LAURIER-CERISE
donnent de l'acide cyanhydrique et une essence, O*H60», entièrement analogue à l'hydrure de benzoîle ou essence d'amandes amères, et de la glycose. Ces corps résultent de la réaction de la synaptase sur l'amygdaline ; ces deux principes sont, en effet, contenus dans le parenchyme. Par la dessiccation, ces feuilles perdent une partie de leurs propriétés; néanmoins elles renferment encore une certaine proportion d'amygdaline, pouvant subir, sous l'influence de la synaptase, les transformations que nous venons d'indiquer.
Formes pharmaceutiques, doses.
— 1° Poudre des feuilles, 20 à 30 centigram. 2° Infusion, une feuille fraîche dans 200 gram. d'eau bouillante. 3° Eau distillée. 15 à 20gram.
dans une potion. 4° Cérat. L'huile essentielle est fortement toxique et presque inusitée, 3 à 4 gouttes en vingt-quatre heures. De toutes les préparations de laurier-cerise, la plus importante est l'eau distillée ; elle doit être soigneusement débarrassée de l'huile essentielle qui la surnage et ne contenir que 80 milligram, d'acide cyanhydrique par 100 gram. de liquide.
Action physiologique. — A dose médicamenteuse, le lauriercerise détermine des lourdeurs de tête, des vertiges, un état de torpeur des facultés intellectuelles, de la faiblesse musculaire; à dose plus considérable, il donne naissance à des effets sédatifs encore plus marqués, à des troubles digestifs; enfin, à dose excessive, il produit des troubles cérébraux, de la gêne respiratoire, la résolution
Fig. 168. — Laurier-cerise.
musculaire ou des mouvements convulsifs, et des phénomènes asphyxiques précédant le refroidissement et la mort.
Usages. — C'est un antispasmodique, un anesthésique qui calme le spasme nerveux ou musculaire; de là dérive son emploi dans les crampes d'estomac, les vomissements incoercibles, la toux nerveuse, l'angine de poitrine, l'asthme, la coqueluche, la bronchite, la pneumonie, les palpitations du cœur. A l'extérieur, c'est un topique calmant, qui, sous forme de cérat, de cataplasme, peut servir à panser les brûlures, les plaies anciennes et douloureuses, les cancers ulcérés, et à apaiser la douleur. On se sert des feuilles de laurier-cerise pour donner un goût agréable au lait, aux crèmes; il ne faut point oublier que, dans ce cas, on emploie un poison pouvant faire naître un danger sérieux du moment que l'on fait intervenir plus de deux feuilles pour aromatiser un litre de lait.
LAVANDE OFFICINALE. Lavandula vera DC. L. vulgaris Lam., L. latifolia Wild. Lavande femelle, L. à larges feuilles. Labiées-Ocymoïdées. (De lavare, laver, parce que cette plante était usitée, chez les anciens, pour parfumer les bains.)
Description. — Sous-arbrisseau de 3-4 décimètres de hauteur. Tige ligneuse inférieurement, émettant des rameaux allongés, grêles, finement pubescents, blanchâtres, quadrangulaires , portant des feuilles à la base, des fleurs au sommet, nus au milieu. Feuilles opposées, sessiles, étroites, linéaires, oblongues, lancéolées, aiguës, atténuées à la base, entières, blanchâtres. Fleurs (juin-juillet) bleues, petites, sessiles, disposées à la partie supérieure des rameaux en petits glomérules formant des espèces d'épis interrompus. Chaque glomérule, composé d'environ six fleurs, présente à sa base deux bractées étroites, foliacées, linéaires, roulées par les bords, tomenteuses. On trouve, à la base de chaque fleur, 4-2 bractéoles. Calice bleuâtre, strié, à quatre dents à peine marquées, la cinquième surmontée en dedans d'un petit appendice arrondi, rétréci à sa base, s'élevant entre l'axe et le dos de la corolle. Corolle tubuleuse, bilabiée, pubescente en dehors; lèvre supérieure obcordiforme, échancrée, à deux lobes arrondis, lèvre inférieure à trois lobes plus petits et obtus. Étamines 4, incluses, les inférieures plus longues. Ovaire quadrilobé; style très court, à peu près de la longueur du calice, terminé par un stigmate divisé en deux lobes allongés, obtus, rapprochés l'un de l'autre. Fruit entouré du calice persistant, formé de deux petits achaines lisses, oblongs, de couleur brune. 5*
Habitat. — Croît spontanément dans la Provence, le Languedoc, le Roussillon, la Corse, la Suisse, l'Italie, l'Espagne.
Culture. — On la cultive dans les jardins; elle demande un sol bien exposé au soleil. On la reproduit de boutures qu'on laisse pen-