‹ Nouveau dictionnaire des plantes médicinalesChapitre 122 sur 226 · Partie usitée. — Le rhizome · texte numérisé non relu

Partie usitée. — Le rhizome

Récolte, dessiccation. — Il doit avoir trois ans au moins au moment de la récolte, qui se fait pendant l'été ; on enlève d'abord Pépiderme avec un couteau, puis on le fait sécher en l'exposant au soleil, au vent ou à la chaleur du four. Il se présente dans le commerce en fragments gros comme le pouce, du poids de 15 à 60 gr., d'une belle couleur blanche , et criblés de trous qui sont les traces des racines qui ont été enlevées en séparant l'épiderme. Ils ont une odeur de violette très prononcée et une saveur légèrement acre et amère.

Composition chimique. — Le rhizome d'iris contient : huile volatile, huile fixe, extrait brun, gomme, fécule, ligneux, matière résineuse ressemblant à la glu de houx. L'huile volatile, OH«0, est solide, cristallisant en lames d'aspect nacré, d'odeur de violette.

Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Poudre, 5 à 10 décigr. 2« Tablettes. 3» Suc, 30 à 60 gram.

Action physiologique. — A l'état frais et à haute dose, il est vomitif et détermine des selles abondantes. Sec et à la dose de quelques centigrammes, il agit comme un léger stimulant des bronches, et facilite l'expectoration à la fin des catarrhes bronchiques.

Usages. — Le principal usage du rhizome à l'état sec est l'emploi qu'on en fait pour fabriquer de petites boules (pois d'iris) de diverses grandeurs (nos 0 à 24) à l'aide desquelles on entretient la suppuration des cautères. Cet effet est dû en partie à l'action irri-

Fig. 158. — Rhizome d'iris.

ISONANDRE GUTTA Ml

tante spéciale à la substance, et en partie à l'augmentation de volume produite par le gonflement. On en fait des sachets de dentition, à tort peut-être, vu l'amertume et Pâcreté de ce corps. Sa poudre peut remplacer le lycopode pour saupoudrer les plis de la peau des enfants à la mamelle. Les fumeurs en mâchent les copeaux pour enlever à l'haleine l'odeur du tabac. On administrait jadis la poudre, dans les rhumes et les catarrhes pulmonaires chroniques.

L'iris flambe (I. germanica L.) est un mauvais succédané du précédent. Le rhizome de l'iris fétide (I. fetida Lam.) a été employé dans l'hydropisie, celui de PI. faux-acore (/. pseudo-acorus Lin-) a été indiqué comme sternutatoire.

ISONANDRE GUTTA. Isonandra gutta Hook. Gomme de Sumatra. G. Gettania-gutta tuban. Sapotacées.

Description. — Arbre de 13 à 14 mètres. Feuilles alternes, longuement pétiolées, obovées, brièvement acuminées, très entières, vertes en dessus, dorées en dessous. Fleurs axillaires, fasciculées. Calice à 6 sépales. Étamines 12. Ovaire à 6 loges. Fruit (baie) presque globuleux, dur, à 2 loges fertiles, monospermes.

Habitat. — Il se rencontre principalement dans les forêts de Malacca, de Sumatra, de Singapore. On le trouve aussi à Bornéo et dans les îles de la Malaisie.

Partie usitée. — Le suc laiteux qui, épaissi et solidifié par l'action de Pair ou du temps, constitue un produit immédiat analogue au caoutchouc et désigné sous le nom malais de gutta-percha. Le procédé d'extraction suivi par les indigènes consiste à abattre l'arbre, à enlever l'écorce et à recueillir le suc laiteux. On peut aussi obtenir la gutta-percha en faisant au tronc des incisions analogues à celles que l'on pratique sur la siphonie élastique, pour obtenir Je caoutchouc. Elle se présente en lames minces, jaunâtres ou tigrées, dures, coriaces, flexibles, plus légères que Peau, sans saveur, d'odeur faible, se ramollissant dans Peau à 50° ou 60°, pouvant alors prendre toutes les formes désirables et les conservant par le refroidissement. Insoluble dans Peau, l'alcool, la gutta-percha est soluble dans le sulfure de carbone, le chloroforme, le pétrole, Péther nitrique, les huiles volatiles; incomplètement soluble dans Péther hydrique; inattaquable par les alcalis et les acides, sauf l'acide suifurique concentré. Elle fond à 240° et brûle avec une flamme jaune, en produisant beaucoup de fumée. Elle n'est conductrice ni de la chaleur, ni de l'électricité ; sa durée est pour ainsi dire sans limites.

Composition chimique. — Elle contient : acide végétal, caséine, principe spécial analogue au caoutchouc, résine soluble dans Valcoolf résine soluble dans Véther et V essence de térébenthine.

Usages. — Ses emplois sont surtout chirurgicaux; mais, comme

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«Ile s'altère à l'air et devient cassante, son usage dans quelques circonstances n'est pas sans danger. On s'en est servi pour préparer des appareils à fracture, des appareils orthopédiques, des sondes, bougies, tubes à drainage, bassins, urinoirs, draps de lit pour l'hydrothérapie. Mais, dans quelques-unes de ces applications, le caoutchouc lui est préférable, à cause de sa souplesse et de son élasticité. On l'a incorporée à un grand nombre de médicaments actifs, tels que le chlorure de zinc, la potasse caustique, pour en faire des topiques d'un maniement facile, tels que des plaques pour la cautérisation des surfaces, des cylindres pouvant remplacer les crayons de nitrate d'argent, des pois caustiques pour cautères, des fils pour la ligature des tumeurs. Sa solution dans le chloroforme (1 : 6) est usitée, sous le nom de traumacitine, dans le pansement •des plaies, des coupures et des dartres squameuses humides. On a proposé de la vulcaniser par les procédés usités pour la vulcanisation du caoutchouc. Elle s'électrise facilement, et l'on a préparé, sous le nom de tissu électromagnétique, des feuilles très minces de gutta-percha qu'on applique sur les douleurs.

JABORANDI. — Voy. Pilocarpe à feuilles pennées.

JAJLAP OFFICINAL. Convolvulus jalapa L., Exogonium jalapa Bail., Ipomœa purga Wend., Exogonium purga Ben th. Tolonpalt ■des Mexicains. Convolvulacées.

Description (flg. 159). — Racine tubéreuse, arrondie, napiforme, noirâtre à l'extérieur, jaunâtre à l'intérieur, munie de quelques radicules' à la partie inférieure, remplie d'un suc lactescent et résineux à l'intérieur. On trouve quelquefois plusieurs tubercules accolés. Tige ordinairement unique, quelquefois 2-3, herbacée, rameuse, lisse, volubile. Feuilles cordiformes, entières, lisses, acuminées, d'un vert clair. Pédoncules axillaires, uni flores ou biflores, portant 2 bractées opposées, écailleuses, placées vers le tiers supérieur. Galice à cinq divisions, plus court que la corolle, persistant <k)rolle d'un rose clair, à tube très long, limbe légèrement recourbé sur les bords, à h* lobes peu marqués et légèrement bilobés, à insertion hypogynique. Étamines 5, inégales, saillantes, insérées au tube •de la corolle; anthères sagittées; filets filiformes. Style simple, filiforme, terminal ; stigmate petit, capité, à 2 lobes hémisphériques, horizontaux, tuberculeux à la surface ; ovaire petit, conique, bilo- «ulaire, porté sur un disque hypogynique ; ovules 2, dans chaque loge. Fruit (capsule) globuleux, à 2 loges, monospermes par avorte-

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îent, quelquefois monoculaire et monosperme. Graines irrégulièîent sphériques, d'un brun noirâtre, légèrement rugueuses, 3c. labitat. — 11 croît dans les forêts du Mexique, dans les environs

IcS»

Fig. 159. — Jalap officinal.

ilappa, où on le trouve en abondance; il s'élève dans l'Amédu Nord jusqu'à une latitude assez élevée. lture. — Les essais d'acclimatation tentés en Europe semblent uer que cette racine pourrait peut-être se cultiver avec avanhors du Mexique. Ce serait là un résultat avantageux, car la

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production actuelle du jalap dans le nouveau continent est peu abondante, incertaine, et les racines que Ton en exporte sont souvent de mauvaise qualité et mélangées de racines étrangères.

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