (fig. 157). — Plante de 2-6 décimètres. Racine grosse, rameuse, fibreuse. Tige un peu ligneuse à la base, à nombreux rameaux, dressés, quadrangulaires, finement pubescents et très feuilles. Feuilles opposées, sessiles, ovales, lancéolées, étroites, entières, glabres ou pubescentes, glanduleuses, portant souvent à leurs aisselles des feuilles plus petites. Fleurs (juillet-août) roses ou blanchâtres, sessiles ou brièvement pédonculées, formant, au sommet de la tige, de petits paquets réunis en un épi étroit et unilatéral. Calice tubuleux, allongé, violacé, strié, à 5 dents aiguës. Corolle tubuleuse, bilabiée, lèvre supérieure redressée, un peu échancrée, l'inférieure à 3 lobes, étalés, divergents ; le médian plus grand. Étamines 4, didynames, saillantes. Ovaire supère à 4 loges. Style 1. Stigmate bifide. Le fruit consiste en 4 achaines placés au fond d'un calice sans poils à l'orifice. ^.

Habitat. — L'hyssope croît naturellement surH ssFig*1£7#. les collines du sud de la France; on la trouve yssope ° cma&* aussi dans le centre et le nord, végétant sur les murs en ruine.

Culture. — On cultive cette plante dans les jardins, pour l'usage de la médecine et comme plante d'agrément. On la reproduit sort par boutures et éclats, soit par les graines, qu'on sème en mai. On doit renouveler la plante quand elle a trois ans; les terres légères et bien exposées au soleil lui conviennent particulièrement.

Partie usitée. — La plante entière ou seulement les sommités fleuries, qui ont une odeur forte, agréable, une saveur aromatique, un peu amère, piquante et comme camphrée. Récolte. — On peut les récolter pendant toute la belle saison.

Page 1