GIROFLIER AROMATIQUE
disposées en corymbes trichotomes, à ramifications articulées, partant de Faisselle des rameaux. Galice tubuleux, cylindrique, rouge, rugueux, adhérent avec l'ovaire infère ; limbe à 4 dents ovales, aiguës, épaisses. Corolle à 4 pétales insérés au sommet du tube calicinal, adhérents par leur sommet et se séparant du calice commun, comme une coiffe, au moment de l'an thèse. Étamines nombreuses, insérées sur un anneau charnu, tétragone, disposées en 4 faisceaux ; anthères ovoïdes, biloculaires. Ovaire à 2 loges; style simple, épais; stigmate capitulé. Fruit (drupe sèche) à 1 ou 2 loges contenant chacune une graine ou demi ovoïde. ^.
Habitat. '•— Il est originaire des Moluques, d'où il a été transporté dans les autres parties de l'Inde, à Bourbon, à Gayenne et aux Antilles.
Culture. — En Europe, c'est une plante de serre dont la culture et la conservation sont assez difficiles.
Partie usitée. — Les fleurs non épanouies (clous de girofle) et l'huile essentielle qu'on en extrait.
Récolte, dessiccation. — Les girofles ou gérofles ont la forme d'un petit clou, ce qui leur a valu leur nom ; leur odeur est aromatique, piquante; leur saveur chaude, brûlante et un peu amère. Ils sont composés de deux parties : une étroite (queue), qui est le tube du calice soudé avec l'ovaire ; et une tête, qui est le limbe du calice, surmonté des pétales et recouvrant les organes sexuels. Souvent les pétales se sont détachés, et il ne reste que la queue surmontée des dents calicinales. On les récolte, soit à la main, soit en les abattant avec de longs roseaux et les faisant tomber sur des toiles. On les fait ensuite sécher au soleil. On en distingue dans le commerce trois variétés : 1° le girofle des Moluques, qui est gros, obtus, pesant, d'un brun clair comme cendré, à surface un peu huileuse ; 2° le girofle de Bourbon, qui offre à peu près les mêmes caractères, mais qui est un peu plus petit ; 3» le girofle de Cayenne, qui est grêle, aigu, sec et noirâtre ; c'est le moins estimé. On doit les choisir bien nourris, lourds, gras, faciles à briser, d'une couleur plus ou moins brune, munis autant que possible de leur tête, et laissant exsuder de l'huile volatile quand on les comprime ou qu'on les râpe.
Composition chimique. — Les girofles contiennent : huile volatile, tannin particulier, gomme, résine, extractif, caryophylline. L'huile volatile, incolore quand elle est récente, brunit avec le temps; sa pesanteur spécifique est de 1,061, elle est peu volatile et encore liquide à — 18°. Elle devient instantanément rouge par l'action de l'acide azotique, et se transforme en une masse butyreuse sous l'influence d'une dissolution alcoolique de potasse ; l'ammo*
324 GLECOME HEDERACE
niaque lui donne une consistance demi solide. Cette essence renferme un hydrocarbure, C20!!^, isomère de l'essence de térébenthine, et une huile oxygénée, OH12O2, Veugénol, qui en forme la majeure partie. Le tannin du girofle serait moins acerbe que le tannin ordinaire; il forme avec la gélatine une combinaison insoluble dépourvue d'élasticité. La caryophylline, Cl0Hi6O2, isomère avec le camphre des Laurinées, est une matière résineuse, brillante, cristallisable, inodore, insipide, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et l'éther.
Formes pharmaceutiques, doses. — On prépare avec les girofles une eau distillée, un vin, un alcool, un alcoolat, une infusion; pp. 8 : 4000. Ces formes sont inusitées. On prescrit le plus souvent la poudre préparée avec l'intermède du sucre : dose, 20 à 30 centigram. Le girofle fait partie du laudanum de Sydenham, du baume de Fioraventi, de l'élixir de Garus, de l'eau de Botot.
Usages. — Le girofle est un stimulant diffusible qui convient surtout aux tempéraments froids, lymphatiques. On doit le prescrire à doses très modérées, sinon il pourrait occasionner une irritation trop vive. Il a l'inconvénient d'échauffer, de constiper, d'exciter la fièvre. On l'emploie souvent comme aromate et condiment pour faciliter la digestion des mets froids, des viandes insipides. L'essence, introduite dans les dents cariées, cautérise la pulpe dentaire et calme l'odontalgie. Cette pratique n'est pas sans inconvénient, car ce corps est un caustique dont les effets peuvent se manifester même sur la peau recouverte de son épiderme. On se sert également de l'essence mélangée avec des corps gras, en friction contre les faiblesses musculaires, les paralysies; Les fruits connus sous le nom d'antofles, de mère de girofle, de clous matrice, et les •pédoncules que l'on appelle griffes dans le commerce, sont employés comme aromates.
GLÉCOME HÉDÉRACÉ. Glecoma hederacea L., Nepeta glechoma Bent., Calamenta hederacea Scop. Lierre terrestre, Rondote, Herbe de Saint-Jean. Labiêes-Népétées. TXyjxwv, nom grec d'une sorte de pouliot.
Description (flg. 151). — Plante de 1 à 3 décimèt. Racines grêles et fibreuses. Tige rampante, émettant plusieurs rameaux, les uns fleuris et dressés, les autres stériles, couchés, souvent très allongés. Feuilles opposées, pétiolées, cordiformes, arrondies, obtuses, crénelées, molles, plus ou moins velues. Fleurs (avril-mai) violacées, quelquefois roses ou même blanchâtres, pédonculées, au nombre de 2-3 se rencontrant à l'aisselle de presque toutes les feuilles. Calice tubuleux, cylindrique, strié à 5 dents très aiguës, un peu inégales. Corolle bilabiée, trois fois plus longue que le calice, tube
GLÉCOME HÉDÉRACÉ
obconique ; lèvre supérieure courte et bifide ; l'inférieure, très velue à la base, plus large et plus longue, est à 2 lobes, celui du milieu plus grand et échancré à son milieu. Étamines 4, didynames, placées sous la lèvre supérieure. Les anthères sont didymes et rapprochées 2 à 2 en forme de croix. Style un peu plus long que les étamines; stigmate bifide. Fruit, 4 achaines ovales, finement ponctués, placés au fond du calice persistant, y.
Habitat. — Croît dans les vergers, les prairies, le bord des haies, le long des murs; il est commun dans toute la France.
Culture. — On ne cultive pas le lierre terrestre, car la plante obtenue par la culture est moins active que celle venue spontanément. On pourrait la reproduire de graines.
Partie usitée. — La plante fleurie. Elle possède une odeur aromatique, forte, peu agréable, une saveur amère, balsamique, un peu
acre. **£• 15** — Glécome hédéraoé.
!* Récolte, dessiccation, conservation. — On récolte le lierre terrestre quand il est en fleurs. On doit le choisir peu élevé, bien touffu, à peine fleuri, ayant végété dans des lieux secs et élevés. Par la dessiccation, que l'on exécute à l'étuve ou au soleil, il perd beaucoup de son poids ; son'amertume semble se prononcer davantage, mais son odeur s'affaiblit beaucoup. Les fleurs conservent bien leur couleur. On doit conserver cette plante dans un lieu sec et à l'abri du contact de l'air, sinon elle attire l'humidité et noircit.
Composition chimique. — Son analyse est très incomplète encore. On sait seulement qu'il contient une huile essentielle et une matière résineuse amère.
$ Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Infusion, pp. 10 : 1000. 2° Suc, 30 à 80 gram. 3° Sirop, 25 à 60 gram.
Action physiologique. — Le lierre terrestre appartient au groupe des Labiées amères, aromatiques; son action est par suite tonique, excitante, antispasmodique. Ses effets s'étendent non seulement sur les organes respiratoires, mais sur les organes digestifs ôt génito-urinaires. On peut donc le considérer comme un agent béchique, anticatarrhal, stomachique. On lui a également attribué aes propriétés vulnéraires, vermifuges et antipériodiques.
HÉRAUD. PLANTES MED.
826 GNAPHALE DIOÏQUE
Usages. — On l'emploie dans les affections catarrhales des muqueuses et principalement dans celles des voies respiratoires. 11 facilite l'expectoration et combat aussi les sécrétions morbides qui les provoquent. Comme stomachique, son utilité est moins certaine; pourtant on s'en est servi contre les débilités d'estomac, les dyspepsies, les flatuosités. Cette propriété stomachique se retrouverait dans les galles que portent quelquefois les feuilles. Ces galles, produites par un diplolepis, sont connues sous le nom de pommes de terrète. Les effets diurétiques du lierre terrestre sont rarement mis à contribution. A l'extérieur, on s'en sert, en infusion ou en décoction, pour exciter ou modifier les ulcères; on en prépare des cataplasmes que l'on considère comme toniques, résolutifs et calmants.
GOMME ADRAGAJWE. Voy. Astragale vrai.
GOMME AMMONIAQUE. Voy. Dorème gomme ammoniaque.
GOMME ARABIQUE. Voy Acacie arabique.
GOMME-GUTTE. Voy. Gareinie morellière.
GNAPHALE DIOÏQUE. Gnaphalium dioïcum L., Antennarîa dioica Gœrtn. Pied de chat. Synanthérées-Sénécionidées. TvaçaXov, bourre, c'est-à-dire plante cotonneuse.
Description. — Plante de 1-2 décimètres, blanche, tomenteuse. Souche très rameuse, émettant des stolons grêles, couchés, radicants, terminés par une rosette de feuilles. Tiges simples, dressées, portant des feuilles alternes, glabres et vertes en dessus, blanches et soyeuses en dessous ; les radicales oblongues, spatulées, obtuses, les caulinaires sessiles, étroites, lancéolées. Fleurs (mai-juin) blanches ou rougeâtres, dioïques, disposées en capitules peu nombreux, plus ou moins pédoncules, formant par leur réunion un corymbe ombelliforme, simple ou composé, serré. Involucre campanule, plus large et comme déprimé chez les mâles, cylindrique chez les femelles; laineux à la base, à écailles inégales, luisantes, scarieuses sur les bords, pétaloïdes au sommet. Réeeptacle convexe, nu, portant des fleurons composés d'un calice en aigrette, d'une corolle tubuleuse à 5 dents égales. On trouve dans les fleurs mâles 5 éta~ mines saillantes, à anthères soudées, un pistil rudimentaire. Les fleurs femelles, filiformes, sans rudiment d'étamines, ont un style saillant, bifide, à stigmate coloré et comme ferrugineux. Le fruit (achaine), presque cylindrique, glabre, lisse, est surmonté d'une aigrette plumeuse qui forme un duvet fin et soyeux au centre des capitules, ce qui donne à la fleur, quand elle commence à pousser, quelque ressemblance avec l'extrémité de la patte d'un chat. ^c.
Habitat. — Elle est commune sur les sables siliceux de presque toute la France.
Culture. — On la reproduit de graines semées en terrines ou sur
rcuches, ou bien en séparant au mois de mars les pieds ou les reetons. Elle n'a pas besoin d'humidité.
Partie usitée. — Les capitules. On préfère ceux à fleurs rouges, larce qu'ils sont plus agréables à l'œil et plus odorants.
Récolte, dessiccation, conservation. — On les récolte au mois e mai, avant le complet épanouissement, qui s'achève pendant la essiccation; sans cette précaution, les fleurons et les aigrettes se tareraient. On les fait sécher après les avoir mondés; ils perdent ar la dessiccation les trois quarts de leur poids. 11 faut les conjrver à l'abri de l'humidité et de la lumière. On les emploie presse toujours secs.
Formes pharmaceutiques, doses. — Infusion, pp. 15 à 30 : 100. On préparait autrefois un sirop et une conserve inusités auurd'hui. Ils font partie des fleurs pectorales, ou quatre fleurs. Usages. — Us sont béchiques, adoucissants et usités dans les èctions catarrhales chroniques.
GRENADIER COMMUN. Punica granatum L., P. sylvestriz ur. Myrtacées-Granatées.
Description (fig. 152). — Racines pivotantes, fortes, ligneusesr
Fig. 152. — Grenadier.
ormes, ramifiées, d'un brun rougeâtre à l'extérieur, d'un jaune que blanc à l'intérieur, dont l'écorce mince se détache aisément, c tordu, noueux, rabougri, grisâtre, de 5 à 6 mètres. Feuilles )es sur des pétioles courts, arrondis, légèrement canaliculés,
un peu rougeàtres ; elles sont opposées, elliptiques, lancéolées, très entières, luisantes, glabres, non ponctuées, rougeàtres dans leur jeunesse, puis vertes. Fleurs (juin-juillet) se doublant aisément par la culture, d'un rouge orangé, grandes, solitaires, quelquefois réunies par 3 ou 4 au sommet des rameaux. Galice épais, lisse, coriace, de couleur rouge, infundibuliforme, adhérent par sa base avec l'ovaire infère, à limbe étalé, à 5-6 divisions. Corolle à 5-6 pétales insérés vers la partie supérieure du calice, sessiles, arrondis, ovales à leur partie supérieure, ondulés sur les bords et comme chiffonnés. »Étamines très nombreuses, libres, attachées à la paroi interne du tube calicinal ; filets rouges, glabres ; anthères jaunes, biloculaires. Ovaire à plusieurs loges, disposées sur deux étages superposés, renfermant un grand nombre d'ovules, attachés à l'angle interne. Style simple, rougeâtre, stigmate en tête, glanduleux. Le fruit, ou grenade, est une capsule grosse comme une pomme, couronnée par le tube et les dents du calice, à 6 angles saillants arrondis; les loges sont disposées sur deux plans, l'un inférieur, l'autre supérieur. Le premier renferme 6-7-8 loges régulières ; le deuxième, 4-5 loges irrégulières. Placenta jaune spongieux, ramifié, partant du milieu de chaque loge et portant un grand nombre de grains, irrégulièrement polyédriques, composés d'une vésicule extérieure, mince, remplie d'un suc aigrelet sucré, et contenant au centre une graine triangulaire allongée.
Habitat. — 11 est originaire de l'Afrique, mais s'est naturalisé dans la région des oliviers.
Culture. — Dans les pays chauds, on le cultive dans les jardins pour améliorer les fruits. Dans les climats tempérés, on ne peut l'avoir qu'en caisses qu'on rentre, pendant l'hiver, dans l'orangrerie; rarement pourtant ses fruits mûrissent; plus au nord, il ne vient qu'en serre chaude. On le multiplie de graines ou de greffe.
Parties usitées. — Les fleurs, dites balaustes; 2° l'épicarpe, nommé écorce de grenade; 3° le suc du fruit; 4°l'écorce de la racine.
1° Les fleurs non épanouies sont toniques, astringentes ; leur infusion précipite fortement en noir les persels de fer. On doit les choisir d'un rouge vif et nullement noirâtres. On peut les employer en décoction ou en poudre dans les cas où les astringents sont indiqués (leucorrhée, blennorrhée, diarrhée chronique, hémorrhagies passives) ; elles sont aussi usitées en gargarismes.
2° L'épicarpe à l'état frais est épais de 2 à 3 millimètres, ce qui lui a valu le nom de malicorium, ou cuir de pomme; il est jaune rougeâtre, inodore, d'une amertume très marquée et désagréaWe; il renferme du tannin, du mucilage, une huile volatile. On prescrit sa décoction dans les mêmes cas que les fleurs, pp. 8 à 15 : 1000.
On donne également la poudre : dose, 4 à 8 gram. On lui attribue une propriété vermifuge marquée contre les strongles, les ascarides. Il est aujourd'hui à peu près abandonné.
3» Le suc provenant de la pulpe rougeâtre qui entoure les grains est rosé, transparent, un peu sucré, peu ou point acide; il est ra-> fraîchissant, tempérant; on le donne aux fiévreux dans les pays chauds; il sert à préparer un sirop usité dans les fièvres, les inflammations, surtout celles des voies urinaires.
4° L'écorce de la racine est la partiç la plus usitée en médecine» Elle est d'un gris jaunâtre ou d'un gris cendré en dehors, jaune en dedans, cassante, non fibreuse, d'une saveur astringente ; humectée avec un peu d'eau et passée sur un papier, elle y laisse une trace jaune qui devient d'un bleu foncé par le sulfate de fer. Elle contient : chlorophylle, tannin, acide gallique, résine, cire, mannite, matière grasse. Le principe actif est un alcaloïde, la pelletiérine, Cl6Hl3Az3. C'est un alcaloïde liquide, incolore, altérable à l'air, d'une densité de 0,999 à 0° (Tanret). Elle paraît coexister dans l'écorce de la racine avec plusieurs alcalis analogues. On désigne ces diverses pelletiérines par les lettres a, p, y, 8.
Cette écorce est usitée comme tsenifuge. Elle est surtout efficace contre le taenia armé, elle réussit aussi contre le bothryocéphale à anneaux courts, mais elle échoue contre le bothryocéphale à anneaux longs. On peut reprocher à ce médicament d'être désagréable à ingérer, et difficile à supporter ; il cause des coliques, de la diarrhée, des vomissements et souvent des étourdi ssements, des syncopes, une inflammation de la muqueuse gastro-intestinale. On administre la décoction de 64 gram. d'écorce de racines fraîches dans 750 gram. d'eau réduits à 500 gram., qu'on fait prendre en trois prises à une heure de distance. 11 convient de n'employer ce remède que lorsque des anneaux sont actuellement expulsés par le malade. On a remarqué, en effet, que le ver est alors plus aisément évacué. L'écorce sèche réussit aussi bien, quand on a eu soin de la faire préalablement macérer 24 heures dans l'eau qui doit servir à préparer la décoction. On a également indiqué, dans les mêmes cas, l'extrait alcoolique à la dose de 15 à 20 gram., et la poudre à celle de 4 à 8 gram. On emploie aussi, avec succès, l'écorce du tronc et des rameaux que l'on tire du Portugal, et même la racine chevelue du grenadier cultivé en France. Mérat a proposé l'écorce contre les autres vers intestinaux, tels que les strongles, les ascarides. La pelletiérine partage les propriétés anthelminthiques de l'écorce. On administre seulement les pelletiérines a et p, sous forme de sulfates, à la dose de 0 gr. 30 à 0 gr. 40 avec addition de 1 gr. 20 à 1 gr. 30 de tannin.
GUIMAUVE OFFICINALE
GUARANA. Voy. Paullinie.
GUIMAUVE OFFICINALE. Althœa officinalis L., Malvacées. Description (flg. 153). — Plante de 5-15 décim., légèrement
cotonneuse, molle au toucher. Racine longue, fusiforme, cylindrique, pivotante, charnue, de la grosseur du doigt, grisâtre et striée transversalement à l'extérieur; d'un blanc légèrement jaunâtre à l'intérieur, simple, quel quefois rameuse. Tige pleine, dressée, cylindrique à rameaux alternes, verte ou d'un vert rougeâtre. Feuilles nombreuses, alternes, pétiolées, un peu en cœur, divisées en 3-5 lobes anguleux, légèrement dentés dans leur contour, molles, épaisses, douces au toucher, munies à leur base de 2 stipules membraneuses, caduques, pubescentes, à 2-3 lacinies. Fleurs (juillet-août) blanchâtres, purpurines ou légèrement rosées, presque sessiles, formant une espèce de panicule dans les aisselles des feuilles supérieures. Calice gamosépale à 5 divisions pointues, d'un vert blanchâtre. Calicule à 6-9 découpures profondes. Corolle à 5 pétales arrondis, légèrement lobés au sommet, rétrécis inféri eu rement et unis avec la substance des filets de manière à recouvrir et à cacher entièrement l'ovaire. Étamines en nombre indéterminé, monadelphes à filets distincts vers leur partie supérieure, réunis inférieurement en un tube que traverse le style. Anthères réni formes. Style plus court que le tube staminal, fendu supérieurement en 8-9 divisions étroites, aiguës, terminées par un petit stigmate. Ovaire libre, arrondi, pubescent. Fruit orbiculaire, très déprimé, avec des côtes relevées, tomenteux, enveloppé par le calice et formé de plusieurs
Fig. 153. — Guimauve officinale.
GUIMAUVE OFFICINALE 331
capsules se séparant à la maturité. Graines brunes, lisses. %.
Habitai. — Elle est commune dans les marais des côtes de la Méditerranée et de l'Océan et dans toute la moitié occidentale de la France.
Culture. — On la multiplie par les graines, que Ton sème au printemps dans une terre franche, légère, profonde et un peu humide. On repique les pieds à l'automne dans un sol bien labouré.
Parties usitées. — La racine, les feuilles et les fleurs. La racine est la partie qu'on emploie le plus habituellement. On la trouve, dans le commerce, dépouillée de son épiderme, d'une belle couleur blanche, d'une odeur faible, d'une saveur douce et mucilagineuse ; elle offre un canal médullaire central. Il faut la choisir bien nourrie et peu fibreuse.
Récolte, dessiccation. — On récolte les racines à l'automne, on les lave, on fend les plus grosses, et on les divise toutes en morceaux de la même longueur, puis on les blanchit en enlevant l'épiderme, et on en forme de longs chapelets que l'on suspend dans un lieu sec, aéré, et même à l'étuve; quelquefois, à cause de la grande quantité de mucilage qu'elles renferment, on emploie la chaleur du four. Les feuilles doivent être récoltées au mois de juin, avant la floraison. La dessiccation ne leur fait pas perdre leurs propriétés, mais elles sont moins mucilagineuses que les racines. On cueille les fleurs en juillet; de toutes les parties de la plante, ce sont elles qui renferment le moins de mucilage.
Composition chimique. La racine de guimauve contient : gomme, amidon, matière colorante jaune, albumine, asparagine, sucre, huile fixe. L'asparagine n'a aucune influence . sur les propriété* thérapeutiques de cette racine. Valthéine de Bacon n'est ' autre chose que de l'asparagine.
Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Tisane par infusion, pp. 20 : 1000. On peut également employer la macération. 2° Sirop, 30 à 100 gr. en potions. 3° Poudre. Sous cette forme, la guimauve est surtout usitée pour augmenter la consistance des bols, des pilules, etc. 4» Décoction, pp. 30 à 60 : 1000 pour bains locaux, fomentations, lotions, lavements, gargarismes. On en prépare des pastilles, une pâte de guimauve.
Usages. — C'est de toutes les plantes mucilagineuses celle dans laquelle on rencontre réunies au plus haut degré les propriétés émollientes et adoucissantes. La grande quantité de mucilage qu'elle cède à l'eau la fait journellement employer dans les affections avec irritation et inflammation, telles que les rhumes, les maux de gorge, les catarrhes vésicaux, uréthraux. Sous forme de lotion et de fomentation, on s'en sert soit pour calmer les cuissons, les cha-
leurs, les éruptions de la peau, et sous forme de lavement dans les inflammations intestinales, la constipation. La décoction est utile pour délayer la farine de lin dont on prépare les cataplasmes. On donne souvent la racine à mâcher aux enfants, pour favoriser la dentition. On s'en sert en chirurgie pour dilater les trajets flstuleux.
Les feuilles sont employées comme émollientes, et les fleurs comme pectorales; on les donne en tisane, par infusion, pp. 20 : 1000. Les feuilles font partie des espèces émollientes, et les fleurs des espèces béchiques.
GUTTA-PERCHA. Voy. Isonandra gutta.
HACHISCH. Voy. Chanvre ordinaire.
HOUBLON COMMUN. Humulus lupulus L. Urticées-Cannàbinées.
Description (fig. 154). — Plante de 3 à 5 mètres. Racines li-
Fig. 154. — Houblon.
gneuses, dures, rameuses, stolonifères. Tiges dures, grêles, légèrement anguleuses, sarmenteuses, volubiles de gauche à droite. Feuilles opposées, les supérieures souvent alternes, pétiolées, lisses
en dessus, très rudes en dessous, échancrées en cœur à la base, palmatilobées, à 3-5 lobes acuminés et dentés, pourvues, à la base des pétioles, de 2 stipules membraneuses, dressées et quelquefois bifides au sommet. Fleurs (juillet-août) dioïques. Mâles petites, blanchâtres, pédicellées, disposées en grappes opposées, axillaires ou terminales, rameuses. Périanthe à 5 folioles concaves, elliptiques, étalées ou réfléchies. Etamines 5, assez courtes. Anthères oblongues. Femelles naissant aux aisselles des feuilles supérieures, portées par des pédoncules courts et axillaires, formant des espècesde chatons globuleux, d'un blanc roussâtre, composées d'une bractée ovale roulée en cornet et d'écaillés foliacées persistantes, chacune entourant un ovaire surmonté par 2 stigmates allongés, subulés. À la maturité, les fleurs femelles deviennent des cônes ovoïdes (fig. 155)
Fig. 155. — Cône de houblon. Fig. 156. — Cônos de houblon.
a, lupulin commençant à se former. — b, lupulin composé de deux utricules. — c, lupulin pédicule.— d, lupulin en forme de coupe striée. — e, lupulin devenu glandiforme.
de 2-3 centimètres de long, à écailles très amples, jaunâtres, scarieuses, ovales, membraneuses, réticulées, à la base de chacune desquelles on trouve deux achaines ovoïdes, comprimés, carénés sur les côtés, à péricarpe mince, jaunâtre, environnés d'une poussière résineuse, jaune brillante, odorante, très amère, à laquelle on a donné le nom du lupulin. ?f .
Habitat. — Croît naturellement dans les haies, les buissons, la lisière des bois.
Culture. — On le cultive en grand dans les contrées de l'Europe dont le climat s'oppose à la culture de la vigne. 11 entre dans la fabrication de la bière, il rend cette boisson agréable et d'une digestion plus facile. 11 vient bien partout, mais surtout dans les terrains bas, les terres fortes et bien fumées. On le reproduit par des éclats de racines détachés en automne, plus rarement de graines.
Partie usitée. — Les fruits, mieux désignés sous le nom de cônes écailleux ou florifères (houblon du commerce).
Réeeite, dessiccation, conservation. — On les récolte en août et on les fait sécher au four. Leur saveur et leur odeur ne diminuent pas par la dessiccation. Il convient de ne pas conserver les cônes au delà de deux ans, car leur saveur et leur odeur deviennent désagréables.
Composition chimiqne. — Les bractées contiennent : matière astringente âpre, matière colorante inerte, chlorophylle , quelques sels. Leur action physiologique est nulle ; les propriétés médicales résident dans le lupulin. Celui-ci (flg. 156) se présente d'abord sous la forme d'une simple cellule épidermique a, qui se divise ensuite en deux parties 6, dont l'inférieure forme un pédicule à la supérieure, qui s'est transformée en un disque rayonné c. Plus tard, les bords se relèvent, et le disque devient cupuliforme, d; puis, enfin, il se manifeste dans l'intérieur une sécrétion jaunâtre qui soulève peu à peu la étiflfcule qui revêt la cavité de la capsule et fait prendre a la gin ridé la forme d'un gland de chêne aminci vers le sommet e. <*e lupulin contient : lupuline, huile volatile, résine, cérosine, sel ammoniacal . La lupuline est amère, azotée, fort probablement de la nature des alcaloïdes, mais elle est très instable et se transforme aisément en ammoniaque. L'huile volatile se compose d'éléments analogues iï ceux de J essence de valériane, savoir : 1° l'acide valérianique: 4* ane huile volatile verte, plus légère que l'eau, composée de valérol, CWO», et d'un hydrocarbure, C2°H16, à odeur de thym. Cette huile volatile, dont l'odeur rappelle celle du houblon, se transforme à l'air en acide valérianique et en matière résineuse. La résine qui constitue le tiers de la masse du lupulin est dé consistance variable, d'une couleur jaune dorée, et paraît être un produit complexe.
Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Tisane par infusion, pp. 10 : 1000. 2« Extrait, 30 centigr. à 2 gr. 3° Teinture alcoolique, 2 à 4 gr. Le lupulin s'obtient en froissant, sur un tamis, les cônes de houblon et recueillant la poussière jaune qui a passé à travers les mailles. On le vanne pour le purifier. Doses : 4° en nature, 50 centigr. à 2 gram. par jour, dans du pain azyme ; 2° teinture, 5 gram. représentent 1 gram. de lupulin; 3<> extrait alcoolique; il est plus actif que le lupulin dans la proportion de 10 à 7; 4° sirop, 100 gram. représentent 1 gramme de lupulin; S» pommade avec : axonge 30 gram., extrait alcoolique 3 gram.
Action physiologique. — La composition du houblon fait voir que ses effets principaux peuvent être attribués à deux substances, la matière amère et l'huile volatile. La lupuline, principe amer, est