JASMIN LUISANT
plantes et les objets voisins. Feuilles caduques pendant l'hiver, opposées, simples, lancéolées, étroites, entières, vertes, portées sur de cours pétioles. Fleurs jaunes exhalant une odeur semblable à celle du jasmin, axillaires, solitaires ou en cymes de 3-5, portées par des pédicelles plus courts qu'elles et munis de bractées. Galice court, profondément découpé en cinq découpures lancéolées, 2 extérieures, 2 intérieures, 1 médiane. Corolle monopétale, beaucoup plus longue que le calice, infundibuliforme, à limbe divisé en 5 lobes presque égaux. Étamines 5* ; filets inclus, insérés au fond de la corolle, anthères droites, oblongues, obtuses à leurs deux extrémités. Ovaire supère, un peu comprimé; style filiforme plus long que le tube ; stigmates 3, courts, filiformes, divergents. Fruit {capsule) très petit, ressemblant assez à celui du lilas, ovale, obtong, un peu comprimé, à 2 loges, sillonné dans son milieu, à 2 valves relevées en carène, rentrant par les bords et formant une fausse cloison. Graines plates, imbriquées, membraneuses à leur sommet, attachées aux bords des valves. $.
Habitat. — 11 abonde dans l'Amérique du Nord, sur le bord des rivières et près des côtes de l'Océan, dans la Virginie, la Floride et même le Mexique.
Parties usitées. — Le rhizome et la racine. On trouve ces deux parties dans le commerce, en fragments de plusieurs centimètres de long et présentant parfois 2 centimètres de diamètre. La racine en fragments souvent tordus sur eux-mêmes est recouverte d'une écorce grise; son bois est jaune et parcouru par des rayons blanchâtres. Le rhizome se reconnaît sans peine à son canal central rempli de moelle ou vide par suite de la destruction du tissu médullaire. Leur odeur est nulle, leur saveur un peu amère.
Composition chimique. — La racine de jasmin sauvage contient : 4° un acide cristallisable et inerte, V acide gelsémiqne, qm paraît identique avec Vesculine; 2° un alcaloïde, la gelsémine, C^H^AzO*, qui représente la partie active de la plante ; c'est une poudre rosée, amorphe, amère, à réaction alcaline, peu soluble •dans l'eau et l'alcool, très soluble dans l'éther et le chloroforme.
Formes pharmaceutiques. — - 1* Teinture (racine 1 p., alcool 5 p.), 4 à 2 gram.; on ne doit pas dépasser cette dernière dose. 2° Poudre, 0 gr. 40 à 0 gr. 45. Déjà, à cette dose, la poudre peut produire des accidents graves chez les enfants.
Action physiologique. — Le jasmin sauvage et son alcaloïde sont des substances très actives. Sous leur influence, la respiration devient moins fréquente, une paralysie des mouvements volontaires et réflexes se manifeste. A forte dose, la mort arrive par suite de la paralysie du pneumo-gastrique, il peut survenir des phénomènes
JUJUBIER OFFICINAL
convulsifs. A dose modérée, il y a resserrement de la pupille; à dose plus élevée, dilatation, diplopie, vertiges, bâillements, faiblesse et douleur dans les membres. Une injection hypodermique de 5 milligrammes de gelsémine tue un chat en une demi-heure.
Usages. — Aux Etats-Unis, on emploie la teinture, à la dose de 10 à 20 gouttes, en frictions, pour combattre les douleurs rhumatismales, la sciatique, les névralgies dentaires et faciales. On l'a vantée contre la fièvre jaune.
JUJUBIER OFFICINAL. Zizyphus vulgaris Lam., Rhamnus zizyphus L. Rhamnées.
Description (fig. 461). — Arbre de 5-6 mètres de hauteur. Tige dressée, très rameuse, tortueuse, revêtue d'une écorce brune un peu gercée; rameaux flexueux, d'abord verts, puis rougeâtres cendrés. Feuilles alternes, brièvement pétiolées, ovales, obtuses, crénelées, glabres, luisantes, marquées de trois nervures longitudinales, munies à leur base de 2 stipules subulées, très aiguës, persistantes, se changeant en aiguillons inégaux. Fleurs (juin-août) petites, jaunes, réunies par 3-6 sur un pédoncule commun très court, axillaire; pédicelles égalant le calice, bractéoles petites, lancéolées, ciliées.
Calice étalé à 5 divisions ovales, aiguës. Corolle à 5 pétales très petits, spatules, roulés en dedans.
Étamines 5, opposées aux pétales, insérées sur un disque qui tapisse le fond du calice, environne l'ovaire et lui adhère. Ovaire ovoïde, déprimé, biloculaire, surmonté de 2 styles, se terminant chacun par un stigmate capitulé. Fruit (drupe) ovoïde, rougeâtre à la maturité, lisse, de la grosseur d'une olive, pendant, à chair verdâtre, contenant un noyau osseux à 2 loges monospermes. 5.
Habitat. — Originaire de la Syrie, il est aujourd'hui naturalisé dans toute la région méditerranéenne.
Culture. — Le jujubier ne demande aucune culture spéciale. Dans le Midi, on le propage de semences ; dans le Nord, à l'aide
Fig. 161. — Jujubier.
des jeunes pieds qui sortent autour du tronc et que l'on déracine. Dans le sud de la France, on le cultive en plein vent; dans le nord, il faut le planter dans une exposition abritée, contre un mur, au midi, et le couvrir pendant Phi ver. Ses fruits mûrissent même dans les provinces centrales.